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Récupération, tromperie, irrespect, vol intellectuel : Trump, résumé en une chanson

C’est un symbole en fait de ce qu’auront été ces quatre années difficiles à supporter. En l’écoutant récemment débiter ses salades en meeting, les dernières, ici à Hickory, en Caroline du Nord, j’ai réentendu  quelque chose qu’il avait déjà utilisé de la même façon en mai dernier, comme il l’avait déjà fait en avril 2017 et encore en février 2018. Donald est en effet un homme répétitif, sans imagination, qui ressort des rengaines et laisse entendre que ce qu’il va dire est à la demande générale.  S’il n’y avait eu derrière lui l’hélicoptère de la Maison Blanche (1), je me serais cru au débit d’un banquet de comice agricole, ou encore à l’ouverture d’un rodéo redneck. Trump a lu un « poème » (2), selon lui, en fait une chanson… qu’il a complètement détournée de son auteur original. Ou quand Donald évoque Esope, mais sans même le savoir, vu son inculture abyssale…

Reprenons la première fois que Trump a plongé la main dans son veston pour en sortir un papier.  C’était donc en avril 2017, alors qu’il avait déjà été élu et qu’il n’avait qu’une seule chose en tête : l’immigration et son projet ridicule de mur que ses concitoyens ont payé, contrairement à ce qu’il avait promis. Monté au pupitre du podium d’Hickory, et joignant le geste à a la parole, il avait déclaré alors dédier ce « poème »au secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly, à la patrouille frontalière et aux agents de l’ICE pour avoir fait un travail aussi incroyable« , en ajoutant « nous allons avoir des problèmes. Nous devons contrôler très, très soigneusement. Nous devons être intelligents. Nous devons être vigilants. »  En fait de poème, c’est le texte d’une chanson.

Puis il a démarré -enfin- sa lecture « «sur le chemin du travail un matin, sur le chemin qui longe le lac, une femme au cœur tendre a vu un pauvre serpent à moitié gelé. Sa jolie peau colorée avait été toute givrée de rosée. Je vous prendrai et je prendrai soin de vous. » Et il s’arrête, fait une diversion sur la frontière, encore elle, et reprend :« emmenez-moi ô femme tendre. Emmenez-moi, pour l’amour du ciel. Emmenez-moi, ô femme tendre, soupira le serpent vicieux. Elle l’a enveloppé tout confort dans une couette de soie, et l’a couché à côté de son feu avec du miel et du lait. Elle s’est dépêchée de rentrer du travail cette nuit-là et dès qu’elle est arrivée, elle a trouvé que le joli serpent qu’elle avait recueilli avait été ressuscité. Emmène-moi, oh, femme tendre. Prends-moi pour l’amour du ciel. Emmène-moi oh, femme tendre, soupira ce serpent vicieux. Elle le serra contre sa poitrine, « tu es si belle’, cria-t-il ». « Mais si je ne vous avais pas fait entrer maintenant, oh, mon Dieu, vous seriez mort. »Elle a caressé sa jolie peau à nouveau et l’a embrassé et l’a serré fort. Mais au lieu de dire merci, ce serpent lui a donné une morsure vicieuse!  Je t’ai sauvée, « s’écria la femme. » Et tu m’as mordu, pourquoi ? Tu sais que ta morsure est toxique, et maintenant je vais mourir. « Oh, tais-toi, femme idiote « , dit le reptile avec un sourire. » Tu savais très bien que j’étais un serpent avant de m’accueillir. »

En mars, il avait déjà récité exactement la même chose au Youngstown-Warren Airport en Ohio avec en fond à l’époque son propre Boeing 757. Il le fera encore, mélangeant parfois le nom de l’auteur, en citant Al Green comme chanteur ou Al Wilson. Comme par exemple devant les invités de la convention du Conservative Political Action Committee (CPAC) convention le 24 février 2018.  Or ce n’est ni l ‘un ni l’autre, le premier ne l’a jamais enregistrée, et le second n’a été que son interprète !

Le véritable auteur… c’est Esope, qui a vécu au VIIème siècle avant J.C, celui-là même qui a influencé le nonchalant La Fontaine (qui l’allègrement pillé, d’aucuns affirmant avoir embelli l’œuvre première). La Fable d’Esope s’intitule « Le laboureur et le serpent gelé ». La voici résumée : « Un laboureur trouva dans la saison d’hiver un serpent raidi par le froid. Il en eut pitié, le ramassa et le mit dans son sein. Réchauffé, le serpent reprit son naturel, frappa et tua son bienfaiteur, qui, se sentant mourir, s’écria : « Je l’ai bien mérité, ayant eu pitié d’un méchant. » Cette fable montre que la perversité ne change pas, quelque bonté qu’on lui témoigne. » Bref, l’auteur de la chanson a lui aussi un peu brodé à parti d’Esope, dont il ne s’est en revanche jamais caché de s’être inspiré. Il s’appelle en fait… Oscar Brown et il est mort en 2005.

