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Quand Alain Soral se fait petit épicier bio… pour la frime !

Alors-là, je vous avoue, c’est le hasard qui a joué (1). Pour découvrir une belle affaire de plus montée par la fine équipe d’Alain Soral, il y a pourtant longtemps maintenant (2), qui à peine arrivé en Suisse, où il s’est réfugié après ses condamnations en France, a déjà fait bondir Pierre-Antoine Hildbrand, conseiller municipal de Lausanne (3). Pour faire vivre sa petite fachosphère, on le sait, ils vendent des livres, sur le net dont… Mein Kampf, présenté par le gourou fascisant en personne (4) Mais aussi d’autres choses, bien plus rentables en ces temps de mode de retour à la nature… où l’on arrive à fourguer n’importe quoi à n’importe qui. Mais franchement, je ne m’attendais pas à voir l’antisémite en chef jouer un jour au petit épicier bio sur le net !!!

Soral n’a pas que son tout premier ouvrage comme fond de commerce (hélas !!!). Celui-là écrit en trio avec Hector Obalk, et Alexandre Pasche, avait au moins eu l’avantage être drôle (c’est le seul de sa carrière !). Son  » Mouvements de mode expliqués aux parents » était en effet une réussite sociologique comme le sera après  » BCBG, le guide du bon chic bon genre » écrit par Thierry Mantoux. Une belle photographie sociale des comportements des années 80 (l’ouvrage étant paru en 1984, et oui, comme quoi il n’y a pas qu’Orwell à retenir, un auteur qui indirectement avait prévu l’apparition d’histrions grotesques à la Soral).

Après le prévenu philosophe de salon a vite sombré, en produisant des « essais » illisibles, et surtout en en vendant d’autres de livres, à partir de 2011 avec la fondation de sa société d’édition Kontre Kulture, dont la direction a été confiée à un fidèle parmi les fidèles appelé Julien Limes, sous la dénomination globale de « Culture pour tous », regroupant diverses activités commerciales, et décrit ici par StreetPress: « C’est la machine à cash du système Soral : Culture pour tous, l’entreprise aux business en tous genres, détenue par le conférencier d’extrême droite. Si en 2012 elle déclarait au registre du commerce un chiffre d’affaire annuel de 640 400 euros, pour un bénéfice net de 64 300 euros, la SARL n’avait plus rendu ses comptes publics depuis cette année-là. Mais StreetPress a pu consulter un extrait de relevé bancaire pour l’année 2014. Il détaille ses recettes et ses dépenses sur un mois. Si ce document ne permet pas de donner le chiffre d’affaire précis de Culture pour tous sur les derniers exercices, il atteste de la bonne santé financière de l’entreprise. En octobre 2014, la PME a généré plus de 170 000 euros. Ce qui rapporté sur un an, équivaudrait à plus de 2 000 000 d’euros de chiffre d’affaires. De quoi se payer des déjeuners d’affaire à la Closerie de Lilas, une brasserie très huppée du 6e arrondissement parisien, comme le montrent les notes de frais de la SARL « antisystème ». Une société  gérée par Julien Limes, mais crée avec Marc Georges, membre fondateur également de l’association « Égalité et Réconciliation« , (il en a été très vite éjecté, en 2010), et qui n’est autre que celui devenu ensuite le responsable de com’ de Dieudonné, à la direction du site ! Les deux Soral et Dieudonné étant désormais très fâchés, comme on sait. C’est une constante dans les organisations d’extrême droite aux leaders à l’ego souvent démesuré : les exclusions, bannissements, coups bas et clashs divers sont fréquents. Entre Dieudonné et Soral est apparue aussi Noémie Montagne qui a commencé à revendiquer le nom de Quenelle (et son usage commercial !) et ça n’a pas plu au dégarni péremptoire au canapé rouge…

