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Quand le monde de la politique rencontre le monde interlope

Profitant de l’affaire Julie Couillard, le Bureau des Affaires Louches dresse un inventaire des diverses affaires de collusion entre le monde de la politique et le crime organis? qui d?fray?rent les manchettes au Qu?bec et au Canada au cours des vingt derni?res ann?es. Les douze cas de collusion s?lectionn?s par le Bureau illustrent que ce ph?nom?ne n’?pargne aucun parti politique et s’?tend de la Colombie-Britannique jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant bien s?r par le Qu?bec mais aussi l’Ontario. Mais pour commencer, nous reviendrons sur les r?cents d?boires du ministre Maxime Bernier.

En novembre 2005, lorsque le chef du Parti conservateur du Canada, Stephen Harper, d?posa une motion de censure pour d?faire le gouvernement lib?ral minoritaire de Paul Martin, il n’h?sita pas ? lier le scandaleux programme des commandites au crime organis?. Plus de deux ans apr?s l’arriv?e au pouvoir des conservateurs de Harper, c’est au tour d’un membre important de son gouvernement, soit le ministre des Affaires ?trang?res Maxime Bernier, d’?tre sur la sellette en raison des liens de son ex-petite amie, Julie Couillard, avec le milieu des motards criminalis?s.

Ex-mannequin, Couillard est agente immobili?re de profession. Ses accointances avec le milieu interlope remonteraient au moins aux ann?es ’90, soit ? l’?poque o? les Hells Angels et une coalition de rivaux appel?e l’Alliance se livrait une guerre sans merci particuli?rement meurtri?re. De 1993 ? 1996, Couillard fut la conjointe de Gilles Gigu?re, un narcotrafiquant d?crit comme une relation d’affaire de Maurice « Mom » Boucher, un des pr?sum?s dirigeants des Hells Angels qu?b?cois. Gigu?re ?tait en attente de proc?s pour la possession de quatre mitraillettes et de cinquante livres de marijuana lorsqu’il fut assassin?, en 1996. Couillard fr?quenta ensuite St?phane Sirois, qui ?tait membre des Rockers, un club ?cole des Hells. Sirois quitta les Rockers et ?pousa Couillard, en 1997. Le couple divor?a deux ans plus tard.

La relation entre le ministre Bernier et Mme Couillard dura plus de six mois et n’a prit fin que r?cemment. Bien qu’elle fit couler beaucoup d’encre, l’affaire Julie Couillard n’est peut-?tre qu’un feu de paille. Rien ne prouve que l’ex-copine du ministre conservateur joua un r?le quelconque dans les activit?s criminelles de ses conjoints respectifs. Et personne n’a pr?tendu que Couillard entretenait toujours des liens avec le milieu des motards criminalis?s.

Cela ?tant, il reste que la population aurait ?t? en droit de recevoir une petite explication de la part du gouvernement conservateur, ne serait-ce que pour mettre un terme aux sp?culations sur les implications possibles de la relation entre Bernier et Couillard. Apr?s tout, la fonction de ministre des Affaires ?trang?res qu’occupe Maxime Bernier est un poste d?licat. En tant que chef de la diplomatie canadienne, le ministre Bernier se retrouve en effet ? fr?quenter les grands de ce monde et ? manipuler toutes sortes de documents top secret.

Mais la r?action des t?nors du gouvernement Harper consista ? dire : cette histoire ne nous regarde pas, elle ne vous regarde pas, elle ne regarde pas personne. Non, les membres du cabinet n’ont de comptes ? rendre ? personne, pouvait-on comprendre en lisant entre les lignes. Bref, les conservateurs ne semblaient plus d’humeur ? tenir de grands discours sur l’importance de la lutte au crime organis?. Mais en entrenant le flou, les conservateurs courent le risque de laisser le doute s’installer dans l’opinion publique. Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fum?e sans feu ?

Alors que l’affaire Julie Couillard battait son plein, La Presse publia dans son ?dition du samedi 10 mai une photo si controvers?e qu’elle avait incit?e la GRC ? interroger le ministre Bernier. Prise ? la mi-janvier 2008 lors d’une d’une activit? de financement de l’association du parti conservateur dans la circonscription de Papineau, la photo montrait le ministre Bernier posant tout sourire en serrant la main de Michael Chamas, un homme d’affaires qui dirige une multitude de soci?t?s, incluant Global Village I.R.S., bas?e ? Rosem?re, au nord de Montr?al.

Dans l’article de La Presse accompagnant ladite photo, on apprenait que Chamas avait ?t? arr?t? le 26 mars dernier en compagnie de vingt-huit autres personnes lors d’une vaste op?ration anti-drogue qui mobilisa 300 agents de diff?rents corps policiers. Baptis?e « Projet Cancun », l’enqu?te polici?re donna lieu ? des perquisitions sur les r?serves Mohawks de Kahnawake, de Kanesatake et d’Akwesasne, ainsi qu’? Montr?al et ? Hogansburg, dans l’?tat de New York. Les policiers saisirent trois lance-grenades, des mitraillettes de type AK-47 et M-16, une dizaine de voitures de luxe, pr?s de 2 millions $ en esp?ces et de la marijuana.

Chamas doit aujourd’hui r?pondre de dix chefs d’accusation reli?s ? la possession ill?gale d’armes ? feu en rapport avec cette affaire. Ce globe-trotter n’en serait d’ailleurs pas ? ses premi?res embrouilles avec la loi. ? l’automne 2007, des douaniers suisses l’arr?t?rent en possession de 2 millions d’euros. L’importante somme d’argent fut saisie en attendant que les autorit?s helv?tiques concluent leur enqu?te. L’Agence du revenu du Canada s’int?resse aussi ? Chamas, ? qui elle r?clame 952 355 $ en imp?ts impay?s pour les ann?es 2001 ? 2005. Afin de s’assurer de r?cup?rer les sommes dues, des inspecteurs fiscaux prirent une hypoth?que l?gale sur sa maison de Lorraine et sur quatre autres propri?t?s de Laval, Saint-Colomban, Saint-Eustache et Sainte-Th?r?se. Dans un jugement rendu en 2005, un juge f?d?ral ?crivit que Chamas « a fourni des renseignements faux et trompeurs ? la Banque Laurentienne afin d’obtenir du cr?dit ».

Selon Neil Hrab, l’attach? de presse du ministre, Maxime Bernier d?clara ? la GRC qu’il ne connaissait pas Chamas. « Leur premier et seul contact s’est produit lorsque le ministre posait avec des invit?s ? l’?v?nement pour des photos de courtoisie », insista Hrab lors d’un bref entretien avec La Presse. Ce qui n’emp?cha pas la compagnie Global Village d’utiliser ? des fins promotionnelles la photo avec Bernier, et plusieurs autres qui furent prises lors du m?me ?v?nement, en les affichant sur son site web.

Ces r?centes controverses mettant en vedette le ministre Bernier viennent rappeler que les hautes sph?res politiques canadiennes ne sont nullement ? l’abri de l’infiltration du crime organis?. Apr?s tout, qui dit crime organis?, dit aussi un pouvoir ?conomique. Et qui dit pouvoir ?conomique, dit aussi influence politique.

Au Qu?bec, il y a longtemps que les gros bonnets de la p?gre jouissent d’entr?es privil?gi?es dans le monde politique. Mentionnons ? titre d’exemple le cas du l?gendaire ca?d Lucien Rivard, dont la vie vient d’?tre port?e au grand ?cran, qui avait ?t? ? l’origine d’un ?norme scandale de corruption politique qui avait ?branl? le gouvernement lib?ral de Lester B. Pearson, en 1963. Rappelons aussi le cas du vice-premier ministre qu?b?cois Pierre Laporte, qui, avant de trouver la mort durant de son enl?vement par une cellule du FLQ, en 1970, avait b?n?fici? du soutien de la famille Cotroni lors de la course au leadership du Parti lib?ral du Qu?bec.

Dans un article intitul? « Le crime organis? menace la d?mocratie au Canada », publi? dans l’?dition de La Presse du 25 mars 1995, le journaliste Andr? No?l cita plusieurs extraits d’un document produit par des analystes de la police de Montr?al, de la S?ret? du Qu?bec et de la section qu?b?coise de la Gendarmerie royale du Canada. Dans l’extrait ci-dessous, les auteurs soulignent l’influence politique exerc?e par la mafia sicilienne au Qu?bec :

« Nous sommes particuli?rement inquiets de voir se reproduire au Canada le mod?le italien o? la mafia a compl?tement pris le contr?le du Parti d?mocrate-chr?tien, en investissant dans sa caisse ?lectorale, notamment. Au Canada, certaines d?cisions prises par les diff?rents niveaux de gouvernement d?montrent clairement que ceux qui contribuent aux caisses ?lectorales des partis sont favoris?s. Que ce soit dans l’attribution de contrats publics, dans la modification des r?gles de zonage, dans la r?glementation des travailleurs de la construction, ou encore dans la gestion des courses de chevaux ; de nombreuses d?cisions gouvernementales favorisent des int?r?ts proches du crime organis?. »

Ce qui suit est un inventaire non-exhaustif de diverses affaires louches impliquant des personnalit?s politiques avec des figures du crime organis? au cours des vingt derni?res ann?es, au Canada.

1. L’affaire Frank Majeau

Durant vingt-cinq ans, Frank Majeau, un ex-propri?taire de club de danseuses nues, et Roch LaSalle, d?put? conservateur de Joliette de 1968 ? 1988, ont ?t? de bons amis. Il arriva que Majeau soit engag? pour jouer les fiers-?-bras lors d’assembl?es partisanes du Parti conservateur. En 1983, Majeau avait ?t? trouv? coupable d’agression arm?e causant des l?sions corporelles suite ? une bagarre dans un bar. La m?me ann?e, Majeau s’associa avec R?al Simard ? un tueur ? gages du clan Cotroni qui deviendra d?lateur apr?s avoir confess? quatre meurtres ? dans une agence de danseuses torontoise du nom de « Prestige Entertainment ».

En janvier 1987, lorsque le magazine Maclean’s r?v?la son pass? judiciaire et ses connexions p?greuses, Majeau travaillait depuis neuf mois comme assistant sp?cial de LaSalle, alors ministre d’?tat aux Travaux publics du gouvernement conservateur de Brian Mulroney. L’affaire devint une source d’embarras pour le gouvernement, car Majeau avait r?ussit ? se soustraire ? la proc?dure de v?rification d’ant?c?dents judiciaires qui est obligatoire pour tout nouveau membre du personnel politique f?d?ral. Majeau fut cong?di? peu de temps apr?s.

On apprit par la suite que Majeau fut aussi associ? ? une affaire de pot-de-vin entourant l’acquisition d’avions d’attaque par Ottawa, en 1979. Majeau avait alors approch? la compagnie McDonnell Douglas afin de lui solliciter un pot-de-vin repr?sentant 15 % de la valeur du contrat, qui s’?levait ? 5,5 milliards $. ? titre de ministre de l’Approvisionnement et des Services dans l ??ph?m?re gouvernement minoritaire de Joe Clark, LaSalle ?tait responsable de l ?achat de ces avions. Aucune accusation n’a toutefois ?t? d?pos?e relativement ? cette affaire.

(Sources : The Toronto Star, « Tory aide fired over criminal background », January 12 1987 ; The Globe and Mail, « Fortune hunt took wrong turn out of St. Louis », Stevie Cameron, November 1 1991 ; CAMERON Stevie, « On the take ? Crime, Corruption and Greed in the Mulroney Years », MacFarlane Walter Ross (1994), p. 109 ? 114.)

2. L’affaire Conrad Bouchard

En janvier 1987, le Journal de Montr?al r?v?la que Conrad Bouchard, un ex-chanteur de cabaret reconverti en narcotrafiquant li? au clan Cotroni, s’?tait vant? aupr?s d ?un de ses cod?tenus que des « pressions politiques » l’aideront ? sortir du p?nitencier, o? il purgeait une peine de cinq ann?es d’emprisonnement pour une affaire de drogue. ? l’?poque, Claude Lanthier, le d?put? conservateur de LaSalle-Ville ?mard, avait d’ailleurs ?crit au ministre f?d?ral de la Justice pour demander la lib?ration de Bouchard.

Conrad Bouchard, qui ?tait repr?sent? par Me Daniel Rock, un avocat tr?s proche des conservateurs, pr?senta une premi?re demande de lib?ration durant le printemps 1985, soit treize jours apr?s la nomination d’un « fervent supporter » du ministre Roch LaSalle, Louis Laporte, ? la Commission nationale des lib?rations conditionnelles (CNLC). Laporte si?gea sur la CNLC lors de deux audiences consacr?es ? la demande de lib?ration de Bouchard.

La premi?re audience permis ? Bouchard de recevoir la permission de sortir de prison sans escorte ? raison de 48 heures par mois. ? la seconde audience, il obtint l’autorisation de s’absenter de jour de la prison. Bouchard fut d?finitivement lib?r? le 2 juin 1986, pour ?tre arr?t? de nouveau quatre mois plus tard, cette fois-ci en rapport avec la saisie de 13 kilos de coca?ne p?ruvienne d’une valeur de 13 millions $. Il fut ensuite condamn? ? vingt-quatre ann?es d ?emprisonnement. La SQ et la GRC enqu?t?rent sur les all?gations de trafic d ?influence ? la CNLC, mais aucune accusation ne sera port?e.

(Sources : Le Journal de Montr?al, « Un avocat conservateur a acc?l?r? la lib?ration de Conrad Bouchard », Michel Auger, 28 janvier 1987 ; The Toronto Star, « Tory didn’t help inmate get parole, official says », January 30 1987 ; The Gazette, « Political ties not a factor in drug trafficker’s parole, lawyer says », January 30 1987.)

3. L’affaire Pari Montanaro

Un nouveau scandale de trafic d ?influence reli? aux lib?rations conditionnelles ?clata sept ans plus tard. Soup?onn? d ??tre ? la t?te d ?un « important r?seau de corruption », l’agent de lib?ration conditionnelle et ex-conseiller municipal de Saint-L?onard Pari Montanaro fut arr?t? en avril 1994 apr?s avoir ?t? pris au pi?ge en acceptant une somme d’argent offerte par un agent en civil de la GRC. Bien qu’il n’avait aucun pouvoir en mati?re de lib?ration conditionnelle, Montanaro demandait de l’argent ? des prisonniers ou ? leur famille en ?change d’une am?lioration de leurs conditions de d?tention ou d’une acc?l?ration du traitement de leur dossier ? la CNLC.

