Accueil / A C T U A L I T É / R?le des USA dans la crise ukrainienne : Les ?tats ?go?stes d’Am?rique

R?le des USA dans la crise ukrainienne : Les ?tats ?go?stes d’Am?rique

 

 

Le Pr?sident Poutine exploite certes froidement la crise ukrainienne.?Mais si on est arriv? l?, c?est bien ? la politique ?trang?re imprudente des USA que nous le devons.

?
?

D?cha?nement de violence?: ? Donetsk des s?paratistes pro-russes rouent de coups un pro-ukrainien

?

? premi?re vue le conflit ukrainien appara?t comme un affrontement entre l?Occident et la Russie?: les USA et l?UE souhaiteraient attirer l?Ukraine dans l?UE, pour rapprocher les fronti?res de l?UE et peut-?tre aussi de l?OTAN de la fronti?re russe. Et la Russie voudrait torpiller ce projet ? sa fa?on. Mais cette lecture ne dit que la moiti? de la v?rit?. Pour la conna?tre tout enti?re, il faut remonter en arri?re et surtout regarder de plus pr?s la logique de la dissuasion nucl?aire ? l??poque de la politique des blocs.
Fondamentalement, la dissuasion reposait sur l?an?antissement mutuel par la bombe nucl?aire. Celui qui lan?ait le premier une attaque nucl?aire ?tait s?r d??tre la deuxi?me victime. Vu de l?ext?rieur, ce syst?me a effectivement emp?ch? une guerre nucl?aire, mais en fait il a parall?lement ciment? ? l?int?rieur des deux blocs les d?pendances ?conomiques, politiques et militaires g?n?r?es apr?s la Deuxi?me guerre mondiale envers les puissances h?g?moniques respectives. Or, autant ces d?pendances ?taient ?videntes dans le bloc Est ? la vue des blind?s sovi?tiques en RDA en 1953 et au cours du Printemps de Prague en 1968, autant elles ont pass? inaper?ues dans le bloc Ouest.

Se prot?ger contre la puissance de l?argent

?Ici ce n??tait pas la violence nue qui r?gnait, mais tr?s conform?ment ? l??conomie de march? l??change s?curit? pour les ?tats ouest-europ?ens et le Japon -?de facto?protectorats militaires des USA -?contre toutes sortes de concessions ?conomiques et politiques?: ils occupaient?tous les postes sensibles pour la puissance h?g?monique au sein de la Banque mondiale, de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) et surtout du Fonds mon?taire international (FMI). Il fallait acheter des dollars en quantit? consid?rable puisque c??tait la devise de r?serve?dans le cadre du syst?me de Bretton Woods, pour lui permettre de renforcer sa position de devise internationale. Il fallait se soumettre au syst?me p?trolier am?ricain et s?approvisionner en Arabie saoudite, qui s??tait engag?e par un accord secret ? ne vendre cette mati?re premi?re qu?en dollars US, afin d?assurer une demande de dollars croissante m?me apr?s l?effondrement du syst?me de Bretton Woods?; tenter d?affaiblir l?euro par le biais des fonds sp?culatifs am?ricains et finalement – pour les Europ?ens – participer ? des guerres pour l?h?g?monie, en partie contraires au droit international, dans les Balkans, en Afghanistan, Irak, Libye ainsi qu?? la guerre civile syrienne, ? l?exacerbation du conflit sur le nucl?aire iranien et maintenant peut-?tre m?me impliquer l?Europe dans la guerre civile ukrainienne.
?

