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Quand l’abeille guérit

L’abeille, cet inlassable travailleur, menacé aujourd’hui de disparition, nous cache encore de nombreux secrets.

Je dois cet article à la rencontre avec un apiculteur isérois, Patrice Vernet en l’occurrence, lequel m’a ouvert des horizons insoupçonnables, ce qui doit être le cas de nombreux d’entre nous, qui ne connaissent de ces insectes, que finalement peu de choses…à part qu’elles nous fournissent du miel.

En effet, au-delà de ce produit merveilleux qu’est le miel, il m’a expliqué à quel point l’abeille pouvait nous guérir de pas mal de maladies…

Avant de pratiquer ce digne métier d’apiculteur, Patrice Vernet était ouvrier, et lors d’une mauvaise manipulation, s’était sectionné la phalange d’un de ses doigts.

Celle-ci, conservée au froid, avait pu être recousue… hélas, l’infection s’était installée et le médecin se vit contraint d’amputer le doigt…

C’était sans compter sur la réaction du patient qui lui déclara : « c’est votre avis, mais c’est mon doigt… et je refuse cette amputation ».

Etonné le chirurgien lui demanda ce qu’il comptait faire… « Eh bien, je vais tremper mon doigt dans du miel… »

« Vous n’y pensez pas », rétorqua le praticien ! « Le miel est plein de bactéries, et vous allez provoquer une infection généralisée… »

Pourtant, le patient fit ce qu’il avait décidé, et trempa régulièrement son doigt infecté dans du miel…et le sauva en quelques jours.

L’apiculteur m’en appris encore plus par la suite, car par le truchement de la médiathèque du village, je le fis inviter à une conférence sur le sujet.

Ainsi, lorsqu’il aborda la question de l’arthrose, qui lorsqu’elle est très avancée, peut bloquer les doigts d’une personne, au point que celle-ci se trouve dans l’incapacité de saisir le moindre objet, il expliqua en quoi l’abeille pouvait intervenir.

Ce que préconise l’apiculteur est ni plus, ni moins, que de faire piquer une abeille à l’endroit le plus douloureux, s’étant auparavant assuré que le patient n’est pas allergique à la piqûre des abeilles.

Il capture donc une abeille, et au bout de plusieurs séquences de piqûres, le patient constate une totale guérison.

Une bonne nouvelle pour une personne âgée présente lors de cette conférence, car elle avait une main percluse de rhumatismes, et qui décida de se faire soigner ainsi…

D’autres soignants ont mis au point des méthodes moins directes, et après avoir extrait le venin, en font différents produits : crèmes, comprimés, gouttes diverses…  lien

Mais l’abeille guérit bien d’autres maladies.

Ainsi, la propolis qu’elle produit et utilise entre autres pour colmater le moindre trou dans la ruche, est utile pour soigner plein de choses.

Cette propolis est une substance résineuse récolté sur les bourgeons et la résine des arbres, puis transformée par l’abeille. lien

Réduite en poudre et mélangée à de la vaseline, c’est un produit idéal pour soigner les affections de la peau : psoriasis, urticaires, eczémas, zonas, etc.

Patrice Vernet nous conta sa rencontre avec une personne atteinte d’une affection de la peau si douloureuse qu’elle songeait parfois à demander l’ablation du bras, tant la souffrance était forte.

Vernet lui appliqua une pommade à base de propolis, et revit le patient quelques minutes après, celui-ci étant abasourdi de ne plus avoir la moindre douleur…et la trace rouge (comme un camion de pompier) qu’il avait sur toute la longueur de son bras avait pratiquement disparu.

Cependant, il fallut continuer pendant quelques semaines le traitement pour arriver à une totale guérison. lien

A l’occasion, l’apiculteur évoqua le drame que connut une souris qui avait pénétré dans une ruche : dès son intrusion, elle fut piquée par une multitude d’abeilles, et passa de vie à trépas… mais comment se débarrasser du cadavre ?…

C’est là qu’intervint la propolis… les abeilles couvrirent l’animal de ce produit, provoquant ainsi son quasi embaument, digne des occupants des pyramides égyptiennes.

Mais la propolis peut aussi se manger…proposée en petites barètes, que l’on garde dans la bouche le temps qu’elle se ramollisse…on peut alors la mastiquer, comme un vulgaire Chewing-gum, aussi longtemps que l’on voudra : le résultat sera bénéfique pour ceux qui ont des problèmes gastriques…voire des inflammations…des maux de gorge…grâce à ses vertus probiotiques et bactéricides.

 

Et puis, il faut évoquer la gelée royale, produit très cher, mais si nécessaire, dont il est conseillé de faire une cure au début de chaque saison.

Sur ce sujet, l’apiculteur recommanda d’être prudent lors de l’achat de ce produit, car certaines gelées (tout comme certains miels) sont à déconseiller, venant souvent de Chine, et généreusement trafiquées. Lien

Il convient donc de ne commander que des gelées royales référencées GPGR (groupement des producteurs de gelée royale) afin d’être sûr de la qualité du produit, lequel doit être conservé au froid. lien

Quant au miel lui-même, il serait bon de mieux le connaitre, car un miel de sapin n’a pas les mêmes propriétés qu’un miel de lavande…et celui du châtaigner n’a rien à voir avec un basique miel de fleur ou miel de forêt.

Ainsi celui du tilleul soigne le rhume, la grippe, et a des propriétés apaisantes, efficaces contre le stress, l’insomnie, l’anxiété.

Celui d’acacia est le bienvenu pour traiter la constipation…et il est conseillé aux diabétiques car il contient plus de fructose que de glucose.

Le miel de sarrasin est idéal pour ceux qui souffrent d’anémie, car il est riche en sels minéraux et antioxydants.

Le miel de châtaigner peut être utilisé en cas d’ulcères, d’hépatite, ou pour soigner les infections du système urinaire.

Le miel de lavande, connu pour sa teneur en calcium et acides formiques, agit contre les mauvaises bactéries par ses propriétés antiseptiques, et anti-inflammatoires.

Les malades du cœur ont tout intérêt à consommer du miel d’aubépine, lequel aide à traiter l’athérosclérose.

Le miel de bruyère, riche en oligoéléments, potassium, fer et soufre est l’idéal pour ceux qui ont des problèmes rénaux…ou qui sont atteints de fatigue chronique.

Le miel de tournesol est un bon cicatrisant qui soulage les inflammations de la peau, et renforce le système immunitaire.

Le miel de pissenlit traite les maladies du foie, et les maladies gastriques en général.

Le miel de romarin favorise les fonctions du foie et de la vésicule.

Le miel de colza réduit le taux d’acide gras, et il est recommandé à ceux qui souffrent de rhumatismes.

On pourrait ajouter à la liste des miels plus rares, comme celui de manuka, le miel d’amorpha…et pour plus de détails, ce lien.

Impossible de passer sous silence le problème que connaissent les abeilles, qui disparaissent par millions, pour cause essentielle de pesticides, et malgré les promesses, on découvre que l’interdiction des pesticides recule chaque jour un peu plus, sauf en Autriche, premier pays européen où le glyphosate vient d’être enfin banni. Lien

Comme dit mon vieil ami africain : « celui qui peut mettre un œuf dans une bouteille doit aussi pouvoir l’en retirer  ».

Le dessin illustrant l’article est de l’auteur

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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