Au cours de son enqu?te sur cette affaire, la GRC s’int?ressa au r?le qu’aurait jou? deux avocats criminalistes de renom et l’ex-d?put?e conservatrice de Mercier, Carole Jacques, ainsi que le principal organisateur politique de celle-ci, Jean-Yves Pantaloni. La GRC d?couvrit notamment que Jacques avait r?f?r? ? Montanaro le dossier d’un important narcotrafiquant proche de la mafia sicilienne, Raynald Desjardins, alors accus? dans une affaire d’importation de 740 kilos de coca?ne au Canada. Richard Blanchette, un ex-avocat condamn? ? trois ans de prison pour avoir conspir? en vue d’importer 64 kilos de coca?ne, aurait ?t? un autre b?n?ficiaire pr?sum? du r?seau.

Toutefois, seuls Montanaro et Bernard Lebel, un criminologue ? l’Institut Pinel, furent formellement accus?s. En mars 1996, Montanaro ?vita un proc?s qui promettait d’?tre embarrassant en plaidant coupable aux accusations de complot et d’abus de confiance port?es contre lui. Montanaro, qui comptait quinze ann?es de service au sein des lib?rations conditionnelles, fut condamn? ? purger trois mois de prison, ? payer une amende de 35 000 $ et ? ex?cuter 90 heures de travaux communautaires.

(Sources : The Gazette, « 2nd official suspended pending probe of corruption at prisons », Rod MacDonell, May 7 1994 ; The Gazette, « Former MP named again in RCMP search warrant », Rod MacDonell, May 14 1994 ; The Gazette, « Parole officer gets three months », Rod MacDonell, March 9 1996.)

4. Les hauts et les bas de Sidney Lallouz

Sidney Lallouz est un narcotrafiquant de calibre international issue de la p?gre juive. Il fut tour ? tour associ? aux fr?res Dubois, ? la mafia sicilienne et au gang de l’Ouest. En 1972, la police de Zurich ?mit un mandat d’arrestation ? l’?gard de Lallouz, qu’elle soup?onnait d ?avoir introduit 31 kilos de haschich en Suisse. Le mandat n’a toutefois jamais ?t? mis ? ex?cution. Arr?t? en 1979 au terme d’une enqu?te conjointe de la GRC et de la police britannique, Lallouz paya cash sa caution de 100 000 $. En 1983, il plaida coupable ? une accusation r?duite d’importation de 700 kilos de haschisch afghan. Lallouz fut alors condamn? ? deux ans et demi de prison et ? 100 000 $ d’amende.

Poss?dant plus d’une corde ? son arc, Lallouz ?tait plus qu’un simple narcotrafiquant. En 1990, le quotidien The Gazette r?v?la que deux soci?t?s para-municipales de la ville de Montr?al (la SIMPA et la SODIM) s’?taient associ?es ? Lallouz dans le cadre de deux projets immobiliers (Quartier des ?cluses et le Parc d ?Entreprises du Canal) d’une valeur combin?e de 1,5 milliard $. Pour ?viter de rembourser des pr?ts immobiliers de plus de 5 millions $, Lallouz s’enfuya du Canada, en 1991, avec en poche les 2 millions $ que la ville lui versa pour racheter ses parts dans le projet de la SODIM.

En 1997, la S?ret? du Qu?bec enqu?tait sur des transactions suspectes effectu?es par la SIMPA une d?cennie plus t?t. Divers promoteurs avaient r?alis?s des profits s’?levant ? 27,7 millions $ lors de la vente d’immeubles dont la valeur aux livres n’?tait plus que de 35 millions $. Toutes ces transactions durent recevoir l’approbation du comit? ex?cutif de la ville de Montr?al, faisant en sorte que les dirigeants du Rassemblement des Citoyens de Montr?al (RCM), au pouvoir entre 1986 ? 1994, furent plong?s dans l’embarras. Le d?c?s de Michel Bergeron et de Jean Des Rosiers, les deux associ?s de Lallouz, ne facilita toutefois pas la tache de la SQ, de m?me que la disparition de certains documents de la ville. Les leaders du RCM furent soup?onn?s d’avoir cherch?s ? enterrer l’affaire, mais l’enqu?te de la SQ n’aboutissa ? aucune accusation.

Lallouz refit parler de lui lors de l’affaire du March? central, un projet immobilier qui se solda par une faillite frauduleuse de 164 millions $, incluant des pertes de plus de 80 millions $ pour les Soeurs du Bon-Pasteur, durant les ann?es ’90. En 2001, Lallouz confessa ? Radio-Canada son implication comme pr?te-nom dans des compagnies ? l’?tranger utilis?es afin de d?tourner l’argent des soeurs, mais ne sera jamais accus?. Devenu d?lateur en ?change d’une sentence de soixante-cinq mois de prison, l’avocat Jean-Pierre Cantin t?moigna contre le promoteur Jean-Alain Bisaillon et le conseiller financier des soeurs, Denis Schmouth. Cantin affirma que des pots-de-vin avaient ?t? vers?s ? des responsables de l’administration Dor? (RCM), puis ? un haut dirigeant du parti Vision Montr?al, pour acc?l?rer un changement de zonage, ce qui a ?t? ni? par toutes les parties concern?es. En 2006, Lallouz fut arr?t? ? la suite de la saisie de 22,5 tonnes de haschisch par la GRC dans l’Atlantique Sud, au large de l’Angola. Il fut condamn? ? six ans et demi de prison apr?s avoir enregistr? un plaidoyer de culpabilit?.

(Sources : The Gazette, « Convicted drug dealer a partner in city land deals », William Marsden, Rod MacDonell, Lewis Harris, July 12 1990 ; The Gazette, « Developer fled $5.1-million debt : bank », William Marsden, November 21 1991 ; La Presse, « La SQ enqu?te sur des transactions faites par une agence de la Ville », Andr? No?l, 8 avril 1997 ; La Presse, « L’administration Dor? a tent? d’?touffer l’affaire du quartier des ?cluses », Andr? No?l, 9 avril 1997 ; La Presse, « Une quinzaine de gangs juifs actifs au Qu?bec », Andr? C?dilot, 28 mai 1997 ; La Presse, « La SQ mettra fin ? son enqu?te sur le Quartier des ?cluses », Andr? No?l, 10 d?cembre 1997 ; La Presse Canadienne, « Jean-Pierre Cantin passe aux aveux quant ? la fraude du March? central », 31 ao?t 2000 ; Le Devoir, « March? central ? Les Soeurs du Bon-Pasteur obtiennent satisfaction », Brian Myles, 27 avril 2001 ; La Presse, « La GRC saisit 22 500 kg de haschisch », Marcel Laroche, 6 juin 2006.)

5. Le cas d’Alfonso Gagliano

D?put? lib?ral du comt? de Saint-L?onard de 1984 ? 2004, Alfonso Gagliano fut sans doute le politicien f?d?ral dont le nom a ?t? associ? le plus souvent ? La Cosa Nostra. ? chaque fois qu’il se retrouva dans l’eau chaude, Gagliano b?n?ficia du soutien ind?fectible de Jean Chr?tien, qui fut premier ministre du Canada de 1993 ? 2003. Ce soutien s’explique par le fait que Gagliano avait ?t? de ceux qui aid?rent Chr?tien ? devenir le chef du Parti lib?ral du Canada (PLC), en 1990. Gagliano fut ensuite le responsable de la lev?e de fonds du PLC lors des ?lections g?n?rales 1993 que remport?rent les lib?raux de Chr?tien. Contre toute attente, Gagliano n’acc?da toutefois pas au cabinet des ministres du gouvernement Chr?tien.

