Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Quand le Mexique donnait un coup de main à la CIA, ou l’histoire du satellite « emprunté » (2)

Quand le Mexique donnait un coup de main à la CIA, ou l’histoire du satellite « emprunté » (2)

On a vu hier que les américains s’étaient retrouvés bien démunis en 1957 avec les lancements successifs de satellites russes, devenus très vite imposants.  La CIA, à l’époque, cherche donc à savoir par tous les moyens ce que sont les fusées qui lancent de pareils poids en orbite.   Elle ignore que de Spoutnik I à Spoutnik III c’est le même lanceur qui en est responsable, dont elle ignore tout en fait.  Aussi cherche-t-elle toutes les occasions pour se renseigner sur cette mystérieuse fusée.  Et c’est alors que les russes, bien décidés à appuyer sur le ridicule de la situation, décident de faire une exposition montrant leurs avancées technologiques industrielles, en mettant en avant les trois premiers satellites lancés.  Nous sommes alors en 1959, et au début d’une histoire à la James Bond… l’occasion semble trop belle, en effet !

Les américains en sont là, sous le choc, en 1958 de l’incroyable série de lancements spatiaux russes.  La chienne Laïka, qui a ému tous les spectateurs du monde entier, lancée dans le deuxième satellite russe, est significative de la recherche de l’envoi d’un homme dans l’espace qui ne saurait plus tarder.  Spoutnik III, bardé de lourdes batteries à l’intérieur (les panneaux solaires viendront plus tard; il en a quand même sur lui, mais des tous petits) a montré que le poids en orbite n’était plus un problème, déjà pour les russes.  Les sondes Lunik lancées vers la Lune ont aussi démontré que le lanceur et ses étages supérieurs ont assez de puissance pour quitter l’atmosphère terrestre.  D’où l’effrayant rapport remis par la CIA en décembre 1957 sur l’avenir très accéléré – et très exagéré – de la conquête spatiale russe (voir l’épisode précédent).  En résumé, fin 1958, les USA n’ont toujours aucune idée de comment se débrouillent les russes pour leurs insolentes réussites, et ce malgré les espions sur place, en URSS, les envois d’autres (on verra lesquels un peu plus loin) et l’armada technique mis à la disposition de la CIA, dont les Canberra, les U-2, mais pas encore les satellites, bien entendu.  Des américains mortifiés, qui vont se lancer dans l’espionnage par satellite au plus vite, en injectant des sommes phénoménales dans un programme secret, celui des engins Corona, débutés par la série des Discoverer.  Ils dépenseront ainsi la somme de 132,3 million de dollars en 1959 (1,09 milliard de  2017 !) et 101,2 millions en 1960 (820 000 millions de dollars de 2017) pour tenter d’observer les sites de lancement… sans toujours réussir à déterminer ce qu’était la fameuse fusée miracle des soviétiques, jusque 1967… où les russes la révéleront… en France, au Bourget (ici à droite).  Jusque là, de 1951 à 1967, la CIA s’était trompée !!!

Une idée qui germe

A comprendre la frustration on imagine les dérives possibles.  Celles de tenter par tous les moyens d’en savoir davantage sur cette intrigante fusée, devenue depuis le pilier de toute la recherche spatiale, puisque fonctionnant toujours sous la forme de lance Soyouz.  Une idée farfelue digne des romans de Ian Fleming va donc émerger en 1959.  Une idée qui pour origine en fait deux choses : l’arrogance soviétique, prête à montrer davantage pour assumer son rôle de phare dans la recherche spatiale, et le désir commun des deux super-puissances de se rapprocher, ou de faire comme si elles se rapprochaient. Khrouchtchev, bien plus malin qu’il n’y paraissait, tentant encore plus d’humilier la frange droitière du gouvernement US, alors personnalisée non pas par Eisenhower, qui avait été obligé de se retirer (après deux mandats de 1952 à 1960), mais sur son vice-président aux dents bien plus longues, à savoir Richard Nixon.  Leur rencontre mémorable aura lieu dans un endroit improbable : une cuisine.  Mais pas n’importe laquelle : celle d’une exposition bien particulière….