Le dollar?: un choix de pouvoir

En tout cas les USA ont r?ussi, malgr??la baisse de comp?titivit? de leur ?conomie et 26 ans de d?ficit commercial permanent, ? maintenir la position du?dollar comme devise de r?f?rence et ? surmonter bravement toutes les crises financi?res. Ces relations de dominant ? domin?s avec leurs protectorats politico-s?curitaires expliquent aussi dans une certaine mesure le d?sint?r?t des USA pour le d?sarmement nucl?aire apr?s l?effondrement de la politique des blocs et le coup d?arr?t – pr?ventif?!- donn? aux mesures en ce sens dont Ronald Reagan et Gorbatchev ? l?initiative du second, ?taient convenus ? Reykjav?k en 1986?.
Supposons que les USA se soient vraiment ralli?s ? la proposition de Gorbatchev?: d?truire toutes les bombes atomiques. Notre crainte de voir les Russes d?ferler sur nous aurait disparu du jour au lendemain et les Europ?ens auraient enfin atteint la pleine souverainet? de commercer avec tous les pays, Russie comprise, sans aucune tutelle. Ainsi ils auraient -entre autres- couvert leurs besoins ?nerg?tiques en fonction de leurs priorit?s ? eux, et non de celles des USA?: faire du p?trodollar une constante fondamentale impos?e au monde entier. L?UE et le Japon auraient mis sur pied une politique personnelle en Russie et au Proche et Moyen-Orient?; et les pays de ce groupe auraient pour leur part eu la chance d?utiliser la concurrence entre UE, USA et Japon pour un v?ritable libre-?change et le bien de leurs peuples.
Selon toute vraisemblance, on aurait ainsi ?pargn? au monde la course aux armements, consciemment encourag?e au Moyen-Orient, et l??change mati?res premi?res contre armes qui en r?sulte n?cessairement, ainsi que d?innombrables guerres. Nous aurions ?galement, apr?s la fin de la Guerre froide, joui d?un plus grand bien-?tre pour tous, d?un environnement mieux pr?serv? et eu moins de guerres. Et alors les pr?tentions des USA ? ?tablir leur domination sur leurs protectorats se seraient ?vanouies en fum?e, et les USA auraient d? ?tablir une concurrence ?quitable avec l?UE, le Japon et la Chine, au lieu de se retrancher derri?re le parapluie de leur devise, qui aurait alors perdu depuis longtemps son statut de devise de r?f?rence.

Un ?go?ste n?a ni ami ni ennemi

Mais ce sc?nario parfaitement r?aliste montre justement pourquoi les USA n?ont pas choisi cette voie, mais au contraire, non contents de bloquer le d?sarmement nucl?aire mondial, ont refus? de retirer les missiles stationn?s en Europe, contre le souhait ardent des Europ?ens. En outre les USA ont tenu ??ne pas d?placer les missiles stationn?s en Europe et visant la Russie m?me apr?s la dissolution du Pacte de Varsovie. On pouvait ainsi provoquer artificiellement une menace nucl?aire de la part de la Russie.
Les USA sont m?me all?s plus loin. Ils ont pouss? ? une nouvelle escalade nucl?aire par leur programme europ?en de bouclier anti-missiles en Tch?quie et Pologne. Que recherchaient les strat?ges d?outre-Atlantique avec cette politique d?une incroyable?absurdit?? Sans doute voulaient-ils seulement garder vives les peurs europ?ennes de ??l?ennemi russe?? issues de la guerre froide apr?s la fin de celle-ci et maintenir sous leur d?pendance leurs protectorats asiatiques et europ?ens.
L??go?ste n?a ni ami ni ennemi, il ne conna?t que son int?r?t personnel. Apr?s la fin de la guerre froide, les USA ont impos? froidement et sans aucun ?gard pour les autres leurs propres int?r?ts – on peut bien le dire aujourd?hui au vu des pratiques de la NSA et des ?coutes qui n?ont m?me pas ?pargn? la?Chanceli?re Angela Merkel?.

