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Quand le Mexique donnait un coup de main à la CIA, ou l’histoire du satellite « emprunté » (4)

Les américains et la CIA ont longtemps cherché à savoir quels étaient le lanceur ou les lanceurs des premiers satellites russes, on l’a vu dans les épisodes précédents.  Pour être honnête, il faut préciser qu’ils n’ont pas été aidés par les soviétiques, rompus à la manipulation des masses, avec leurs photos retouchées et leurs croquis d’engins inventés.  La découverte de la Semiorka sera une longue quête semée d’embûches, comme on va le rappeler ici-même.  Pendant 10 ans, on ne verra aucun cliché de cette fameuse fusée, dont la descendante directe fournit toujours l’accès, aujourd’hui, à l’ISS… plus de 50 ans après son premier vol !

Le 15 mai 1960, les efforts américains pour découvrir les secrets des lancements russes auraient pu être récompensés… par le hasard.  Ce jour-là, le 15 mai 1960, un pré-modèle de leur futur vaisseau Vostok, destiné à emporter un cosmonaute, est lancé de Baïkonour.  Appelé Sputnik IV par les russes, il est beaucoup plus imposant encore que ce qui a précédé, à croire que les russes sont insatiables.  Manque de chance, envoyé trop haut, l’engin rate son retour sur terre quatre jours plus tard, et se met en orbite autour de la Terre.  Le hasard aurait voulu qu’il retombât en plein milieu des USA, intact.  Ça, c’eût été la chance ultime pour en savoir davantage.  C’est ce qu’il fera… mais deux ans plus tard, le 5 septembre 1962, en tombant au beau milieu d’une rue, à Maniwotoc, dans le Wisconsin.  Enfin ce qui restait de l’engin, complètement calciné par sa rentrée dans l’atmosphère.  Soit fort peu de chose (montré ici à droite) !!! Préfiguration du Vostok, véhicule emportant un cosmonaute, l’engin aurait contenu un mannequin, surnommé « Ivan Ivanovitch » par les russes, qui le montreront un peu plus tard récupéré lors d’autres essais.  Bien entendu, le phénomène, et d’autres lancements, sera pendant des années l’objet d’une légende urbaine, celle du « cosmonaute mort avant Gagarine« , que certains transformeront même en fils du constructeur d’avion Sergueï Iliouchine, à savoir de Vladimir Iliouchine, avec une histoire fort complexe dans laquelle blessé, il aurait atterri en Chine (en fait blessé à la jambe dans un accident de voiture, et n’ayant jamais été cosmonaute, il était parti effectivement se faire soigner en Chine !) !!!  On finira par trouver l’origine de la rumeur, un texte de Dennis Ogden, correspondant et traducteur du journal communiste The Daily Worker, rédigée le  L’embarras créé par son texte l’avait fait rappeler à Londres, où il devint rédacteur d’une nouvelle revue.  Dommage pour le « Sputnik IV », car les américains auraient enfin appris des choses sur ce Vostok, dont les russes, adroitement, n’avaient encore une fois montré que la coiffe le recouvrant, donnant cette fois encore le diamètre du dernier étage de leur fusée, le même que celui des sondes Lunik-Luna (le troisième étage était aussi visible, séparé par un espace somme qui était en fait l’anneau de séparation de l’étage et du Vostok).  Mais pas le reste de l’engin !  La façon d’orienter la coiffe évitait aussi de révéler la trappe d’éjection du siège du cosmonaute, restée constamment ouverte durant le vol (voir ici à gauche).  En début de chapitre, la surprenante une de la Pravda annonçant le vol de Gagarine : on notera le visage difficilement reconnaissable et le vaisseau spatial montré qui n’a rien à voir avec celui envoyé dans l’espace !!!  D’emblée, les russes cherchaient à désinformer !!!  On notera aussi l’incroyable rapidité avec laquelle en 4 véhicules spatiaux seulement les russes étaient passé d’une sphère de 83 kg à une cabine complète de plus de 4 tonnes avec un homme à l’intérieur, en dix vols seulement (Spoutnik 9 et 10 étant les vols de qualification en mars 1961 de celui de Gagarine du 12 avril) !

