Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !
http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
1 avril 2011 |
1 commentaire(s) |
vu 1 469 fois Chronique : La médecine du professeur Biron
Introduction
Le sujet est d’actualité sur la scène mondiale de l’environnement et de l’énergie en ce printemps 2011 marqué par la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima au Japon. Mais c’est aussi l’occasion de jeter un regard sur nos propres habitudes de consommation de tests radiologiques et du risque des radiations qu’ils comportent. Dans les sociétés industrialisées la majorité des irradiations subies par les habitants sont d’origine médicale même dans les pays dotés de centrales nucléaires.
L’unité
L’unité d’exposition à une radiation ionisante est le sievert, abréviée Sv. Un millième est un milli sievert, abrévié mSv. Un millionième est un micro sievert, abrévié µSv. Cette unité fut proposée par le physicien médical suédois Rolf Sievert et adoptée par le Système international. Les Américains utilisent souvent le rem équivalent à 10 mSv soit un centième de Sv. Un millirem équivaut donc à 10 µSv.
Commençons par les risques faibles exprimés en micro sievert
0 µSv en utilisant un téléphone cellulaire
0,09 µSv en demeurant une année dans un rayon de 50 milles / 80 km d’une (bonne) centrale nucléaire
0,25 µSv est la limite supérieure permissible des scanners corporels imposés aux passagers dans certains aéroports
1 µSv suite à une radiographie du bras. Ou encore suite à l’utilisation d’un moniteur à écran cathodique pendant une année
2 µSv dans le voisinage d’une (bonne) centrale nucléaire. Aussi chez les Français en 2000 après les pluies contenant de la radioactivité transportée par les vents en provenance de la région de Tchernobyl
5 µSv par une radiographie dentaire ou de la main
20-40 µSv par une radiographie des poumons (plaque simple du thorax en jargon médical)
30-40 µSv durant une envolée New-York Los-Angeles ou Paris New York
83 µSv par une radiographie du bassin. Ou encore chez un américain vivant dans un rayon de 16 km (10 miles) de la centrale Three Mile Island lors de son accident en 1979
Passons aux risques exprimés en milli sievert
1 mSv est la limite annuelle recommandée par l’Environmental Protection Agency pour chaque citoyen américain
3 mSv par mammographie; c’est pourquoi ce test de dépistage chez des femmes saines est controversé car un usage répété peut paradoxalement se transformer en facteur de risque de cancer que cette technique vise à détecter; il faut se limiter aux âges recommandés et à la fréquence recommandées par des épidémiologistes impartiaux car le tissu mammaire est sensible aux radiations ionisantes. La mammographie pour compléter un examen révélant une bosse suspecte est toutefois justifiée ainsi que chez une femme à haut risque, malgré l’irradiation.
3,65 mSv est la moyenne américaine de radiation d’origine médicale
5,8 mSv par un scan du thorax; il est clair que le scan est beaucoup plus irradiant que la radiographie conventionnelle.
6 mSv en passant une heure sur le terrain de la défunte centrale de Chernobyl (Russie) en 2010 comme touriste à la recherche du macabre
9 mSv d’exposition annuelle pour le personnel de l’air d’un vol comme New York-Tokyo
Passons aux risques élevés exprimés en mSv et en Sv
10-25 mSv lors d’un scan corporel entier. Des centaines de fois plus dangereux qu’une radio des poumons. L’usage de ce test chez une personne saine est à déconseiller dans le cadre d’un simple programme de dépistage. D’autant plus qu’environ 4/5 des anomalies éventuellement décelées peuvent constituer des faux positifs. Il a cependant sa place chez un patient chez qui on cherche des métastases à distance.
20 à 50 mSv est la dose annuelle maximum permise chez les employés exposés à des radiations. 50 mSv fut aussi la dose reçue en 10 minutes par les employés proches du réacteur de Chernobyl après son explosion et sa fusion.
100 mSv est la plus petite dose annuelle clairement associée à une augmentation du risque de cancer dans une population
250 mSv est le plafond annuel, révisé à la hausse, qu’il fut décidé d’utiliser chez les employés de la centrale de Fukushima au début de la crise japonaise. Ses techniciens, volontaires sont des héros.
250 mSv – 1 Sv reçus la même journée sera symptomatique: nausée, inappétence, lésions sanguines, ganglionnaires, spléniques. Souvent réversibles.
1 120 mSv (1,12 Sv) par heure est la lecture maximale enregistrée par robot dans le bâtiment du réacteur no. 1 à Fukushima fin avril 2011, selon la Tokyo Electric Power Co., soit 10 millions de fois la dose radioactive artificielle admise par année en France .
1-3 Sv vont causer un sévère syndrome de radiation et quelques cas sont fatals. Nausée, inappétence; lésions des cellules sanguines, des ganglions, de la rate, pas souvent réversibles
3-6 Sv vont causer un très sévère syndrome, dont on survit occasionnellement après un traitement immédiat. Nausée et inappétence sévères, hémorragies, infections, diarrhée, stérilité, décollement de la peau, mort.
6-9 Sv constituent une exposition habituellement fatale même avec traitement, le cerveau est atteint. Quand l’on a rapporté un taux d’irradiation de 8,217 Sv par heure par le réacteur 2 de la centrale de Fukushima, cela équivalait à 25 000 fois l’exposition horaire naturelle des Américains qui est de 0,34 µSv.
10 Sv est une dose incapacitante et rapidement fatale. Une radiation de 10 Sv par heure a été observée le 1.8.2011 entre les bâtiments de deux réacteurs de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima
Conclusion
Si le Japon a des problèmes incontrôlables depuis le tremblement de terre avec tsunami à la centrale nucléaire de Fukoshima au printemps 2011, entraînant une augmentation de la radioactivité ahtmosphérique mondiale ainsi qu’une contamination de la chaine alimentaire, les citoyens devraient y penser deux fois avant d’inclure un scan corporel entier dans le cadre d’un bilan médical offert par des cliniques privées. Les femmes devraient y penser deux fois avant de se fidéliser à des mammographies périodiques de dépistage trop fréquentes, surtout si elles ont moins de 50 ans ou plus de 69 ans et sont sans histoire familiale, car il y a des faux positifs, des faux négatifs, des rares erreurs, des difficultés d’interprétation, en plus des radiations. Dans cette tranche d’âge – où de minces bénéfices ont été démontrés – elles doivent s’enquérir des intervalles les plus sécuritaires et de la fréquence des bienfaits (quand ils existent) sur l’espérance de vie des femmes ayant un profil de santé comparable.
Merci pour ces informations importantes, Pierre.
Amicalement
Elie l’Artiste
03:25, le Vendredi 1 avril 2011Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
15
vu 10 924 foisTous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress