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Sarkozy-Hollande, les mêmes charters… ridicules

Les nouvelles venues de Calais sont plus qu’alarmantes, et je ne parle même pas des malheureux qui tentent tous les jours de rejoindre leur hypothétique eldorado, certains en y laissant la vie, à monter sur un train et à heurter une caténaire, ou à se faire tuer à l’entrée du Tunnel sous la Manche. Non, je vous parle d’un autre évènement sidérant, fort similaire à ce que j’avais dénoncé chez Nicolas Sakozy en 2008 pour des faits remontant déjà à 2004. Et comme les faits sont quasi les mêmes, je ne vais pas faire de différence, pur dénoncer de la même manière ce qui se passe et qui est aussi révoltant que l’organisation de charters qu’avait créé le ministre de l’intérieur de époque, celui qui allait devenir plus tard président (il le sera deux fois, en 2002-2004 et en 2005-2007). Le procédé est révoltant et totalement idiot dans les deux cas, et ne sert qu’à faire diminuer des statistiques (ou en remonter d’autres selon l’angle dans lequel on se place). Manuel Valls, dont vous connaissez mon avis à son égard, met donc ses pas dans une pratique sarkozienne que l’ensemble de la gauche avait dénoncée à l’époque. Aujourd’hui, il fait dans l’éloignement discret de migrants, ce qui revient au même que de le faire au grand jour, et prouve surtout une duplicité évidente de la part du premier ministre bombeur de torse.

dash8Revenons donc il y a dix ans déjà en 2005, (et même un peu avant encore en 2004) avec un coup tordu comme en affectionne tant Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur . Personne au départ ne comprend pourquoi en sa qualité de responsable il insiste tant pour faire acheter à la Sécurité Civile des avions bien particuliers, alors que les pompiers lui réclament des appareils qui ont fait leur preuve, les fameux Canadair, produits au Canada comme le nom l’indique. le 6 août 2005, le premier Dash 8, lui aussi fabriqué au Canada et modifié par Cascade Aerospace, fait ses premiers essais dans les Bouches du Rhône et ne déclenche pas vraiment l’enthousiasme des pilotes. Le long fuselage ventru n’aime pas être trop secoué visiblement et n’encaisse pas le nombre de G que le Canadair absorbe sans broncher. Ce qu’un rapport exhaustif sur les premiers essais montre sans ambiguité, faisant naître une controverse  :

« – le Dash n’est pas à l’origine un avion de type « bombardier d’eau », mais un appareil de transport ;

– le constructeur a apporté les modifications nécessaires afin de le rendre polyvalent, et cette évolution a été acceptée par l’autorité de certification canadienne : le Dash dispose donc des autorisations nécessaires afin de remplir sa mission ;

– cependant, les facteurs de charge autorisés par l’autorité canadienne sont moins importants que ceux prévus à l’origine dans le marché d’acquisition. »

L’engin, en gros est en raison de cela limité en évolutions :

« – l’état-major de la zone Sud et les commandants des opérations de secours (COS) ont pris l’habitude en 2005 d’utiliser le Dash avec précaution dans un relief peu accidenté sans lui demander de manoeuvres serrées. Par ailleurs, la pose de ligne d’appui au retardant dans le cadre d’un dispositif aéro-terrestre qui constitue sa mission principale s’effectue sur les crêtes et non en relief encaissé ;

– dans un relief plus accidenté, qui n’est pas le domaine normal d’évolution du Dash, il existe toujours la solution de le faire intervenir avec une citerne moins remplie et de permettre ainsi une élévation du facteur de charge avant largage. Avec 3 heures de carburant (autonomie GAAR) le Dash peut intervenir dans le relief avec une limitation avant largage de 2,4 g en comptant 3 interventions de 50 mn avant ravitaillement. A la 1ère intervention il pourra emporter 6 tonnes de retardant (soit environ 1 tonne de plus que le Fokker pour les mêmes conditions d’interventions en relief). A la seconde intervention, il pourra emporter 7 tonnes de retardant et 8 tonnes à la troisième ».

rservoi et karmans

Une controverse qui ne plaît pas au ministre de l’Intérieur, qui tient à tout prix à ses fameux Dash (les Milan 73 et 74 pour la nomenclature de la Sécurité Civile) : « le ministère de l’intérieur note ainsi que « pleinement conscient des enjeux de sécurité et d’efficacité opérationnelle, des interrogations de l’intersyndicale des personnels navigants de la BASC et également du fait qu’il n’existe aujourd’hui aucun autre bombardier d’eau lourd polyvalent certifié capable de performances égales à celles des Dash 8, le ministère de l’intérieur a souhaité que les 2 Dash 8 fassent l’objet d’une expérimentation complémentaire pendant la saison feux 2006 et d’un retour d’expérience, à l’issue, avant de décider de leur intégration définitive à la flotte de bombardement d’eau ». » (ci-dessous le réservoir accolé sous l’avion avec ses deux raccords aérodynamiques avant et arrière).

