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La série de films: Les Lefebvre

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Je ne cesse de penser produire une série de films qui décriraient la mentalité, le caractère et le comportement de nos ancêtres dans ce pays qui fut jadis appelé La Nouvelle France, mais qu’eux-mêmes appelaient: le Canada. Ce pays de nos ancêtres qui s’étendait sur la majorité de l’Amérique du nord, à partir de la Baie de Hudson jusqu’à la Nouvelle-Orléans. L’Ouest appartenait bien, officiellement, aux Espagnols mais ils ne s’y présentaient jamais et les Canayens s’y promenaient à leur guise pour faire la traite des fourrures. La traite « officielle » de Nouvelle France ne faisait que suivre les sentiers déjà tracés par ces « Canayens ».

Il est évident, historiquement que les « Habitants » du Canada se considéraient comme « Canayens » et non comme des « Français » d’une province de France. Même les autorités de la Nouvelle France les disaient « différents de ceux de chez nous, en France ». Ils étaient plus « indépendants » et très difficiles « contrôler ». Lorsqu’on les bousculait trop, ils disparaissaient et allaient vivre dans la fort avec leurs amis « sauvages ». Leur qualité de vie était, de beaucoup, supérieure celle des agriculteurs de France.

Le début de la série se déroulerait dans la paroisse St-Laurent de Paris en France. Le premier « héros », Gabriel-Nicolas Lefebvre a alors 15 ans. Les dragonnades battent leur plein seulement dans les provinces; mais les Parisiens en sont tout de même inquiets. Personne n’a encore oublié les guerres de religions qui, en plus, sembleront vouloir reprendre en 1685.

Gabriel-Nicolas s’embarque comme mousse sur un voilier de commerce. Ses parents savent bien qu’il n’a pas vraiment d’avenir, pour lui, en France; même s’il est catholique. Son père est « maître emballeur »; ce qui n’emballe pas tellement Gabriel. Quelques mois plus tard, le navire de notre mousse est capturé par des flibustiers et Gabriel accepte de se joindre leur rang. Éventuellement, on le surnomme « La Taille » à cause de sa dextérité avec le sabre et la rapière qu’un ami, ancien maître d’armes, lui enseigne de façon intensive. Il participe à plusieurs « raids » sur les navires marchands anglais, espagnols et hollandais.

Quelques années plus tard, le navire devenu « pirate », fait naufrage à Percé, en Acadie, et Gabriel. avec deux de ses amis, sont parmi les quelques survivants. Son mentor, maître d’armes, périt noyé. Les trois compères survivants descendent à Batiscan oû ils se choisissent chacun une terre. Gabriel est maintenant âgé de 20 ans. Ami du coureur de bois François Duclos, il en épousera la fille, Louise, l’année suivante à Champlain.

Batiscan étant une seigneurie des Jésuites qui s’en occupent très peu, l’appropriation du terrain n’est pratiquement pas contestée. On spécifie simplement la surface de « terre » à ne pas dépasser. Gabriel se fait ami avec les « sauvages » qui passent sur la rivière devant chez lui, quelle que soit la tribu ou la nation. Les trois amis ont choisi l’emplacement de leurs terres dans un détour de la rivière Batiscan, à l’écart du village, ce qui leur permet de contrôler la traite des fourrures de leur région. Ils deviennent coureurs de bois comme les autres Canayens et Gabriel est assez rusé pour ne jamais se faire remarquer par les autorités françaises. Il ne se sert jamais des autorités légales pour régler ses différents problêmes avec ses voisins. Il préfère les régler à  » l’amiable »; c’est beaucoup moins dispendieux et lui laisse les coudées franches. Il est respecté jusqu’à Montréal où il fait « des affaires » avec certains marchands, fournisseurs des coureurs de bois. Il est, entre autres, ami avec les Desjordy de Cabanac, Jean-Louis de la Corne de Chapt et Jean Sicard de Carufel qui sont tous de la petite noblesse française. Il est aussi le beau-frère du juge Nicolas Duclos de Batiscan.

Les Canayens de son époque sont toujours conscients d’avoir voulu s’échapper du joug politique de Louis XIV et du contrôle abusif de la religion. Ils refusent de se soumettre aux autorités françaises tout en acceptant partiellement les lois et règles qui ne les dérangent pas. Ils remettent constamment « à leur place » les missionnaires qui veulent les manipuler et même importer la guerre des religions en Nouvelle-France; ce que les Canayens refusent de laisser se produire au Canada.

