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Se gu?rir gr?ce ? ses images int?rieures

??Ma voie de gu?rison, c?est le chemin d?une vie??. L?histoire d?une vocation, aussi?: apr?s cinq ans d?arthrite rhumato?de, menac?e de paralysie, Marie Lise Labont? se rend ? Paris, o? elle est soign?e par Th?r?se Bertherat, kin?sith?rapeute cr?atrice de l?antigymnastique. Rentr?e gu?rie au Qu?bec, elle ouvre un centre de soins psychosomatiques, continue ? se former – notamment aupr?s du docteur Simonton, c?l?bre pionnier de la psycho-neuro-immunologie -, et d?veloppe sa propre m?thode, ??l?abandon des cuirasses??, fond?e autant sur le travail du corps que sur la visualisation et la psychoth?rapie. Aujourd?hui formatrice de th?rapeutes et auteur ? succ?s, elle insiste dans un nouveau livre, ?crit avec le psychanalyste jungien Nicolas Bornemisca, sur l?importance des images mentales.

En.marge?: ??Se gu?rir gr?ce ? ses images int?rieures??, proposez-vous. Quelle fut l?influence de ces images sur votre propre gu?rison??

Marie Lise Labont??: D?j?, c?est ma ??vision de la vieille femme??, comme je l?appelle, qui a tout d?clench?. Le soir du jour o? on m?a annonc? pour bient?t chaise roulante et proth?ses, je me suis vue dans le futur, ?g?e de 47 ans, en train de mourir de l?arthrite. Et l?, d?clic, je me suis dit?: ??Non?!?? Je me suis ?tendue sur le sol et j?ai d?but? les mouvements indiqu?s dans le livre de Th?r?se Bertherat, que j?avais parcouru sans rien faire. C?est l? que mon processus de gu?rison a commenc?. Je soufrais beaucoup, j??tais physiquement tr?s limit?e, mais j?ai ressenti un bref soulagement que je n?avais pas connu depuis des ann?es. Le bien ?tre?! J?ai d?cid? de suivre cette piste. Un mois plus tard, j?avais tout vendu, j??tais ? Paris (en b?quilles?!) et je commen?ais ma th?rapie. Au bout d?un an, je pouvais marcher, danser, courir.

En.marge?: Une gu?rison presque miraculeuse??

Marie-Lise Labont??: J?ai vite d?couvert combien mes images mentales avaient particip?, d?abord, ? ma maladie?! En m?me temps qu?ils apportaient un soulagement, les mouvements faisaient ?merger des souvenirs oubli?s, visuels ou auditifs, des situations difficiles que j?avais v?cues enfant puis occult?es, m?me devant le psychiatre qui m?avait suivie au Qu?bec, dans une approche tr?s mentale, dirais-je. Ces images, je pouvais les v?rifier ensuite au t?l?phone avec ma m?re?: ??Mais oui, je portais cette robe bleue ? l??poque?!?? disait-elle par exemple. Il y avait aussi des sc?narios de destruction inspir?s par la souffrance physique, sc?narios exutoires d?amputation; ou encore des sensations kinesth?siques, reflets de l?enfermement de mon corps par l?arthrite. Petit ? petit, ces impressions se sont transform?es en ce qu?on appelle des ??images de transformation???: elles n?avaient plus la m?me duret?, et soudain sont venues, tout naturellement, des images de gu?rison – dont une autre vision, celle de la ??d?esse??, o? je me voyais courir sur une plage inconnue. L? encore, ce n??tait pas un r?ve (je r?vais beaucoup aussi), mais une vision, diff?rant ?galement des images, car s?imposant avec plus de force et d?information.

En.marge?: ??Tout naturellement??, dites-vous. D?s qu?on lib?re le corps, il se met ? parler??

Marie-Lise Labont??: Le corps, comme les r?ves ou les signes de jour, est une voie de communication de l?inconscient, dont il est le si?ge. Les sympt?mes, c?est l?inconscient qui parle; et gu?rir, c?est ouvrir le dialogue avec le monde int?rieur. Un processus naturel, en effet, mais que nous avons bloqu? dans nos soci?t?s occidentales. Nicolas Bornemisca raconte dans le livre l?histoire de ce dialogue dans la Gr?ce antique, au Mexique, au P?rou ou ailleurs, et comment notre soci?t? s?y oppose? et le voit revenir.