L’incroyable exposition russe

Les russes enhardis par leurs successeurs spatiaux phénoménaux ont en effet décidé d’en faire grande publicité.  C’est symbolique d’un Nikita Khrouchtchev désireux de se départir de l’austérité stalinienne et de son manque patent de communication extérieure.  Khrouchtchev, venu du Donbass, véritable précurseur de Gorbatchev, est un briseur de tabous soviétiques en effet.  C’est le fossoyeur en fait du Stalinisme, liquidé le 25 février 1956, lors du XXe congrès du Parti, dans une célèbre lettre dénonçant ses tares et ses excès.  Bien plus en phase avec la société que son paranoïaque de prédécesseur, il va en effet devenir bien vite le roi des petits écrans dans tous les foyers du monde.  Aidé par son aspect rondouillard et sa verve, il a en effet vite conquis les médias, tous pays confondus.  Et ce pendant une assez longue période, puisqu’il restera  premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique de 1953 à 1964.  Prosaïque et plutôt soucieux de son peuple, il avait évalué tôt l’énorme retard en logements pris par l’URSS.  « En 1950, Khrouchtchev lança un vaste programme de construction de logements à Moscou.  La plupart des immeubles d’habitation avaient cinq ou six étages et ils devinrent omniprésents dans toutes l’Union soviétique et existent encore aujourd’hui.  Khrouchtchev fit utiliser du béton armé préfabriqué pour accélérer le rythme de construction.  Ces structures construites trois fois plus rapidement que la moyenne à Moscou entre 1946 et 1950 ne disposaient pas d’ascenseurs jugés trop coûteux et furent surnommées Khrushcheby (en) par le public, un jeu de mot sur le mot russe pour taudis, « trushcheby« . Décidé à ouvrir l’URSS aux étrangers, un changement radical chez les soviétiques, il autorisa un nombre importants de manifestations du genre. »  Durant l’été 1957, le 6e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants fut organisé à Moscou et Khrouchtchev demanda aux officiels du Komsomol de « recouvrir les invités étrangers de nos étreintes .  Le « carnaval socialiste » attira plus de trois millions de moscovites qui rejoignirent 30 000 jeunes visiteurs étrangers.  Selon l’historien Vladislav Zubok, le festival « pulvérisa les clichés de la propagande » sur les Occidentaux en permettant aux Moscovites de juger par eux-mêmes ».  Et dans cette série de manifestations d’ouverture arriva l’organisation d’un événement fort particulier.  Celle d’une foire industrielle itinérante, chargée de faire publicité aux fabricants russes, que soit de voitures, de machines agricoles (1)  ou d’ustensiles de cuisine… voire de satellites bien sûr.  Mieux encore quand on apprend que cette expo passée par diverses capitales européennes s’est retrouvée aussi faire le tour de l’Amérique du Sud, chez les états « frères » bien sûr… pour finir par débouler à New-York, grâce à un accord fort étonnant qui prévoyait qu’en échange les américains puissent faire une exposition équivalente à Moscou, ce qui sera le cas.  Les russes, emballés par l’idée, avaient choisi de mettre en évidence trois engins spatiaux sur leurs stands, en face de portraits de Lénine ou d’ouvriers et d’agriculteurs brandissant faucilles et marteaux.  Ici, ci-dessous, le cliché pris à New-York même le 1er juin 1959 et promu par Life :