Mécanique Populaire à la rescousse

Il faut attendre avril 1963 (et mai en France) pour qu’on en sache un peu plus. Ça figure dans Popular Mechanics, devenu « Mécanique Populaire »en France, qui paraît toujours avec un mois de décalage, le temps de traduire les textes.  J’achète à 12 ans l’exemplaire N°204, portant une montgolfière individuelle en couverture, le nouveau « sport » américain.  En page 19 une photo de la même coiffe (ci-dessus à droite)… visiblement passée entre les mains des retoucheurs russes : la partie sombre séparant le 3eme étage du vaisseau Vostok a été… passée au blanc et l’engin nettement raccourci !!!  Difficile avec ça de se faire une idée de ce qui se cache sous cette coiffe, dont on a omis de présenter la trappe d’éjection du siège éjectable du Vostok; laissée béante durant le vol !!! L’article est réalisé par un groupe dirigé par Donald J.Ritchie qui se présente comme « expert » en décryptage de messages sonores, de calculs mathématiques ou d’éléments photographiques, pour tenter de dessiner la fusée lanceuse de Vostok, toujours pas identifiée comme étant la même que celle qui a lancé les satellites précédents. Ritchie, pourtant décrit comme chef adjoint de la Section des Laboratoires de Recherches de la Bendix Corporation de Bendix, à South Field dans le Michigan, Bendix qui sera la responsable des lancements dans le programme Apollo (ci-contre à gauche) .  Un premier essai de crayonné de la gamme lancé est présenté.  On constate que si les dessins des Sputnik II et III sont bien répertoriés comme sommet d’une fusée à large corps, les américains s’obstinent à faire de Sputnik I un satellite lancé par autre chose, une fusée à la Vanguard.  Et l’on constate aussi que le dessin le plus précis de la configuration est celle de « Lunik III exposé en 1959 », précise la légende.  Dans le même article, on a au moins compris que les russes plaçaient leur cosmonaute dans un siège éjectable, les cosmonautes quittant leur sphère de rentrée avant de toucher le sol.  Ce fameux site éjectable deviendra la cabine elle-même dans le dessin de MP, car les « chercheurs » US s’étaient un peu trop inspirés d’un document ayant fuité sciemment de la part des russes sur la cabine spatiale abritant le deux chiennes  Strelka and Belka de Spoutnik 5 (le Korabl-Sputnik 2), publiée par l’agence Tass (le diamètre de la cabine canine figurant sur une autre photo) :

 

Toujours pas de vision précise

Cet autre dessin des « experts » n’arrive toujours pas à déterminer à quoi ressemble exactement le vaisseau spatial russe.  Deux ans après son premier lancement ! Quand Valeri Fiodorovitch Bykovski et Valentina Vladimirovna Tereshkova se promènent en duo à bord de Vostok 5 et 6, les « experts » n’ont toujours comme inspiration que des… timbres, comme illustrations.  Ceux des russes, ou ceux des tchèques, qui vont tous s’accorder pour ajouter un « anneau » à l’arrière du vaisseau censé porter les rétro-fusées, les tchèques se permettant même un vaisseau ailé au nez arrondi !  Ce n’est finalement que le 16 juin 1965 que les russes dévoilent enfin leur vaisseau Vostok en Europe, c’est au Bourget, pour le 26eme salon International de l’Aviation, où un Yuri Gagarine rayonnant fait le show devant son véhicule spatial.  Matra profitera de sa présence- et da gentillesse légendaire- pour faire de la pub !  Le vaisseau, basé autour d’une sphère de rentrée, avait été révélé le mois précédent à Moscou (photo ici à droite). Or l’arrière présentait d’étranges similitudes avec le fameux Lunik emprunté, dont les réservoirs annulaires et le moteur (absent à Mexico) : logique c’était le même élément, comme le montre clairement cette juxtaposition ci-dessous !!!  Les américains, sans le savoir, avaient découvert la moitié du Vostok avec le vol du Luna au Mexique !!!  Incroyable ratage encore, car ils ne l’avaient pas non plus soupçonné semble-t-il  (1) !!!