La raison ? Lors d’une enqu?te de s?curit? men? ? son sujet, la GRC d?couvrit ses diverses connexions avec certains personnages du milieu interlope montr?alais, en particulier avec le puissant clan sicilien Caruana-Cuntrera. Publi? en 2001, le livre « Les liens du sang », des journalistes Antonio Nicaso et Lee Lamothe, r?v?la qu’? l’apog?e de sa puissance, le clan Caruana-Cuntrera avait corrompu des hommes politiques au haut plus niveau au Venezuela, au Br?sil, en Italie, dans l’?tat mexicain de Quintana Roo et ? Aruba, dans les Cara?bes. Lorsque le pr?sum? dirigeant du clan au Canada, Alfonso Caruana, fut arr?t? ? Woodbridge (Ontario), en 1998, l’inspecteur Ben Soave de la GRC alla jusqu’? le d?crire comme le Wayne Gretzsky du crime organis?.

Comptable de profession, Gagliano a tenu les livres de deux compagnies appartenant ? Agostino Cuntrera pendant plus d’une quinzaine d ?ann?es. Cuntrera, qui est d?crit comme une « figure dominante » du clan Caruana-Cuntrera, avait ?t? condamn?, en 1978, ? cinq ans de prison apr?s avoir reconnu qu’il avait complot? en vue de tuer Paolo Violi, le parrain de la mafia montr?alaise de l’?poque. En mai 1991, la police de Montr?al perquisitionna le bureau de comptable de Gagliano, alors bas? dans le sous-sol de sa demeure, pour y saisir les ?tats financiers des entreprises de Cuntrera. ? l ??poque, Cuntrera ?tait soup?onn? d’?tre li? ? une s?rie d’attentats contre un restaurant Pizza Hut avec lequel il ?tait en comp?tition. Notons que Gagliano et Cuntrera ont tous deux ?t? pr?sidents ? tour de r?le de l’Association de Siculiana, du nom d’une petite ville sicilienne d’o? sont originaires les deux hommes.

La GRC appris aussi que des op?rations de filature portant sur des individus soup?onn?s de narcotrafic avaient men? des enqu?teurs de la police au domicile de Gagliano ? plus d’une occasion. Par exemple, en juin 1985, Filippo Vaccarello et autre individu avaient ?t? vu par les policiers en train d’entrer chez Gagliano, o? ils rest?rent une vingtaine de minutes. Trois semaines plus tard, Vaccarello ?tait arr?t? en rapport avec la saisie de 59 kilos d’h?ro?ne, ? l’a?roport de Montr?al. Il fut par la suite condamn? ? vingt ans de prison. Puis, ? la fin des ann?es ’80, un d?nomm? Dima Messina, d?crit comme un des « blanchisseurs » du clan Caruana-Cuntrera, avait lui aussi rendu quelques visites au bureau de Gagliano. En 1994, Gagliano admis qu’il avait commis « une erreur de jugement » en omettant de rayer Cuntrera de sa liste de clients, mais affirma par contre qu’il ne connaissait pas Vaccarello, ni Messima.

En 1996, le Journal de Montr?al r?v?la que la GRC mena une nouvelle enqu?te de s?curit? ? l’?gard de Gagliano. ? cette occasion, Gagliano fut confront? ? une photographie de lui qui avait ?t? prise alors qu’il se trouvait devant le caf? Club Social Cosenza, ? St-L?onard, que la police consid?rait ?tre un lieu de fr?quentation des membres de la mafia. Gagliano fut aussi questionn? relativement au fait que le num?ro de t?l?phone de son bureau de d?put? avait ?t? retrouv? parmi les effets personnels d’un ancien r?sident de St-L?onard, Antonio Ezio Salvo, apr?s que celui-ci eut ?t? assassin? d ?un coup de fusil de chasse, en Sicile, en 1991. Li? au clan Caruana-Cuntrera, Salvo vivait au-dessus de ses moyens, tant au Canada qu’en Italie, ce qui avait finit par lui attirer des embrouilles avec Immigration Canada. Pour ?viter la d?portation, Salvo avait sollicit? l’intervention de Gagliano, ce qui n’avait toutefois pas permit d’emp?cher son expulsion du Canada.

Lorsqu’il fut enfin admis au sein du gouvernement Chr?tien, en 1996, Gagliano h?rita du minist?re du Travail. L’ann?e suivante, il fut nomm? ministre des Travaux public, poste qu’il conservera durant plus de quatre ans et demi. Au cours de cette p?riode, le nom de Gagliano fut ? nouveau associ? ? la mafia. En 2001, La Presse r?v?la que le bureau de d?put? de Gagliano ?tait intervenu aupr?s d’Immigration Canada dans le dossier d’une demande de r?sidence permanente faite par Maria Sicurella di Amodeo, l’?pouse de Gaetano Amodeo. D?peint comme un intime du clan Caruana-Cuntrera, Amodeo ?tait un fugitif sicilien qui ?tait recherch? pour meurtre par les autorit?s de deux pays europ?ens. Lorsque Mme Sicurella obtint le statut de r?sidente permanente, elle parraina une demande de r?sidence permanente pour son mari en cavale, qui vivait suppos?ment secr?tement ? Montr?al depuis quatre ans. Lorsque l’affaire Amodeo ?clata, Gagliano reconnu qu’une de ses employ?es avait « effectu? le suivi administratif normal afin d’apporter des r?ponses ? Mme Sicurella ». Arr?t? par la GRC, Amodeo consentit ? son extradition en Italie, o? il fut condamn? ? l’emprisonnement ? vie.

En mars 2004, Gagliano fut ? nouveau embarrass? lorsque La Presse r?v?la qu’il s’?tait associ? ? la compagnie de publicit? P.R. M?dia, qui ?tait dirig?e par un ancien prox?n?te et financ?e par un usurier li? aux Hells Angels. Les camions de P.R. M?dia avaient sillonn? les villes qu?b?coises en arborant les couleurs lib?rales avec le slogan « Je vote lib?ral » lors des ?lections g?n?rales de novembre 2000 lors desquelles Gagliano agissait comme organisateur en chef du PLC au Qu?bec. Gagliano n’avait d’ailleurs pas h?sit? ? se laisser photographier devant un des camions de P.R. M?dia lors d’un rassemblement ?lectoral ? son bureau de d?put?. Quelques mois plus t?t, le directeur g?n?ral de P.R. M?dia, Pierre Gagnon, avait plaid? coupable ? des accusations de prox?n?tisme. L’?tat qu?b?cois avait saisit ses biens, incluant deux automobiles Jaguar et un bateau de 28 pieds. Quant au financier de P.R. M?dia, il s’agissait de Robert Baillargeon, qui poss?dait des ant?c?dents judiciaires en mati?re d’extorsion.

Mais le « meilleur » restait encore ? venir. En novembre 2004, le New York Daily News cita un rapport du FBI rapportant que Frank Lino, un ancien ca?d mafieux new-yorkais devenu d?lateur, avait all?gu? que Gagliano aurait ?t? un « soldat de longue date de la famille Bonanno ». Lino, qui s’avoua coupable de six meurtres, affirma en effet au FBI qu’il avait rencontr? Gagliano lors d’une r?union secr?te r?serv?e exclusivement aux membres en r?gle de La Cosa Nostra qui s’?tait tenue ? Montr?al, en 1992. Le rapport mentionnait aussi que Joe LoPresti, un membre r?put? de la p?gre locale qui fut abattu d’une balle dans la t?te la m?me ann?e, aurait affirm? que la mafia montr?alaise jouissait de « vastes relations, incluant Gagliano, un politicien ». ? la Chambre des communes, les conservateurs voulurent embarrasser les lib?raux en reprenant ces all?gations lors de la p?riode des questions. De son c?t?, Gagliano nia tout, mais ajouta qu’il avait peut-?tre rencontr? des membres de la mafia ? son insu.

