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Qu?bec: Les ?tudiants sont la cible de la pr?carit

Image Flickr par pilgrim’ s progrock

L?acc?s ? l??ducation est d?sormais menac? dans la province de Qu?bec. Les frais de scolarit? seront hauss?s de 1625$, le tout r?parti sur cinq ans. Cette augmentation devrait m?me se poursuivre apr?s 2017, c?est-?-dire qu?il est pr?vu d?indexer les droits de scolarit? ? l?inflation, m?me si les salaires des ?tudiants vont rester les m?mes. Cela met en p?ril ce droit qu?est l??ducation et soul?ve souvent un grand questionnement chez les ?tudiants quant ? la poursuite de leur ?tude. Nos universit?s, lieux de transmission du savoir, seraient-elles en train de se transformer en usines ? dipl?mes? Pour justifier cette augmentation, le gouvernement se base sur divers points. En r?alit?, est-elle r?ellement n?cessaire?

D?abord, on entend souvent dire que les universit?s souffrent d?un sous-financement. Le manque de fonds des universit?s est ?valu? ? 620 millions de dollars. Mais attention, ce nombre n?est pas calcul? selon les besoins des universit?s! Il correspond plut?t ? l??cart des ressources mon?taires des universit?s du Qu?bec en comparaison avec celles des autres provinces du Canada. Il ne s?agit donc pas de la somme qui manque aux ?tablissements scolaires, mais plus pr?cis?ment celle qu?ils recevraient si l?on se conformait ? la moyenne canadienne. On va m?me jusqu?? dire que ce pr?sum? sous-financement met en p?ril la qualit? de l??ducation. Si l?on se fie ? cette affirmation, on pourrait mesurer la valeur d?une formation selon son prix. Pourtant, son co?t ne nous informe gu?re sur la pertinence et la qualit? de son contenu. La hausse des frais de scolarit? ne permettrait pas n?cessairement d?avoir de meilleurs ?quipements et de meilleurs enseignants. En fait, la plupart des derni?res embauches sont form?s de gestionnaires et de cadres. M?me que la masse salariale des employ?s occupant des postes de g?rance et de direction a augment? de 83,2 % de 1997 ? 2004. ? titre d?exemple, la rectrice de l?Universit? McGill, Mme. Heather Monroe-Blum, aurait re?u un montant de 587?580 $ en 2008-2009. Il n?est donc pas correct de dire que l?argent manque puisque dans les faits, il est plut?t mal r?parti entre les divers postes et besoins des universit?s.

On essaie aussi de nous faire croire que l?augmentation des droits de scolarit? sera compens?e par le r?gime d?aide financi?re aux ?tudes. Il est important de savoir que seuls ceux et celles qui b?n?ficient d?j? du programme auront acc?s ? cette compensation. Pour les autres, ce qui repr?sente 83% des ?tudiants, ils devront eux-m?mes trouver les moyens d?en assumer le plein prix. La hausse aura pour cons?quence d?augmenter l?endettement d?une majorit? d??tudiants. Certains d?entre eux se verront forc?s de travailler encore plus durant leur ?tude ce qui peut avoir tendance ? diminuer leur application en classe. On nous laisse aussi entendre que gr?ce ? cette hausse, les ?tudiants feront leur juste part. Or, comment d?cider de ce qui est juste, il s?agit l? d?un concept plut?t vague. En quoi est-il plus juste d?avoir ? payer 4200 $ que 2600 $ ou encore rien du tout? Apparemment, ce qui semble juste aux yeux du gouvernement est que les ?tudiants devront d?sormais travailler deux fois plus longtemps que tout autre ?tudiant il y a trente ans pour r?ussir ? acquitter leurs droits de scolarit?. Finalement, on nous affirme que la hausse n?affectera en rien le taux de fr?quentation universitaire. Si l?on suit cette logique et que l?on compare l??ducation ? une marchandise, une hausse des tarifs d?Hydro-Qu?bec, par exemple, ne nous inciterait donc pas ? diminuer notre consommation d??nergie, ce qui me para?t compl?tement insens?. Bien que des facteurs autres que les frais influencent le choix de la poursuite des ?tudes, la hausse risque tout de m?me de priver l?acc?s ? un enseignement universitaire ? pr?s de 30?000 ?tudiants.

Bref, nos universit?s ne souffrent pas d?un sous-financement, mais bien d?un ?malfinancement? et d?une mauvaise r?partition des ressources budg?taires. De plus, de nombreux ?tudiants auront de la difficult? ? acquitter leurs frais scolaires et se verront oblig?s de s?endetter. Certains renonceront m?me ? la poursuite de leur ?ducation. Comme nous l?avons vu, la hausse des frais de scolarit? n?est pas justifi?e et engendrera des cons?quences dans la vie de nombreux ?tudiants ainsi que dans leur choix de carri?re. L??ducation est un droit et il s?agit ici d?un enjeu important qui m?rite d??tre examin?.

(Pour plus d?informations, je vous invite ? consulter le site internet de l?Institut de recherche et d?informations socio-?conomiques?: http://www.iris-recherche.qc.ca/ )

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    « Bref, nos universités ne souffrent pas d’un sous-financement, mais bien d’un «malfinancement» et d’une mauvaise répartition des ressources budgétaires. »

    Curieux d’apporter cette conclusion; c’est la même situation dans toutes les sphères de notre société.

    Bientôt il n’y aura qu’une seule solution: la grève générale pour régler un problème généralisé.

    Elie l’Artiste