Bref, on force manifestement la main des pompiers pour faire l’acquisition de ce drôle d’engin, destiné au départ à l’emport de passagers et non de tonnes d’eau, et qui peut aussi servir d’avion cargo pour le transport de fret, une fois tous ses sièges enlevés. Ceci, pour une raison que loin découvre écrite noir sur blanc dans le même rapport : « un dernier point relevé par le comité interministériel d’audit des programmes mérite d’être souligné. Hors des périodes de feu, le Dash est également utilisé pour des opérations de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière, principalement en Europe de l’Est. Si votre rapporteur spécial n’a pas d’objection sur le principe, qui relève plutôt d’une optimisation pertinente des moyens de l’Etat, le comité note que cette fonction n’est pas mentionnée dans les projets annules de performances, et que son coût n’apparaît nulle part. Une question se pose donc : faut-il considérer que la mission « Sécurité civile » doit supporter le coût, certes minime, mais réel, de ces reconduites à la frontière ou bien, par soucis de clarté et de bonne information du Parlement, faut-il faire apparaître dans les PAP la dépense constatée, voire organiser le remboursement par la mission concernée ? La réflexion mérite d’être menée, et rejoint celle, formulée en infra, sur la structure de la mission. »

configuration dash8

Mais rien n’y fait devant la décision du ministre de l’Intérieur qui tient en effet à ce genre d’avion qui permet, une fois ses sièges passagers retrouvés, de reconduire à la frontière des migrants, une opération qui a un coût élevé, va-t-on découvrir un peu plus tard : un rapport de l’Assemblée annonce alors le coût de « l’expérimentation » décidée par Nicolas Sarkozy : « 50 millions d’euros, correspondant au coût d’acquisition des 2 Dash, et 11,3 millions d’euros, correspondant au paiement du 1er acompte au titulaire du marché ont été transférés à la Défense en 2004« , auxquels on ajoute « 3,8 millions d’euros, correspondant au coût de la maintenance de ces avions, et 38,4 millions d’euros, correspondant à la poursuite du paiement de l’acquisition des 2 gros porteurs et à leur maintenance seront transférés au profit de la Défense en 2005« . Xavier Bertrand, qui se rêve alors déjà en Premier ministre, annonce lui 83 millions d’euros au total en avril 2005, en ajoutant une phrase anodine : « ce sont des avions très polyvalents, puisqu’ils peuvent également transporter des passagers ou du fret. »

Au final; les deux avions voleront peu en termes d’attaques de feux de forêt… et beaucoup plus en forme d’autobus volant à reconduire les migrants, ce qui satisfait un homme qui se fera élire président avec un volet de son programme portant sur l’immigration et son contrôle, une notion chère à l’extrême droite qu’il ne cessera de cajoler durant toute sa campagne électorale, bien aidé par son conseiller Buisson, ancien de Minute. Comme j’ai pu l’écrire, cet ancien ministre de l’intérieur obsédé par les thèses droitistes avait bien dissimulé son choix en ne révélant pas les coûts réels des opérations de renvoi aux frontières : « on comprend alors beaucoup mieux l’impatience d’un ministre de l’Intérieur à se doter d’un tel engin, l’été aux incendies, l’hiver aux reconductions ! Et Pâques au balcon, pour les expulsés, mais pas sur LEUR balcon ! Personne n’avait compris l’attachement du ministre de l’Intérieur pour ce modèle d’avion bâtard ou inapproprié en ce qui concerne la lutte contre le feu. On comprend mieux aujourd’hui. Le rapporteur du Sénat, lui, continue à se poser des questions : 1024643688_B974986046Z.1_20150310194159_000_GPQ44M5QO.1-0.jpg« Si votre rapporteur spécial n’a pas d’objection sur le principe, qui relève plutôt d’une optimisation pertinente des moyens de l’Etat, le comité note que cette fonction n’est pas mentionnée dans les projets annuels de performances, et que son coût n’apparaît nulle part ». On voudrait faire discret qu’on ne s’y prendrait pas autrement : pas budgétisée, l’opération de reconduite est… inexistante ! Comme ça, en cas de pépin, ni vu ni connu. Un coup à la Pasqua, serait-on tenté de dire. Au JO du Sénat du 11 mai 2006, on va plus loin : la décision d’achat des 2 Dash 8 a été prise dans l’urgence, et sans aucune enquête préalable : « un audit mené par le ministre du Budget révèle qu’aucune étude économique n’a été réalisée pour renouveler la flotte. Quant au Dash 8, souvent évoqué, il ne saurait être une solution puisqu’il ne correspond pas, selon les professionnels, aux critères de résistance, de rapidité d’intervention, de sécurité des missions, de transports de matériels et de personnes définis par le cahier des charges. Les pilotes de canadairs n’ont d’ailleurs pas manqué de signifier leur désaccord quant à ce choix éventuel ». Ce n’est visiblement pas le bon appareil pour jeter de l’eau, mais ça semble être le bon pour jeter les émigrés hors de France et de Navarre ! »

