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Centpapiers

  • Réchauffement scientifique : le vrai faux mythe du consensus scientifique

    19 juillet 2008 | 4 commentaire(s) | vu 3 645 fois

    L’American Physical Society (APS) vient de lancer un débat sur l’hypothèse du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) selon laquelle le réchauffement climatique serait dû aux activités humaines. Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs titrent que le mythe du consensus sur les causes du réchauffement vient d’éclater. Le problème, c’est qu’il n’y a jamais eu consensus.

    Face à la réaction pour le moins triomphaliste des sceptiques (qui ont le droit de l’être en autant que leur opposition repose sur du sérieux et non sur des intérêts occultes, mais cela est une autre histoire), l’APS a dû publier bien en vue sur sa page d’accueil le rectificatif suivant : « Emissions of greenhouse gases from human activities are changing the atmosphere in ways that affect the Earth’s climate. » En français : « notre position n’a pas changé. Point. »

    Certains, parmi la communauté scientifique, contestent cette affirmation. Soit, a décidé l’APS, lançons un débat grâce auquel chacun pourra juger de la validité des arguments des uns et des autres.

    C’est de bonne guerre. La science est tout sauf une religion reposant sur des dogmes. Une hypothèse qui a la capacité d’expliquer un phénomène demeure valable tant qu’il n’a pas été prouvé qu’elle n’est pas exacte. Elle est alors remplacée par une autre hypothèse ayant une plus grande force explicative.

    Ceux qui voudraient un monde de certitudes scientifiques peuvent aller se rhabiller.

    Un réputé savant, Patrick Frank, avait justement entrepris de contester les prémisses sur lesquelles repose l’hypothèse que le réchauffement climatique est causé par les activités humaines (A Climate of Belief).

    Si vous êtes à l’aise avec le langage scientifique, le débat ouvert par l’APS est ici.

    Mais au fond, ce débat pourrait bien en cacher un autre tout aussi important, sinon même davantage.

    Que l’exploitation des énergies fossiles soit ou non responsable du réchauffement climatique demeure certes l’objet d’une belle controverse scientifique, tous en conviendront. Du reste, l’impact du réchauffement climatique pourrait s’avérer tellement catastrophique pour certaines régions du monde qu’il vaut la peine de tout faire pour le réduire et de se préparer à aider les populations à risque.

    La nature humaine étant ce qu’elle est, nous devrions nous retrouver à la fois avec le réchauffement et les catastrophes.

    L’autre débat majeur que cache la controverse sur le réchauffement climatique est celui du remplacement des énergies fossiles.

    L’APS presse la communauté scientifique d’y faire face, en rappelant que la fin des énergies fossiles pourrait bien survenir dès ce siècle-ci, sinon dans le courant du prochain.

    Il est urgent de débattre des énergies de remplacement, poursuit l’APS.

    Dans la même publication où elle lance le débat sur l’hypothèse du GIEC, l’APS en lance un autre sur le nucléaire.

    Là aussi, le débat se produit sur fond de catastrophes annoncées : risque d’accident nucléaire, risque de prolifération nucléaire et risque que posent les déchets nucléaires. Rien de moins.

    Décidément, nous aimons jouer avec le feu.


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  • 4 commentaires

    • Paul de Montréal

    Les émissions des gaz à effet de serre issu des activités humaines changent l’atmosphère de manière qui affecte le climat de la terre.

    > Ceux qui voudraient un monde de certitudes scientifiques peuvent aller se rhabiller.

    A part les mathématiques, qui fonctionne par déduction rien est démontré définitivement pour l’éternité. Les sciences physiques fonctionnent davantage avec un raisonnement par induction.

    Ceci étant dit pour rester compréhensible d’un littéraire, un scientifique est un humain qui peut être corrompu, distrait ou se tromper. Le consensus général se trouve rarement mais une forte majorité doit suffire à nous faire appliquer le principe de précaution.

    Avec la durée de vie longue des gaz a effets de serre (CO2 125 ans) déjà accumulé dans l’atmosphère, le RC est inévitable même si on arrêtait tout aujourd’hui. Il est question de savoir comment le négocier au mieux et minimiser les catastrophes pour l’homo sapiens … les humains quoi.

    Mieux vaux anticiper les problèmes, d’autant qu’il existe avec ces phénomènes environnementaux un temps de latence assez important.
    Un peu comme un séisme sous-marin en plein milieu de l’océan qu’on ne voit pas tant qu’il ne produit pas un Tsunami sur les côtes.

    • Michel Monette

    Ce n’est pas le réchauffement qui est contesté, c’est le fait que les activités humaines en soient responsables.

    Il faut faire attention de bien séparer le débat sur le réchauffement de celui sur les énergies de remplacement. Par exemple, doit-on favoriser le nucléaire pour éviter l’effet de serre ? Certaines multinationales qui se lancent dans le nucléaire civil voudraient bien que nous prenions une décision précipitée en leur faveur. La production d’agrocarburant est une autre décision précipitée dont on voit aujourd’hui les effets.

    Et si la consommation globale d’énergie diminuait à la place ? Ne pourrait-on pas, par ailleurs, mettre beaucoup plus de soutien public dans le solaire ?

    Présentement, c’est un peu comme si on criait au loup pour mieux laisser le renard entrer dans le poulailler.

    • Paul de Montréal

    Un graphe sur plusieurs millions d’années est plus explicite qu’un long discours. Si ce n’est pas l’activité humaine moderne, la correspondance du RC serait pour le moins extraordinaire. :D

    Sinon concernant le solaire, la technologie évolue et Hydroquebec maitrise déjà les lignes très hautes tensions qui sert à acheminer l’electricité sur de longues distances (1000km) sans trop de pertes (-5%).

    Voila un site francophone qui parle du projet DESERTEC.

    • François Marginean

    Il semble que cette histoire n’est pas finie :

    - American physicists warned not to debate global warming

    Bureaucrats at the American Physical Society (APS) have issued a curious warning to their members about an article in one of their own publications. Don’t read this, they say – we don’t agree with it. But what is it about the piece that is so terrible, that like Medusa, it could make men go blind ?
    It’s an article that examines the calculation central to climate models. As the editor of the APS’s newsletter American Physics Jeffrey Marque explains, the global warming debate must be re-opened.

    Monckton has asked for an apology. In a letter to the APS President Arthur Bienenstock, he writes :
    « If the Council has not scientifically evaluated or formally considered my paper, may I ask with what credible scientific justification, and on whose authority, the offending text asserts primo, that the paper had not been scientifically reviewed when it had ; secundo, that its conclusions disagree with what is said (on no evidence) to be the « overwhelming opinion of the world scientific community » ; and, tertio, that « The Council of the American Physical Society disagrees with this article’s conclusions » ? Which of my conclusions does the Council disagree with, and on what scientific grounds (if any) ? »

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