Accueil / A C T U A L I T É / REVOLUTIONS ARABES: le cas particulier de l’Alg?rie

REVOLUTIONS ARABES: le cas particulier de l’Alg?rie

Image Flickr par gwenflickr

Les uns apr?s les autres et semaine apr?s semaine, des r?gimes arabes s?effondrent ?et d?effritent sous la ru?e de leurs peuples affam?s de libert? et d?cid?s plus que jamais ? briser ce joug honteux et inacceptable qui les asservit ? la volont? et aux caprices d?un f?hrer, despote et dominateur. Le m?rite revient aux Tunisiens qui, les premiers, ont d?cide de secouer les puces. La r?volution ?gyptienne ne tarda pas ? suivre. Bien entendu ce ne fut pas facile. Des ??pr?sidents- rois??, inamovibles ?taient pr?ts ? tout entreprendre pour ne pas c?der aux pressions populaires et pour perp?tuer un pouvoir devenu indispensable ? leur existence. Le libyen Mouammar Kadhafi ou encore le y?m?nite Abdullah Salah offrent les meilleurs exemples de l?obstination de ces hommes politiques qui refusent de comprendre et encore moins d?admettre qu?ils sont l? pour un temps et par la volont? de leurs peuples

Si dans les Etats arabes les conjonctures politiques et sociales diff?rent d?un pays ? l?autre, il n?en reste pas moins qu?ils ont un point commun ? savoir que leurs pr?sidents se consid?rent presque tous comme ?tant des surhommes, des surdou?s, bref les seuls citoyens comp?tents, clairvoyants et aptes? ? gouverner. Le fait qu?ils sont venus au pouvoir, pour la plupart, ? la suite d?un coup d?Etat militaire, semble leur conf?rer- du moins ils le croient- un certain droit de propri?t? et de jouissance, ?une l?gitimit? ? vie et une hypoth?que? sur le territoire et sur les hommes. Certains parmi eux esp?raient m?me l?guer le commandement ? leurs h?ritiers?: Moubarak ? son a?n? Jamal et Kadhafi ? Sayf al Islam ? l?instar du syrien Hafid al Asad ? son fils Bachar. On comprend dans ces conditions l?acharnement du pr?sident libyen ? s?accrocher ? son ??ROYAUME?? et son refus? absolu de se d?mettre de ses fonctions, quitte ? mourir et ? laisser derri?re lui une terre br?l?e et des milliers de morts.

En Alg?rie le probl?me est beaucoup plus s?rieux et plus compliqu? encore. Apr?s une colonisation de cent trente ans par la France, le pays acc?de ? l?ind?pendance. Le FLN parti politique unique et sa branche militaire l?ALN se consid?rent comme ?tant les seuls et uniques artisans de la lib?ration. Le pouvoir alg?rien pense par cons?quent incarner aujourd?hui le peuple entier et notamment le million de moujahidines tomb?s au champ d?honneur pour la d?colonisation du pays. La premi?re formation gouvernementale (15 septembre 1963-19 juin 1965), pr?sid?e par Ahmed Ben Bella a connu l?assassinat d?un ministre (Mohamed Khemesti), la destitution de deux autres membres du gouvernement (Ahmed Francis, Mohamed Khobzi) et la d?mission de Moussa Hassani (Postes et t?l?communication) et Mohamed hadj Hamou (Information). Cette p?riode d?h?sitation et d?instabilit? a pris fin ? la suite du coup d?Etat men? par le colonel Houari Boumediene qui devint ? partir du 19 juin 1965 et jusqu?? sa mort en 1978 ? la fois?: pr?sident de la R?publique, premier ministre et ministre de la d?fense.