Sa petite entreprise

Bref, Soral le mythomane, c’est aussi une petite PME juteuse, mais pas pour ses employés.  « La PME emploie 5 salariés, parmi lesquels Julien Limes, son bras droit, rémunéré 2 500 euros net en tant que gérant de l’entreprise auxquels il faut ajouter ses dividendes au titre de son statut d’actionnaire minoritaire (20% des parts). L’équipe est composée d’une secrétaire à mi-temps payée 800 euros, d’un technicien vidéo et de deux personnes en charge de la logistique dont les salaires varient entre 1 500 euros et 2 000 euros net. » Soral lui-même touchant le gros lot avec ses droits d’auteur (qui montent à 300 000 euros annuels !) et ses revenus de biens immobiliers qui sont situés en Suisse (où il est retourné désormais). Ce qui lui permet de vivre en nabab, en s’offrant par exemple une moto à 70 000 euros, paraît-il (une Vincent-Godet-Egli). Pour gagner de l’argent c’est simple : chez Soral, on ponctionne davantage pour avoir le droit d’utiliser sa vitrine. Il prend ainsi 50% sur le prix de vente d’un livre, alors que la FNAC n’en prend que 40% ou Amazon, qui se contente de 25% ! (sur un livre vendu 20 euros, il ne revient à l’auteur qu’entre 1,14 et 2,27 euros). Et chez lui c’est la boîte d’édition qui se charge des envois, lui ne sert que de relais de vente !!!

C’est un des côtés du personnage qui a échappé à beaucoup de gens en effet. Moi y compris, je vous avoue ! Le chantre de la révolution anti-système qui balaie tout sur son passage n’est en fait qu’un petit boutiquier qui le soir venu balaie consciencieusement son local et remet sagement  les livres en place, genre Hassan Cehef des Nuls« il ne s’agit plus de s’intéresser à ce que le personnage donne à voir dans ses textes et vidéos, mais de plonger sous le capot. En savourant d’emblée un apparent paradoxe. D’un côté, Soral se répand partout, multiplie les vidéos où il dit tout ce qui lui passe par la tête, sans retenue ni pudeur. De l’autre, il fait preuve d’une timidité de violette quand il s’agit d’évoquer son portefeuille, maintenant un voile opaque sur la façon dont il le remplit. Mieux : le personnage brouille les pistes volontairement, se retranchant derrière E&R afin de dissimuler la position qu’il occupe dans certains sites de vente en ligne. Si le fait de se trouver accusé d’antisémitisme à longueur d’articles ne semble pas le gêner outre-mesure, qu’on mette en lumière ce qu’il essaye de cacher – son petit commerce – lui plaira peut-être moins. Après tout, l’activité d’épicier en ligne ne cadre pas tellement avec la posture d’« ennemi du système » qu’il se forge à longueur d’interventions. Non plus qu’avec la charte d’E&R, qui fustige « l’idéologie du monde marchand » et « la consommation compulsive » écrit ici avec justesse « Article 11″ (en 2013 déjà). A croire qu’il a écouté du Bashung. Bon, ok, mais de là à annoncer vendre des tomates, avouez qu’il y a de quoi sourire…

Le bon sens loin de chez vous (à la campagne)

Jusqu’ici, cette vieille publicité sur les tomates m’avait échappé, à vrai dire. Soral vendeur de fruits ou de légumes, voilà qui est en effet… risible. Le problème c’est que ça a failli être vrai comme vous allez le voir. L’annonce a été référencée en effet vers le site « Au Bon Sens », qui est effectivement un site existant, qui revendique la vente de « produits sains et enracinés » mais pas que… Dans le vrai foutoir que sont les pages du site, on trouve à la fois des graines à germer (les fameuses tomates se résument à ça !) et en vrac (j’ai sélectionné au pif) du « soin de lèvres bio en stick », un « seau à glace », du « Muirapuama en gélules » (« bio ») de l’Immunippin (un bête complément alimentaire vanté comme stimulant l’immunité« , en réalité du Lentin de Chêne au départ, un champignon fréquent en cuisine asiatique !), mais aussi des « bérets » (basques) ou « des casquettes » (Soral est dégarni, ça s’explique, mais en revanche pas son prix : elle est annoncée à 43,90 euros, alors que chez la maison mère elle fait 125 euros !) un « réchaud de poche » pour camping, une « ligne de pêche » (le côté survivaliste façon minimaliste je suppose) un « sac hydratation » pour randonneur, une « pelle pliante » (c’est le Manufrance des fachos ?) ou du savon noir (liquide et à l’huile d’olive !).  Mais pas de tomates véritables, donc !!!  Le rayon « potager », du site et son onglet « tomates » l’annonce en effet…  » « Pas de produit disponible dans cette catégorie ». Bref un site « bio » vide qui occupe l’espace avec de biens curieux textes comme celui consacré au fluor :