 Un des trois satellites exposés fait l’objet d’un intérêt de la CIA

Notons tout de suite les différences.  Les russes sont allés très vite en besogne, à la fois pour faire l’expo et à la fois dans leur conquête spatiale.  A gauche le premier satellite artificiel de tous les temps est une sphère remplie de… batteries au zinc pour nourrir l’émetteur, qui fonctionne encore avec des tubes à vide.  Sputnik 2, non présent n’était qu’un simple caisson (une niche spatiale provisoire plutôt, pauvre Laïka (2) !) accroché sous un Spoutnik, « réalisé en deux mois », de même. Sputnik 3, noyé sous un amoncellement de batteries (ici à gauche, son revêtement enlevé), emporte lui un émetteur comportant des transistors (le Mayak, ici en train d’émettre) : c’est un des premiers satellite au monde à en avoir; mais mêlé encore à quelques tubes.  Des cellules solaires expérimentales au silicone ont été apposées pour suppléer les batteries.  Explorer, l’américain lui, est entièrement transistorisé d’emblée : par obligation, comme pour Pamplemousse, faute d’avoir une fusée puissante pour les lancer.  Les sondes Luna ont encore des tubes elles aussi, et des transistors.  Si les deux premiers Spoutniks n’apportaient pas beaucoup de renseignements sur ce que pouvait être la fusée qui les aurait lancés, et dont la CIA ne savait toujours rien, le troisième engin exhibé avait davantage attiré l’attention de cette dernière.  Pensez-donc: il était encore muni de sa coiffe, obligatoirement car les russes avaient diffusé des images des satellites Lunik (Luna) 1 et Lunik (Luna) 2 (ici son intérieur) qui ne ressemblaient pas du tout à ce qui était exhibé, mais aussi de son étage inférieur semblait-il.  Comme la photo de Spoutnik 1 elle aussi avait été révélée, et étant donné que les trois satellites comportaient d’étranges similitudes, la CIA pouvait imaginer que la coiffe présentée pouvait être un élément clé de la compréhension du mystérieux lanceur.  (Ci-contre à droite, un écorché du satellite avec sa fusée gauche, à gauche les instruments entourant le Luna). Son diamètre de troisième étage en particulier, encore attaché au satellite, étant déjà plein d’enseignements. Ses 2,68 mètres de diamètre, donnaient déjà  une précieuse indication sur les deux étages sous-jacents, en effet, étant donné qu’il fallait obligatoirement trois étages pour être satellisé.  C’est donc cette coiffe de satellite qui les avait intéressés, et surtout l’étage qui y était attaché, sa relative petite taille en longueur indiquant qu’en dessous il y avait un engin à forte poussée.  Bien plus que les 90 tonnes annoncés dans le message de la CIA de 1956 (la fusée russe en fait 265 en réalité) !  Ci-dessous, la fameuse coiffe en demi-partie démontée, montrant bien comment le Luna était disposé à l’intérieur, posé sur son « panier » éjecteur:

 

Maquette ou véritable modèle de production ?

L’engin avait donc été exhibé un peu partout, dont Paris (ici à droite son exposition à Moscou même), et ses pérégrinations suivies de près par la CIA, d’autant plus que des fuites lui avait appris que si le satellite n’était plus dedans, l’arrière était au complet… à part son moteur et sa tuyère.  Ce n’était pas une maquette en effet, mais bien un engin de production (ils constateront que c’est le 5eme produit), ou plutôt un de ceux produits pour s’assurer de la conformité des composants intégrés.  Et comme il s’agissait aussi du troisième étage, si la CIA pouvait l’examiner de plus prêt, elle aurait pour sûr, en analysant les résidus dedans, pu déterminer les propergols utilisés dans ses réservoirs (qui s’avéreront annulaires) et d’après le calcul de leur masse à bord calculer quelle fusée à deux étages il fallait pour mettre tout ça en orbite.  Bref, l’idée d’un détournement du modèle de l’explosion russe avait fait son chemin à la CIA, jamais avare de réaliser un coup tordu.  Et, chose sidérante, c’est bien aussi ce qui avait été tenté !!!

