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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
18 janvier 2011 |
1 commentaire(s) |
vu 1 323 fois Image Flickr par ma personal injury lawyer
Me Papitibi, vous m’avez choqué. Ce faisant, vous m’embarrassez un
peu, car vous m’avez créé le dilemme de porter le flambeau dans une
procession que je ne suis plus depuis longtemps… ou de laisser se
galvauder un peu plus quelques valeurs dont je persiste à croire
qu’elles devraient encore être défendues. Je parle de la dignité
d’être avocat. J’ai été de la confrérie pendant plus de 40 ans,
membre bien en règle et sans reproche du Barreau du Québec. Pendant
toutes ces années, j’ai évité dans toute la mesure du possible de
pratiquer le droit. Par goût d’abord, puis par profonde conviction de
la malfaisance de la fonction d’avocat dans notre société, ce qui est
sans importance dans le cadre de ma présente intervention, mais peut
aider à en comprendre le sens.
Mes critiques, concernant le rôle de l’avocat n’ont pas été secrètes,
ni mêmes discrètes. Je les ai formulées sur des sites internet qui,
depuis une douzaine d’années, ont reçu environ un million de visites.
Plus important sans doute, pour un vrai croyant, elles ont été
publiées dans le Journal du Barreau et commentées par le Ministre et
le Bâtonnier de l’époque, avec autant de courtoisie que j’en avait
mise à les exprimer. Je ne monte donc pas ici aux barricades pour
défendre la profession d’avocat. Je viens protester contre une image
disgracieuse que vous projetez de l’avocat, alors que c’est cette
image qui est devenue presque sa seule raison d’être.
Maximilien Caron – la légende – nous disait chaque années en
septembre, avec cette arrogance élitiste caractéristique d’une autre
époque : « De par sa fonction, l’avocat occupe le faîte de la
pyramide sociale. C’est une responsabilité » Bien sûr, on ne dit plus
ce genre de choses, mais il reste chez Quidam Lambda un respect,
presque une crainte révérencielle de l’Homme de Droit, qui manie le
verbe avec élégance au service d’une pensée bien structurée. Il n’est
pas mauvais que subsiste cette croyance en des « têtes bien faites ».
C’est cette foi – qui a son importance sociale – que vous détruisez
quand vous laissez votre épée au vestiaire pour vous munir d’un
gourdin et venir en découdre avec « le peuple », en lui soulignant
qu’il est bien le peuple – vous êtes l’avocat – mais en ne vous
distinguant pas de lui par la finesse de vos interventions, plutôt par
un effort pour utiliser un vocabulaire plus trivial et des injures
plus grossières que ceux que vous donnez à mépriser. Je le regrette.
On ne discrédite pas les gens en les attaquant de cette façon ; on
peut seulement se discréditer soi-même … et avec soi parfois ceux avec
lesquels on prétend faire cause commune.
Je ne suis pas assez « avocat » pour me sentir solidaire de votre
style et de votre attitude sur ce site, mais le serais-je que j’en
éprouverais un grand malaise. Ne l’étant pas, je me contente de vous
adresser une supplique : vous conduire dans ces échanges comme vous
souhaiteriez que les lecteurs de ce site croient que devrait se
conduire un avocat.
Pierre JC Allard
Avocat à la retraite
Toutes mes félicitations pour cette prise de position responsable M. Pierre JC Allard.
Bravo! Et j’ai voté, évidemment.
Amicalement
André Lefebvre
10:21, le Mardi 18 janvier 2011Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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