L’étrange phrase à propos des nazis est signée en fait Joseph Borkin, un personnage violemment anti-trust aux USA, auteurs du premier pamphlet américain contre les cartels internationaux … et IG Farben. On ne sait ce que lisent les disciples de Soral, mais citer les nazis en référence aux soins dentaires des enfants me paraît… hors de propos. Il y aussi l’inévitable Claire Séverac, régionale de l’étape en pays basque,  l’égérie des naturopathistes d’opérettes aux thèses hilarantes parfois, décédée brusquement en 2016, une mort qui bien sûr est devenue… un complot ! Elle a laissé des ouvrages transcendants derrière elle, un peu comme Soral : « Comment devenir footballeur professionnel » préfacé par Anelka, « Les fans et les amis de Dalida ont la parole » et le pompon, « Ici Claude François » « écrit avec le médium Pierre Pernez »  (un habitué des biographies de chanteurs,  aujourd’hui chez Présence Prod, où il doit détecter avec acuité à l’avance l’avenir des jeunes chanteurs, pour sûr). Cloclo sorti de sa baignoire tueuse via des tables tournantes ! Bien entendu c’était une anti-vaccins féroce, qui n’a a peu le temps d’être confrontée au Covid19…

Le site contient d’autres affirmations approximatives comme ce long dithyrambe sur le docteur Auguste Neveu, disciple de Pierre Delbet, à propos de l’usage du chlorure de magnésium comme produit miracle contre notamment la polio, ce qui est un hérésie médicale. Un Delbet qui a toujours, hélas , ses adeptes sur Twitter… un Soralien de plus ? Le site de bric et de broc propose dans sa rubrique livres un autre personnage tout aussi sulfureux : André Gernez, bien connu dans le Nord pour ses théories critiquées sur comment soigner le cancer (mais aussi… sur la foi !). Avec son « protocole » qui comprend surtout un simple régime (sinon un jeune intermittent, si en vogue aujourd’hui comme « détox » !) puis de la colchicine, de la cortisone et un antimitotique est encore vanté aujourd’hui par des naturopathes de tous poils alors que la médecine en a rejeté l’efficacité supposée. Les solariens, en ce sens, sont bien des complotistes ! On trouve vite dans le site l’un des auteurs de ces textes délirants : il s’appelle Alimuddin Usmani, et il est tchécopakistanais (oui ça existe !) qui est aussi auteur chez Signé Genève, tiens encore la Suisse, décidément. « Nous sommes la première plate-forme d’information communautaire genevoise conduite par une petite équipe de professionnels passionnés par les nouveaux médias, chapeautée et cautionnée par la Tribune de Genève » ,journal de bonne réputation, qui ferait bien de faire le tri de ses contributeurs avec l’ineffable soralien qu’est Alimuddin. Ce même Alimuddin qui affirme sans sourciller sur Twitter le 23 septembre 2019 que « Soral n’est pas antisémite », ignorant totalement ses nombreuses condamnations : depuis quand donc la Tribune de Genève cautionne-t-elle un défenseur de l’antisémitisme ? Ecoutons-le se présenter… accroché à a perche de selfie (on ne rit pas !)