Au moment o? cette controverse ?clata, Gagliano ?tait d?j? sur la sellette pour son r?le dans le scandale des commandites. C’est en effet au cours des quatre ann?es et demi o? Gagliano fut responsable du programme des commandites, ? titre de ministre aux Travaux publics, que des agences de publicit? proches du PLC purent empocher pas moins de 147 millions $ sur les 332 millions $ consacr?es ? promouvoir la « visibilit? canadienne au Qu?bec ». ? la suite du rapport Gomery, Gagliano fut exclu du PLC par le successeur de Chr?tien, Paul Martin. En 2005, Gagliano devint l’organisateur officiel au Canada d’un parti italien, l’Union des d?mocrates chr?tiens (UDC), durant les ?lections italiennes lors desquelles les membres de la dispora italienne, incluant les italo-canadiens, ont le droit de vote. Notons que l’UDC est l’h?ritier du Parti d?mocrate-chr?tien, ce m?me parti infiltr? par la mafia que les analystes policiers qu?b?cois mentionnaient avec appr?hension dans le rapport « Le crime organis? menace la d?mocratie au Canada »…

(Sources : The Windsor Star, « Police arrest alleged Mafia kingpin », Richard Brennan, July 16 1998 ; La Presse, « Le d?put? de St-L?onard entretient des relations avec un ca?d de la mafia », Andr? C?dilot et Andr? No?l, 26 avril 1994 ; La Presse, « Le d?put? de St-L?onard admet avoir commis une « erreur de jugement » », Philippe Dubuisson, 27 avril 1994 ; Journal de Montr?al, « Avant qu ?il ne devienne ministre du Travail ? La police a interrog? Gagliano », Michel Auger, 5 juin 1996 ; La Presse, « Gagliano s’est enquis du dossier Amodeo », Andr? C?dilot et Andr? No?l, 23 f?vrier 2001 ; La Presse, « Le ministre Gagliano nie ? L’opposition demande une enqu?te », Gilles Toupin, 24 f?vrier 2001 ; La Presse, « Publicit? tapageuse ? Un proche des Hells et un prox?n?te ont particip? ? la campagne d’Alfonso Gagliano », Andr? No?l, 27 mars 2004 ; La Presse, « Le Daily News all?gue qu’il ?tait en cheville avec la mafia de New York ? Gagliano nie tout », Jo?l-Denis Bellavance, Andr? C?dilot et Judith Lachapelle, 19 novembre 2004 ; The Globe and Mail, « Revelations expose Mafia family turmoil », Tu Than Ha and Shwan McCarthy, November 19 2004 ; La Presse Canadienne, « Gagliano dit qu’il aurait pu rencontrer des mafieux, mais sans le savoir », Jim Brown, 21 novembre 2004 ; La Presse, « Gagliano fait un retour en politique », 13 octobre 2005, p. A11.)

6. Le fric g?nant de Joseph Sigalov

En 1997, le Parti lib?ral du Canada cherchait un moyen de se d?barrasser des contributions financi?res que lui avait vers? Joseph Sigalov, un homme d’affaires torontois li? ? la mafiya russe (aussi appel?e « mafia rouge »). Selon le FBI, Sigalov trempait dans le narcotrafic, la vente d’arme et l’extorsion et agissait ? titre de lieutenant canadien de Vyacheslav Ivankov, dit Iapontchik. Surnomm? le « Parrain rouge », Ivankov est un vory v zakone (litt?ralement, « voleur dans le code ») d?crit par les autorit?s am?ricaines comme ?tant le plus puissant ca?d du crime organis? russe aux ?tats-Unis. L’?coute ?lectronique des conversations t?l?phoniques de Sigalov r?v?la que le torontois ?tait en contact avec plusieurs des gros noms de la mafiya russe, incluant Ivankov. En 1995, Sigalov participa m?me ? un « sommet » du crime organis? russe dans un h?tel de Porto Rico.

Lors des ?lections g?n?rales de 1993, Sigalov avait vers? des contributions totalisant 33 000$ ? quatre candidats lib?raux, dont deux qui devinrent ministre au sein du gouvernement Chr?tien. Le futur ministre des Finances Paul Martin re?ut 10 000 $, le ministre, tandis que l’ex-maire de Toronto qui allait ?tre nomm? ministre de la D?fense, Art Eggleton, b?n?ficia d’un don de 5000 $. Deux autres candidats qui se firent ?lire ? Toronto, soit Maurizio Bevilacqua et Jean Augustine, re?urent respectivement 10 000 $ et 8000 $. Le g?n?rateur donateur d?c?da d’une tumeur au cerveau en 1996. Ne sachant pas trop comment disposer de ces sommes d’argent embarrassantes dont les lib?raux ne voulaient plus, l’avocat du parti d?posa les dons dans un compte « in trust ». Par la suite, la veuve de Sigalov intenta une action en justice contre les quatre politiciens pour r?cup?rer le magot.

Publi? en 2000, le livre « Red Mafiya : How the Russian Mob Has Invaded America » du journaliste am?ricain Robert Friedman r?v?la que l’ex-ministre lib?ral Robert Kaplan avait travaill? pour Sigalov ? titre de conseiller d’affaires. Kaplan fut d?put? f?d?ral de Don Valley (Toronto), de 1968 ? 1972, puis de York Centre (Toronto) de 1974 ? 1993. En 1980, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau le nomma solliciteur g?n?ral du Canada, c’est-?-dire ministre responsable de la GRC, des services secrets et des prisons, un poste qu’il occupa jusqu’en 1984. Kaplan affirma qu’il ignorait tout de l’implication de Sigalov dans le crime organis? russe, et mit m?me en doute la v?racit? des all?gations port?es ? l’endroit de son ancien client.

(Sources : Toronto Star, « Is this face of Russian crime ? ? Lawyer, wife deny Metro man is a big-time mobster », Dale Brazao and Moira Welsh, July 10, 1996 ; Le Soleil, « ? donner : cadeau g?nant ? La caisse de Paul Martin et Art Eggleton aliment?e par la mafia russe am?ricaine », 7 juillet 1997, p. A8 ; The Ottawa Citizen, « Former minister worked for alleged gangster : Robert Kaplan says he knew nothing of Russian mob ties », Ian MacLeod, May 8 2000 ; The Ottawa Citizen, « Alleged gangster’s widow wants money back from Mps : Prominent Liberals put funds in trust when they learned donor was mob suspect », Ian MacLeod, May 9, 2000.)

7. L’affaire YBM Magnex

En novembre 1999, l’ex-politicien lib?ral David Peterson fut tra?n? devant la Commission des valeurs immobili?res de l’Ontario (CVMO) en compagnie de neuf autres personnes et deux firmes de courtage pour leur r?le dans l’affaire YBM Magnex. Peterson, qui avait ?t? premier ministre de l’Ontario de 1985 ? 1990, et ses co-accus?s se voy?rent reproch?s d’avoir dissimul?s des renseignements d’une importance cruciale aux actionnaires de YBM Magnex. En 1997, YBM Magnex figurait sur l’indice TSE 300, soit le palmar?s des trois cents plus importantes entreprises inscrites ? la Bourse de Toronto. En devenant un de ses directeurs, Peterson contribua certainement ? accro?tre l’attrait de YBM Magnex aupr?s des investisseurs ? la recherche d’une bonne affaire.