En r?alit? il s?agissait tout simplement d?une prise du pouvoir par l?arm?e alg?rienne laquelle, depuis cette date, exerce sans partage une dictature absolue sur le pays, avec une domination totale sur toute la vie publique, une autorit? directe sur les organes de d?cision et une mainmise sur les richesses nationales. Apr?s la mort de Boumediene c?est toujours l?arm?e qui fait et d?fait les pr?sidents de la r?publique dont la conduite et les d?cisions restent dict?es et contr?l?es par la junte militaire, un groupe de g?n?raux de la g?n?ration de l?ind?pendance qui d?tiennent le pouvoir r?el en Alg?rie. Tous les chefs d?Etat qui se sont? succ?d?s depuis 1965 l?ont ?t? avec l?aval de l?arm?e. Les deux pr?sidents qui ont essay? de s??carter quelque peu de la ligne de conduite trac?e par la junte ont ?t? l?un destitu? ou contraint de d?missionner (Chadli Bendjedid), et un autre carr?ment assassin? (Mohamed Boudiaf).

Les quelques partis politiques d?opposition tol?r?s en Alg?rie ne le sont que pour le d?cor d?un r?gime autocratique qui veut se donner une vision d?mocratique. En r?alit? aucune libert? d?action de grande envergure n?est permise pour ces formations politiques qui sont pi?g?es, p?n?tr?es et b?illonn?es par les services de s?curit? de l?Etat lesquels constituent la grande force et les piliers du gouvernement alg?rien.

Il est vrai que le paysage politique, ethnique et religieux? exige des responsables d?Alger le besoin de s?appuyer sur un tel dispositif de s?curit? pour le maintien d?un certain ?quilibre entre les diff?rentes composantes de cette soci?t? alg?rienne h?t?rog?ne?: Arabes et Berb?res, Touaregs et Kabyles, la?cs et islamistes, modernistes et traditionalistes. Cette junte militaire est peut ?tre aussi pour les Occidentaux un rempart contre les adeptes de la Qa?da. D?ailleurs le pr?sident Sarkozy ne s?est pas emp?ch? de dire qu?il vaut mieux un? r?gime ? la Bouteflika qu?un gouvernement taliban. Mais Mr le pr?sident fran?ais oublie que les Islamistes trouvent justement toute leur l?gitimit? et tout l?appui populaire qui leur est accord? dans le fait qu?ils luttent pour d?barrasser les Alg?riens de la dictature d?une poign?e de militaires qui les ?touffent ?et pi?tinent leurs droits les plus ?l?mentaires. Je pr?cise ici qu?il n?est pas dit que les dirigeants de la Qa?da vont ?tre plus d?mocratiques que les g?n?raux de l?arm?e alg?rienne. Mais le dernier mot doit rester au peuple qui a seul le droit de choisir librement ses gouvernants.

C?est cette libert? et ce droit que r?clament et exigent aujourd?hui les jeunes alg?riens qui ont essay? ces derniers jours de braver les forces de l?ordre pour manifester leur col?re contre le r?gime en place. Dans France Observateur du 19/2/11 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110219.OBS8341/la-police-repousse-les-manifestants-dans-un-alger-quadrille.html

Il est ?crit?:

-???????? Tout le monde r?clame une rupture d?finitive avec le r?gime.

-???????? La police repousse les manifestants dans un Alger quadrill?.

-???????? Les Alg?riens ont tent? de r?investir la rue pour r?clamer le changement du syst?me, mais ont ?t? accueillis par un important dispositif policier.

Bien entendu ces manifestants n?appartiennent pas tous ? des organisations islamiques. La plupart sont des jeunes universitaires ou des m?contents des conditions de vie qui leur sont impos?es. Alors jusqu?? quand cette dictature?? ?Certes le cas alg?rien est bien particulier puisqu?il ne s?agit pas d?un homme fort qui d?tient le pouvoir mais d?une arm?e bien soud?e et super ?quip?e qui tient le pays d?une main de fer. Mais pendant combien de temps encore Mr Bouteflika et ses patrons militaires pourront-ils continuer ? voiler la v?rit?, ? ?touffer la voix d?un peuple priv? ?de libert??? Pourquoi ne pas tirer une le?on de ce qui s?est pass? en Tunisie, en Egypte et demain en Libye et au Y?men??

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Hommage aux bénévoles de la SNSM

  La main tendue du fond de la bîme … Il était une fois deux ...