En fait c’est aussi on le soupçonne vite une interprétation du mythe d’Adam et Eve, le serpent étant l’allégorie d’une femme mauvaise et méchante. C’est une partie de «Wimmen’s Ways» un segment d’une pièce musicale plus longue (un album complet) de Brown intitulé «JOY! » paru en 1970 chez RCA Records » dans laquelle Eve découvre que la façon de contrôler Adam physiquement plus fort, consiste pour elle à installer une serrure sur la porte de la chambre ! Rien à voir donc avec l’immigration  !!! « Dans la récitation du président Trump sur «Le serpent», il suggère que le serpent symbolise les immigrants sans papiers qui se tournent vers des crimes violents. Son accent sur le très petit pourcentage de ces immigrants qui se tournent vers des activités criminelles tout en ignorant totalement les travailleurs acharnés et sous-payés qui manucurent les pelouses des bien nantis, préparent leurs repas et s’occupent de leurs enfants ; C’est l’aspect le plus vil de la personnalité publique et politique de cet homme. Pas un jour ne passe sans qu’il ne jette ou ne tweet quelque chose qui soit totalement, manifestement faux. La réputation de cette nation diminue de jour en jour aux yeux du reste du monde ».

En prime, faire de la chanson d’Oscar Brown Jr une telle interprétation hors-contexte est faire aussi injure, totalement, à la mémoire de l’artiste qui a consacré sa vie à la défense des noirs, des droits civiques aux USA. Auteur prolifique, il a peu été publié pourtant : en raison de sa couleur de peau, mais aussi car l’industrie du disque déjà ne savait pas où le caser : folk, ou jazz, car il touchait aux deux domaines (et trois avec le théâtre). Ce n’est donc pas lui non plus qui a fait connaître The Snake, mais un de ces interprètes. Pas le premier non plus, à l’avoir chantée à sa place cette chanson. Non le premier; les soixante-huitards le connaissent bien : pas une « boum » comme on dit alors sans un morceau lancinant qui occupe toute une face de 33 tours (15 minutes) : « John Lee Hooker », morceau hommage au bluesman noir, joué et chanté par un blanc qui s’appelle Johnny Rivers sur l’album « Whisky A Go-Go Revisited ». Un titre enregistré en 1967 « « Live » au Whisky-a-gogo, copie de nuit-discothèque californienne de West Hollywood, Californie, sur le Sunset Boulevard . Rivers en est le pilier. Ça marche tellement bien que le groupe (excellent) de The Miracles de Smokey Robinson y enregistra la chanson « Going to a Go-Go » (quel drôle de son !) reprise par les Stones en 1982. Rivera lui enregistre depuis 1964 (The Sensational Johnny Rivers, où on trouve cette version étonnante et plutôt bien ficelée de Long Black Veil).  Rivers, adapte The Snake a son répetoire. On peut l’entendre ici sur scène en faire une version énergique et…. grimaçante accompagnée de danseuses à pattes d’éléphant. Toute une époque. Le morceau se tient sacrément, il n’empêche !!!

Il ‘a aussi enregistré en 1966 dans son fief. Le morceau se tient toujours, il est bien composé et l’interprétation toujours aussi vivifiante. Mais il faut attendre la reprise de Al Wilson, sur un album produit par Rivers, pour que le titre explose tout en restant proche de la version antérieure. Le titre sort en 1969 chez le label Soul City « Searching For The Dolphins »: un 33 tours de onze titres, sur lequel The Snake est le premier titre de la face B, avec Jim Gordon aux drums et James Burton à la guitare . Or c’est cette face B qui va devenir un hit planétaire. Il est ici l’invité en 1974 de Ronnie Kay, dans son émission « The Scene » ; le légendaire homme de radio et DJ, à Oklahoma City pour l’interprèter à nouveau (admirez le costume !). Rivers fera aussi la chanson d’un feuilleton-clé de l’époque Danger Man – repris ici par Blues Traveler et ici en live et là en cadeau (Destination Danger en France) avec l’immense Patrick McGoohan. Le terreau pour préparer le Prisonnier !

