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Qu?becOR : la grenouille qui s?est faite plus grosse que le boeuf?

 

L’?mission Enqu?te de Radio-Canada ?tait hier un rendez-vous tr?s pris?, en tout cas pour mon tweetorat (ce n?ologisme signifie ?videmment les gens qui me suivent et qui sont actifs sur Twitter ? et ?tant donn? que je suis pratiquement tout le monde en retour, il devient un terme fourre-tout pour d?signer mon r?seau ? fin de la parenth?se ? m?dia social ?).

Cette ?mission ?tait tr?s attendue et elle ne semble pas avoir d??u beaucoup de monde : les commentaires que j’ai pu lire ?taient tous tr?s positifs (envers le travail de l’?quipe d’Alain Gravel, on s’entend…). Et on s’attend bien s?r ? une vol?e de bois vert de la part de PKP :

Apr?s la diffusion d’#Enqu?te, on attend rapidement l’#EmpireContre-attaque…

En gros, le reportage d?montre que Quebecor, apr?s avoir eu l’aide du gouvernement p?quiste de l’?poque pour acqu?rir Vid?otron (la Caisse de d?p?t, donc nous tous, poss?de 45% de Quebecor), et apr?s avoir promis ? d’adopter une s?rie de mesures pour pr?server la diversit? des voix en information ?, est devenu un monstre tentaculaire, un d?linquant qui n’en fait qu’? sa t?te, une sorte de musulman qui veut imposer sa charia :

 

Dix ans plus tard, on parle de Quebecor comme d’un ?empire?, dont plusieurs d?noncent les pratiques en mati?re d’?thique journalistique et le comportement commercial agressif. Entre autres, on reproche ? l’entreprise, le plus important ?diteur de journaux au Canada, de s’?tre retir?e de tous les conseils de presse du pays.

 

Mais le plus dr?le dans ce reportage, c’est le bout o? on voit Michelle Coud?-Lord, la directrice de la section Arts et Culture du Journal de Montr?al, avec un journaliste aux coud?es franches… Apr?s qu’il lui ait fait part d’un cas o? visiblement elle avait jou? de son pouvoir sur le choix d’un palmar?s de personnalit?s culturelles qui devait ?tre constitu? par des sp?cialistes ind?pendants, elle r?pond que c’est sa parole ? contre celles d’ex-syndiqu?s qui sont en col?re contre nous ?. Le journaliste lui demande alors : ? c’est votre adresse de courriel ?a? ?

Ensuite, on nous montre un courriel o? elle a, t?l?guid?e par le directeur de l’information Dany Doucet, effectivement demand? qu’on enl?ve un nom dans la liste (Paul Arcand) pour y ajouter un autre (Jacques Aub?, vice-pr?sident ex?cutif et directeur g?n?ral d’Evenko ? un gros annonceur au Journal de Montr?al). Et quand elle a eu ? s’expliquer, on a eu droit ? du patinage digne d’un professionnel de la politique, h?sitations et mimiques de d?fensive en prime.

Le reportage vaut vraiment le coup d’oeil, et en plus on l’offre en version int?grale sur le site de l’?mission.

Personnellement, ?a ne m’a pas trop surpris. Mais ce qui me d?sole le plus, c’est de constater encore plus clairement le double standard pr?sent dans l’?volution de cette grosse machine qui se fait le fer de lance d’un discours franchement antisubventions alors que certains de ses plus gros coups (Vid?otron et le futur amphith??tre ? Qu?bec) trouvent leurs sources de l’argent des contribuables via une participation ?tatique. C’est alors que cette attitude dictatoriale en phase avec une culture affairiste agressive perd de sa l?gitimit?. Comment Pierre-Karl P?ladeau peut-il faire fi des questionnements ?thiques en lien avec l’objectivit? journalistique alors qu’il s’agit de r?pondre au bien commun?

Mais en m?me temps, nous sommes pris en otage. Le succ?s de Quebecor semble reposer sur sa tactique de convergence et s’il est forc? de l’abandonner, nous pouvons craindre de perdre notre investissement avec sa possible descente aux enfers. Je sais bien que c’est le sc?nario le plus pessimiste, mais n’est-ce pas un peu ce dans quoi nous avons ?t? plong?s?

Pieds et mains li?s, il nous reste encore le droit de signifier notre m?contentement et d’esp?rer un minimum de respect des r?gles communes, ce qui ne devrait pas trop briser ses ailes. Et, pour ce qui est de la convergence, le probl?me n’est pas seulement de son c?t?, de toute fa?on, m?me s’il l’est ? moindre mesure… (Une preuve comme une autre : j’ai demand? via Twitter ? Guy A Lepage s’il y aura quelque chose au sujet de ce reportage ? TLMEP et il m’a r?pondu que non, qu’il n’a rien su du reportage avant l’enregistrement. J’ai demand? ?a bien candidement, mais si Radio-Canada fonctionnait minimalement comme Quebecor, c’est certain que dimanche on en aurait entendu parler! Et le pire, c’est que j’aurais m?me trouv? ?a correct, ?tant donn? que l’?mission s’enregistrait dans la journ?e de diffusion du reportage, question de coller sur l’actualit?.)

Voil?, en esp?rant ne pas trouver le paysage m?diatique en d?solation ? mon r?veil demain…


 

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3 Commentaire

  1. avatar

    En effet, émission intéressante dans le genre
    « PKP bashing ». À quand, chez Enquête le même genre d’émission concernant notre autre média-magnat: Paul Desmarais, monsieur Gesca.
    Je retiens surtout de cette émission, le fait que PKP occupe largement l’avant-scène.
    C’est normal, Desmarais a déjà envahi l’arrière-scène.
    Nos deux protagonistes procèdent sensiblement de la même philosophie éditoriale. à la différence que PKP n’oeuvre, lui, qu’ici. Tandis que Power, lui, n’agit, souvent secrètement, ici que pour promouvoir ses intérêts internationnaux.
    Il y aurait pourtant de beaux sujets à traiter auxquel Power, qui incidemment est via Gesca « partenaire » de Radio-Cadena, s’adonne.
    Pensons au travail forcé des Birman, la fraude dans laquelle la Banque BNP-Paribas a trempé aux profits de Total contrôlé par les intérêts de ce même Desmarais dans le programme Pétrole contre nourriture imposé à l’Irak par l’ONU, sans compter les mirifiques 35% du pétrole lybien que vient de lui octroyer le très démocratique CNT. Ce même Total SA qui profite des largesses des potentats Yéménite à la hauteur de 39,62% des revenus du pétrole en tant que « leader technique ». Et les sables bitumineux etc…
    En terminant, je vous laisse avec une citation de Yves Michaud, actionnaire de Power Corp:
    « «Ils n’ont même besoin de le demander. La Presse sait très bien ce qu’elle doit faire pour protéger les intérêts de ses patrons».
    Si ça c’est pas de la dictature éditoriale…

  2. avatar

    André Lemay… tu résume exactement ma pensée sur ce sujet. Tu as tout à fait raison.