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Sarkozy, un boulet pour l?UMP

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Il est clair d?sormais que Nicolas Sarkozy a pour objectif de reprendre, d?une mani?re ou d?une autre, le contr?le de l?UMP afin d?asseoir sa candidature en vue de la pr?sidentielle de 2017. Ce serait, pour son parti, le pire des sc?narios. N?en d?plaise aux sympathisants de l?UMP nostalgiques du quinquennat pass?,?l?ex-pr?sident de la R?publique deviendrait en effet un terrible boulet pour son camp…

 

Les r?centes d?clarations de Brice Hortefeux et Nadine Morano ? porte-paroles habituels de Nicolas Sarkozy depuis le vrai-faux ??retrait de la vie politique?? annonc? au lendemain de la d?faite de 2012?? ont exprim? sans ambigu?t? le d?sir visc?ral de l?ex-pr?sident de revenir aux affaires pour briguer un nouveau mandat ?lys?en en 2017. Un retour qui pourrait se faire lors du Congr?s du parti qui se tiendra durant l?automne, en recourant ? la technique du bulldozer. But de l?op?ration pour Sarkozy?: imposer aux militants sa ??stature pr?sidentielle?? au nez et ? la barbe de tous les autres caciques de l?UMP. Principaux vis?s?: messieurs ??Ducon?? et ??Durien??, autrement dit Alain Jupp? et Fran?ois Fillon en langage sarkozyste.

 

Cette strat?gie de reconqu?te ? la hussarde ne doit rien au hasard?: il en va de la survie politique de l?homme aux 600 milliards d?euros de d?ficit. Et pour cause?: son image ne cesse de s?effriter, y compris chez les sympathisants de l?UMP, tandis que celle d?Alain Jupp? prend toujours plus de hauteur. R?sultat?: le maire de Bordeaux vient d?sormais talonner Sarkozy dans les sondages. Mais il y a pire encore?: quoi qu?ils en disent, la plupart des t?nors de l?UMP sont en effet d?ores et d?j? dans les starting-blocks pour la course au titre de candidat officiel du parti. Et tous, sans exception, sont bien d?cid?s ? faire respecter l?organisation de primaires act?e par une tr?s large majorit? des militants le 30 juin 2013. Or, Sarkozy sait qu?une fois ce processus des primaires lanc?, il serait d?finitivement hors-jeu, sauf ? envisager une candidature parall?le suicidaire, tant pour lui que pour les chances de la droite de reconqu?rir le pouvoir, malgr? la d?confiture envisageable du Parti Socialiste.

 

Pr?cis?ment, parlons-en de cette probable d?confiture du PS. ? l??vidence, elle ne sert pas les int?r?ts de Sarkozy. Et pour cause?: sauf retournement spectaculaire de la conjoncture ?conomique et baisse significative du nombre des ch?meurs, le candidat socialiste en 2017, qu?il s?agisse de Fran?ois Hollande ou de tout autre champion suffisamment t?m?raire pour relever le d?fi, devrait ?tre largement distanc? au 1er tour de la pr?sidentielle. Distanc?, mais surtout ?limin? du duel de 2e tour o? l?on devrait logiquement retrouver Marine Le Pen face au candidat de l?UMP. Avec une cons?quence ?vidente?: le candidat de la droite r?publicaine devrait ?tre ?lu sans difficult? pr?sident de la R?publique, et cela m?me si la victoire est acquise de mani?re nettement plus ?triqu?e qu?en 2002, eu ?gard au profond ressentiment des ?lecteurs populaires ? l?encontre des partis dits ??de gouvernement??. ?nonc? d?une mani?re diff?rente et quelque peu triviale, cela revient ? dire que m?me un ?ne aux couleurs de l?UMP a toutes les chances de gagner la pr?sidentielle de 2017?!

 

Dans de telles conditions, Sarkozy ne peut, comme il en forme le projet, se pr?senter comme le seul v?ritable espoir d?un retour de la droite au pouvoir. Et moins encore comme le seul recours pour enrayer la menace frontiste, n?importe quel clampin estampill? UMP ayant toutes les chances de ravir la mise. Comble de la difficult? pour Sarkozy, les t?nors Jupp? et Fillon, ainsi que l?armada des quadras aux dents longues sont fond?s ? croire que leur tour est venu. Avec, ? la cl?, de solides ambitions que le parcours de Hollande, parti de 3?% dans les sondages en 2011, et la certitude d?une victoire UMP au 2e tour de 2017 attisent comme jamais. Ceux-l? feront tout pour barrer?la route ? Sarkozy et ne pas se laisser imposer un abandon des primaires de la droite qui pourrait ouvrir un boulevard ? un retour du battu de 2012, malgr? cet ?chec et sans que le bilan de son quinquennat ait ?t? sold?.

 

Au-del? des ambitions et des postures actuelles des nombreux ??pr?sidentiables?? de l?UMP, ce sont les militants de la droite (et peut-?tre du centre-droit si un accord peut ?tre pass? avec l?UDI) qui, par leurs votes, d?cideront quelle route doit ?tre suivie en vue de l??ch?ance de 2017. Des militants qui, d?s avant le Congr?s de l?UMP, devront se poser les bonnes questions, et notamment celles-ci?:

 

Faut-il, dans l?optique de la pr?sidentielle de 2017, repartir avec un Nicolas Sarkozy dont le bilan politique et ?conomique a ?t? m?diocre, et de surcro?t pollu? par des d?rives comportementales indignes de la fonction pr?sidentielle, au risque d?alourdir le climat par des r?actions virulentes d?opposition, voire de haine d?une partie de la population fran?aise??

 

Faut-il, au contraire, s?engager r?solument dans la voie, d?cid?e en 2013, de primaires ? droite qui permettront de faire ?merger un candidat au caract?re affirm? mais nettement moins clivant, capable de r?unir sur son nom une large partie de l??lectorat r?publicain, et cela dans un contexte tr?s favorable ? une alternance politique??

 

Poser ces questions, c?est y r?pondre. Comment croire raisonnablement que les militants de l?UMP prendront le risque de redonner les cl?s de leur parti ? l?homme dont le quinquennat a ?t? marqu? par une suite d??checs ?lectoraux et par un bilan socio?conomique ayant largement contribu? ? la d?faite de leur camp lors de la derni?re pr?sidentielle?? Comment, de surcro?t, ne pas prendre en compte les multiples dossiers judiciaires qui menacent Sarkozy, ? commencer par les d?veloppements de l?affaire Bygmalion et les r?v?lations corr?latives sur le financement ill?gal de la campagne de 2012 dont nul ne peut croire que le principal b?n?ficiaire a tout ignor? comme il cherche ? le faire gober aux na?fs??

 

Ce n?est pas une, mais plusieurs ?p?es de Damocl?s qui tiennent ? un fil sur la t?te de Sarkozy et peuvent, ? tout moment, hypoth?quer son avenir, voire le stopper net comme Strauss-Kahn en 2011 pour d?autres raisons. Avec le risque concomitant de laisser le parti d?sempar? au pire moment alors qu?il a toutes les chances de rafler la mise lors de la pr?sidentielle et des l?gislatives de 2017. Il est clair que Sarkozy est devenu un boulet pour l?UMP.

 

Un boulet pour l?UMP, mais aussi un boulet pour la France, si Sarkozy est rattrap? par les affaires apr?s avoir r?ussi ? mener ? bien son OPA sur le parti. Si tel ?tait le cas, c?est un boulevard qui s?ouvrirait pour Marine Le Pen et le Font National?!

 

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