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R?flexion sur la charte des valeurs qu?b?coises : Paroles d?un sage laique, Jiddu Krishnamurti

PEUPLES - CP

Jiddu Krishnamurti ?tait un sage la?que. Voici des extraits de livres qu?il a ?crits qui peut ?tre lu dans une d?marche de r?flexion ? propos de ce projet de la charte des valeurs qu?b?coises propos?es par le gouvernement Marois. La charte propos?e veut interdire le port des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique.

Extraits du livre ? Se lib?rer du connu ?

« Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chr?tien, Europ?en, ou autre chose, vous ?tes violents. Savez-vous pourquoi? C?est parce que vous vous s?parez du reste de l?humanit?, et cette s?paration due ? vos croyances, ? votre nationalit?, ? vos traditions, engendre la violence. Celui qui cherche ? comprendre la violence n?appartient ? aucun pays, ? aucune religion, ? aucun parti politique, ? aucun syst?me particulier. Ce qui lui importe c?est la compr?hension totale de l?humanit?. »

« J?attire votre attention sur le fait qu?il est impossible de r?ellement voir la col?re et la violence si on les condamne ou les justifie, et que si elles ne repr?sentent pas un probl?me brulant, on ne peut pas s?en lib?rer. Commencez donc par apprendre. Apprenez ? regarder la col?re, ? voir votre mari, votre femme, vos enfants ; ? ?couter les hommes politiques. Apprenez ? voir pourquoi vous n??tes pas objectifs, pourquoi vous condamnez ou justifiez. »

« Il arrive que pour essayer de n??tre plus violents nous nous appuyions sur un concept, un id?al appel? la ? non-violence ?,pensant qu?en faisant appel ? l?oppos? de la violence nous pourrions abolir le fait lui-m?me. Mais nous n?y parviendrons pas. Nous avons des id?aux en grand nombre ; tous les livres sacr?s en sont pleins ; et pourtant nous sommes encore violents.Pourquoi donc ne pas affronter la violence elle-m?me et oublier le mot qui la d?signe? ? Mais pouvons-nous bannir tout id?al de notre pens?e? Une personne s?rieuse, qui a un intense d?sir de d?couvrir la v?rit?, de savoir ce qu?est l?amour dans le vrai sens de ce mot, ne doit avoir dans l?esprit aucun concept d?aucune sorte, elle doit vivre dans ce qui ? est ? : dans l?actuel.
Pour voir en fait ce qu?est la col?re, on ne doit passer aucun jugement ? son sujet, car aussit?t que l?on pense ? son oppos? on la condamne, ce qui emp?che de la voir. Lorsque vous d?clarez d?tester ou ha?r quelqu?un, cela peut paraitre brutal, mais le fait est l?, et si vous l?examinez ? fond, compl?tement, il disparait, tandis que si vous vous dites : ? Je ne dois pas ha?r ; je dois avoir de l?amour en mon c?ur ?, vous vivez dans un monde hypoth?tique, avec une double s?rie de valeurs. Vivre dans le pr?sent, compl?tement, totalement, c?est vivre avec ce qui ? est ?, avec l?actuel, sans le condamner ni le justifier. Tout probl?me vu dans cette clart? est r?solu. »

?Tant que subsiste cette formation d?images, les rapports entre deux personnes ou entre de nombreux ?tres humains n?existent pas, et ceux qui s??tablissent ne peuvent ?videmment jamais instaurer une paix, car ces images sont fictives ; or la vie dans l?abstrait est impossible. ?

? On peut tr?s ais?ment s?affranchir d?un dogme en l?analysant, en le rejetant, mais le mobile de cette d?livrance provient toujours d?une r?action particuli?re due, par exemple, au fait que ce dogme n?est plus ? la mode ou qu?il ne convient plus. On peut se lib?rer du nationalisme parce que l?on croit ? l?internationalisme ou parce que l?on pense que ce dogme stupide, avec ses drapeaux et ses valeurs de rebut, ne correspond pas aux n?cessit?s ?conomiques. S?en d?barrasser devient facile. On peut aussi r?agir contre tel chef spirituel ou politique qui aurait promis la libert? moyennant une discipline ou une r?volte. Mais de telles conclusions logiques, de tels raisonnements ont-ils un rapport quelconque avec la libert?? ?.

? La libert? est un ?tat d?esprit, non le fait d??tre affranchi de ? quelque chose ? ; c?est un sens de libert? ; c?est la libert? de douter, de remettre tout en question.?

