Accueil / T Y P E S / Articles / Retour en 2008 : la nomination de Madame Sans-Gêne Morano au gouvernement…

Retour en 2008 : la nomination de Madame Sans-Gêne Morano au gouvernement…

Le 19 mars 2008, je faisais paraître un billet sur Agoravox, suite à la nomination surprise de Nadine Morano au gouvernement. Les déboires actuels de la dame m’ont rappelé ce texte, que je vous propose à nouveau sur cette plateforme. Sans y changer quoi que ce soit. Vous y découvrirez une analyse qui se tient toujours, sept ans plus tard : cette dame insensée entraîne aujourd’hui dans sa chute son ancien mentor, à l’évidence, mais le mal date bien d’hier. S’il fallait trouver une faiblesse au prétendu inaltérable Sarkozy, c’est bien celle de s’être entouré d’incompétents notoires, le propre des leaders sans âme et sans capacité réelle à s’imposer comme chef. Nicolas Sarkozy, ce matamore est en effet fondamentalement un faible, qui a peur qu’on lui fasse de l’ombre. Avec Morano, il n’avait aucune crainte à avoir. Avant elle, il y avait eu l’ineffable Rachida Dati, dont le comportement s’est limité se venger personnellement des avanies que la vie lui avait faites (un mariage imposé, révélé fort tardivement – dans « Gala » – et longtemps soupçonné) en dehors de toute empathie avec un peuple, dont elle s’est faite l’ennemie à singer les People avec une constance et une régularité qui sidère. Voire des gens qui l’ont joué perso, tel Kouchner, celui qui aura mis en scène sa propre vie durant toute la sienne bien aidée par sa femme qui aura fait de même. Nicolas Sarkozy, qui a jugé bien des personnes « pire ministre que la France ait connu » (dans le désordre Cécile Duflot, en ce moment Nadjat Belkacem, et il y a peu encore son propre premier ministre) ferait bien de se rendre compte qu’il en a nommé des « pires », et parmi eux l’ineffable Castafiore Morano qui vient tout juste de lui rappeler que des excuses, il aurait dû lui même en faire lui-même pour ses saillies de charretier. Sarkozy est effectivement celui qui a le plus abaissé la fonction présidentielle, lui rappelle aujourd’hui avec acuité « Madame Sans-Gêne ». Elle y a grandement participé, mais semble l’avoir totalement oublié depuis…

« Décidément, ce président est suicidaire : on lui fait comprendre qu’il se trompe, les urnes le démontrent sans ambiguïté ce week-end (en mars 2008, je le rappelle), on s’attend à ce qu’il se calme où qu’il choisisse des personnes d’apaisement : il nomme Nadine Morano au gouvernement ! C’est suicidaire ! Car la dame n’a aucune retenue, l’a déjà prouvé à moult reprises, et elle ne saura pas s’empêcher de prendre la parole, renforcée par sa nouvelle position de secrétaire d’Etat, pour effectuer des saillies dont elle est coutumière, et qui vont discréditer à coup sûr définitivement ce gouvernement fantasque et inconséquent.

Autre point à souligner sur l’inconsistance de cette décision catastrophique du chef de l’Etat : les urnes lui lancent un appel, il nomme quelqu’un qui n’a pas même pas obtenu le suffrage du peuple lors de ce vote ! Le seul critère expliquant le choix de Nadine Morano est donc celui d’un resserrement des troupes autour d’un individu, le président lui-même, qui récompense déjà ses plus fidèles grognards. Dix mois d’exercice seulement, et ça sent déjà la fin de règne.

On la surnomme la Castafiore, et ce n’est pas pour rien : dès qu’elle l’ouvre, ce ne sont pas les vitres qui se cassent, mais ses amis dans la salle. Effarés par ce qu’elle peut dire comme bêtises. Audiard a dit un jour qu’on les reconnaît à ça et, en effet, Nadine Yvonne Jacqueline Morano est coutumière des bourdes à répétition. Invitée à la télévision, c’est un vrai régal : elle annonce n’importe quoi avec un aplomb pas possible : le canal Rhin-Rhône ou les pôles de compétitivité, rien ne l’effraie. Nadine Morano est une catastrophe télévisuelle, qui ne vient pas comme invitée, mais comme « clasheuse » et non en interviewée : les médias s’en régalent. Avoir du Morano, c’est l’assurance d’avoir de l’audimat. Avec des positions anti-journalistiques notoires de notre nouvelle secrétaire d’Etat, qui promettent des relations houleuses obligatoirement : un reportage où l’on discute de la pluie et non d’une « rumeur » qui n’est autre qu’un reportage de France 2, et où Morano en profite pour égratigner sa collègue Amara. Bonjour l’ambiance ! Ce jour-là, Nadine Morano se prend pour Isabelle Adjani, pas moins !!!127140_Madame-Sans-Gene-in-Le-Radical-by-Edmond-Lepelletier-Posters-e1b36