Le tchécopakistanais anti-émigré, une espèce rare

Sa bio, il l’a fait paraître sur un autre site fascisant, celui de Yann Vallerie (Breizh Info), ouvertement d’extrême droite, un identitaire raciste (son slogan est « Maîtres chez nous « ! ). Un agitateur, adepte de la théorie du grand remplacement, prêt à balancer de fausses infos pour faire le buzz. « Je suis un journaliste indépendant né à Genève et de nationalité suisse. J’ai fait mes premières armes dans le journalisme en tant que stagiaire à Radio Prague en 2011, auprès de la rédaction francophone. Vers la fin de mon stage, j’ai saisi l’opportunité d’interroger Jean-Marie Le Pen à propos de la centrale nucléaire de Temelín. Je me souviens qu’à l’époque une journaliste de la rédaction était agacée par le fait que je puisse lui donner « une tribune ». Cet épisode m’a conforté dans l’idée d’exercer un travail journalistique libre et authentique. D’ailleurs, en juillet 2013, j’avais eu à nouveau l’occasion d’interviewer « le Menhir » et j’avais tenté de publier l’entretien sur un site participatif en Suisse. Il avait été dépublié pour des raisons qui étaient, à mon avis, assez contestables. J’ai alors contacté l’essayiste Alain Soral qui a permis de le mettre en ligne sur le site Egalité&Réconciliation. Je me suis ainsi rapproché du journalisme de réinformation et de la maison d’édition Kontre Kulture pour laquelle j’ai écrit un livre d’entretien avec le musicien de Jazz Gilad Atzmon en 2015 puis, cette année, un ouvrage pour lequel vous m’interviewez aujourd’hui. Entre 2015 et 2018, j’ai animé mon propre média, en collaboration avec une autre personne, dans lequel je traitais très souvent du thème de l’immigration ». Exactement, car voici l’ahurissant résumé de son ouvrage : « La Grande Invasion répond à ces questions. Les manoeuvres délétères d’Angela Merkel face à une Allemagne vieillissante, l’idéologie mondialiste de George Soros et ses réseaux, le rôle des ONG et des associations en Méditerranée, mais aussi à Calais ou ailleurs, le chaos généré au Moyen-Orient par Sarkozy, BHL et leurs avatars, la complicité des médias et des institutions, nationales, internationales ou communautaires travaillant main dans la main, sont passés au crible d’une analyse sans concession, couronnée par un entretien avec Alain Soral. « Tout le monde aura noté les noms de  BHL et de Soros et, à part ça, lui aussi ne sera pas plus antisémite que Soral, bien sûr. Le Gilad Aztmon cité étant lui disciple d’Israel Shamir, cet autre antisémite négationniste, dont je vous ai déjà parlé…. en compagnie de… Dieudonné (et Assange) ! Quel petit monde infect ! A ce propos, il faudra demander à Google France ce qu’il pense de la photo qui apparaît par défaut sur Google Maps quand on désire chercher où se trouver les locaux des sociétés de Soral : ce cliché, passablement HONTEUX, est ici à droite. Je dois bien vous le montrer hélas… pour vous prouver une fois de plus son antisémitisme maladif…

Drôle de maquisards

Autre livre mis en évidence qui met la puce à l’oreille dans ce pseudo site « bio »: « J’apprends mieux à la maison » (186 pages à 16 euros) signé Carmen Daudet. L’auteur en présentant son ouvrage exprime un drôle d’avis sur… l’ordre : « pour ce qui touche à la tranche d’âge traitée dans mon guide, à savoir les 3 à 6 ans, le plus important à mes yeux est la patience, et la compréhension dont feront preuve les parents à l’égard de leur enfant. Ce qui n’empêche en rien la fermeté et la discipline, autres points importants à appliquer dans le cadre de l’instruction en famille ». Les déçus de l’Education Nationale étant on le sait de chauds partisans du retour de l’école à l’ancienne…. on n’ose penser aux châtiments corporels ! Etrangement, on la retrouve aussi sur une déclinaison d’Au Bon Sens appelée « Prenons le Maquis, » (PLM), à l’image de résistance assez surréaliste : leur vidéo de présentation commence par la phrase « allo la LICRA« … annonçant d’emblée un antisémitisme revendiqué ! Sidérant ! (est-elle au courant de ce contenu nauséabond ?. Avec des phrases extraites d’un stage d’initiation vague comprenant une formation à « la boxe poings-pieds » (?) à se tordre de rire comme « quand on rentre dans le troupeau, faut que ce soit bien clair qui c’est le patron »... on y évoque aussi la spiritualité : bref, on a bien affaire à une secte, drivée d’une main de fer par un gros bras en t-shirt signé « coach », « le patron » du troupeau  !!! Le genre d’animation martiale qui fait beaucoup penser à ceux organisés dans le Nord par le responsable de la Vlaams Huis identitaire (Claude Hermant) qui a fini en prison (condamné à 9 années) pour avoir livré des armes qui ont atterri au final chez Amedy Coulibaly…

Pas de ferme, en fait !