L?encerclement de la Russie?: une provocation

Ce comportement est ?galement ais? ? constater dans la strat?gie ?nerg?tique des USA envers l?Europe?: la d?pendance de celle-ci envers les gaz et le p?trole russes devraient ?tre r?duite au minimum, mais en revanche la d?pendance ?nerg?tique envers les ?tats moyen-orientaux sous contr?le ?tats-unien devrait notablement s?accro?tre. C?est pourquoi l?on a promu partenaires les ?tats d?Asie centrale disposant d?importantes r?serves de gaz et de p?trole et envisag? leur entr?e dans l?OTAN?; en Ouzb?kistan et Azerba?djan?on a m?me install? des bases militaires US. ? l?encontre de tous les crit?res ?conomiques, des firmes US ont ?t? charg?es de construire le co?teux pipeline Nabucco qui relie l?Europe occidentale ? l?Asie centrale en passant par la Turquie. Parall?lement on a commenc? ? ??rapprocher?? les ?tats est-europ?ens de l?UE et de l?OTAN.

??

Pour la Russie, des exercices de l?OTAN effectu?s dans d?ex-pays du bloc Est, comme la Lituanie, constituent une vraie provocation.???Petras Malukas/AFP

?

?C?est l?UE qui paiera les pots cass?s

Et nous en arrivons au conflit ukrainien. La Sous-secr?taire d??tat US pour l?Europe et l?Eurasie, Victoria Nuland, s?est vant?e le 13 d?cembre 2013 devant l?US-Ukraine-Foundation que l?administration?US ait d?pens? depuis 1991 plus de 5 milliards de dollars pour ??d?velopper la prosp?rit? et la d?mocratie en Ukraine??. Ce soutien visait ? inclure l?Ukraine dans?l?UE.
Les politiciens de l?UE – visiblement toujours prisonniers de l?esprit de la guerre froide?- ont ?t? assez bons, ou plut?t assez b?tes, pour saisir la balle au bond et appuyer ce projet qui visait clairement ? cr?er une profonde fracture entre la Russie et l?UE. Et donc la politique ukrainienne des USA n?est dirig?e qu?en partie contre la Russie – si elle l?est. Le principal dans l?affaire, ce sont les ??amis europ?ens?? que l?on doit maintenir artificiellement en tension constante avec la Russie.?Comme on dit,??les plus b?tes des veaux choisissent eux-m?mes ? quelle sauce ils seront mang?s.??
Maintenant l?UE se trouve devant un dangereux tas?de verre cass?, cons?quence de la politique russo-ukrainienne que lui ont impos?e les USA et qui contredit ses propres int?r?ts. De vieux briscards avis?s de la politique, issus de tous les camps ? l?exception des Verts – Helmut Schmidt, Klaus von Dohnanyi, Armin Laschet,?Matthias Platzeck?- et un tout petit nombre de journalistes libres de pr?jug?s avertissent d?sormais?plus ou moins discr?tement les Europ?ens de ne pas se laisser embobiner par les USA au service de leurs int?r?ts ?go?stes. Et de vastes pans de la population refusent de se soumettre ? la propagande atlantiste des m?dias?main stream, tandis qu?Obama, le Congr?s et le S?nat US ne cessent de pousser ? des sanctions tr?s lourdes contre la Russie.?Et pourtant tout le monde sait que les grandes victimes d?une aggravation du conflit russo-ukrainien ne seraient pas les US-Am?ricains, mais bien les Europ?ens. Les pr?tentions US-am?ricaines ont depuis longtemps d?pass? les bornes, les Europ?ens doivent enfin cesser de s?aveugler eux-m?mes et de se mettre ? plat ventre, et le dire ouvertement aux USA.

Merci ??Tlaxcala
Source:?http://www.stern.de/politik/ausland/2-rolle-der-usa-in-der-ukraine-krise-die-egoistischen-staaten-von-amerika-2108267.html
Date de parution de l’article original: 07/05/2014

 

 

Mohssen Massarrat ???? ????
Traduit par??Mich?le Mialane

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Coke en stock (CCCXIX) : au Mexique, as usual…

Au Mexique non plus ça n’a pas faibli :  les arrivages de coke ont continué, ...