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16 février 2009 |
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Photo : Flickr pfala
Présente depuis maintenant plus d’une semaine, la thématique de l’énergie n’est toujours pas déclassée dans les médias du Saguenay-Lac-St-Jean. Cependant, le sujet a dérivé vers une autre préoccupation que l’exportation de notre ressource: la survie de nos industries. Des rumeurs persistantes et de plus en plus crédibles laissent entendre qu’AbitibiBowater chercherait à vendre ses installations hydro-électriques du réseau privé Hydro-Saguenay. Alors que Ville Saguenay s’est dite intéressée à racheter ces barrages s’ils venaient à être mis en vente, les syndiqués des usines de pâtes et papiers s’inquiètent. D’après eux, si les barrages sont vendus, les usines fermeront inévitablement. Ils appellent le gouvernement à utiliser les dispositions d’une loi particulière (la Loi 8 concernant la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw*) s’appliquant au réseau hydro-électrique privé d’AbitibiBowater pour bloquer les transactions et protéger les emplois. La position de Saguenay a également été critiquée comme étant de l’opportunisme mal venu, ce qui a poussé les élus à nuancer leur position en déclarant qu’ils souhaitaient bien évidemment avant tout que les barrages demeurent la propriété d’AbitibiBowater pour maintenir les usines.
Déjà, des employés d’une usine de Saint-Prime, au Lac-St-Jean, ne travaillent plus que 8 heures par semaine et doivent atteindre un quota fixe de production (quittes à faire du temps supplémentaire bénévolement) pour maintenir leur usine en vie.
Simultanément, des inquiétudes constantes se font sentir quant à l’avenir de l’usine Vaudreuil, qui a été partiellement ébranlée par les compressions annoncées par Rio Tinto-Alcan. En vertu de certaines ententes confidentielles signées avec le gouvernement, l’entreprise pourrait fermer ses installations avant le délai convenu auparavant en raison du prix particulièrement faible de l’aluminium sur les marchés. L’usine Arvida, l’autre usine de Rio Tinto-Alcan à Jonquière, devrait pour sa part fermer en 2014 au plus tôt selon les ententes. Nul ne sait si elle durera plus longtemps. Puisque les investissements dans la nouvelle technologie AP-50 ont été mis sur la glace, rien ne garantit à la région qu’une alternative sera disponible à temps pour la fermeture.
Ce sont certes des situations inquiétantes et il est normal que les politiciens, syndicalistes et acteurs sociaux y aillent de leurs revendications. Pour ma part, bien que je me désole de la détérioration de la situation, je ne peux m’empêcher de penser qu’en dépit de toutes les ententes ou tractations visant à maintenir les usines actuelles, elles ont presque toutes atteint la fin de leur vie utile. On peut raisonnablement vouloir maintenir les emplois pendant encore quelques années, mais ce qu’il faut comprendre, c’est que le déclin des activités forestières et l’essoufflement des vieilles alumineries sont désormais inévitables. Dans le second cas, des investissements permettent d’avoir espoir d’en arriver à un second souffle pour l’industrie; c’est toutefois beaucoup moins sûr en ce qui a trait au secteur forestier.
Le vrai problème, qu’il ne faudrait pas oublier en cherchant à sauver les meubles à court terme, c’est que nous allons tôt ou tard nous retrouver le bec à l’eau. Ce jour-là, le Saguenay-Lac-St-Jean ne pourra plus compter sur ses activités industrielles traditionnelles pour faire tourner son économie. Il est déjà minuit moins cinq: il serait à peu près temps que nous nous penchions sur ce qui suivra. Quels secteurs pourrions-nous développer? Si nous faillissons à répondre à cette question, je n’ose imaginer vers quels nouveaux gouffres la région se précipitera.
Bref, c’est bien beau de vouloir sauver ce qui peut l’être, mais il ne faudrait surtout pas perdre de vue un point central et déterminant pour notre région: jamais plus nous ne pourrons nous appuyer sur les secteurs industriels traditionnels pour soutenir notre économie comme nous le faisions par le passé. De quoi sera fait l’avenir?
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*Le passage auquel on fait référence ici est l’article 11 de la Loi 8:
11. Le locataire ne pourra céder, transférer ou autrement aliéner les droits qui lui sont consentis en vertu de la présente loi à moins d’avoir obtenu l’autorisation du gouvernement et, le cas échéant, de s’être conformé aux conditions déterminées par celui-ci.
Cette disposition pourrait permettre d’obliger la compagnie à maintenir ses activités dans la région pour une certaine durée.
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