?Lorsqu?on est capable de voir sans pr?jug?s une image, quelle qu?elle soit, alors seulement peut-on entrer en contact direct avec ce que pr?sente la vie. Tous nos rapports sont imaginaires, en ce sens qu?ils s??tablissent sur des images que forme la pens?e. Si j?ai une image de ce que vous ?tes et si vous en avec une de ce que je suis, il est ?vident que nous ne nous voyons pas tels que nous sommes. Ces images r?ciproques nous emp?chent d??tre en contact, et c?est pour cela que nos rapports s?alt?rent . Lorsque je dis que je vous connais, c?est de la personne telle qu?elle ?tait hier dont je parle. En fait, en ? ce moment m?me ?, je ne vous connais pas. Tout ce que je connais, c?est mon image de vous.?

Extraits du livre ?De l?amour et de la solitude?.
Chapitre l?individu et la soci?t?.

? Le probl?me dont on nous harc?le le plus souvent est celui de savoir si l?individu est l?instrument ou la fin de la soci?t?. Vous et moi, en tant qu?individus, devons nous ?tre utilis?s, dirig?s, instruits, contr?l?s, fa?onn?s par les gouvernements pour la soci?t? ; ou la soci?t?, l??tat, est-elle au service de l?individu?

Comment allons-nous trouver la r?ponse ? ces questions? Ce probl?me est grave, car si l?individu est l?instrument de la soci?t?, celle-ci est plus importante que lui. Si cela est vrai, il nous faut abandonner notre individualit? et travailler pour la soci?t? ; tout notre syst?me d??ducation doit se conformer ? cette id?e et l?individu doit ?tre transform? en un instrument pour la soci?t?, laquelle, ensuite s?en d?barrassera, le liquidera, le d?truira. Mais si la soci?t? existe pour l?individu, sa fonction n?est pas de lui apprendre ? se conformer ? un mod?le quel qu?il soit, mais de lui insuffler le sentiment, l?appel de la libert?. Il nous faut donc trouver lequel de ces deux points de vue est faux.

O? trouverons-nous cette r?ponse? Ce probl?me est vital, n?est-ce pas? Sa solution ne d?pend ?aucune id?ologie, de droite ou de gauche, car si elle devait d?pendre d?une id?ologie, elle ne serait qu?une affaire d?opinion. Les id?es sont toujours une source d?inimit?, de confusion, de conflits. Si vous vous basez sur ce que disent la droite ou la gauche, ou sur des livres sacr?s, vous ?tes esclaves de l?opinion du Bouddha, du Christ, des capitalistes, des communistes ou d?autres personnes. Et ce sont l? des id?es, non des faits. Un fait ne peut jamais ?tre ni?. C?est l?opinion sur un fait qui est toujours discutable. Si nous pouvons d?couvrir la v?rit? concernant la question qui nous occupe, nous pourrons agir ind?pendamment de toute opinion. N?est-il donc pas n?cessaire de rejeter tout ce que les autres ont dit ? ce sujet? L?opinion de l?homme de gauche, de droite ou du centre est le produit de son conditionnement ; l?adopter n?est pas connaitre la v?rit?.

Comment d?couvrirons-nous cette v?rit?? Il est ?vident que pour ?tre capable d?examiner ce probl?me ind?pendamment de toute opinion, il nous faut d?abord nous affranchir de toutes les propagandes. La premi?re t?che de l??ducation doit ?tre d??veiller l?individu ? cette libert? d?esprit. ?

? La personne qui d?sire comprendre un probl?me doit non seulement pouvoir l?assimiler compl?tement, totalement, mais aussi le poursuivre avec une rapidit? extr?me, car un probl?me n?est jamais statique ; il est toujours neuf, qu?il s?agisse de famine, de psychologie ou d?autre chose. Toute crise est toujours neuve ; donc, pour la comprendre, l?esprit doit ?tre constamment frais, clair, rapide dans sa poursuite. Je crois que la plupart d?entre nous admettent la n?cessit? urgente d?une r?volution psychologique laquelle, seule, pourrait provoquer une transformation radicale du monde ext?rieur, de la soci?t?. Ce probl?me est celui qui m?occupe personnellement, ainsi que d?autres personnes dont les intentions sont s?rieuses. Comment provoquer une transformation fondamentale, radicale de la soci?t? : voil? notre probl?me. Et cette transformation du monde ext?rieur ne peut avoir lieu sans une r?volution int?rieure. Comme la soci?t? est toujours statique, toute action, toute r?forme qui se font sans cette r?volution int?rieure deviennent ?galement statiques. Il n?y a aucun espoir en dehors de cette constante r?volution int?rieure, parce que si elle fait d?faut l?action ext?rieure devient une r?p?tition, une habitude. Les relations, en acte, entre vous et l? ?autre ?, entre vous et moi, ? sont ? la soci?t? ; et cette soci?t? devient statique, n?a aucune f?condit?, tant qu?il n?y a pas cette constante r?volution int?rieure, cette transformation psychologique cr?atrice. Et c?est parce que cette r?volution int?rieure n?a pas lieu que la soci?t? est toujours statique, cristallis?e, et que ses cadres doivent ?tre si souvent bris?s.