Or, pendant que les actions de YBM Magnex s’?changeaient f?brilement sur les march?s financiers canadiens, la compagnie ?tait dans le collimateur du FBI aux ?tats-Unis. L’enqu?te am?ricaine r?v?la que la mission officielle de YBM Magnex, soit la fabrication et la distribution d’aimants industriels, n’?tait en fait qu’une vulgaire fa?ade lui permettant de faciliter la v?ritable raison d’?tre de l’entreprise, soit le blanchiment d’argent pour le compte du crime organis? russe. Ainsi, l’homme derri?re YBM Magnex ?tait nul autre que le sinistre Semion Mogilevitch, un puissant ca?d de la mafiya russe qu’un journaliste am?ricain avait d?j? d?crit comme ?tant le « gangster le plus dangereux au monde ».

En 1998, lorsque la v?rit? ?clata sur YBM Magnex, la valeur de ses actions fut r?duite ? n?ant. Les investisseurs avaient engloutis quelque 635 millions $ dans YBM Magnex, ce qui en fit un des plus importants scandales financiers de l’histoire canadienne. En 2003, la CVMO banissa la moiti? des dix anciens directeurs de YBM Magnex des conseils d’administration d’entreprises canadiennes pour diverses p?riodes, dans certains cas ? vie. La CMVO imposa ?galement des amendes totalisant 1,3 millions $. La CVMO ?pargna toutefois Peterson, bien qu’elle le critiqua pour son manque « de perspicacit? et de leadership » dans cette affaire.

(Sources : The Village Voice, « The Most Dangerous Mobster in the World », Robert I. Friedman, May 20 – 26, 1998 ; Les Affaires, « Les le?ons ? tirer de la d?confiture de YBM Magnex », Dominique Beauchamp, 30 mai 1998 ; La Presse, « Scandale YBM Magnex ? La Financi?re BN paye pour ses pr?d?cesseurs », R?jean Bourdeau, 3 juillet 2003.)

8. L’affaire Glen Clark

En 1999, le premier ministre n?o-d?mocrate de Colombie-Britannique Glen Clark d?t d?missionner lorsqu’il fut r?v?l? que la GRC enqu?tait sur le r?le qu’il joua dans l’autorisation de principe qui avait ?t? accord? ? un projet de casino ? l’h?tel North Burnaby, malgr? les objections du conseil de ville de Burnaby. L’un des demandeurs dans ce projet ?tait le voisin de Glen Clark, Dimitrios Pilarinos, qui ?tait d?j? sous enqu?te ? l’?poque relativement ? une affaire de maison de jeu ill?gale. Pilarinos avait fait construire un balcon d’une valeur de 10 000 $ au deuxi?me ?tage de la maison de Clark, ? Vancouver, quelques mois avant de recevoir une r?ponse positive du gouvernement n?o-d?mocrate au sujet de son projet de casino. En 2000, Clark fut inculp? d’accusations criminelles de bris de confiance et de fraude aux d?pens du gouvernement. Pilarinos d?t quant ? lui r?pondre de neuf accusations, notamment d’avoir offert ? Clark une part ou des int?r?ts de 15 % sur les revenus du casino, en ?change du permis d’exploitation de la maison de jeu.

L’enqu?te dans cette affaire avait d?but?e apr?s que la GRC soit alert?e par un fonctionnaire de Revenu Canada, Dimitri Vrahnos, qui craignait que le projet de casino ne soit li? au crime organis?. Le partenaire de Pilarinos dans le projet, Steve Ng, ?tait le propri?taire du North Burnaby et d?tenait des parts dans le club Number 5 Orange et l’h?tel Marble Arch, qui furent au centre du Projet Nova, une des plus importantes enqu?te anti-drogue de l’histoire de la Colombie-Britannique. En 2001, deux membres des Hells Angels furent trouv?s coupables de s’?tre livr?s ? la vente de drogue ? l’int?rieur de ces deux endroits. Les Hells ?taient aussi responsables du booking de danseuses nues au Marble Arch. Ng fut ?galement l’un des premiers actionnaires de Starnet Communications International, un site Internet pornographique qui diffusait des spectacles de strip-tease se produisant ? l’h?tel North Burnaby, et qui dirigeait plusieurs sites web de jeu de hasard.

C’est la controverse soulev?e par le r?le du leader n?o-d?mocrate dans cette affaire qui eut finalement raison du projet de casino. En 2002, Clark fut acquitt? apr?s un long proc?s, bien que le tribunal critiqua son « manque de jugement ». Pilarinos fut quant ? lui d?clar? coupable de six des neufs accusations port?es contre lui. L’affaire connut un nouveau rebondissement peu apr?s lorsque le commissaire ? l’?thique de Colombie-Britannique critiqua la conduite de Clark en disant qu’il avait exerc? « des pouvoirs officiels alors qu’il y avait apparence de conflits d’int?r?ts », et qu’il avait accept? « un avantage personnel directement ou indirectement li? » ? ses fonctions officielles. En 2006, la maison de Vrahnos fut s?rieusement endommag?e par un incendie criminel. Vrahnos s’est dit convaincu que l’incendie constituait un acte de repr?sailles pour son r?le de d?nonciateur dans l’affaire. Cette hypoth?se ?tait soutenue par le fait qu’il avait d?j? re?ut des menaces de la part de certains membres de la communaut? grecque de Vancouver par le pass?.

(Sources : La Presse, « Un ministre se porte ? la rescousse de Glen Clark », 5 mars 1999, p. A16 ; The Province, « Inn has links to cybersex, Web gambling », Barbara McLintock and Greg Middleton, March 7 1999 ; The National Post, « B.C. court to hear why search warrants should remain sealed », Mark Hume, March 15 1999 ; The Vancouver Sun, « Many Hells Angels charges stayed », Mike Howell, January 31 2001, p. B3 ; La Presse Canadienne, « Dimitri Vrahnos craignait que les criminels infiltrent l’industrie du jeu », Dene Moore, 28 f?vrier 2002 ; La Presse Canadienne, « Clark est reconnu non coupable de toutes les accusations pesant contre lui », Dene Moore, 29 ao?t 2002 ; La Presse Canadienne, « Blanchi en cour, l’ex-premier ministre Glen Clark est bl?m? dans un rapport », 19 novembre 2002 ; The Vancouver Sun, « Whistleblower’s home torched », Neal Hall, February 11 2006.)

9. L’affaire ?ric Doiron

En 2002, un membre bien vue du Barreau de Moncton, Me ?ric Doiron, fut accus? d’entrave ? l’administration de la justice et de blanchiment d’argent. Doiron ?tait un proche collaborateur et un ami personnel de longue date du premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, qui dirigea la province de 1999 ? 2006. Doiron avait ?t? l’agent officiel du candidat Lord lors de l’?lection partielle de 1998 ainsi qu’aux ?lections g?n?rales de 1999, en plus d’agir ? titre de repr?sentant officiel de l’association conservatrice de Moncton-Est. Doiron versa ?galement plus de 2500 $ au parti de Bernard Lord. Apr?s l’arriv?e au pouvoir des conservateurs, Doiron fut nomm? vice-pr?sident de la Commission provinciale d’appel en mati?re d’urbanisme et des commissions r?gionales de r?vision des ?valuations.