À Frontenac ils répondent?: « contrôlez vos soldats et laissez-nous vivre tranquille. Si vous avez besoin de nous, nous pourrons décider de vous aider; lorsqu’on le jugera nécessaire ».

Aux soldats qui veulent les intimider, ils disent?: »Calme-toi, sinon tu vas te retrouver dans une tribu Iroquoise comme invité principal. Nous ne sommes pas des paysans Français que tu peux bousculer; nous sommes des Canayens qui exigent de se faire respecter ».

Aux prêtres ils conseillent: « Si vous voulez avoir votre dîme, contentez-vous de prêcher la bonne parole, sans vous attaquer aux huguenots d’ici et mêlez-vous de ce qui vous regarde. Surtout, attention?: Il n’est pas question, pour vous, d’amener la guerre des religions au Canada ».

La majorité des habitants « hors Québec » (de la ville) sont coureurs de bois pour survivre et même vivre très décemment. Ce ne sont pas des enfants de coeur, loin de là, mais des hommes de caractères droits et honnêtes. Chez nous, les « Canayennes » sont les maîtresses dans leur maison. L’homme est maître l’extérieur du foyer mais consulte toujours sa femme pour prendre ses décisions. Il arrive souvent que c’est elle qui décide.

Les enfants sont éduqués, en bonne proportion, la manière indienne. Les punitions corporelles sont quasi absentes; c’est-à-dire qu’ils ne subissent pas « l’élevage ». Chez les Canayens, comme chez les « sauvages », on « n’élève » pas les enfants; on les « éduques » selon les principes de la famille.

Les familles s’entraident constamment et des liens d’amitié très puissants s’installent entre les voisins. Il existe, par contre, une sorte « d’esprit de clan » pour chacun des villages et des régions. Les gens de Québec sont qualifiés de « moutons » et les gens de Montréal, de « loups sauvages ». On n’ose pas qualifier les gens de la région de Trois-Rivières; mais on sait que la plupart de ceux de Montréal sont originaire de cette région entre Québec et Montréal. Ce qui nous donne une image du caractère de ces hommes.

Chacun des individus canayens est autonome au niveau de sa proprité, de ses ides, de ses opinions et de ses décisions sociales. Il refuse d’être obligé à qui ou quoi que ce soit sans son accord personnel. C’est de cette façon qu’il considère le « seigneur » à qui il paie le « cens ».  Ce prix payé est celui de sa liberté totale. Le Canayen est vraiment un homme « libre » comme il le prétend partout, chaque jour et sans pudeur. Par contre, la politique ne l’intéresse pas du tout qu’il voit comme l’art de l’hypocrisie et du mensonge qu’il ne peut pas comprendre.

Ce sont là les caractéristiques principales de nos ancêtres. Caractéristiques qui nous furent cachées soigneusement et que je voudrais faire ressortir dans ces films sur ma famille de « coureurs de bois » à partir de 1685 jusqu’en 1815. Il ne me reste qu’à gagner le Maxi de Loto-Québec pour passer l’action.

Ce rêve ne se réalisera probablement jamais malheureusement.

André Lefebvre

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2 Commentaire

  1. avatar

    Hélas! Il y a de ces projets qui DEVRAIENT ÊTRE FAITS. Malheureusement, on est trop occupés à « autre chose ». Et cela demande énormément d’énergie. Surtout s’il faut aller « quêter » des subventions.
    C’est à travers tes articles que je me suis intéressé à cette partie de l’Histoire que je ne connaissais pas vraiment. Si je ne m’abuse, le Canada existe grâce à ses coureurs des bois qui travaillaient comme des forcenés.
    Bonne journée!
    P.S.: je vois déjà des images 🙂

  2. avatar

    Merci Gaétan.

    « C’est à travers tes articles que je me suis intéressé à cette partie de l’Histoire que je ne connaissais pas vraiment. »
    Ce n’est pas surprenant, cette facette de notre histoire a été complètement effacée.

    « Si je ne m’abuse, le Canada existe grâce à ses coureurs des bois qui travaillaient comme des forcenés. »

    C’était surtout une « philosophie de vie » d’une majorité de Canayens: celle d’une responsabilité sociale personnelle dans une liberté individuelle totale. On croit aujourd’hui que c’est une utopie philosophique.

    Et, tu as raison, le Canada d’aujourd’hui existe parce qu’il a profité de cette « philosophie » de nos ancêtres. En fait, les USA en ont tout autant profité. Ils se sont emparé, tous les deux, des résultats en s’assurant de faire disparaître la « cause ».

    Bof! Le temps arrange les choses.

    À plus.