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Repensons la formation des enseignants

Il faudrait faire des enseignants de v?ritables sp?cialistes du fran?ais ?crit

?Jerry Beaudoin – Enseignant, ?tudiant ? la ma?trise en didactique des langues, Montr?al
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Une formation d?ficiente offerte ne peut mener ? des r?sultats miracles et doit ?tre revue.
Si r?cemment, les actualit?s ont ?t? meubl?es par le d?bat entourant le Sommet sur l??ducation sup?rieure et la hausse des droits de scolarit? propos?e par le gouvernement p?quiste, certains sujets semblent malheureusement avoir ?t? esquiv?s dans ce qui devait s?av?rer un grand d?bat sur l?avenir de l??ducation sup?rieure au Qu?bec. La formation desdits enseignants aurait d? faire partie des discussions.?tant enseignant de formation, plusieurs exemples de lacunes profondes du syst?me me viennent lorsque je pense ? la formation initiale que j?ai re?ue. D?abord, il n?est pas rare d?entendre de jeunes enseignants partager leur grande d?ception par rapport ? la formation universitaire qui leur a ?t? donn?e. Souvent, si ce n??tait des stages pratiques qui sont offerts au cours de la formation, plusieurs finissants ne seraient tout simplement pas en mesure d?enseigner. Et ce, m?me apr?s avoir suivi une panoplie de cours devant les aider ? se pr?parer pour une carri?re future. Malgr? tout, dans plusieurs cas, les jeunes enseignants ne sont tout simplement pas pr?ts ? se retrouver devant une classe. Certains l?ont d?ailleurs appris ? la dure.
Les lacunes dans la formation offerte varient d?un ?tablissement scolaire ? l?autre. Dans mon cas, je me rappellerai longtemps cette ann?e o? l?on nous avait annonc? que d?s la prochaine rentr?e scolaire, les cours d?enseignement religieux dispara?traient du cursus scolaire au primaire et au secondaire pour ?tre remplac?s par des cours d??thique et culture religieuse. Alors que tout le monde ?tait bien au fait de cette nouveaut?, il est totalement inexplicable qu?? la session suivante, nous ayons eu ? suivre un cours intitul? Synth?se de la foi chr?tienne durant lequel les exercices de recherche dans la Bible ?taient chose courante. Je me souviens m?me d?avoir eu ? y faire une pr?sentation sur Marie-Madeleine. Peut-on honn?tement ?tre aussi d?pass?, d?connect? et folklorique dans ses mani?res de faire ? Nous nous sentions tous un peu d?sengag?s de ce cours, sachant fort bien qu?il ne nous servirait jamais et qu?il n??tait l? que pour boucher un trou, pour permettre ? l?universit? d?engranger un peu plus de notre argent.

 

Situation inqui?tante
Dans le cas pr?c?dent, il aurait s?rement ?t? beaucoup plus pertinent de nous offrir un cours suppl?mentaire de grammaire plut?t qu?un cours th?orique sur les amis du p?tit J?sus. D?autant plus qu?il est pratiquement alarmant, chaque ann?e, de voir ? quel point un grand nombre de nouveaux enseignants ne sont m?me pas en mesure de passer les examens de fran?ais permettant de leur ouvrir les portes de l?enseignement. Plusieurs font encore des erreurs de base en ?crivant, alors qu?ils auront ? enseigner des r?gles qu?ils ne ma?trisent m?me pas ? des ?l?ves en plein processus d?apprentissage. La situation est plut?t inqui?tante. Comment expliquer alors que nous devrions ?tre form?s ad?quatement au cours du baccalaur?at, que plusieurs de mes coll?gues et moi-m?me avons d? attendre de suivre des cours de ma?trise pour ?tre en mesure de bien saisir la nouvelle grammaire et pour ?tre en mesure de l?enseigner de fa?on correcte ? Encore l?, dans plusieurs cas, les cours donn?s durant la formation universitaire n??taient tout simplement pas appropri?s en plus de ne pas ?tre assez nombreux. Ici, il aurait assur?ment ?t? plus profitable de troquer la Bible pour une grammaire ! Et que dire de cette peur visc?rale qu?ont certains enseignants de se retrouver ? enseigner en 1re ann?e du primaire, n?ayant jamais vraiment eu de formation ad?quate pour enseigner aux jeunes ? lire, par exemple.
Si cette m?connaissance du fran?ais de la part de certains nouveaux enseignants est inqui?tante, il ne faudrait pas faire l?erreur de leur lancer la pierre trop rapidement. Une formation d?ficiente offerte ne peut mener ? des r?sultats miracles. Il faudrait donc s?assurer de faire des enseignants de v?ritables sp?cialistes du fran?ais ?crit en leur offrant davantage de cours sur le sujet, et bien s?r, des cours plus appropri?s. Une telle d?cision ne n?cessiterait pas d?investissements majeurs. Il s?agirait plut?t de remplacer les nombreuses heures de pelletage de nuages dans certains cours par des heures consacr?es ? des contenus plus pertinents, en grammaire, par exemple. De plus, il faudrait rehausser les standards en exigeant, pour les futurs enseignants, un C comme note de passage plut?t que l?actuel D. C?est de l?avenir des enfants du Qu?bec qu?il est question ! Il faut donc attaquer le probl?me de front. Les universit?s doivent cesser de raisonner comme des entreprises.
L?apr?s-formation initiale n?est pas ? n?gliger non plus. Alors que d?un c?t? certains politiciens d?connect?s voudraient que l?on ?value les enseignants pour les obliger ? poursuivre la formation continue apr?s leur sortie de l?universit?, de l?autre c?t?, on coupe constamment les ressources attribu?es ? ce type de formation dans les ?coles. Ainsi, dans plusieurs ?tablissements scolaires du Qu?bec, c?est l??quivalent de moins d?une journ?e de perfectionnement par enseignant par ann?e qui peut ?tre accord?e. Il y a m?me, dans certains milieux, une sorte de lobbyisme qui se fait par des enseignants pour qu?ils participent ? plus d?une journ?e de formation. Ils doivent se battre pour pouvoir ?tre form?s ! Une absurdit? ! Apr?s ?a, on viendra nous dire que ce sont les professionnels du milieu de l??ducation qui sont de mauvaise foi !