Les accusations port?es contre Doiron d?coulaient de l’incendie criminel du Goodfella’s Pub, en 2000, qui avait caus? des dommages ?valu?s ? 5 millions $ et avait laiss? un trou b?ant au centre-ville de Moncton. ?ric Lefebvre, un membre des Damners de Qu?bec, un club-?cole des Hells Angels, avait admis ?tre celui qui avait mit le feu ? la place. Or, l’avocat Doiron avait ensuite offert 35 000 $ ? Lefebvre pour qu’il retire son plaidoyer de culpabilit? et qu’il refuse de t?moigner contre son client, le propri?taire du Goodfella’s Pub, Jeff Cormier, un narcotrafiquant bien connut qui ?tait alors en attente de proc?s. La discussion entre Doiron et Lefebvre avait toutefois ?t? enregistr?e ? leur insu. En 2003, un jury trouva Doiron coupable d’avoir entrav? la justice. Condamn? ? trois ans de prison, Doiron fut lib?r? en attente de son appel.

Doiron contesta le mode de s?lection des jur?s, et obtint l’annulation du verdict et la tenue d’un nouveau proc?s, en 2005. Entre-temps, Doiron fut acquitt? des cinq accusations de blanchiment d’argent et de possession de produits de la criminalit? qui pesaient contre lui. Le tribunal en ?tait arriv? ? ce verdict apr?s avoir ?cart? deux conversations incriminantes entre Doiron et Lefebvre. Lors de son deuxi?me proc?s pour entrave ? l’administration de la justice, Lefebvre refusa de t?moigner contre Doiron, en se plaignant que la GRC n’avait pas respect? sa parole de le prot?ger, lui et sa famille. Apr?s six heures de d?lib?rations, le jury trouva Doiron ? nouveau coupable d’entrave. L’ex-avocat porta encore une fois sa cause en appel, mais ne parvint pas ? obtenir gain de cause. En 2007, Doiron commen?a ? purger sa sentence, qui s’?levait d?sormais ? quatre ans et demi d’emprisonnement.

(Sources : L’Acadie Nouvelle, « Me ?ric Doiron ?tait un proche collaborateur de Bernard Lord », Philippe Ricard, 2 mai 2002 ; L’Acadie Nouvelle, « Des conversations enregistr?es incrimineraient ?ric Doiron », Steve Hachey, 24 septembre 2003, p. 5 ; L’Acadie Nouvelle, « Le jury trouve ?ric Doiron coupable de tentative d’entrave ? la justice », Steve Hachey, 3 octobre 2003 ; L’Acadie Nouvelle, « ?ric Lefebvre ne t?moignera plus contre ?ric Doiron », Steve Hachey, 27 janvier 2005 ; L’Acadie Nouvelle, « ?ric Doiron commence ? purger sa peine », 2 juin 2007, p. 7.)

10. L’affaire David Basi

? la fin de l’ann?e 2003, une vaste enqu?te polici?re baptis?e « Project Everywhichway » portant sur le narcotrafic, le blanchiment d’argent et la corruption polici?re et politique mena la GRC ? perquisitionner le parlement de Colombie-Britannique. Au cours d’une conf?rence de presse qui suivit peu apr?s, le chef de police de Victoria d?clara que cette perquisition spectaculaire ?tait li?e au d?mant?lement d’un r?seau de contrebande de drogue qui ?coulait de la marijuana de Colombie-Britannique aux ?tats-Unis en ?change de coca?ne, qui elle ?tait revendue au Canada. Par la suite, la GRC proc?da ? la saisie d’une plantation de marijuana sur une propri?t? de Shawnigan Lake appartenant ? David Basi, qui ?tait l’assistant du ministre des Finances de Colombie-Britannique, Gary Collins. ? ce moment-l?, le cong?diement de Basi avait d?j? ?t? annonc? par le gouvernement lib?ral de Gordon Campbell.

Organisateur politique redoutable, Basi ?tait actif tant sur la sc?ne provinciale que f?d?rale. Il fit sa marque de commerce en dirigeant une ?quipe de militants lib?raux aguerris, surnomm?e les « Basi’s Boys », qui ?tait sp?cialis?e dans les op?rations de recrutement massif et le « paquetage d ?assembl?es » en vue de prendre le contr?le d’associations lib?rales de comt?. Les « Basi’s Boys » avaient jou?s un r?le fort actif dans la campagne de Paul Martin pour la chefferie du Parti lib?ral. Durant cette course, les partisans de Martin r?ussirent ? prendre le contr?le de trente-trois des trente-quatre associations lib?rales de comt? de la province. Par ailleurs, la section provinciale du PLC ?tait pass?e de 4000 ? 37 000 membres en seulement dix-huit mois. Cependant, ce succ?s en laissa plusieurs perplexes, car une partie de ces nouveaux membres n’existaient que sur papier.

Apr?s les perquisitions au parlement, certains commentateurs politiques, et m?me quelques v?t?rans lib?raux, se demand?rent ouvertement d’o? avaient pu venir les fonds qui servirent ? financer la campagne de Martin, qui venait alors de devenir le premier ministre du Canada. Si leurs questions rest?rent sans r?ponse, les d?veloppements entourant le Projet Everywhichway aliment?rent les soup?ons que l’argent du narcotrafic pourrait avoir jou? un r?le dans la conqu?te de la Colombie-Britannique par les partisans de Martin. En 2004, Basi fut inculp? de possession et de production de marijuana en vue d’en faire le trafic. Mandeep Sandhu, un proche de Basi, fut accus? de conspiration pour faire le trafic de marijuana. Sandhu avait bri?vement si?g? sur l’ex?cutif de l’association lib?rale du comt? d’Esquimalt-Juan de la Fuca avant d’en ?tre expuls? pour cause de membership au NPD f?d?ral. Un an plus tard, la couronne abandonna discr?tement les accusations contre Basi et Sandhu, sans fournir la moindre explication.

(Sources : Victoria News, « Criminal Probe Target Liberal Staffers », December 31 2003 ; The Times Colonist, « Liberals will have to wear fallout from raids », Jody Paterson, January 9 2004 ; The Vancouver Sun, « Race-based membership drives could haunt next PM, group warns », August 13 2003 ; The Vancouver Sun, « Police raided grow-op on Basi’s property », Lori Culbert, January 12 2004 ; The Globe and Mail, « Tangled police investigation rattles B.C.’s liberal party », January 12 2004 ; The Province, « Liberal official : Who paid for memberships ? », Steve Berry, Adrienne Tanner and Keith Fraser, Janunary 8 2004 ; The Vancouver Sun, « Minister’s assistant, 7 others charged with drug offences », Neal Hall and Chad Skelton, September 16 2004 ; The Globe and Mail, « Crown drops marijuana charges against ex-aide Basi », Rod Mickleburgh, June 30 2005.)

11. L’affaire GSI Technologies

Le 12 septembre 2005, le d?put? v?t?ran du Parti qu?b?cois Andr? Boulerice annon?a brusquement son retrait de la vie politique apr?s avoir repr?sent? le comt? montr?alais de Sainte-Marie-Saint-Jacques au cours des vingt derni?res ann?es. Sa d?cision pris tout le monde par surprise, y compris les membres de son ?quipe. Le « hasard » voulut que Boulerice avait ?t? rencontr? par la journaliste Solveig Miller le 8 septembre, soit six jours avant l’annonce de sa d?mission. Mme Miller pr?parait alors un reportage portant sur le blanchiment de l’argent sale des Hells Angels, qui sera diffus? ? l’?mission Zone Libre de Radio-Canada, le 7 octobre suivant.