Le sidérant rapport de la CIA

Voici donc l’étonnant document révélé par la CIA sur la tentative – et la réussite – d’examiner le fameux troisième étage de la mystérieuse fusée russe.  C’est l’excellent « War is Boring »qui nous le résume ici et ça a effectivement tout d’une séquence à la James Bond (en photo obscurcie ici à gauche la coiffe présentée  l’expo, très certainement prise à New-York) : « la CIA s’était figurée que les Soviétiques n’oseraient pas envoyer un Luna véritable à l’étranger, mais elle a décidé d’aller y jeter un oeil, de toute façon, lors de l’exposition de l’année dans une ville.  Avec une discrétion louable, l’article rappelle que, après que l’exposition soit fermée, « un groupe d’officiers de renseignement ont eu accès sans restriction au Lunik environ 24 heures.  En d’autres termes, des espions américains s’étaient infiltrés pour une visite privé non autorisée. Les agents américains ont été surpris de découvrir qu’en effet, c’était bien le vraie Luna, moins son moteur et ses composants électriques ».  Cette première visite ayant paraît-il eu lieu… à Paris !  « Désireux d’obtenir un autre regard, la CIA a envoyé des experts lors d’une autre opération noire pour photographier les marques d’équipement de l’engin, qui espéraient-ils divulguerait des indices sur la production spatiale soviétique.  Mais à ce moment là  l’exposition déplacée vers une autre ville (…) .. Ah, mais alors les espions américains ont découvert qu’après le spectacle, le Luna serait transporté par un camion vers une station de chemin de fer, pour se rendre ensuite à la prochaine ville.  Cela aurait-il pu constituer la brèche de surveillance nécessaire ?  Peut-être pourraient-ils détourner le wagon sur la voie d’évitement de chemin de fer pour la nuit ? Non, ce n’était pas possible.  Alors que dirait-on de détourner le camion sur le chemin de la gare ?  La CIA s’est arrangée pour que le Luna puisse être posé sur le dernier camion à quitter l’exposition, la nuit.  Après s’être assuré qu’il n’y avait pas de gardes soviétiques qui escortaient le véhicule, le camion s’est arrêté au dernier virage possible, une toile a été jetée sur la caisse, et un nouveau chauffeur a repris la route .  Qu’était-il arrivé au chauffeur de camion d’origine ? L’histoire de la CIA dit qu’il été « escorté dans une chambre d’hôtel pour la nuit et gardé sur place. »  Comment a-t-il été « détenu » n’est pas clair, mais ce ne serait pas surprenant si de l’argent, de l’alcool ou des prostituées auraient été impliqués.  Heureusement, le représentant soviétique à la gare de triage a ensuite attendu un peu de temps à sa chambre d’hôtel, sans soulever l’année d’alarme. Alors, les techniciens de la CIA se sont mis au travail.  Debout sur les échelles, ils sont descendus par le haut de la caisse de 14 pieds, ont partiellement démonté l’engin, ont retiré y compris les boulons de la trappe du compartiment moteur, et photographié les intérieurs.  Les travaux ont débuté à 19h30.  A 05h00, Le Luna était de retour sur le camion et le conducteur original du conducteur envoyé la gare de triage.  Lorsque le représentant soviétique est revenu ce matin-là  à 7:00, il a trouvé le camion et le vaisseau spatial en attente pour lui, sans demander quoi que ce soit.  Qu’est-ce que cette opération secrète a obtenu ?  L’analyse des marquages ​​d’usine a monté que « l’identification probable de cette étape de mois, le fait que c’était le sixième Luna produit et l’identification des trois producteurs électriques qui avaient fourni des composants », ainsi que « d’autres indices pour le programme spatial soviétique » Selon l’article de la CIA.  « Cela a-t-il une influence sur l’issue de la course de l’espace ? Probablement pas.  En 1967, l’Union soviétique était déjà à la traîne, alors que les États-Unis se préparait pour l’atterrissage d’Apollo deux ans plus tard ».  Dans le document de la CIA figure un plan succinct de l’intérieur du Luna.  Les dimensions avaient été notées, et on avait pu savoir combien de combustible détenait le 3eme étage de la fusée.  Et par conséquent le poids emporté, et donc aussi celui des étages inférieurs nécessités par une telle mise en orbite… lunaire (3).  Ils savaient le poids et la puissance, mais n’avaient toujours pas la moindre idée de la forme des étages inférieurs.  On en veut pour preuve l’un des autres rapport de la CIA, en date de mars 66, qui tente de comparer la fusée du programme Mercury à celle du programme Vostok.  Le dessin est toujours erroné, et étrangement très proche des travaux de Chelomei (cf la fusée Proton) et non ceux de Korolev !!!