En.marge?: Mais c?est bien le corps que vous mettez en avant, dans votre m?thode ?

Marie-Lise Labont??: Je n?ai pas pu tout expliquer dans un seul livre?! Mais le dialogue avec l?inconscient n?est jamais s?par? du travail sur le corps que j?ai d?crit ailleurs, et par lequel il faut toujours commencer, pour relaxer, d?gager la respiration, d?bloquer les tensions et faire venir la lib?ration musculaire et l?abandon des cuirasses. Ce n?est que lorsque les gens le veulent, et sont pr?ts, que l?on peut faire remonter les images de la maladie et entamer la visualisation. On ne saute pas sur l?inconscient pour qu?il parle, on attend et on ?coute, en partant des images int?rieures et toujours dans un corps d?tendu. Par exemple, on va chercher l?image de la chimio, et les gens auront moins d?effets secondaires parce qu?ils vont agir sur la chimio en l?aidant, au lieu d??tre en col?re. Tout d?pend du mal ?tre de la personne, mais il est toujours important de lib?rer la cuirasse du bassin, la musculature du dos et cette ??cuirasse du mal aim? qu?est la r?gion thoracique. On cr?e ainsi une circulation d??nergie qui permet au syst?me parasympathique d?entrer en action, facilitant le contact avec l?h?misph?re droit du cerveau.

En.marge?: La th?rapie, finalement, sert ? alimenter la capacit? d?autogu?rison ?

Marie-Lise Labont??: C?est le but. Le sens profond d?une maladie n?est pas le m?me pour tous. On n?est pas l? en tant qu?autorit?. Quand quelqu?un nomme un symbole, on lui demande toujours quel en est le sens pour lui. C?est comme pour la visualisation sportive?: vous pouvez toujours visualiser la victoire, si vous avez un probl?me inconscient avec le succ?s, ?a ne marchera jamais. Attention, de m?me, avec les imageries toutes pr?tes?: on se forge une imagerie gr?ce ? un livre, mais l?inconscient n?est pas d?accord?et on retombe dans le processus m?me de la maladie !

En.marge?: On peut visualiser ? l?envers??

Marie-Lise Labont??: A la base de nombreuses maladies, il y a un processus inconscient d?autodestruction. Souvent, quand on questionne un malade, il mentionne une petite voix qui disait?: arr?te sinon ?a va ?tre grave. Mais beaucoup ne veulent ni ?couter ni savoir. Le plus important est d?aider la personne ? d?velopper une relation d?amour avec elle-m?me?: loin du narcissisme, cette rencontre lui fait prendre conscience qu?elle peut s?appuyer sur son monde int?rieur pour trouver les pistes de gu?rison.

En.marge?: Passer par le corps avait si bien march? pour vous, pourquoi aborder l?inconscient??

Marie-Lise Labont??: Madame Bertherat ne parlait pas beaucoup de l?inconscient, mais elle portait en elle ce dialogue, m?me si elle tenait ? rester sur le terrain physique. C?est moi qui me livrais ? une autoanalyse, notant mes impressions et mes r?ves, cultivant mes images de gu?rison. Le docteur Simonton non plus ne dialoguait pas beaucoup avec l?inconscient?: ??On ne sait pas pourquoi la visualisation de la gu?rison a autant d?effet, disait-il, mais on sait que ?a marche.? Je respecte leurs d?marches, mais moi, j?ai cr?? ma propre m?thode en me fondant sur une connaissance du corps et une ?tude de Wilhelm Reich qui me permettaient d?aller plus profond dans le dialogue avec l?inconscient, et d?aborder les cuirasses. Quand Nicolas, qui est psychanalyste jungien, a rejoint le centre pour aider les gens ? analyser leurs r?ves, j?ai beaucoup appris, et j?ai r?alis? que ma voie de gu?rison est le chemin de toute une vie?!

En.marge?: Pensez-vous que le Qu?bec soit en avance sur la France dans ce domaine??

Marie-Lise Labont??:? Plus maintenant. Il y a une recherche, un ?veil. Au Qu?bec, j?ai le sentiment que les gens sont souvent en train de faire du shopping, surfant d?une m?thode ? l?autre sans jamais entreprendre de v?ritable travail. Par contre, ce qui manque aux th?rapeutes en France, c?est le travail en ?quipe.

Source: En Marge

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