Morano n’a peur de rien, en effet, et surtout pas des mots : le 25 février dernier, elle accuse les socialistes de « se ranger du côté des assassins » en ce qui concerne la loi de rétroactivité. Tollé général, car l’accusation est grave et la louche démagogique large : ce n’est pas en insultant qu’on y arrive, mais cette notion dépasse depuis longtemps l’entendement de Mme Morano, qui n’a pas été nommée porte-parole d’un président grossier pour rien. La Mère Ubu de l’UMP, comme certains l’ont aussi décrite, parle tout simplement comme son maître. Pour d’autres, c’est clair, désormais, en France, on a bel et bien une politique de bistrotSes propres amis de bistrot, en tout cas, sachant lui tailler un costard. « Une arriviste », »une députée bling-bling », « une starlette des médias », disent ses propres collègues, qui ne vont pas au bistrot comme les ouvriers de la CGT, pour qui Morano a été la seule députée à refuser de soutenir le syndicat demandant un moratoire pour la fermeture de l’usine Kleber locale. Au siège de sa campagne, ils vont s’en souvenir… Morano devient « Mme ToutToul » le jour même. Pour une députée qui clamait ramer dans le même sens… que le président, venu juste à côté défendre la sidérurgie, ça la fiche mal.

Son caractère de teigneuse invétérée promet en effet de belles joutes au sein même du gouvernement : ce sera obligatoirement Amara ou elle, très bientôt  : après avoir dit « Fadela Amara n’aide pas à faire avancer la situation [en banlieues]. Cela montre les limites du casting à la Fogiel, c’est du n’importe quoi », on se demande en effet ce qu’on peut dire et surtout comment travailler ensemble. La réponse d’Amara annonce déjà la sérénité profonde du prochain Conseil des ministres : « Nadine Morano, c’est habituel. Moi, j’ai tendance à croire qu’elle est comme les personnalités de chez Tintin. C’est la Castafiore pour moi : elle est sympa, mais elle énerve tout le monde et tout le monde la fuit ! ». Et voilà comment on gagne un surnom indécrottable désormais. Morano, c’est la Castafiore. Définitivement.

Une Castafiore, ça aime les airs d’opéra et arpenter les scènes. Morano sait le faire, à sombrer dans le plus parfait ridicule, comme l’avait montré un reportage effarant d’Envoyé spécial en avril 2007, à un meeting de Ségolène Royal où Morano s’invite et prend la parole sans qu’on ne le lui ait demandé, juste avant les élections.

moranoLa dame est aussi membre de la « Commission de la défense nationale et des forces armées », c’est dire dans quel embarras elle va mettre ce gouvernement, et était aussi membre de la « Commission d’enquête sur les conditions de libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye » et également présidente d’une association « Tchad », dont on ignore pour l’instant les attenants, la dame joue donc sur plusieurs plans, et surtout sur un seul : celui de la défense coûte que coûte de son idole présidentielle.

On aurait préféré une compétence quelconque, tant qu’à faire.

h-20-1399726-1232896471On a souvent comparé Nicolas Sarkozy à Napoléon Bonaparte. On n’y revient pas. Ses détracteurs, ce matin, peuvent en ajouter une couche dans le genre : avec Nadine Morano, c’est Madame Sans-Gêne qui vient d’entrer au gouvernement. Le meilleur allié de la gauche en réalité vient de se voir offrir le strapontin dont elle rêvait depuis toujours. Laissons-là donc parler. Ça promet d’être croquignolet. Place à l’opérette ! »

 

Sept ans après, la dame a en effet décidé de l’ouvrir, vu qu’elle ne sait faire que ça (ne lui demandez pas de penser !). Et d’enfoncer un peu plus encore celui qui la fait naître : Sarkozy, ce Napoléon raté, qui ressemble un peu plus chaque jour à ce bon docteur Frankenstein. Ses créatures le rattrapent un peu plus chaque jour qui vient. A quand la prochaine sortie du prochain monstre ? Sur les rails, s’avance déjà Christian Estrosi, surnommé depuis toujours le « motodidacte » par le Canard Enchaîné, alias « estrasse« , ce qui résume assez bien ses hautes capacités intellectuelles. L’homme de l’absence des podiums motos. Une autre forme de constance, remarquez.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Napoléon

  Napoléon:  Pour ou contre ?   « Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un ...

One comment

  1. avatar

    ou l’art de s’enfoncer toute seule

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/09/video-morano-races-medical-faux_n_8269166.html?utm_hp_ref=france

    c’est Guy Bedos qui avait donc raison…