Voilà pour les deux Dash de transport de migrants de Nicolas Sarkozy : on se dit qu’un gouvernement de gauche ne va quand même pas sombrer dans le même ridicule des renvois par avions de migrants, celui de coups faramineux pour un résultat plus que discutable, les expulsés revenant invariablement après avoir été déposés dans leur pays d’origine. Et bien on a tort, car l’opération, grotesque en 2005, vient de recommencer en 2015, sous un gouvernement de gauche (ou prétendu tel), avec un aspect encore plus grotesque pourrait-t-on dire, puisque cette fois les migrants prennent un avion commercial réquisitionné par la Police des Frontières (ce qui ma foi est plus discret, disons) mais pour être reconduits à l’autre bout du pays… et non à l’étranger. Là, on atteint d’emblée un autre sommet, car la PAF elle-même trouve le procédé… idiot, puisqu’il lui arrive déjà après plusieurs mois du procédé d’avoir à re-transporter les mêmes personnes deux fois… aux frais du contribuable !  Street Press, qui a révélé hier l’affaire estime le renvoi à entre 289  et 420 euros par tête de pipe, le tarif de la place facturée par Twin Jet, la société qui a été requise pour effectuer les transferts. Le contrat signé avec Twin Jet étant de… 1,5 million d’euros, reconductible sur 4 ans !!

vol du 19 octobre 2015

dash 8 orlyUn appareil en particulier, immatriculé F-GUME (ici au Bourget le 23 mars dernier, photographié par le spotteur Maxence, un ex un ex CS-DOC de Netjets Europe), est utilisé parmi la flotte de Beechcraft 1900D, un type d’avion  qui peut emporter 19 passagers à chaque voyage. Des trajets qui se voient sur l’application Flight Radar (ci-dessus), Ci-dessus un vol récent en date du 10 octobre 2015, joignant Calais à Perpignan.

Et cela n’est pas nouveau, à vrai dire. Dés 2006, si on avait été plus attentif, on aurait déjà remarqué cette phrase restée anodine : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même : depuis octobre 2006, la police aux frontières (PAF), en charge de l’éloignement des étrangers en situation irrégulière, s’est dotée d’un Beech 1900, un bimoteur de 19 places, qu’elle loue à une compagnie privée ». Piloté par des agents de la PAF, cet avion permet d’acheminer les étrangers en instance d’éloignement, du centre de rétention vers l’aéroport de départ, mais également de reconduire des personnes jusqu’en Europe centrale et dans les Balkans. De janvier à mai, ce Beech 1900, qui est aussi utilisé par d’autres directions opérationnelles de la police nationale, a déjà effectué une quarantaine de vols pour la PAF et permis de reconduire dans leur pays d’origine une cinquantaine d’étrangers, notamment des Roumains. Alors que le transport d’étrangers en situation irrégulière fait l’objet d’une polémique grandissante de la part des syndicats d’Air-France-KLM (Le Monde du 12 juillet), Jean-Yves Topin, directeur adjoint de la PAF, le reconnaît : « Le Beech offre plus de souplesse et assure à la PAF une plus grande indépendance qu’une compagnie régulière. » Compte tenu de l’utilisation intensive de ce Beech 1900, le ministère de l’intérieur envisage même de se doter d’un second appareil du même type ». On vient donc de redécouvrir tardivement ce qui existe depuis plus de 9 ans là !!! Ci-dessous, le retard au déclenchement de la balise du F-GUME lors du vol du 19 octobre dernier : parti de Calais Marck, il ne signale pas avant de survoler Ruminghem, soit 18 km après avoir décollé, mais rien de secret là-dedans : la balise n’est perceptible que lorsque l’avion dépasse les 5000 pieds (1 500 m) environ.