Oscar Brown Jr, lui, avait pourtant délivré dès 1963 une superbe version… originale, très jazzy, que l’on peut entendre ici (album Tell I  Like It Is). Le morceau est expliqué ici sur France Musique  sans Banzzaï, de Nathalie Piolé., qui nous explique par la même occasion le problème de la citation aberrante de Trump… Ici l’excellent   de Stuart Lyle (à lire ici !!) nous remet les points sur les « i »:  « j’ai considéré M. Brown, au cours des décennies de ma carrière de radiodiffuseur jazz, comme l’artiste américain le plus sous-estimé de la seconde moitié du XXe siècle, et j’ai joué ses enregistrements fréquemment. J’ai pris conscience de lui alors que j’étais encore au lycée, grâce à Steve Allen qui l’avait présenté dans son émission télévisée de fin de soirée dans les années 1960. Déjà préoccupé à cet âge par les injustices sociales de ce pays, j’ai été conquis par Oscar avant même d’en venir à une plus large appréciation du domaine du jazz. Ses plaidoyers musicaux contre le fanatisme et la violence étaient puissants, mais surtout il abordait la condition humaine. (Écoutez «The Tree and Me» sur le même album que «The Snake».) M. Brown avait une belle voix et il est vraiment entré dans les personnages qu’il a présentés dans ses chansons. Si quelqu’un était ivre («genre de woozy»), vous pouviez l’entendre dans la caractérisation vocale. Alors que Columbia Records remportait un grand succès à la même époque avec un jeune homme du Minnesota se faisant appeler Dylan, la prestigieuse compagnie montra à Oscar Brown, Jr. la porte de sortie après quatre albums. Son travail était tout simplement trop sérieux, même s’il possédait également un sens de l’humour méchant, pour faire de lui un artiste musical à succès. Des chansons sur le surf, les hot rods et l’angoisse des adolescents sont vendues, pas (à de rares exceptions près) des commentaires sociaux ».

« Donald Trump n’a jamais révélé comment les paroles de «The Snake» ont attiré son attention. Il est inconcevable qu’un tel fanatique soit familier avec le travail d’Oscar Brown, Jr. (qui est négligé même dans les cercles du jazz dans mon observation) ou au moins en sympathie avec les opinions politiques de ce dernier. Inutile de dire que si Oscar était encore en vie, le sentiment serait plus que réciproque. Les héritiers de M. Brown ont demandé au président de cesser et d’abandonner, en vain. Par ailleurs, l’article de WaPo a raison de dire qu’Oscar était membre du Parti communiste américain dans les années 1950. Eux aussi l’ont poussé vers la porte de sortie, le considérant comme un «nationaliste noir ». M. Brown m’a confirmé ces détails lorsque j’ai eu l’honneur d’enregistrer une interview audio en face à face avec lui en 1992. Malgré les détails sur les antécédents d’Oscar, Trump n’a aucun problème à transformer «The Snake» en une rhétorique haineuse. Je dirais que c’est parce que son ego sans entraves l’informe qu’il est vraiment au-dessus de toutes les normes de décence humaine dans ses déclarations publiques et sa conduite personnelle. La vérité est un continent très étranger à cet homme ».

Oscar Brown Jr a aussi produit un pur chef d’œuvre (il y en a encore à écouter en effet, plein, ce n’est pas ce qui manque,  comme aussi sa reprise orchestrale éblouissante) dont Trump ce raciste ne nous parlera jamais, et pour cause, un hymne à la diversité, tout l’inverse du loufiat resté quatre ans à la Maison Blanche. « Oscar Brown Jr sort en 1965 ce titre « Brother Where are you ? », un appel à la solidarité, morceau activiste que l’on le retrouvera dix ans plus tard comme titre d’un nouvel album du musicien. En 2003 donc, c’est Matthew Herbert, musicien anglais hors normes, ingé son, chef-d’orchestre DJ et producteur qui remixe ce morceau. L’auteur du « Café de Flore », opère un franc virage jazz dans sa carrière et forme cette même année 2003 son propre Big Band. » Magnifique morceau en effet !

Par contraste, on tend l’oreille quelques secondes (ça fait mal! ) vers le duo  Brooks & Dunn interprétant  « Only in America » choisit par le duo Trump-Pence  en chanson finale a Grand Rapids le 2 novembre 2020 veille de l’élection: attention on redescend très bas, musicalement, avec une enfilade de clichés en clip, une orchestration fort convenue, datant des années 90 : c’est exactement ça en fait. Trump, comme son colistier, qui vivent 30 ans en arrière. Deux ringards, quoi. Ces deux-là, Brooks & Dunn n’ont plus joué depuis 10 ans, et ils avaient en janvier 2020, prévu de faire leur tournée d’adieu… cette année : comme Trump, quoi ! Ah, les cons (3) !