Revenons à cette pseudo « ferme » soralienne du « Bon Sens « qui a pour adresse de site un endroit bien connu : le 3 rue du Fort de la Briche, en Seine Saint-Denis (nous voilà loin de la campagne !). Ce n’est autre en fait que l’adresse de l’entreprise de Soral, celle dirigée par Julien Limes !!! Mais ce n’est pas du tout ce qu’on en dit chez Soral : elle serait pour lui installée réellement dans le Gard, dans une « ferme d’Anduze ». « Les jeunes gens qui ont monté la structure d’Au Bon Sens sont des cadres locaux de longue date d’E&R, qui ont décidé de vivre un retour à la campagne, familial, et effectivement de ne pas seulement faire des commentaires internet, […] comme souvent les internautes de la résistance au mondialisme », s’enflamme Alain Soral Et l’un des jeunes en question, John, d’insister sur les vertus du made in France : « on fait travailler des couturières bretonnes, un agriculteur de chez nous pour la spiruline, les savonniers marseillais… Pour tous les produits où c’est possible, […] ce sont les Français qui les fabriquent. […] Nous, on est totalement indépendant. On se tient loin du système boursier, de la spéculation, des intermédiaires et tout ça ». On s’est très tôt intéressés à l’empoisonnement quotidien, la nourriture, l »alimentation« . On veut « sortir de la spirale de l’hyper médicalisation« , et privilégier « l’industrie française ». Le fameux John en question s’appelant… John Bengtsson… et sa pseudo ferme… une fiction !

En fait à Anduze, il y a autre chose en effet, ou plutôt il y avait une société appelée Eau Vive, « grossiste de produits (dits) bios » (enregistrée comme « Vente à distance sur catalogue général »), domiciliée à Saint Felix de Pallières, au 4 Bois De La Rodé, celle qui a fourni Au Bon Sens et dont les deux dirigeants s’appellent John Bengtsson et sa femme, Claire. Cette même société qui avait facturé selon, Street Press 42 250 euros de produits « bios » en octobre 2014 pour le compte de la SARL « Culture pour tous ». Les deux dirigeants ne se cachant pas d’être des supporters de Soral. Or Eau Vive, créé en 2012 a été en fait fermé le 31 juillet 2017. Fait à se tordre par terre, l’ineffable Soral, pour défendre ses sbires » écolos » dit (à 2’30 du début, ici) que le meilleur exemple du cas c’est… Dieudonné, car il est « autonome économiquement » !!!  En escroquant l’Etat comme on le sait ! Soral citant comme autre exemple le survivaliste Piero San Giorgio (de son vrai nom Piero Falotti) dont il est proche on le sait aussi (voir ici)… Soral terminant sur la valeur de son propre cerveau, qui a tant lu de livres qu’il vaut une vraie fortune selon lui. Le voici passé en deux minutes de petit épicier à Bill Gates de la dissidence ; c’est vraiment à se tordre !!!! Moins drôle, le fait qu’il explique candidement que E&R ce sont vingt personnes… mais toutes bénévoles. Un club de masochistes, sous les ordres d’un suisse fortuné ! Rappelons au passage qu’il partage la même technique que Dieudonné pour se mettre en spectacle en dehors de Paris (et aujourd’hui de la Suisse) : « chacune des sections d’Egalité & Réconciliation, l’association d’Alain Soral, « a enregistré auprès de la préfecture de sa ville une ou plusieurs associations prête-noms, pour louer plus facilement des salles », écrivent les journalistes. Par exemple à Lyon, Racines & Saveurs. Chaque année, près de quatre-vingts conférences sont ainsi organisées sous des labels différents ».

Old School, very Old School Style

Plus intéressant, ou plus inquiétant, les deux époux ont lancé en 2014 une école, « à l’ancienne » selon la presse locale. Claire Bengtsson expliquait ici cette année là « son » établissement :« Chronologie de l’histoire, des maths en calculs mental privilégié et … discipline avec port de la blouse ».. en fait c’est plus précis et bien plus rigoriste avec un règlement intérieur à faire fuir : « Tous les écoliers portent une blouse cousue au nom de l’établissement. Sont interdits tous les vêtements de marque, les jeans, les baskets (hors tenue pour le sport), les vêtements délavés ou déchirés. Pour les garçons : les cheveux doivent être courts, ni teintés ni décolorés ; les boucles d’oreille sont interdites. Sous la blouse, l’idéal est une chemise et un pantalon de ville. Pour les filles : la robe ou la jupe aux genoux est préférée. Les cheveux doivent être attachés. Toute tenue jugée déplacée pour une fillette (talons, maquillage, décolleté, gadgets de mode, etc.) est interdite. Les téléphones portables, jeux vidéos, lecteurs de musique ou autres objets électroniques sont interdits dans l’établissement ».  Faudra qu’on m’explique l’usage du décolleté au CP, mais bon… Bienvenue au goulag scolaire ! Et on n’est pas au bout de nos surprises :  « Nous sommes catholiques et nous enseignons l’histoire des saints catholiques en CP » explique a directrice. Etrange distingo. Pas une école confessionnelle, installée dans des anciens studios de danse à Saint-Césaire, mais… quand même. Qu’en pense donc Soral, qui dans le site même du Bon Sens fait la promotion du livre d’Augustin Berthe  » Jésus-Christ, Sa vie, Sa passion, Son triomphe »… sa nouvelle passion, si je puis dire, pour celui réfugié dans son Golgotha suisse !

Une école bio ?

Mais il y a mieux encore : ce jour-là, dans le même interview, la directrice, interrogée sur ses revenus,  affirme « qu’elle possède une boutique de produits bio qui s’appellent .. le Bon Sens (et non Eau Vive !), « ce qui nous permet  d’y travailler de l’école mon mari et moi… » démontrant par l’exemple qu’il n’y a pas pas de ferme bio à Anduze, celle tant vantée par son mari : aucune tomate, ne pousse à l’horizon de Soral !!! Et également que les directeurs utilisent leur école pour gérer à distance leur site qui n’a rien de local !!! Et comme revenus, celui des inscriptions des élèves (200 euros par mois et 2 000 par année scolaire, l’école table sur 50 enfants ce qui parait présomptueux mais couvrirait les dépenses avec 100 000 euros annuels) soutenus par les bourses pour les élèves qui proviennent de deux associations. l’Association Education Solidarité et…  le Mouvement Catholique des Familles ! « Avec des frais de fonctionnement qui tournent autour de 6 000 euros mensuels, (loyer, paiement des salaires à deux enseignants et une aide périscolaire), le couple n’a pas de quoi se dégager de salaire et puise dans ses économies et ses autres activités parallèles, comme la vente en ligne de produits « éco-responsables » sur leur site Au Bon Sens en collaboration avec Alain Soral. »

Et ce n’est pas tout !!! L’adresse de l’école est à Nîmes (pas vraiment à la campagne donc mais à moins de 50 bornes en voiture d’Anduze). Elle est située au 405 Avenue Docteur Fleming. Or on y trouve aussi une société immobilière, au même endroit, appelée Sogepice dont la responsable s’appelle… Claire Bengtsson. Voilà des locaux scolaires qui sont bien occupés ou bien rentabilisés ! A-t-on le droit d’exercer un métier d’entreprise au sein d’une école, je ne sais pas ce qu’en pense l’Education Nationale qui est en contrat avec elle. Sachant que le webmaster de E&R exerce aussi ses talents ailleurs (5), je m’inquiéterais un peu. A Canaules-et-Argentières, entre Anduze et Nîmes, en revanche, on trouve une société immobilière également appelée BPI, dont le directeur s’appelle John Bengtsson. Et une autre encore appelée A l’Ombre du Murier (créée en 2011), toujours à Canaules et Argentières qui fait aussi dans l’immobilier. Et aussi Merrow International Consulting, société de conseil créée fort récemment présentant le même président : John Bengtsson et toujours au même endroit, rue StJean de Serres. Pour des « cadres locaux de longue date d’E&R, qui ont décidé de vivre un retour à la campagne, familial, et effectivement de ne pas seulement faire des commentaires internet »… avouez que ça la fout un peu mal ces occupations bien citadines, disons !!!

Ce sont tout… sauf des agriculteurs !