 

Revoir les d?penses
Au lieu de mettre la charrue devant les boeufs, il serait appropri? de revoir les secteurs de d?penses en ?ducation, puisque, malgr? de fr?quentes hausses d?investissements dans le milieu, les coupes de plus en plus drastiques se succ?dent d?ann?e en ann?e. Dans certains cas, au lieu de laisser les commissions scolaires s?occuper seules de former les enseignants en exercice, des partenariats pourraient ?tre cr??s avec les universit?s. Elles poss?dent une expertise qui peut assur?ment ?tre utile aux professionnels du milieu de l?enseignement. Ces partenariats pourraient permettre de rendre la structure plus souple et plus efficace.
M?me si le sujet est constamment esquiv?, il serait plus que temps de se doter d?une strat?gie claire et pertinente d?accompagnement des enseignants du d?but de leur formation initiale jusqu?? leur retraite. En misant sur diff?rents changements propos?s plus haut, la qualit? de l?enseignement sera am?lior?e pour tout le parcours primaire et secondaire. Il y aura immanquablement un effet domino. Avec des enseignants mieux outill?s et pr?par?s, les ?l?ves seront toujours gagnants. La formation des ma?tres doit donc reprendre ses lettres de noblesse. Se sortir du cadre mercantile est ? mes yeux la seule solution pour que les universit?s r?ussissent enfin ? offrir un parcours valable aux futurs enseignants. Elles le peuvent. La question reste maintenant de savoir si elles le veulent vraiment.

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  1. avatar

    Être apte à l’enseignement semble d’avoir un bagage important d’informations à donner aux étudiants. Cela ne me semble pas être tout à fait exact.

    Rien n’empêche d’apprendre la grammaire avec des textes sur le « ptit Jésus » et tous les autres textes étudiés.

    Personnellement, j’ai acquis la plus grande partie de mes opinions en « éthique » et « culture religieuse » en faisant des thèmes et des versions latines. Les cours de « religion » étaient d’autres cours d’histoire.

    La lacune des enseignants me semble plus être au niveau de la responsabilité d’enseigner aux élèves la « pensée autonome » et leur droit à « toutes remises en cause » des données acceptées officiellement.

    Ensuite devrait venir les fournitures d’informations pour accéder à leur « apprentissage » dans le domaine où ils voudront œuvrer. Un « professionnel » sortant d’Université n’est, en réalité, qu’un « apprenti » professionnel. C’est l’expérience qui en fera un bon ou mauvais professionnel.

    Mais l’accent est portée sur la « production » pour le système et pas du tout sur la « réalisation » de soi-même. Cette dernière phrase est, pour plusieurs, difficile à comprendre, puisque plusieurs regardent leur compte en banque ou leur nom dans les journeaux pour savoir s’ils se sont « réalisés ».

    André Lefebvre