Le scoop final:  Poutine a payé des mises en scène !!!

Ce jour de vote, 3 novembre, une version attendue d’un célèbre rapport (celui de Mueller !) est aussi arrivée -mais un peu tard- dans les rédactions : un peu moins passée au feutre que le précédent rapport (4 ans pour les effacer et encore il en reste ?), la version contient des faits probants sur les intrusions russes dans la campagne, comme le fait que c’est bien Roger Stone et ses sbires qui sont entrés en contact avec Julien Assange, qui détenait bien des russes les mails de Cinton (adieu la thèse ukrainienne !!!), et que, énorme scoop, ces derniers ont PAYE des personnes pour faire de l’agit-prop dans les rues ou dans les meetings de Donald Trump en déguisant des personnes en Hillary Clinton, habillée en prisonnière, menottes aux mains !!! Sidérant !! Il y a eu plusieurs exemplaires en fait. On en a retrouvé une à Lakeland le 12 octobre, au Lakeland Linder Regional Airport en Floride . Une autre encore au 29 octobre au Jefferson County Fairgrounds de Golden (ici à droite).  « Une autre partie du rapport publié lundi décrit à quel point les Russes travaillant sur une vaste opération de ferme de trolls sur les réseaux sociaux ont soutenu Trump pour remporter la présidence – un document ordonnant aux propagandistes russes de « profiter de toute occasion pour critiquer Hillary [Clinton]
et le reste (sauf Sanders et Trump – nous les soutenons) « , a cité Mueller. Les descriptions récemment publiées de la ferme de trolls, appelée Internet Research Agency, décrivaient également comment les Russes cherchaient à créer des comptes de médias sociaux ciblant les politiciens et les personnalités publiques aux États-Unis pour générer plus de réactions en ligne.
La nouvelle version a également montré de nombreuses preuves que Mueller a documentées sur la façon dont l’Agence de recherche Internet avait cherché à salir Clinton.  Entre autres tactiques, le groupe « a payé une femme de Floride plus de 1000 dollars » pour assister à deux rassemblements de Trump portant un costume de Clinton
et une combinaison de prison, selon une partie du rapport qui avait été précédemment expurgé
.

Le 29 octobre en effet, le lendemain de l’annonce de l’ouverture de l’enquête du FBI, la foule des admirateurs de Donald Trump se pressait… en face de la Trump Tower comme on peut le voici ici à droite.  C’est donc certainement celle-là que cite Mueller !!! La photo du meeting d’Halloween au DeltaPlex de Trump  avec la fille déguisée en statue de la liberté qui date du 31 octobre 2016 est mieux documentée ; il s’agit de Mary Simcox de Portland, dans le Michigan (la Liberté), et de Laurie Sanger de Grand Rapids (celle en Hillary). Sur place on trouvait aussi des auto-collants sur des voitures avec la même idée. Interrogé sur Breitbart, Simcox avait dit: : «J’ai grandi avec beaucoup d’hommes – frères, oncles, amis. Les hommes ont le soi-disant «entretien des vestiaires». C’est vrai. Ils ne le font pas en public, ni directement aux femmes. Je ne connais personne qui n’ait pas utilisé un gros mot. Vous devez juger le bien des gens. «Je ne crois pas non plus certaines des histoires – du moins pas le moment, ni l’étendue. «Je pense que Trump aime les femmes, je pense qu’il respecte les femmes. Je suis une mère de deux enfants, catholique, diplômée de l’université, j’ai parcouru le monde, nous sommes propriétaires de petites entreprises – et j’adore Trump. » Un illustrateur (Lennart Gäbel) ci-contre n’a pas la même vision de la chose…

Grand Rapids, là, où, curieux hasard, s’est tenue la fête anti-confinement avec le shérif pro-Trump et les deux gros loustics arrêtés dans l’affaire Whitmer, mais aussi, autre coïncidence troublante, l’endroit du dernier meeting de Donald Trump, (avec  l‘homme à la mouche, aligné sur les mêmes idioties et les mêmes promesses vides il dit lui aussi « nettoyer le marécage » le sogz, de QAnon) si habitué à ses obsessions anti-Hillary : ne dit-on pas que l’assassin revient sur le lieu dessin crime ? On y entendait ce genre d’argument idiot : « si le démocrate est élu, a avancé Trump, il n’y aura «pas d’école, pas de diplômes, pas de mariage, pas de Thanksgiving, pas de Pâques, pas de Noël, pas de 4 juillet, pas de futur pour nos jeunes» (ahurissants mensonges !). Trump en rajoutant des tonnes : « (il est) contre Dieu, contre les armes, et contre le pétrole. Et il aurait des bons scores au Texas ?» a-t-il fait mine de s’interroger. Biden veut «mettre en place la plus forte hausse d’impôts de l’histoire», a avancé Trump. Il veut «détruire les banlieues, détruire vos maisons». «Je ne peux pas croire que ça puisse arriver, le concept de perdre face à ce type, a insisté le président américain. Vous avez intérêt à aller voter, ou bien je serai si en colère que je ne reviendrai plus ici.»  Inciter à voter en menaçant, c’est du jamais vu !!! ‘Puis : «Vous avez tellement de chance que j’aie accepté d’être votre président.» Poutine a payé pour avoir ça !!! C’est incroyable !!! 