Dans quel ?tat de relation ?tes-vous par rapport ? la mis?re, ? la confusion en vous et autour de vous? Elles n?ont ?videmment pas surgi toutes seules. C?est vous et moi qui les avons engendr?es. N?accusons ni le capitaliste, ni le communiste, ni le fasciste : c?est vous et moi qui les avons cr??es dans nos rapports r?ciproques. Ce que vous ?tes int?rieurement a ?t? projet? ? l?ext?rieur, sur le monde ; ce que vous ?tes, ce que vous pensez et sentez. Si nous sommes malheureux et dans un ?tat int?rieur de confusion et de chaos, c?est cela qui, par projection, devient le monde, devient la soci?t?, parce que les rapports entre vous et moi, entre ? moi et l?autre ? sont la soci?t?. Celle-ci est le produit de nos relations r?ciproques, lesquelles ?tant mal pos?es, ?gocentriques, ?troites, limit?es, nationales, engendrent, par projection, un chaos.

Ce que vous ?tes, le monde l?est. Votre probl?me est le probl?me du monde. Voil? un fait simple et fondamental, qui semble toutefois nous ?chapper tout le temps. Nous voulons modifier la soci?t? au moyen d?un syst?me ou d?une r?volution id?ologique bas?s sur un syst?me et nous oublions que c’est nous qui cr?ons la soci?t?, qui engendrons la confusion ou l?ordre selon la fa?on dont nous vivons. ?

? Notre probl?me est de savoir s?il peut exister une soci?t? statique et en m?me temps un individu en qui cette perp?tuelle r?volution a lieu. La r?volution doit commencer par une transformation int?rieure, psychologique, de l?individu. De nombreuses personnes aspirent ? une transformation radicale de la structure sociale. .. Pour instaurer une soci?t? qui ne soit pas dans l??tat statique d?une r?p?tition traditionnelle, d?une d?sint?gration, ce bouleversement int?rieur de l?individu est obligatoire ; la seule action ext?rieure a fort peu d?effet. Le propre de la soci?t? est de se cristalliser, de tendre toujours vers un ?tat statique, donc de se d?sint?grer. Quelles que soient la force et la sagesse d?une l?gislation, la soci?t? est perp?tuellement en processus de d?composition, car il n?y a de vraie r?volution qu?en l?homme ?

Extraits du livre ?La Premi?re et Derni?re Libert??.
Chapitre ?Qu?est-ce que la peur? ?

? La peur survient aussit?t que je d?sire vivre selon un mode d?termin?. Vivre sans peur c?est vivre sans se fixer dans la n?cessit? d?un cadre particulier. Lorsque j?ai le d?sir de vivre d?une fa?on particuli?re, ce d?sir m?me est une source de craintes. Ma difficult? est mon d?sir de vivre d?une certaine fa?on. Puis-je briser ce cadre? Je ne peux le faire que lorsque je vois la v?rit?, qui est que le cadre fait naitre la crainte et que celle-ci renforce le cadre. Si je dis que je veux briser le cadre parce que je veux m?affranchir de la peur, je ne fais qu?adopter un nouveau cadre, lequel fait naitre une nouvelle peur. Toute action de ma part bas?e sur le d?sir de briser le cadre, ne fera que cr?er un nouveau cadre, donc de nouvelles craintes. Comment puis-je briser le cadre sans faire naitre une nouvelle peur, c?est-?-dire sans exercer sur ce cadre aucune action, consciente ou inconsciente? Il r?sulte de cette question que je ne dois pas agir, que je ne dois faire aucun mouvement en vue de briser le cadre. Et que m?arrive-t-il lorsque je ne fais que regarder le cadre sans essayer d?agir sur lui en aucune fa?on? Je vois que c?est mon esprit lui-m?me qui est le cadre, la forme qu?assume mon mode de vie : il vit ? l?int?rieur de cette forme cr??e par lui. Ainsi l?esprit lui-m?me est peur.