 

Bernés par la propagande russe
Les américains ne seront pas les seuls à avoir été bernés et menés en bateau par les médias soviétiques contrôlés par le KGB.  Des magazines français comme Science et Vie avaient été leurrés comme on le raconte ici lors de son centenaire : « il est vrai que Gagarine est « briefé » avant d’entamer sa tournée triomphale dans le monde (en avion, cette fois) afin de ne révéler aucun détail technique de la mission, et que, guerre froide oblige, rien ne transpire en Occident du programme spatial Soviétique.  Or Science & vie aime à baser ses articles sur des faits, détails techniques et scientifiques connus.  Et concernant l’astronautique en URSS, le mensuel na pas beaucoup d’informations à communiquer.  La preuve, nous trouvons dans le N° 525 de juin 1961, dans un article sur les vols spatiaux juste une photo du cosmonaute.  C’est tout.  Ah ! Non ! nous trouvons aussi une image censée représenter la fusée ayant valu à Gagarine « le titre de premier homme dans l’espace ».  Au vu de la photo, Sciences & Vie n’avait que peu d’informations… » . La R-7 avait alors été confondue avec la R-2A, un V2 « amélioré » !!!  A droite, la fusée « reconstituée » en avril 1963 par le chercheur de Bendix : on constate que le nombre de tuyères du premier étage est de 7, en réalité il sera de… 20.  Et que le vaisseau Voskhod n’a jamais été muni d’un appendice circulaire de rétro-fusées.  A noter aussi que la fusée est mesurée à 42,27 pour 38,36 en réalité, ce qui est en revanche une assez bonne estimation.

Enfin un bon rapport

Au 27 janvier 1965, il y a du mieux. puisque le rapport secret de la CIA (« National Intelligence ») est capable de dresser un tableau des engins lancés, de Sputnik aux sondes interplanétaires, mais toujours sur la base d’une fusée à la Cholomei, à 4 boosters circulaires et sans indication du nombre de tuyères du premier étage.  En tout cas, il semble avoir été compris que le Lunik « subtilisé » a bien un étage de propulsion qui est le même que celui des Vostok (de même que les Voskhod en utilisent un autre, plus long) : il est évident alors que les satellites Keyhole, successeurs des Corona, ont commencé à donner des renseignements plus précis avec leurs caméras : les USA en lanceront 38 entre 1963 et 1967 !!!

Un nazi derrière la Semiorka ?

On sait maintenant, quatre ans après son premier vol presque, quelle forme a le véhicule principal de l’astronautique soviétique, mais il faudra attendre encore deux ans et à nouveau le Salon du Bourget, 10 ans après, donc, pour qu’on découvre enfin les secrets de tous les lancements de 1957, assurés par un seul type de fusée. C’est en fait, mais on ne le sait pas encore, le chant du cygne de l’astronautique russe, si flamboyante jusqu’ici (les américains les dépassant lors de la conquête de la Lune). Pour comprendre la surprise que sera le dévoilement de la R-7, il faut revenir à notre premier épisode avec les travaux d’un physicien allemand, Helmutt Gröttrup, qui a dirigé le centre de recherches nazies de Peenemünde.  Il avait développé ses recherches à Bleicherode, pas loin de Mittelwerk et avait été emmené à Kasputin Yar voir les premiers lancements de V2 récupérés; puis installé sur l’île de Gorodomlya (lire ici ce qui s’y passait).  Il avait développé un gyroscope (le SH-300) qu’on retrouvera bien plus tard sur la navette Buran.  Il avait été « raflé » dans une opération soviétique similaire à la PaperClip américaine, l’Operation Osoaviakhim, organisée le 22 octobre 1946,  par le General Serov. Une opération plus importante en fait que PaperClip : pas moins de 92 trains avaient été prévus au départ pour rapatrier les techniciens et les familles allemandes !!!  Certains avancent le chiffre de plus de 10 000 personnes récupérées et déplacées; mais le chiffre semble plutôt avoisiner les 7000 !!!  Dès 1949; une tour d’essais de moteurs de fusée de type V2 a été construit à 18 km de la ville de  Zagorsk (ici à droite).   Gröttrup, peu apprécié de Korolev ou Chertov, était retourné en Allemagne dès 1953, mais non sans avoir laissé derrière lui un projet plus qu’intéressant.  Celui du G-4 (toutes les fusées de Grottrup sont en « G » pour « R » chez les russes), un missile concurrent du R-3A de Korolev, pas petit en dimensions.  Gröttrup avait eu une idée de génie en inversant les principes de la V2 et en positionnant le réservoir de liquide d’oxygène (ou « Lox », à gauche en bleu clair) vers l’avant de son missile, au contraire du V-2, éliminant ainsi les problèmes de pré-refroidissement du moteur de la fusée (en orange le RP1).  Le kérosène avait été préféré à l’alcool du V-2 car ce dernier, pour un même poids, fournissait 63% d’énergie en moins.  Un missile conique aussi, comme forme et non cylindrique comme c’était devenu la règle après qu’on ait déterminé que la forme de la V2 en balle de fusil influait peu sur son vol.  Le missile de Gottrup était ainsi rendu « naturellement » stable, par sa seule forme, si bien qu’il pouvait se passer d’ailerons, réduits à la portion congrue à sa base (ici à gauche).  De petits tuyères orientables venant les aider (deux par booster).  Le moteur avait une chambre cylindrique à haute pression qui, une fois modifié deviendra le moteur RD-110 de Glushko : le missile de Gröttrup lui était en tous points supérieur !

