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Retour vers le futur avec George Orwell

« LA GUERRE C’EST LA PAIX » (1984), et pour avoir la paix l’homme a inventé la BOMBE. Et comme l’animal sur deux pattes est de nature perfectionniste, il a été jusqu’à l’essayer. Mais rassurez-vous ce n’était qu’une démonstration de barbarie sans lendemain ! C’est George Orwell qui en 1945 dans un essai qui n’était pas un roman d’anticipation, disait que l’arme atomique ne serait jamais utilisée. D’ailleurs il est toujours intéressant de relire un vieux bouquin rangé dans sa bibliothèque, mais la lecture 70 ans après sa publication de « Vous et la bombe atomique » nous permet d’apprécier ou de critiquer les spéculations futuristes d’un écrivain visionnaire, inventeur de l’expression « Guerre froide ».

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« Considérant la façon dont nous sommes tous susceptibles d’être mis en pièces par elle dans les cinq prochaines années, la bombe atomique n’a pas éveillé tant de discussions comme on aurait pu s’y attendre. »

Voici la première phrase de l’essai de George Orwell (1903-1950), mais c’est également dès le début de son texte qu’il s’interroge et s’étonne, du peu d’intérêt à l’époque pour ce qui lui paraissait le plus urgent… « Comment ces choses sont difficiles à fabriquer ».

Encore aujourd’hui des gens s’inquiètent sur la possibilité qu’un groupe terroriste possède un jour l’arme absolue, et surtout de l’usage qui pourrait en être fait. Mais on parle surtout désormais de la réalisation d’une bombe sale. Lorsque Orwell écrivait ces lignes, une rumeur circulait, « le bruit courait, certains fou solitaire dans un laboratoire pourrait souffler la civilisation en miettes, aussi facilement que ce qui a déclenché un feu d’artifice.) »

Or, l’écrivain estimait en se basant sur les déclarations de Truman, que la difficulté et le coût très élevé de la fabrication d’une bombe étaient des éléments qui rendaient sa construction possible que pour « trois où quatre pays » seulement. Mais depuis des efforts considérables ont été fait par des Etats soucieux de… La sécurité de leurs citoyens bien entendu. Depuis, le club des grands vaporisateurs de radiations compte plusieurs nouveaux membres. En fait, Orwell ne pensait pas que la bombe atomique allait bouleverser l’histoire, mais plus certainement « intensifier les tendances » des dernières années. « Déjà, en 1939, il n’y avait que cinq Etats capables de faire la guerre sur une grande échelle, et maintenant il y en a seulement trois – en fin de compte, peut-être, seulement deux. »

Orwell remarquait également que même si « deux ou trois super-Etats monstrueux » possédaient la bombe, nous n’irions pas forcément vers des guerre plus sanglantes et la fin de la civilisation. Il imaginait un accord tacite entre ces nations pour ne pas utiliser l’arme atomique l’un contre l’autre, et se servir de la menace pour diriger le monde. Et ainsi pouvoir continuer à opprimer et désespérer les peuples plus faibles.

Selon Orwell, de son temps déjà le futur de la terre commençait à se dessiner en trois grands empires. Qu’il voyait dans l’avenir autonomes et coupés de tout contact avec le monde extérieur. Le troisième Etat serait l’Asie de l’Est, dominée par la Chine. Les trois monstres seraient dirigés par une oligarchie auto-élu. C’est certainement cette vision du monde qui avait inspiré son dernier ouvrage, « 1984 » (Nineteen Eighty-Four)

Certes, nous n’en sommes pas encore là, même si le culte de la personnalité obligatoire ou volontaire existe toujours comme dans le passé. Sans oublier la surveillance des citoyens qui est également plus aisée grâce aux nouvelles technologies. D’ailleurs vous ne trouvez pas une étrange ressemblance entre votre ordiespion et le « télécran » de Winston Smith ? La révolte des peuples existent encore mais à qui profitent les révolutions, moins aux peuples qu’à ceux qui les manipulent pour des raisons religieuses ou politiques. Voire aux Etats qui interviennent par intérêt et qui depuis longtemps ne comptent plus les cadavres sur les champs de bataille.

George Orwell termina son essai « You and the Atomic Bomb » qui date du 19 octobre 1945 par cette affirmation… »La paix qui n’est aucune paix »

Moins de trois mois après les bombes furent lancées sur Hiroshima, le 6 août 1945, et Nagasaki le 9 août 1945.

http://orwell.ru/library/articles/ABomb/english/e_abomb

Orwell

 

Commentaires

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A propos de gruni 57

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J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

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