La peur trouve des ?vasions de formes diff?rentes. La plus commune est l?identification, l?identification avec un pays, une soci?t?, une id?e. N?avez-vous pas observ? la fa?on dont vous r?agissez lorsque vous assistez ? un d?fil? militaire? ou lorsque votre pays est sous le coup d?une invasion? Vous vous identifiez ? un pays, ? un ?tre, ? une id?ologie. ?si je parle de ? mon pays ? je m?oublie pour un temps. Si je parle de Dieu, je m?oublie. ? l?identification est donc une fa?on de fuir le moi, tout comme la vertu est une fa?on de le fuir. Je parle de l?homme qui poursuit la vertu : ilo s??vade du moi et son esprit ?troit n?est pas un esprit vertueux, car la vertu ne peut ?tre l?objet d?une poursuite.?


Extraits du livre ?La Premi?re et Derni?re Libert??.
Chapitre ?de la connaissance de soi?.

? Les probl?mes du monde sont si colossaux, si complexes, que pour les comprendre ?donc les r?soudre ? on doit les aborder d?une mani?re tr?s simple et directe ; cette simplicit? est celle d?un jugement qui ne d?pend ni d?influences ext?rieures ni de nos pr?jug?s ou de notre humeur. Ainsi que je l?ai dit, la solution ne doit pas ?tre cherch?e aupr?s de conf?renciers, ni dans les th?ories, ni en mettant de nouveaux chefs ? la place des anciens. La solution est dans le responsable du probl?me , dans le responsable de la catastrophe, de la haine, de l??norme incompr?hension qui existe entre les hommes. Ce responsable est l?individu, vous et moi, et non le monde tel que nous nous le repr?sentons. Le monde est l??tat de nos relations mutuelles, et non quelque chose en dehors de vous et moi. La soci?t? est faite des relations que nous ?tablissons, ou que nos cherchons ? ?tablir entre nous.

Ainsi, le probl?me n?est nul autre que vous et moi et non le monde, car le monde est la projection de nous-m?mes et pour le comprendre c?est nous que nous devons comprendre. Il n?est pas s?par? de nous ; nous sommes lui et nos probl?mes sont les siens. Cette v?rit? ne sera jamais assez r?p?t?e, car nous sommes si apathiques qu?il nous plait de penser que les probl?mes du monde ne sont pas notre affaire, qu?ils doivent ?tre r?solus par les Nations Unies ou par un changement de dirigeants. Cette mentalit? est bien obtuse, car c?est nous-m?mes qui sommes responsables de cette effroyable mis?re, de cette confusion g?n?rale, de cette guerre sans cesse mena?ants. Pour transformer le monde, nous devons commencer par nous-m?mes ; et d?s lors ce qui importe, c?est l?intention : notre intention doit ?tre de nous comprendre vraiment et non de laisser ? d?autres le soin de se transformer ou de provoquer une modification ext?rieure par une r?volution de la droite ou de la gauche.il est important de comprendre que l? est notre responsabilit?, ? vous et ? moi, car quelque petit que soit notre monde, si nous pouvons nous transformer, introduire un point de vue radicalement diff?rent dans notre existence quotidienne , peut-?tre pourrons-nous affecter un monde plus vase, par l?extension de nos rapports avec autrui.?

? ?tre c?est ?tre en relation : il n?y a pas de vie isol?e. Ce sont les relations dont la base est erron?e qui provoquent les conflits, les malheurs, les luttes. Si nous parvenons ? transformer nos rapports dans notre monde, f?t-il tr?s ?troit, cette action sera comme une vague qui ne cessera de s??tendre. Je pense qu?il est important de comprendre que notre monde est celui de nos relations, quelque limit?es qu?elles soient, car si nous pouvons y provoquer une transformation, non superficielle, mais radicale, nous commencerons alors, activement, ? transformer le monde. La vraie r?volution n?est jamais conforme ? un mod?le donn?, de gauche ou de droite, ? une r?volution dans les valeurs sensorielles et dans celles qui sont cr??es par les influences du milieu ?

? Ainsi, se transformer soi-m?me c?est transformer le monde parce que le moi est ? la fois le produit et une partie int?grante du processus total de l?existence humaine. Pour se transformer, la connaissance de soi est essentielle, car si vous ne vous connaissez pas, votre pens?e n?a pas de base. L?on doit se connaitre tel que l?on est, et non tel que l?on d?sire ?tre ; l?on ne peut transformer que ce qui ? est ?, tandis que ce que l?on voudrait ?tre n?est qu?un id?al, une fiction, une irr?alit?. Mais se connaitre tel que l?on est exige une extraordinaire rapidit? de pens?e, car ce qui ? est ? subit de perp?tuels changements et si l?esprit veut adh?rer ? cette course il ne doit ?videmment pas commencer par s?attacher, par se fixer ? un dogme ou ? une croyance.?

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