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Retour sur l’année 2019 et bonne année 2020

L’année 2019 qui s’achève, fortement perturbée par le mouvement des gilets jaunes et les manifestations contre la réforme des retraites, marque la mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron.
 
Pour une majorité de Français, elle marque aussi la fin du mythe du positionnement  » ni droite-ni gauche  » et de l’obscur  » en même temps « , chers au président de la République…

 

 

L’érosion continue du pouvoir d’achat des salariés et retraités associé au désengagement tous azimuts de l’Etat depuis plus de 30 ans et la future réforme de retraites par points ont provoqué en cette année 2019 un mécontentement général dans l’ensemble du pays : étudiants, paysans, personnel des EHPAD, personnel hospitalier, personnel pénitentiaire, policiers, pompiers, RATP, SNCF, etc.

 

La fiscalité au cœur de la crise sociale

 

A la suite du mouvement des Gilets jaunes et pour calmer les millions de citoyens en colère, Emmanuel Macron a notamment annoncé une baisse de l’impôt sur le revenu (IR) en 2020. Mais contrairement à l’idée libérale communément répandue, ce n’est pas en réduisant l’IR pour les seuls ménages imposables que l’on réduira les inégalités sociales car plus de 50%  des foyers ne sont pas assujettis à l’IR.
De plus, les impôts indirects et taxes de toute sorte, en augmentation constante, touchent sans distinction tous les foyers et deviennent ainsi de moins en moins lourds au fur et à mesure que les contribuables sont plus aisés :

  • la TVA (taxe sur la valeur ajoutée, 44,9 % des recettes budgétaires de l’Etat),
  • la TICPE (taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques, 4,1% des recettes budgétaires de l’Etat),
  • les taxes diverses sur les alcools, assurances, audiovisuel, certificats d’immatriculation, contrôle technique des véhicules, droits de timbre, droits d’enregistrement, eau, électricité, frais bancaires, gaz, immobilier, jeux, mutuelles, sodas, spectacles, tabac, taxes foncières, timbres, transports, etc. (13,9% des recettes fiscales de l’Etat),
  • sans oublier la CSG (contribution sociale généralisée, 9,2 % sur les revenus d’activité), la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale, 0,5%), la CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, 0,3%), les forfaits hospitaliers et autres franchises médicales pour alimenter le budget de la Sécurité sociale,
Et si aujourd’hui, le gouvernement d’Emmanuel Macron communique largement sur la baisse de l’IR (seulement 21% des recettes budgétaires), il fait l’impasse sur  une vraie réforme de la fiscalité et ce après avoir supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour les familles les plus riches (3,5 milliards € de recettes fiscales en moins), mis en place une taxe allégée sur les revenus financiers (près de 4 milliards € de recettes en moins), supprimé l’exit taxe qui était destinée à dissuader les Français d’installer leur foyer fiscal à l’étranger (800 millions € offerts aux ultra-riches).
Pour protéger les ménages modestes comme l’ensemble des salariés et retraités, il fallait notamment :

  • augmenter le nombre de tranches de l’IR qui souffre toujours d’un manque cruel de progressivité avec seulement 5 tranches d’imposition,
  • fusionner les contributions CSG , CRDS et CASA avec l’IR, pour en faire un large impôt progressif acquitté par tous,
  • diminuer fortement la fiscalité indirecte,
  • rétablir l’échelle mobile des salaires (indexation annuelle automatique du SMIC et de tous les salaires, retraites, allocations familiales, allocations chômage, etc. en fonction du taux d’inflation), supprimée au début des années 80 par la gauche au pouvoir.

Le futur système de retraite par points

 

Emmanuel Macron veut aussi chambouler le système des retraites. Pourquoi ? La réponse est contenue dans le rapport de 2017 du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui indique que le système de retraite représente en France 14% du  produit intérieur brut annuel (PIB). Un pourcentage jugé trop important par le gouvernement qui veut le bloquer à ce niveau, voire le diminuer au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Il s’agit donc de mettre à bas le système actuel parce qu’il ne garantit pas une baisse suffisante de la part des pensions dans le PIB. Comment faire ? En le remplaçant par un système par points…
Calqué en grande partie sur les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC, un euro cotisé donnera les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé et le statut du cotisant (salariés du secteur privé ou public, professions libérales, indépendants, etc.). Les droits accumulés seront convertis en une pension de retraite (nombre de points x valeur du point) pondérée par un coefficient de conversion qui sera fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance.
Mais si le principe est relativement simple, les modalités précises, notamment la valeur du point ou le coefficient de conversion, sont des paramètres sur lesquels tout gouvernement  pourra jouer dans le futur selon les contraintes financières du moment. La valeur du point pourrait alors être bloquée pour ne plus être indexée automatiquement sur le taux annuel d’inflation, comme vient de le faire récemment le gouvernement d’Emmanuel Macron pour les pensions du Régime général.
Cette dernière pratique sera d’autant plus tentante qu’un accord du 13 mars 2013 concernant les retraites complémentaires ARRCO et AGIRC, signé avec la complicité du Medef et des syndicats CFDT, CFE-CGC, CFTC, a prévu d’indexer chaque année la valeur du point d’un point de moins que le taux d’inflation annuel !
Au bout du compte, le nouveau régime favorisera les salaires élevés, notamment ceux des cadres suoérieurs, car plus le nombre de points cotisés sera important et plus la pension sera conséquente. Par contre, dans leur immense majorité, les salariés seront contraints de repousser leur départ à la retraite à cause d’une période d’activité trop courte, de périodes de chômage, maladie ou maternité et finalement d’un nombre insuffisant de points débouchant sur une pension trop faible. La retraite étant calculée sur l’ensemble de la carrière ‘au lieu des 25 dernières années pour les salariés du secteur privé et les 6 derniers mois pour les fonctionnaires, le gouvernement pourrait ainsi économiser jusqu’à 30 milliards d’euros, selon plusieurs spécialistes des questions de retraite !

Mais aujourd’hui, la force de la République réside plus dans la capacité de réaction de ses citoyens que dans les mises en scène gouvernementales ou journalistiques dans les médias. 
Redonner des perspectives d’action crédibles à l’ensemble du monde du travail pour faire face à la crise sociale, écologique et démocratique qu’elle entraîne, voilà ce que l’on peut souhaiter de mieux pour l’année 2020.
Que cette nouvelle année vous apporte bonheur, santé, succès personnel et professionnel.

 

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A propos de Albert Ricchi

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Journaliste citoyen, mon blog est consacré à la politique, la démocratie, l'économie, l'environnement ainsi qu'à plusieurs réformes essentielles à entreprendre aujourd'hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

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