trajet déclaré

Pour les reconductions à l’étranger, on avait alors affaire au relais d’autres compagnies : « Air Azur, Air Algérie, Air austral, Air Lanka, Afrique Airways, Gulf Air… toutes les compagnies peuvent être sollicitées. « C’est un problème de routing (itinéraire) et de places dans l’avion, c’est tout », relève M. Topin. Pour gérer la logistique de ses éloignements, la PAF passe par un voyagiste privé, Carlson Wagon-Lit, qui se charge de lui trouver des places sur des vols commerciaux en privilégiant les routings les plus logiques et les plus directs. Ancienne compagnie nationale, mais également héritière d’UTA et d’Air Afrique, Air France assure néanmoins les deux tiers des éloignements individuels. »

F-GUME

F-GUME vers2Un procédé reposant sur une compagnie qui s’est installée dans le créneau abandonné par Air France ou même sa filiale à bas coûts HOP :  « A l’origine de ces deux nouvelles lignes : une petite compagnie aérienne qu’on pourrait qualifier « de niche », basée à Aix-en-Provence : Twinjet. Son Pdg, Yvan Hervé est à la tête d’une petite flotte : dix avions seulement, tous des turbopropulseurs Beechcraft 1 900 de 19 places, adaptés aux transports régionaux. Son modèle économique est simple : Twinjet s’installe sur des lignes à faible trafic où en général, elle est seule à opérer et où le trafic affaires est prédominant. Ce qui lui permet de proposer des tarifs que son Pdg Yvan Hervé reconnaît « d’élevés », mais la survie de certaines lignes, comme celle de cette compagnie est à ce prix. Il existe donc un marché pour ce type de compagnie aérienne atypique. Il est même grandissant. Car au fur et à mesure que le Groupe Air France restructure ses différentes destinations, en abandonnant les lignes à trop faible trafic et non rentables pour ses gros porteurs, Twinjet se propose derrière de les reprendre. Et ça marche, pour le grand bonheur des directions des aéroports concernés qui voient survivre des routes aériennes risquant de disparaître. Les premiers tours d’hélices de Twinjet à Lyon-Saint Exupéry datent du 16 septembre 2013. Hop !, le nouveau pôle low cost d’Air France avait à peine abandonné la ligne Lyon-Le Havre à trop faible trafic-13 000 passagers seulement entre les deux villes en 2012-que Twinjet reprenait ipso facto immédiatement la suite avec ses avions de 19 places et des tarifs nettement plus élevés : 673 euros. » Yvan Hervé était précédemment responsable commercial chez TAM après être passé par… Aeromexico comme « Account Manager France/Allemagne ». Un Montpellier-Strasbourg est annoncé ici entre 450 et 675 € (plein tarif). Mais les tarifs peuvent aller du double au simple, si on réserve bien avant : Le billet plein tarif, pris au dernier moment sans aucune réduction, est de 722 euros aller-retour (l’exemple . vaut ici pour Périgueux-Paris) : « Le prix plancher est de 236 euros aller-retour : il s’applique sous condition aux familles, aux couples, aux jeunes et pour certains événements, ainsi qu’en réservant suffisamment longtemps à l’avance ». A espérer que l’on a affaire à une PAF prévoyante qui a réservé des avions depuis des mois…

grosse frayeur

F-GTVCL’ami Falcon, encyclopédie vivant de l’aviation avait lui aussi noté en 2012 un événement survenu sur un des Beechcraft réquisitionnés (la preuve ci-dessus). Révélant par la même que les expulsions ont aussi eu aussi lieu vers la… Pologne, en ce 16 janvier 2012 : ce jour-là, un des avions « loués », le F-GTVC avait connu un incident majeur au décollage, avec un énorme problème de synchronisation de ses hélices, l’obligeant à un atterrissage d’urgence à Calais. D’autres problèmes étaient apparus, déjà, lors d’autres vols. L’autre avion loué était le F-HETS. Les deux avions, des Beechraft 1900 eux aussi appartenaient auparavant à Chalair. En 2012, justement, la Police des Frontières avait fait 5 vols vers Katowice et un vers Krakow, 32 pour Wroclaw, 6 pour Tirana et 4 pour Timisoara et pour 21 vers Madrid, 11 vers Belgrade mais 27 vers Pristina (en Serbie) et 33 vers Wien Shwechat. Il n’y avait eu que 4 vols de déclarés vers Calais… sur 950 dans l’année. Le F-GTVC de Chalair provenait de chez Twin Jet, comme on peut le voir ici à gauche. L’avion, le 4 juillet 2006 à proximité d’Angoulême, alors exploit par Twin Jet, avait déjà connu un incident (mineur) noté ici par le BEA : maiis c’était la seule météo qui était alors responsable.  En 2014, le 27 octobre, une autre mésaventure était survenue pour Twin Jet, due au brouillard. En 2008, on annonçait le F-GTVC comme appartenant désormais au Ministère de l’Intérieur, affublé d’une cocarde tricolore… (il est ici vu l’année suivante, l’arborant sur la queue, à Vienne, en Autriche).