Toutes les mêmes depuis 1957

Voici donc la fameuse « R7 » de dévoilée, fort tardivement,  en 1967 seulement, à Paris comme on la dit.  C’est une drôle de fusée à deux étages et demi, et non trois exactement.  Et c’est la configuration de Gröttrup qui l’a emporté pour le premier étage, composé d’un faisceau de 4 fusées coniques, sans dérives ou presque, collées à un corps cylindrique qui démarre en même temps qu’eux mais dure plus longtemps, devenant une fois les 4 boosters largués un second étage, la satellisation étant obtenue par le 3eme, qui se résume à un cylindre court, alimenté par deux réservoirs en tranche d’ananas superposées autour du moteur et de sa tuyère.  D’emblée les russes ont construit un chef d’œuvre, de simplicité surtout, sans ergols sophistiqués (de l’oxygène liquide, ou Lox, et de l’essence raffinée appelée RP1 comme comburant) sans qu’il ne s’en rendent compte.  Un objet tellement bien conçu qu’il est toujours à la base des lancements actuels, ayant été depuis dérivé en lance Voskhod et en lance Soyouz, puis Progress, etc… Sputnik 1, 2 et 3 ont été lancés par la même fusée, avec au sommet une coiffe différente (comme pour Sputnik 2; à double tronc de cône, et peinte en blanc à son sommet pour éviter la chaleur).  Gröttrup revenu en Allemagne deviendra spécialiste de l’électronique, quel hasard encore : et même un spécialiste des cartes à puce; pour laquelle il déposera plusieurs brevets !

Une fusée faussement puissante ?

Le coup de génie de Korolev, responsable du programme, est d’avoir réussi à faire une fusée puissante avec des moteurs qui ne le sont pas individuellement : le système de pompes des quatre ensembles de chambre de combustion et de 4 tuyères de chaque corps, y compris le corps central, ont une poussée unitaire qui ne dépasse pas celle d’un V-2  (pas plus de 250 kN). Technologiquement, l’engin n’est donc pas révolutionnaire et encore moins sophistiqué puisqu’il marche (presque) comme le V-2 à l’oxygène liquide (Lox) et à l’essence (le V-2 fonctionnant à l’alcool méthylique –méthanol- et à l’oxygène).  C’est la construction en faisceau du premier étage qui est sa (seule) force.  Mais aussi qui explique son extrême fiabilité.  On s’apercevra plus tard, après 1965 , que les russes ne sauront jamais fabriquer de groupes de pompes et de tuyères géantes comme celles qui actionneront le premier étage de Saturn V, des engins qui n’ont jamais été reproduits depuis.

Dix ans de félicité, et après… le marasme 

 