La tentation de l’exil à la campagne semble avoir un bon bout de temps titillé notre beau parleur de salon : « Le leader d’extrême droite et une poignée de ses fidèles ont acheté » sur le territoire de la commune de Ternant (Nièvre) un hameau! Six bâtisses qui leur serviront à accueillir un « festival de la Réconciliation »; C’est un hameau du Morvan de six hectares dans un lieu dit La Souché, occupé depuis  janvier 2015 par des adeptes, inscrits sous le nom d’une SCI immobilière, celle appelée Les Chapuis, qui est, ne cherchez pas bien loin au nom de… « Mr Limes Julien » puis Grégory Borie du Grau-du-Roi en 2017 (et son gérant le dijonnais Simon Champeaux). « Sur place, à la ferme des Chapuis, on ne conteste pas qu’Alain Soral est parti prenante de l’acquisition : « Nous sommes une dizaine de co-propriétaires, de toute la France. M. Soral est l’un d’entre-eux », confirme un des « hommes de chantier ». Alain Soral vient-il sur le chantier donner la main ? La question embarrasse un peu les tenanciers de l’Auberge fleurie : « Il viendra sûrement cet été ». Alors qu’une photo postée en mars sur le Facebook d’Alain Soral le montre, déguisé en chevalier partant en croisade, devant une encadrure de porte qui ressemble à la ferme des Chapuis (ici à gauche). Sur le chantier, on assure que ce n’était pas à Ternant ». Ah tiens, mais pourquoi donc mentir ?

Champeaux avait des ambitions agricoles assez particulières à partir de la ferme délabrée achetée : en octobre 2013, il envisageait en effet « la création d’une société agricole ayant pour activité une culture de fruits à pépins et à noyaux. Cette idée d’exploitation des terres attenantes à la ferme, semble en effet avoir pris du plomb dans l’aile » nous dit Le journal de Saône et Loire.
Depuis, rien n’a été fait dans ce sens. Les néo-ruraux se prenant pour Nicolas Favre ont bien retapé les bâtiments, refait le toit et fabriqué un potager, mais pas d’activité agricole durable à l’horizon. Sur le site E&R on lui avait déjà trouvé une autre vocation il est vrai : « il y proposait l’an dernier en effet des stages de survie, « à quelques kilomètres du Mont-Beuvray », là où « Vercingétorix fut proclamé chef des Gaules », décrit le programme. Il y a quelques mois, une vidéo servait de teasing à cette formation « survivaliste », visiblement tournée sur un camp de base non loin de La Grande-Verrière. ». Bref encore du survivalisme à la Piero San Giorgio !!! Le fameux stage survivaliste étant en effet tenu par cet étrange formateur musulman et patriote appelé Abdelali Baghezza, alias Albert Ali. Un autre cas encore que celui-là. Il ne semblait pas avoir réuni plus d’une poignée d’individus, frigorifiés sur place. Comme l’a noté ici un bloggeur, on ne s’embarrasse pas trop avec le décorum chez le adeptes de Soral : « l’un des consultants, et certainement associé de l’entreprise militante à but lucratif Instinct de survie, est Frédéric Delavier, spécialiste des méthodes de musculation, qui donne des entretiens promotionnels relayés par le site d’égalité et réconciliation. Un détail attire l’œil : le t-shirt d’une marque de fringues néo-nazie hongroise« … (présente sur Facebook !). Delavier est d’une rare prétention…

Il y a encore deux autres boutiques soraliennes : une qui vend du vin « Sanguisterrae » (5), et celle promue par Piero San Giorgio, « Instinct de Survie » (lire ici le personnage). Or « Sanguisterrae, Kontre Kulture, Instinct de Survie et Au Bon Sens affichent ainsi un numéro de Siret identique. Ils demandent aussi d’inscrire cette SARL comme bénéficiaire des paiements par chèques. Et ils donnent comme lieu d’expédition des commandes une même adresse, dans le 93. Il s’agit de la zone d’activités de La Conche, en périphérie de Saint-Denis (ici à droite). Dans ces anciens hangars, un promoteur privé a aménagé des dizaines d’espaces de 150 et 75 mètres carrés, qu’il propose à la location. Sans se montrer inutilement regardant : « Du moment que tu payes, tu peux faire du trafic de drogue, j’en ai rien à foutre », rigole le gardien. L’association E&R, qui y a aussi installé son siège social ». On est loin, très loin de la nature et des petits oiseaux !!! Et va falloir en vendre désormais des graines de tomates depuis que la principale source de revenus a été tarie cet été….(7) même tarif – enfin- pour Dieudonné).

