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Quand le nucléaire fait boum !

Charles Trenet chantait, dans les années 40, quand votre moteur fait boum !

C’est ce qui vient de se passer dans le sud-ouest, ou l’on apprend, avec quelque retard, qu’un container chargé de combustible radioactif a fait BOUM !

Et dans la plus grande discrétion.

En effet, c’est le 19 septembre 2018, qu’un fût de matière uranifère a explosé. lien

A part une publication sur le site de la coordination antinucléaire du sud-est, qui n’a eu l’information qu’une semaine après, les médias ont été particulièrement discrets sur l’accident, lequel s’est produit sur le site d’Areva/Orano, à Malvesi, dans l’Aude.

Ce fût de 200 litres était entreposé avec 221 autres fûts, et ceci depuis la fin des années 80

Ce site Comurhex est la porte d’entrée du minerai d’uranium, lequel est en provenance de différents pays, dont le Niger, puisque il n’y a plus d’uranium en France, battant en brèche la fable de l’indépendance énergétique de notre pays. lien

En effet le seul site nigérien d’Arlit extrait chaque année près de 10 000 tonnes d’uranium à destination de la France, pour des retombées financières très modestes pour le Niger, et des retombées sanitaires très lourdes pour les populations, puisqu’elles n’ont d’autre choix que de boire de l’eau contaminée par la radioactivité. lien.

Chaque année, ce sont entre 12 000 et 15 000 tonnes qui sont traitées sur le site de Malvési, et c’est grâce à la pugnacité d’Ecla, une association de défense de l’environnement, qui a levé le voile sur cet accident, alors que la nucléocratie et le pouvoir politique faisait des efforts désespéré pour cacher la vérité, que nous l’avons appris : l’explosion a relâché des matières dangereuses.

2 salariés ont été blessés, évacués vers le centre hospitalier de Narbonne, et vraisemblablement contaminés, ainsi qu’une troisième personne venue leur porter secours, malgré les déclarations lénifiantes de l’exploitant, qui assure qu’il n’y a pas eu de contamination ni intérieure, ni extérieure. lien

La direction explique que les matières rejetées ne contenaient que « de très faibles quantités d’uranium appauvri », sauf que cet uranium « appauvri » présente une activité de l’ordre de 40 millions de becquerels par kilo, et qu’il est à l’origine de l’émission de rayonnement gamma et de particules bêta et alpha, ces dernières étant les plus dangereuses en cas d’inhalation, d’autant que cet uranium appauvri peut aussi contenir du plutonium. lien

On a peine à croire qu’un fût plein de matières radioactives n’ait pas dispersé ses matières lors de l’explosion.

La CRIIRAD, tout en dénonçant le caractère lénifiant du communiqué de l’exploitant, note que le « dégagement de fumée » fait suite à la détonation au moment de l’ouverture du fût, et que « oxydes métalliques issus de production ancienne » contenus dans le fût étaient en réalité des matériaux radioactifs présentant une très forte radio toxicité par inhalation. Ajoutant que la radioactivité des matériaux traités par l’usine de Malvesi est si forte qu’elle est détectable au-delà des grillages du site, étant 18 fois supérieurs à la normale.

L’occasion peut-être de rappeler un autre « incident » survenu quelques temps auparavant sur le même site.

En effet, c’est en 2004 que la rupture d’une digue avait provoqué le déversement de 30 000 m3 de boues, l’exploitant assurant qu’il ne s’agissait que de boues nitratées… sauf que là aussi, la CRIIRAD a enquêté, révélant qu’outre de l’uranium, on trouvait dans ces boues, du plutonium, et certains de ses descendants très radio-toxiques (plomb 210, Thorium 230)…lien

Ces accidents ne sont pas anodins, car il n’existe que 5 sites de la même importance sur notre planète.

Au moment où ce gouvernement tente de relancer les voitures électriques, à coup de taxes contre le gazole, et de pénalisation aux véhicules tournant au diésel, l’affaire ne tombe pas bien.

D’autant que ces voitures électriques, tout en relançant le programme nucléaire national, avec le lancement de nouveaux EPR, repose le problème crucial des batteries.

En effet, le recyclage de ces batteries au lithium coûte extrêmement cher, et n’est effectué que pour 5% du stock. lien

Les autres batteries sont stockées sur des sites sensibles, polluant lentement mais surement l’environnement.

De plus, elles nécessitent l’utilisation de métaux rares, le lithium par exemple, ce qui pose une fois de plus l’indépendance énergétique du pays.

Tout porte à croire en effet que ce gouvernement, dont le 1er ministre a été il y a peu l’un des meilleurs lobbyistes du nucléaire, à la ferme intention de ne pas s’engager réellement dans les énergies propres, argumentant à tort que le nucléaire serait une solution propre.

Selon d’après le journal suisse « le Temps » généralement bien informé, il paraitrait que la vieille centrale de Bugey, à 30 km de Lyon, accueillerait bientôt un nouveau réacteur EPR, malgré les dénégations officielles. lien

Ceci expliquerait le fait qu’EDF ait mandaté la Safer Auvergne-Rhône-Alpes afin d’acquérir des terres agricoles pour une surface de 200 hectares sur la commune de Loyettes. lien

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, un monde dans lequel l’état remplit ses poches à coup de taxes, et d’impostures, pour compenser son train de vie scandaleux, et en utilisant cyniquement l’argument fallacieux de la « transition énergétique »… une transition qui en a la couleur, mais pas le goût, puisque notre pays est largement en retard sur nos voisins européens en matière d’utilisation des énergies propres. lien

Si quelqu’un avait encore un doute, il suffira de regarder de plus près le projet de finances rectificatif, afin de s’apercevoir que 600 millions d’euros des recettes de la taxe sur les carburants ont été détournés, et ont été enlevés du budget de la transition écologique, pour être réaffectés au budget général. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « l’œuf ne danse pas avec la pierre ».

L’image illustrant l’article vient de « ma zone contrôlée »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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