 

Le satellite, la fusée… et l’électronique
Si « War is boring » a relevé que ça n’avait pas changé grand chose au monde de l’espace… il semble avoir oublié un détail important : le fait qu’en 1959 les américains avaient donc appris les noms des sociétés soviétiques réalisant les composants électroniques de ces engins. Les transistors, à la place des tubes, allaient devenir par obligation les éléments indispensables des prochaines fusées, américaines comme russes.  Depuis la révolution du 7 octobre 1954, apportée par IBM avec son « calculateur » prototype entièrement transistorisé, tout le monde s’y attendait.  Il faudra néanmoins attendre 1958 pour voir le premier du genre commercialisé (le modèle 608; dont voici une carte de composants transistorisés, ici à gauche).  Des composants que l’on trouvait dans d’autres exemples de production en URSS montrés dans la même exposition (à droite la radio à transistors appelée « Sputnik » !), à savoir dans les téléviseurs et les radios russes… L’astronautique en tout cas, ne pourrait pas se dispenser d’eux, et la publicité de l’IBM 608 montrant le cœur de ses futurs indispensables très bien vue (ici à droite) place à notre troisième partie, qui vous allez voir, va un peu secouer un tout autre landerneau… « l’emprunt » du Lunik (Luna) est peut-être bien à l’origine d’une toute autre histoire, elle aussi d’espionnage.  Et celle-là à eu une conséquence bien plus grave comme on va le voir…

 

(1) L’autre intérêt majeur du dirigeant :  « Dès les années 1940, Khrouchtchev défendit la culture du maïs en Union soviétique.  Il fonda un institut du maïs en Ukraine et ordonna que des milliers d’hectares soient plantés avec du maïs dans les terres vierge. En février 1955, Khrouchtchev prononça un discours dans lequel il défendit la création d’une agriculture fondée sur le maïs comme dans l’Iowa et une délégation soviétique se rendit dans l’État américain durant l’été.  Alors que leur intention était de ne visiter que de petites exploitations, la délégation fut approchée par un agriculteur et vendeur de maïs, Roswell Garst, qui persuada ses membres de visiter sa grande ferme dans le comté de Guthrie.  Garst visita l’Union soviétique en septembre où il se lia d’amitié avec Khrouchtchev ; il vendit 4 500 t de semences à l’URSS. Garst conseilla aux Soviétiques de ne faire pousser le maïs que dans la partie sud du pays et de s’assurer qu’il y avait suffisamment d’engrais, d’insecticides et d’herbicides.  Cela ne fut cependant pas fait car Khrouchtchev voulait planter du maïs même en Sibérie et sans les produits chimiques nécessaires.  Alors que Khrouchtchev mettait en garde contre « ceux qui voulaient recouvrir la planète de maïs », il démontra une grande passion pour cette céréale à tel point que lors d’une visite dans un kolkhoze letton, il déclara que certains dans son audience se demandaient probablement « Khrouchtchev va-t-il dire quelque chose sur le maïs ou non ? »  Il le fit en reprochant aux agriculteurs de ne pas en planter plus.  L’expérience du maïs ne fut pas très concluante et il écrivit plus tard que des officiels trop enthousiastes, voulant lui plaire, avaient trop planté sans préparer correctement le sol et « en conséquence, le maïs fut discrédité tout comme moi». »