A gauche, un schéma emprunté ici montrant que le 3eme étage du Vostok lui restait accolé jusqu’à la rentrée dans l’atmosphère, l’arrière du vaisseau proprement dit contenant une rétro fusée visible ici.  A droite, le vaisseau de Gargarine montré à Paris en 1965.  On sait désormais, mais on ne sait pas encore tout avant le dévoilement de la Semiorka au Bourget,en 1967.  Pour une fois, la même année 1965, la CIA émettra un avis correct sur l’évolution spatiale russe, et c’est le 27 janvier dans une note intitulée  « National Intelligence Estimate » qui dit ceci : « les projections optimistes pour l’espace soviétique disponible depuis 1962 ont disparu.  Le programme spatial soviétique est évalué avec certitude comme étant bloqué, avec de nombreux échecs et de nouveaux boosters et d’engins spatiaux en cours de développement pour retrouver l’élan.  Le développement du lanceur Proton a été détecté (apparemment seulement à partir d’un complexe de lancement de satellites observation en construction), mais le potentiel de charge utile est surestimé de 150%. S’il sera utilisé, il est prévu pour lancer une station spatiale et effectuer des vols habités circumlunaires entre 1967 et 1968.  Le développement de la fusée N1 a été détecté, et le premier lancement était attendu pour 1968. Cependant, la CIA ne peut pas évaluer le calendrier soviétique comme étant en concurrence avec les États-Unis Apollo – Il n’y a aucune chance de l’atterrissage lunaire habité soviétique avant 1969.  La N1 est évaluée comme étant inférieure à ce qu’elle est en réalité, ce qui signifie techniquement qu’un rendez-vous en orbite sera nécessaire pour soutenir un atterrissage lunaire, qui pourrait se produire seulement dès 1969 si tout se passait bien (2).  » Après une dizaine d’années d’errements et d’approximations sur l’évaluation de l’astronautique soviétique la CIA pouvait enfin devenir prophétique.  Sans hésiter, c’est l’énorme effort consenti sur les satellites espions de type Keyhole-Corona, dont les derniers exemplaires seront grands comme des autobus, qui lui avait enfin rendu la vue.  Un effort qui avait débuté… en 1959 !  L’année du premier lancement du satellite espion (Discoverer/Corona KH1) parmi les 24 de l’année (la première capsule de photo, celle de Discoverer XIII, sera récupérée l’année suivante, démarrant une toute autre ère de renseignements pour les USA et la CIA !

PS : Thomas Pesquet est parti en orbite le 17 novembre dernier sur la descendante directe de la fusée de 1957…. soixante ans après, avec la même voie ferrée et le même pas de tir !

 

(1) dans le texte de Mécanique Populaire, on trouve plusieurs perles, dont ces deux là:

  • « Une analyse de la trajectoire fait ressortir que le vaisseau spatial a utilisé une seule poussée de freinage ; la force de freinage n’a pas été employée par à-coups. Ceci indique qu’un carburant solide a été probablement utilisé pour freiner le « Vostok » pour un système de freinage par à-coups, on utilise généralement un carburant liquide ».
  • « Les chiffres de décélération ont également révélé les forces de gravitation qui agissent sur le corps du cosmonaute.  Celles-ci ont été suffisamment élevées pour confirmer une supposition antérieure, à savoir, que le pilote est couché sur le dos dans une cabine qui doit tourner autour d’elle-même entre le moment du lancement et du retour ».

(2)  Les découvertes de 1965 de la CIA sont reprises l’année suivante par la presse US : « en septembre 1966, des histoires parues dans le Washington Post et le New York Times affirmaient que les Etats-Unis disposaient d’informations comme quoi l’Union soviétique était en train l’élaborer une fusée plus grande et plus puissant que leur propre gargantuesque fusée lunaire Saturne-V.  Le New York Times estimait que la poussée de la fusée était de 7,5 à 10 millions de livres par rapport à la Saturn V et ses 7,5 millions. Mais ces deux articles parus aux États-Unis déclaraient que les analystes du renseignement n’avait pas encore vu la fusée elle-même. Les estimations antérieures de la fusée encore invisible avait dit qu’elle aurait une poussée de près de cinq millions de livres.  A l’été 1966, cette estimation a été augmentée, mais exactement quand et pourquoi la CIA a ainsi augmenté son estimation reste classé.  Là encore, ce n’est sans doute pas un hasard si ces fuites dans la presse eu lieu en septembre, alors que Centre d’Interprétation Nationale photographique mettait la dernière main à ce qui était un rapport annuel sur l’ensemble des lancements.  Ce rapport a été officiellement daté d’octobre 1966, mais son avant- projet aurait été distribué, au préalable dans toute la communauté du renseignement, et chez certains responsables de la NASA ».  En somme, la CIA avait appris quelque chose dès 1966 qui lui avait permis d’affiner son savoir : les russes préparaient bien une fusée de la taille de Saturn V.  Grâce aux satellites espions, la CIA avait enfin de bonnes prévisions à proposer !  Les explosions successives de la N1 ruineront tout espoir soviétique d’arriver sur la Lune avant les américains.

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