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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
3 septembre 2005 |
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Les évènements des derniers jours en Louisiane auront à tout le moins eu le mérite de mettre une chose en évidence : le manque flagrant de filet social aux États-Unis. Dans l’adversité la plus complète, le pays le plus puissant de la planète aura démontré hors de tout doute que sa structure sociale ignore et, ultimement, châtie ses citoyens les plus vulnérables. Nul ne peut prétendre que l’égalité des chances est un fait accompli alors qu’on voit des miliers de personnes être carrément abandonnés et laissés pour soi.
En passant par la Floride et le Texas, j’ai eu la chance ( !) au cours des deux dernières semaines de faire bien malgré moi un trajet qui m’a permis de constater la fracture sociale qui règne malheureusement encore chez nos voisins du sud. Un véritable monde sépare ces résidents de la Floride, par exemple, où j’ai personellement rencontré des résidents ayant investis une véritable fortune en préparation aux intempéries, et de ceux de la Louisiane, où une bonne partie des résidents n’avaient pas même les moyens de parcourir quelques kilomètres vers l’extérieur de la ville.
À peine cinq heures de route me séparent ce soir, au Texas, du lieu de ce qui sera probablement reconnu par l’histoire comme une des plus grandes tragédies de l’Amérique. Il est révoltant de constater que, même si près de l’hémoragie, les réactions aux évènements diffèrent de manière surprenante : du côté de la Nouvelle Orléans on ne cherche qu’à éviter de mourrir de faim, de soif ou fusillé, alors qu’au Texas le sujet de conversation de l’heure s’oriente autour de la hausse fulgurante du prix du gallon d’essence. Des commentaires se font même entendre à l’effet que le Texas aurait dû se contenter d’envoyer de l’argent plutôt que d’accueillir des sinistrés, question d’éviter une hausse de la criminalité !
Comme fait divers, on peut noter que le USPS a déjà alloué un nouveau ZIP code permettant d’acheminer du courrier aux sinistrés évacués vers l’Astrodome. Plutôt rapide quand même !
Par ailleurs, mes discussions avec les texans à propos du prix de l’essence m’ont ammené à trouver une autre application au légendaire chiffre Pi (3.1415…) : multipliez le prix au litre de l’essence à Montréal par Pi, et vous vous retrouverez avec le prix correspondant par gallon en dollars US. Toute est dans toute, comme dirait l’autre.
À ce sujet, lire l’article de Gil Courtemanche dans Le Devoir d’aujourd’hui :
« Les sociétés riches sont construites en bonne partie sur une illusion fondamentale : en droit, nous sommes tous égaux, mais, dans la réalité, les sociétés prospères, comme les États-Unis, se comportent comme les sociétés du Tiers-Monde : dans les guerres, dans les catastrophes humanitaires, dans les désastres naturels mais aussi dans la vie de tous les jours, ce sont toujours les pauvres qui meurent en premier. Katrina vient de le démontrer d’une manière tragique. »
09:04, le Samedi 3 septembre 2005Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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