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1795462354_B975970810Z-1.1_20150702192114_000_GIK4PQ1PN.1-0La PAF, qui se fournissait donc  en  avions, comme elle avait pu le faire cet été avec un autre avion et une autre destination (Rennes !) ; comme l’avait relaté Nord Littoral le 2 juillet dernier , avec :  « Samedi, l’avion de la Paf, venu de Paris, s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Calais-Dunkerque à Marck  (1) en toute discrétion, pour venir chercher 10 migrants détenus au centre de rétention de Coquelles. Un premier vol est parti pour Rennes en fin de matinée avec à bord «  Deux Afgans, trois Soudanais et 9 escortes », précise une source proche. Le second est parti pour l’aéroport de Nancy/Metz peu après 14h avec «  trois Afghans, un Irakien, un Soudanais et 9 escortes ». Le Beechcraft 1900 de la PAF a emmené les exilés vers d’autres centres de rétention en France. Toujours au mois de juin, près de 80 exilés ont été arrêtés à Calais et transférés dans des centres de rétention à Rouen, Mesnil Amelot, Nice, Sète… Et certains migrants seraient déjà de retour à Calais ». L’avion montré par le journal local étant alors le F-ZBMD, notre pompier de l’air sarkozien (le N°74 pour la Sécurité Civile ici filmé dans son rôle de soute à eau) !!! « Les scénarios se répètent avec des tentatives d’éloignement aussi inefficaces qu’onéreuses. En décembre, au moins deux vols du même type sont partis de Marck, avec à bord certains exilés dont les demandes d’asile étaient en cours. La préfecture justifiait ces transports aériens couteux qui avaient abouti à la libération des migrants, et à leur retour à Calais quelques jours plus tard, pourF-ZBMD(74)_Dash_8Q-402MR)«  éviter la saturation du centre de rétention de Coquelles » et d’expliquer que « le juge peut mettre fin à la rétention ». Une opération dont la note est salée : l’heure de vol d’un Beechraft 1900 avoisine les 4000 euros, sans compter la mobilisation du personnel. Et le tout pour un résultat nul : les migrants sont relâchés et reviennent à Calais » expliquait le journal, dépité. En confirmant que l’un des Dash acheté par Sarkozy avait repris du service :  « le 10 mars, un charter pour l’Albanie a renvoyé 20 Albanais dans un avion de la Sécurité civile. Des Albanais qui, de retour chez eux, peuvent néanmoins rapidement obtenir un nouveau visa pour revenir en France légalement. Et retenter de partir en Angleterre ». Bref une expulsion coûteuse… et inutile de plus !

C’est le jeune ministre aux dents longues Emmanuel Macron qui doit être content, aujourd’hui, avec ces vols aberrants, lui qui soutient tant l’entreprenariat et les patrons « innovants », qui managent leurs société en rognant sur tout (celui qui a tant poussé l’usage des bus terrestres au nom de la baisse des coûts de transport pour les plus démunis devrait apprécier ses buts volants chargés d’encore plus démunis) : « ce qui explique la faible taille de la compagnie aixoise : 80 salariés seulement dont une moitié de pilotes et de personnels de bord. Pour serrer ses coût, Twinjet assure elle même la maintenance de ses avions dans son propre atelier et a créé son école de pilotage-maison délivrant les qualifications pour les Beech 1 900 » pouvait-on lire. Une maintenance moteur pourtant toujours annoncée le 15 janvier 201 comme étant faite… à Gonesse, via Vector Aerospace, firme canadienne. Ci dessous, le vol du 16 octobre parti de Calais, direction… Toulouse. En ne faisant reconnaître sa balise de surveillance coopérative aussi appelée ADS-B (Mode-S), encore un fois à une vingtaine de km de Calais, au sud de Zouafques, passant ainsi presqu’au dessus du Blockhaus d’Eperlecques, visible sur sa gauche …