(2) Les russes testeront leur cabine Vostok pour être humain avec des chiens (les américains choisissent des singes).  Dès les essais de leur V2 améliorée R2-A, ils avaient eu recours à des chiens, comme le montre ici à droite la série de clichés de récupération.  D’abord il y eut Belka et Strelka, envoyées une journée des l’espace à bord du Spoutnik 5 le  second « passager » est Tchernouchka (« Chernushka »), petite chienne noire envoyée dans l’espace avec le Spoutnik 9, le  en compagnie d’un mannequin-cosmonaute (le « fameux » Ivan Ivanovitch),  avec aussi des souris et un cochon d’Inde (des lapins seront aussi testés).  Chez les russes, l’engin est appelé Sputnik 4 ce qui prête souvent à confusion.  Le mannequin utilisera automatiquement le siège éjectable, Tchernouchka restant dans la capsule, récupérée saine et sauve.  Une seconde Zviozdotchka (pour « petite étoile »)», volera dans Spoutnik 10 le  mannequin, les deux atterrissant de la même façon séparée : au final, Gagarine s’envolera donc dans… Sputnik 11 (Sputnik 5 pour les russes) !!! Khroutchev, qui avait vanté les mérites des chiots russes cosmonautes de Strelka, en fera envoyer un, via son ambassadeur soviétique Menshikov, à Jackie Kennedy en personne.

(2) Dans le rapport de 1961, Wheelon et Greybeal indiquent que c’est bien grâce à « l’emprunt » de l’étage du Lunik qu’ils ont enfin pu estimer les dimensions de la fusée pour le lancer : « la mesure du poids a été  rapidement obtenue par le second coup de chance.  Secrètement (c’est le « vol » du Lunik qui est décrit ici), nous étions en mesure d’acquérir du temps détaillé pour étudier le véhicule de fusée de l’étage supérieur de la figure 1, l’étage du Lunik.  Lequel se connecte directement à l’ICBM soviétique.  Bien que cette étude a été incomplète, notamment en ce qui concerne le moteur, on a pu faire une bonne estimation de la capacité de performance du véhicule, et son poids sec en calculant la quantité d’ergols normales que ses réservoirs pourraient  contenir.  Le résultat s’est plutôt bien vérifié avec le Lunik I. La charge utile annoncée pesait environ 2 600 livres à sec (1 179 kg), et il a calculé qu’elle péserait 18 000 livres (8 100 kg) avec ses réservoirs remplis, le propulseur et la charge utile à bord. »  Cette estimation n’est pas exacte.  Les satellites Lunik 1 pesaient un peu moins de 390 kg,   Lunik II 389,4 kg, seul, et l’ensemble Lunik et 3eme étage inférieur 3250 livres (1474 kg).  Lunik III pesait 614 livres (278 kilos).  Leur lanceur (R-7) mesurait 29,2 m de haut pour une masse totale de 265 tonnes, ce qui peut paraître… disproportionné !!!  Mais c’est le même en effet qui lancera la série des vaisseaux Vostok, dont l’ensemble boule de rentrée et module de service fera 4,73 tonnes.  Soit la moitié de ce qu’avaient calculé les américains au départ, mais un meilleur calcul effectué en mars 1966 avait rectifié la valeur (« 10,500 prounds » avaient-ils écrit, soit 4,72 tonnes !).  Le décret gouvernemental soviétique du 13 février 1953 ayant décidé de la création de la fusée avait fixé comme but à atteindre 3000 kg, puis 5000 kg à lancer sur une distance de 8 000 km, en tant que missile intercontinental.  Le dessin final avait été accepté le 20 novembre 1954 par le conseil des ministres russes.  La première R-7 № M1-5, devenue lance-satellite et non ICBM, avait été terminée en mars 1957.

 

le détail de l’opération de vol

http://www.popsci.com/cias-bold-kidnapping-soviet-spacecraft

sur Luna 1

http://www.zarya.info/Diaries/Luna/Luna01.php`

Luna 2

http://www.zarya.info/Diaries/Luna/Luna02.php

Luna 3

http://www.zarya.info/Diaries/Luna/Luna03.php

sur Shertok :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/boris-chertok-des-regrets-eternels-106299

 

http://www.nytimes.com/learning/general/onthisday/big/0724.html

 

http://www.svengrahn.pp.se/trackind/luna3/Luna3story.html

http://www.kosmonavtika.com

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

France – Allocations familiales: des incohérences à corriger !

Projet de suppression des AF pour les ménages les plus aisés : une économie budgétaire ...