A Grand Rapids, fief de l’extrême droite suprémaciste, la veille de l’élection, on a taggé un cimetière juif d’inscriptions Trump (ici à droite), lui qui n’a eu de cesse de re-tweeter des messages antisémites de la nébuleuse QAnon (ceux visant George Soros notamment). Encore un symbole fort du chaos qu’il a entretenu et qu’il va laisser derrière lui.

(1) pour lui éviter de courir (5 meetings par jour les derniers temps), les meetings de fin de campagne ont été faits sur des aéroports, en plein vent glacial, avec une organisation faite à la louche ; podium dans le mauvais sens (en plein vent), distribution oubliée sur les premiers de panneaux-slogans standardisés (« 4 more years »), oublis de bus laissant les participants en carafe pendant des heures, sono pas toujours au top,…

… mais avec de plus en plus au fil du temps un raccourcissement du trajet pour Trump, avec l’escalier du podium principal disposé droit dans l’axe de la passerelle d’avion, en l’occurrence le second modèle (Air Force Two), pour qu’il ne se trompe pas non plus de direction…  Ou carrément devant le vieil hélico « Marine One » Sikorsky S-61 « Sea-King »  (ils sont plusieurs, identiques, 19 aéronefs – 11 Sikorsky VH-3D Sea King plus 8 VH-60N Black Hawks; les futurs VH-92 ne sont pas encore prêts) venus capter le Président au bas du 747 ou du 757 (Boeing C-32) lui servant aussi de pub. Dans ces meetings en forme de spectacle, tout et objet de marketing présidentiel.

(2) sa lecture n’est pas plus pénible que celle débitée sur ses prompteurs par sa femme Melania, qui a vraiment ahané son discours qu’elle n’avait pas du lire à l’avance, à l’évidence, à la voir buter en fin de chaque ligne et encore moins de l’avoir rédigé elle-même. C’était à Huntersville, près de Charlotte, en Caroline du Nord  « devant 200 personnes », « un public enthousiaste » selon WBTV (une belle claque en effet). Un signal désastreux envoyé à la cause des femmes que cette malheureuse ravalée au rang de potiche, ou de dictaphone. Son égard (souvent) apeuré mettant mal à l’aise, comme celui des femmes sous influence (ou trompées). On aurait presque de la compassion pour elle, pour avoir eu le courage de monter sur le podium alors qu’elle n’est vraiment pas faite pour ça. Le cadrage serré de sa prestation empêchant de distinguer ses prompteurs donnant une impression encore plus surréaliste (ici à droite). Ça n’a pas été pire qu’en 2016, remarquez. Ce jour-là, elle avait récité du Michèle Obama sans le savoir.. la pauvre ! En 2019 à l’University of Maryland, à Baltimore County, elle s’était fait huée…

 

(3) en parlant de ça, justement, le public sous informé de Trump (je n’ai pas dit idiot mais je le pense néanmoins), est révélé ici avec brio par Jordan Klepper. Révélant que complot infondé sur Hunter Biden… a bien  porté chez eux : comme d’autres salades distillées par Trump. Il y en a un là qui raconte même que, en parlant d’Ivanka, que « Lady Diana avait envoyé des documents en Chine pour aider l’opposition là-bas », « comme il l’a entendu dire » (???), laissant le talentueux Klepper estomaqué. Même chose quand il reprend à la volée un des électeurs de Trump à propos des Biden et lui dit « «ce serait un trait dégoûtant, non ? Utiliser simplement le nom de votre père pour gagner de l’argent ? »ce à quoi répond le fan de Trump: «Absolument !» »… alors que toute la famille Trump, placée à la tête de la Fondation Trump, le fait !!! Il y a de quoi s’esclaffer de rire, se ce n’était aussi sinistre… et désolant !

 

 

https://harpers.org/archive/2018/05/a-destruction-story/

 

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