Le reportage porta principalement sur l’entreprise multim?dia GSI Technologies, qui avait ?t? fond?e en 1998 par Gilles « Trooper » Mathieu, un des leaders des Hells Angels qui purge pr?sentement une peine de vingt ans de prison pour complot de meurtre, trafic de drogue et gangst?risme. GSI Technologies b?n?ficia du soutien enthousiaste de Boulerice, qui recommanda l’entreprise ? des ministres du gouvernement p?quiste. Boulerice alla jusqu’? accompagner les repr?sentants de GSI lors de voyages promotionnels en Europe et en Afrique du nord. GSI, qui profita de cr?dits d’imp?ts de 700 000 $, ?tait si satisfaite des services de Boulerice qu’elle lui proposa m?me de quitter son si?ge de d?put? pour occuper le poste de directeur des relations publiques. Boulerice d?clina l’offre apr?s consultation aupr?s d’un fonctionnaire haut plac?, qui lui conseilla de garder « un bras de distance » avec GSI.

GSI Technologies connut une croissance fulgurante. L’entreprise multiplia les acquisitions de filiales, pris de l’expansion en Europe, et vit sa valeur atteindre des sommets ? la bourse. En 2000, la filiale am?ricaine de GSI s’associa avec Canada Payphone Corporation, une compagnie de Colombie-Britannique qui ?tait dirig?e par Bruce Clark. Membre influent du PLC, Clark devint ensuite le directeur de la lev?e de fonds pour la campagne au leadership de Paul Martin en Colombie-Britannique. Soup?onnant GSI de servir de fa?ade pour le blanchiment d’argent sale, les policiers perquisitionn?rent ses bureaux lors de l’op?ration Printemps 2001 qui avait donn? lieu ? l’arrestation de 122 individus li?s au milieu des motards criminalis?s. Mais les policiers arriv?rent trop tard, l’entreprise ?tait d?j? en train de faire faillite. Les petits investisseurs qui achet?rent des actions de GSI perdirent quelques cinq millions $. L’enqu?te polici?re sur GSI ne d?boucha sur aucune accusation.

(Sources ; ?chos, « Le d?put? Andr? Boulerice quitte la vie politique », Denise Di Candido, Octobre 2005 ; Zone Libre, « O? est all? l’argent des Hell’s Angels ? », 7 octobre 2005 ; « Canada Payphone Corp. – GSI Technology USA Inc. Joint Venture to Boost Ad Revenue », October 3, 2000.)

12. Les remous de l’« Op?ration Fusion »

En 2006, diff?rents corps policiers d?mantel?rent un r?seau d’importation et de distribution de coca?ne dirig? par un membre du chapitre des Hells Angels de Trois-Rivi?res. L’enqu?te polici?re, baptis?e « Op?ration Fusion », donna lieu ? la saisie de 428 kilos de coca?ne et de plusieurs armes ? feu, ainsi qu’? des arrestations au Qu?bec, en Ontario et en R?publique Dominicaine. Parmi les personnes arr?t?es, on retrouvait Tommy Nittolo, un homme d’affaires de Beauport proche des milieux politiques, impliqu? dans l’industrie du spectacle et du divertissement… ainsi que dans l’import-export.

Notons qu’? l’heure actuelle, Nittolo n’a toujours pas subi son proc?s, lors duquel il devra r?pondre d’accusations de complot en vue d’importer des stup?fiants, d’importation ill?gale de stup?fiants et d’importation de stup?fiants sous la direction d’une organisation criminelle. L’arrestation de Nittolo cr?a des remous jusqu’? l’h?tel de Ville de Qu?bec. La veille de la rafle polici?re, l’administration municipale de la d?funte mairesse Andr?e Boucher avait autoris? Nittolo ? aller de l’avant avec un important projet immobilier dans Beauport impliquant la vente de vingt-six terrains et la construction d’une trentaine d’habitations unifamiliales.

Nittolo avait lui-m?me tent? sa chance en politique en se pr?sentant dans Limoilou sous la banni?re du Parti progressiste conservateur du Qu?bec lors des ?lections g?n?rales provinciales de 1985. Selon le site Internet du Directeur g?n?ral des ?lections, Nittolo versa plus de 2300 $ ? la caisse ?lectorale du Parti lib?ral du Qu?bec, en 2003. L’ann?e suivante, le Bloc qu?b?cois l’honorait lors d’une soir?e ? 150 $ le billet sous le th?me « hommage aux b?tisseurs » de la r?gion. En 2005, Nittolo appuya le candidat du Renouveau municipal ? la mairie de Qu?bec, Claude Larose. Au moment de son arrestation, Nittolo occupait le poste de repr?sentant des membres associ?s du mess des officiers de la Citadelle de Qu?bec.

(Sources : Le Soleil, « Projet Fusion ? Un des suspects ?tait candidat aux ?lections provinciales de 1985 », ?lisabeth Fleury, 12 mai 2006 ; Le Soleil, « Feu vert de la ville ? Nittolo », Isabelle Mathieu, 16 mai 2006 ; Le Soleil, « Nittolo, un b?tisseur… », Raymond Giroux, 18 mai 2006.)

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    Bureau des affaires louches

    PRÉCISIONS : au moment où l’article ci-haut a été envoyé à Centpapiers (vendredi matin), le Bureau des affaires louches (BAL) ne croyait pas que les médias auraient d’autres révélations à faire concernant l’affaire Julie Couillard, qui était déjà en train de disparaître peu à peu de l’actualité à ce moment-là. Après tout, certains journalistes enquêtait là-dessus depuis déjà plusieurs semaines au moment où l’affaire éclata au grand jour. Or, La Presse révélait dans son édition de vendredi dernier, soit la même journée, que les liens de l’ex-copine du ministre Bernier avec le crime organisé remontait à une période aussi récente que 2005, ce qui apportait un éclairage nouveau à la controverse : http://www.cyberpresse.ca/article/20080516/CPACTUALITES/805160884/1019/CPACTUALITES/ ?utm_source=Fils&utm_medium=RSS&utm_campaig

    Puis le lendemain, un article du Devoir, qui est malheureusement seulement accessible à ses abonnés sur son site web, révélait que le premier ministre Harper avait convoqué le ministre Maxime Bernier à son bureau, en octobre dernier, pour discuter, entre autres choses, de sa copine Couillard, ce qui contredit évidemment la ligne officielle que tient le gouvernement conservateur depuis le début de cette affaire, à savoir que cette histoire ne regarde que Maxime Bernier et personne d’autres. Toujours selon l’article du Devoir, Julie Couillard se serait montrée de plus en plus envahissante dans la vie professionnelle de son petit ami Maxime Bernier, ce qui aurait irrité certaines personnes au sein du gouvernement conservateur. Couillard aurait ainsi cherché à faire modifier le discours prononcé par le ministre Bernier aux Nations Unies en plus d’essayer de lui faire faire des entrevues médiatiques non prévues.

    Le BAL estime que ces nouveaux éléments donnent une toute nouvelle dimension à l’affaire Julie Couillard. Au cours des prochains jours, le BAL modifiera en conséquence l’article qu’il a publié sur son site web concernant cette affaire.

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    À l’auteur ou l’équipe: je recherche collaborateur(trice) pour écrire et completer a se sujet. Documents disponibles
    merci

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    Mercredi 19 octobre, le juge Jean Sirois aurait finalement autorisé un mandat d’arrestation international contre Malek Chamas alias Michael Chamas