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Rouen: Noir, c’est noir…

 …Il n’y a plus d’espoir ?

Disons qu’il y a en de moins en moins avec toute cette industrie mortifère qui s’est installée dans nos vies, chimique, nucléaire, et vivre demain dans un monde acceptable devient compliqué.

La dernière tragédie vécue par les rouennais, et leur région n’a rien pour nous rassurer.

Et ce ne sont pas les propos rassurants, cousus de fil blanc, des uns et des autres, premier ministre, et préfets en tête, qui vont améliorer quoi que ce soit.

Quand l’eau qui coule du robinet n’a pas la limpidité habituelle, quand des enfants se mettent à vomir, quand l’air devient irrespirable, avec une odeur affirmée d’œuf pourri, comment les autorités peuvent-elles encore prétendre que « tout va bien » ?

Quid de ces policiers tombés malades quelques heures après leur intervention ?

Pourtant ils ont été pris de nausées, de vertiges, de vomissements. lien

Quid d’un Castaner qui, avant même que l’incendie soit maitrisé, et bien avant les analyses, puisse déclarer que tout danger était écarté ? lien

Déjà, lors de l’incendie de Notre Dame, il avait frappé fort en assurant que ce n’était qu’un accident, alors qu’aucune enquête n’avait encore commencé… pourtant, depuis, des doutes persistants s’accumulent sans que les médias « officiels » ne daignent s’y intéresser… lien

Mais revenons à Rouen.

Pour quelles obscures raisons les sirènes d’alarme n’ont été déclenchées que 5 heures après le début de l’incendie ?

Le préfet a répondu benoitement « je voulais éviter absolument un mouvement de panique (…) sonner les sirènes en pleine nuit, cela peut être très anxiogène ».

Car c’est bien ça le problème avec les « responsables », ils ne veulent surtout pas déclencher de panique…et avec cette logique, imaginons une situation pire : combien de vies seraient épargnées si les sirènes étaient actionnées le plus vite possible ?

En attendant, les suies émanant de l’installation industrielle sont retombées sur une centaine de communes, polluant fatalement les sols, et l’eau, sans qu’il soit possible d’envisager des réelles solutions de nettoyage.

Mais revenons à L’entreprise Lubrizol  : il s’agit tout de même de 1000 fûts stockés dans le secteur concerné par l’incendie dont 160 comportaient un produit dégageant du gaz mercaptan…mais que contenaient les 840 autres fûts ?

C’est ce que voudraient bien savoir les habitants du secteur, d’autant que ce gaz n’est, contrairement à ce qu’affirment les autorités, pas si inoffensif.

En effet, la plupart des mercaptans, aussi appelés méthanethiols, sont classés comme toxiques par inhalation et dangereux pour l’environnement. lien

Selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) des cas d’intoxication aiguë ont été signalés se traduisant par une irritation pulmonaire, des nausées, des vomissements, des diarrhées, pouvant aller jusqu’à des troubles de la conscience et de la respiration.

L’ONG « Robin des bois » rappelait que, le 22 avril 2013, 3 cheminots avaient perdu la vie, à Lacq à côté d’un wagon-citerne d’où s’échappait du mercaptanlien

Michèle Rivasi, la députée européenne EELV avait déclaré, lors d’une fuite de mercaptan qui s’était déjà produite dans l’entreprise Lubrizol le 21 janvier : « je suis d’accord avec le fait qu’il ne faut pas provoquer des mouvements de panique injustifiés, mais il faut aussi et surtout protéger les personnes les plus sensibles et notamment celles souffrant d’affections respiratoires et cutanées chroniques… ». lien

Le 1 octobre, on apprenait que 5253 tonnes de « produits » avaient été détruits… devant une telle précision, comment ne pas s’étonner que les autorités ne précisent pas de quels « produits » il s’agissait ? lien

Bien sûr, un document était proposé, mais sans que ne soient mentionnés l’appellation chimique de ces produits. lien

Sur le site du gouvernement, on peut bien sûr découvrir le détail, assez illisible des produits concernés. lien

Pourtant un mot n’apparaît pas, celui de Dioxines, alors qu’il parait probable qu’elles ont été relâchées en quantité. lien

De longues journées se sont écoulées depuis le début de la catastrophe, et rien ne justifie le silence des autorités sur ces questions pourtant essentielles.

Si l’on en croit le site « notre planète info », beaucoup d’hydrocarbures se sont volatilisés, mais aussi de la potasse caustique, (hydroxyde de potassium) ainsi que des éléments radioactifs.

Ils sont nombreux à se poser la question : que faisaient des matières radioactives dans ce site ?…

En tout cas, le préfet a tenu à rassurer la population en indiquant que ces matières radioactives servaient d’outil de mesure, et n’auraient pas été touchées par l’incendie. lien

Ajoutons pour la bonne bouche que les 8000 m² de l’usine étaient recouverts par un toit en fibrociment, de l’amiante donc, qui s’est aussi probablement dispersé dans l’atmosphère ?

Or, tous ces produits sont d’une toxicité aiguë en cas d’inhalation. lien

Pire, en aspergeant abondamment d’eau, prélevée dans la Seine, les pompiers ont fait un mauvais choix, car la soude caustique réagit violemment au contact de l’eau, libérant de l’hydrogène inflammable, extrêmement corrosif, provoquant de graves brûlures, et des lésions oculaires. lien

En tardant à réagir, les autorités ce sont rendues responsables d’un délit de « mise en danger de la vie d’autrui », et du coup, il était fatal que les riverains, agriculteurs, restaurateurs, mais aussi les prisonniers de la maison d’arrêt de Rouen aient décidé de saisir la justice. lien

Aux dernières nouvelles, le parquet de Rouen aurait passé la patate chaude au parquet de ParisLien

Quant aux « autorités », elles semblent s’orienter vers la piste d’un possible attentat, ou du moins d’une intervention extérieure (lien) … façon comme une autre d’agiter des rideaux de fumées.

Les juges, tout comme ceux qui ont conduit Jeanne d’Arc au bucher dans cette même ville, risquent d’avoir des agendas bien remplis dans les jours qui suivent, car comme dit mon vieil ami africain : « le borgne n’a qu’un œil mai il pleure quand même ».

L’image illustrant l’article vient de Haiti24

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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