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Sept mesures pour une meilleure contribution de la finance et des banques ? la collectivit

Un nombre toujours plus important d??conomistes et d?intellectuels proposent des solutions pour refonder le syst?me ?conomique et ?viter une grave d?pression en Europe et dans le monde.

Mais si de vraies solutions existent pour sortir d?finitivement de la crise, les gouvernements des plus grands pays ne sont pas pr?ts ? prendre toutes les mesures n?cessaires pour enlever le pouvoir aux acteurs financiers afin de satisfaire les besoins fondamentaux de la soci?t??

L?aventure d?sastreuse de la banque franco-belge Dexia est un bon r?sum? des effets de la d?r?glementation financi?re actuelle : de la privatisation du Cr?dit Local de France en 1996 au d?mant?lement de Dexia en 2011, en passant par la cr?ation de Dexia, sa plong?e ? corps perdu dans la sp?culation, son refinancement sans contrepartie par les Etats fran?ais, belge et luxembourgeois en 2008, la continuation de ses activit?s sp?culatives jusqu?au naufrage final en octobre 2011.

Ce seul exemple montre que l?espace ?conomique europ?en et plus g?n?ralement le march? mondial exigeraient que l?on prenne enfin des mesures nouvelles strictes pour assurer une meilleure contribution du monde de la finance ? la collectivit?.

– Confier ? nouveau la cr?ation mon?taire ? l?Etat
Il n?est pas normal que les banques priv?es puissent aujourd?hui emprunter ? 1% aupr?s des banques centrales pour pr?ter ensuite aux Etats entre 3 et 7%. L?Etat doit reprendre le contr?le de la cr?ation mon?taire et retrouver la possibilit? de mon?tiser sa dette en revenant sur la loi de 1973.

– Cr?er un grand p?le public bancaire
Les immenses profits des activit?s de d?tail des banques montrent que cette activit? est un oligopole non concurrentiel qui vit, telle une sangsue, sur le dos de l??conomie r?elle et de ses clients. L?Etat pourrait donc instaurer une plus grande concurrence en cr?ant une grande banque publique (autour de LCL ?) qui proposerait ses services ? des tarifs raisonnables.

– L?Etat doit devenir actionnaire des banques aid?es
En cas de probl?me, quand une banque aide un individu ou une entreprise, ce n’est jamais gratuitement qu’elle le fait : elle consent un pr?t ou un placement?Aujourd’hui, pourquoi devrait-on traiter les banques diff?remment ? Au lieu de dilapider l’argent, les ?tats devraient devenir actionnaires et faire des placements dans les banques. C’est ce qu’ont fait Gordon Brown au Royaume-Uni et Barack Obama aux Etats-Unis quand les banques ?taient menac?es de faillite. Ils ne les ont pas renflou?es gratuitement, ils ont investi dans ces banques avec des actions et placements. Et seulement un an apr?s, les contribuables ont tir? profit de cet accord !

– S?parer ? nouveau les banques de d?p?t et d?affaires
Pour prot?ger les banques de d?p?t des exc?s des march?s, la Grande D?pression avait enfant? le Glass Steagall Act en 1933, du nom d’un s?nateur d?mocrate de Virginie. Celui-ci a instaur? une incompatibilit? entre les m?tiers de banque de d?p?t et de banque d’investissement, cr?? le syst?me f?d?ral d’assurance des d?p?ts bancaires et introduit le plafonnement des taux d’int?r?t sur les d?p?ts bancaires. Son abrogation en 1999 par l?administration Clinton porte une lourde part de responsabilit? dans la crise actuelle et il faut donc revenir dessus.

– Encadrer strictement les bonus
Quand tout va bien, les banquiers touchent des bonus colossaux et quand tout va mal, ils sont aid?s par l?Etat et si leurs bonus sont r?duits, ils restent n?anmoins tr?s confortables. Il faut donc instaurer une nouvelle tranche d?IR pour les tr?s hauts salaires (au-del? de 500 000 euros par exemple) et syst?matiser l??talement du paiement des bonus ainsi que la possibilit? de bonus n?gatifs.

– Instaurer une taxe significative (0.1 ? 1%) sur toutes les transactions financi?res
Cela permettrait de r?duire la sp?culation ? court terme et le fardeau des dettes contract?es par les Etats. La taxe Tobin repr?sente avant tout un moyen d?affronter des int?r?ts ?conomiques et financiers qui sont hostiles ? toute politique de contr?le des mouvements de capitaux. Ces int?r?ts, favoris?s depuis vingt ans par des politiques n?olib?rales, ont ?t? privil?gi?s au d?triment des revenus du travail. Contrairement aux rem?des appliqu?s d?ordinaire lorsqu??clatent les crises financi?res, la taxe Tobin aurait un r?le pr?ventif.

Dans une sorte de fr?n?sie propositionnelle en vue de l’?lection pr?sidentielle, Nicolas Sarkozy multiplie les annonces comme celle d?une taxe Tobin fran?aise avant la fin 2O12. Mais c?est se moquer du monde car Il y a ? peine un mois le secr?taire d’Etat au Commerce ext?rieur, Pierre Lellouche, s?opposait au vote par le S?nat d?une telle taxe, estimant que la France « ne peut l?gif?rer seule » car ce serait « contre-productif » et cela « nuirait ? la place financi?re de Paris »?

– Instaurer une taxe sur les fusions et acquisitions
Les rachats d?entreprise sont souvent l?occasion pour les actionnaires d?extraire toujours plus de valeur sous la forme de licenciements. Ce co?t pour la collectivit? devrait ?tre compens? par une taxe exceptionnelle en fonction du montant de la transaction, ce qui limiterait ?galement les rachats d?entreprise ? l?utilit? douteuse.

Toutes ces mesures, peu ou prou, sont propos?es par des intellectuels venus de toutes les familles de pens?e, de la gauche (Fr?d?ric Lordon, Jacques G?n?reux, Emmanuel Todd) du centre (Jean-Fran?ois Kahn), du lib?ralisme humaniste (Jean-Luc Gr?au, Maurice Allais), du lib?ralisme ?tasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d?ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion). Si elles ?taient toutes adopt?es par le couple Merkozy mais aussi par la social-d?mocratie europ?enne, elles changeraient sans doute la face de l?Europe et du monde?

Photo Creative Commons : chiffre 7 par THEfunkyman (http://www.flickr.com/photos/djou/295471609/)

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