toulouse 16 10 2015

« Notre typologie d’avion fait que nous connaissons une exploitation maximale pour des vols d’une durée située entre une heure et une heure quarante  : ce qui pourrait nous appeler à développer par exemple des vols à destination de Cologne, de Nuremberg ou du Nord de l’Italie. Nous sommes pour ce faire, en contact permanent avec la cellule de développement de Lyon-Saint Exupéry », explique Yvan Hervé. » Bref, les migrants syriens, tunisiens, afghans ou libyens ne seront pas raccompagnés jusque chez eux, en tout cas, c’est déjà ça, à bord des Beechraft. Une société qui tient à sa rentabilité et qui, comme l’aime tant Macron, sait aussi arrêter quand ça ne se remplit pas assez : ainsi pour la ligne Le Havre-Lyon, qui n’a duré qu’un seul été. La raison étant le taux de remplissage insuffisant des appareils : « Leur taux de remplissage est de 40%, ce qui n’est pas suffisant pour une compagnie aérienne privée », explique Daniel Fidelin, chargé des transports à la Communauté de l’agglomération havraise (CODAH) ».  Aucun migrant ne désirant non plus fuir le pays via le Havre, visiblement !!! Ci dessous le vol du 19 OCTOBRE 2015 du F-GUME, une énième liaison « CQF-PGF-CQF, » à savoir Calais-Perpignan-Calais, avec à la clé la photo de l’appareil prise à Perpignan (en dessous à gauche)….

FGUME

DSC_0536Ah, remplir les avions…. l’obsession des avionneurs, comme le précisait ici directeur général adjoint de Twin Jet, Olivier Besnard (ancien d’Aerogestion et d’Air Littoral) commentant l’ouverture de la ligne menant de l’aéroport de Périgueux-Bassillac à celui d’Orly. : « à travers une campagne de communication et une extension des prix les plus bas sur des moments précis, il compte améliorer le remplissage des avions, donc la rentabilité de cette ligne d’aménagement du territoire dont le déficit est complété par une les collectivités à hauteur de 760 000 euros »…  Des avions subventionnés par les régions… ou l’Etat français, pour les vols « discrets » de Calais au Sud de la France ou vers l’Est comme on vient de le voir et de le déplorer. « Il espère ainsi pouvoir augmenter la moyenne de remplissage des avions qui est actuellement de 8 à 10 passagers. La plupart font l’aller-retour dans la journée » précisait l’article : pour nos candidats au séjour en Angleterre, le retour (pédibus)  leur prend un peu plus de temps pour la PAF… Pour sûr,  je doute fort que les migrants reconduits d’une traite de Calais à Perignan bénéficient d’un plateau repas offert par la compagnie (ici la « collation » à bord d’un vol Toulouse-Metz, et là une deuxième jus de tomate-biscuit) ... et le gouvernement français, qui vient d’atteindre là un sommet de duplicité difficilement battable, même par le précurseur en la matière, Nicolas Sarkozy.

marion_marechal-3d57c-1-d1d1eNota : j’ai déjà lu quelque part que la famille LePen dénonçait ces pratiques, avec Marion Maréchal, la fan de Dieudonné (lors de l’affaire Charlie, elle avait osé mettre en tête de son blog « Je suis Dieudonné », et l’à rapidement retiré quand elle s’est aperçu de sa bêtise crasse, voir la copie d’écran ci-contre). Cela ne va pas m’empêcher de dénoncer cette gabegie ridicule, tout en précisant que les raisons qui m’y poussent n’ont rien à voir avec leur analyse biaisée par le racisme et le refus de l’autre. La tante a la solution toute trouvée, il est vrai : « les renvoyer chez eux, même dans des pays en guerre » a-t-elle dit le 24 octobre dernier à Calais même, affirmant qu’elle n’était donc pas CONTRE, tout au contraire… renforcer une mesure idiote, voilà ce que préconise en fait le FN… !!!

(1) c’est un aérodrome que je connais bien : enfant, j’allais y voir les étonnants Bristol Freighters anglais (et SuperFreighters) faisant traverser le channel à des voitures après les avoir avalées…

l’article de 2008

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/il-fait-beau-tout-le-monde-dehors-39674

sur Flight Radar

http://appdays.fr/news/flightradar-le-gros-succes-du-moment-pour-une-app-payante-grace-aux-crashs-davions

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