Un avis bien tranché

Tous ces faux-semblants, ces faux retours à la campagne et cette vraie fuite en Suisse (8) sont caractéristiques du délire qui anime le mec. C’est avant tout un paranoïaque qui veut enrôler des gens dans son délire essentiellement antisémite. Vous allez me dire que je ne suis pas psy, et c’est vrai. Mais d’autres que moi ont émis un avis plus tranché parfois à son sujet. Voici l’un des plus pertinents, celui de quelqu’un de plutôt conservateur d’ailleurs désormais :  « Mais qui suis-je, créature ordinaire, pour juger un homme? Comment puis-je savoir, moi qui suis derrière mon ordinateur? Je lui dois quelque chose, je le sais. Je n’avais aucune conscience sociale avant 2010. Je fais partie de la génération des « moi-je », rejetons de soixante-huitards sans direction morale qu’il s’était chargé d’éduquer, en quelque sorte, de la même manière que Zemmour. Littérairement même, je lui dois. Jusqu’à un point incertain, il assumait le retour de l’autorité, de l’ordre entre les jeunes et les vieux, du savoir académique et de sa transcendance dans une attitude édifiée avant tout par l’expérience: beaucoup lui en sont encore redevables. Jusqu’à un point incertain… Comment ne pas voir un faux-jeton sur ce canapé rouge, dans ce fond noir d’où se détache la tête rasée, l’imperturbable gourou, le bavard à l’aise, jambes écartées, déblatérer sans vergogne sur sa vie privée, en escamotant la réalité ? Cette mise en scène reflète la dureté, la dualité du personnage qui transforme sa vie en étude sociale (ce qu’avait remarqué Brigitte Lahaye, d’ailleurs). La veille (2 déc.), les jambes encore plus écartées, il assénait que le catholicisme devait redevenir la religion d’Etat de la France. Sa schizophrénie est désormais parfaitement étalée; et le paranoïaque heureux protégé par sa bande peut débiter à l’infini les mots obscénité, imposture, système qui lui vont comme un gant ».

(1) pour écrire un sujet sur les envoyeurs chinois de graines, qui ont défrayé récemment la chronique je suis tombé direct sur le site à graines de tomates de Soral !!  Imaginez ma tête !
(2) comme ce n’est pas un sujet fondamental pour moi, je ne m’étais pas auparavant penché sur la question du business de Soral, au contraire de ce que j’avais fait avec celui de Dieudonné quand celui-ci avait commencer à squatter le net. C’est pourquoi cette découverte paraîtra tardive à certains. L’enquête sur Dieudonné est ici. Il y a eu 17 épisodes, et je pourrai depuis en rajouter pas mal en effet.
(3) on peut appeler ça une fuite et un manque de courage flagrant : lors d’un de ses derniers procès en avril 2019 les juges avaient requis un mandat d’amener à son encontre. Il avait fait appel. Il avait été condamné à Paris à un an de prison ferme pour négationnisme.

(4) mais aussi des ouvrages antisémites comme La France Juive d’Edouard Drumont (collection Les InfréKentables,  Le Salut par les Juifs de Leon Bloy (collection Les InfréKentables), Le Juif international d’Henry Ford, La Controverse de Sion de Douglas Reed, l’Anthologie des propos contre les Juifs, et Le judaïsme et le sionisme de Paul-Eric Blanrue. Un lot qu’adorent les gilets jaunes comme on a pu le voir et l’entendre, hélas..

(5) « Pour diffuser ses idées, Alain Soral peut compter sur une « cellule Wikipedia » qui interviennent dans les articles de l’encyclopédie en ligne pour les modifier. A sa tête, un développeur lyonnais, Stéphane Condillac, (alias Rovidati) fondateur du site Telechatte.fr, « le site des amoureux des chattes naturelles ». Ce n’est pas le seul lien avec le porno : « plusieurs sites « porno-dissidents », comme Pornoquenelle (devenu saucissonsexe.com), évoluent dans la sphère soralienne. A leur tête, Pierre Harlaut, développeur de sites X qui gère notamment la boutique du célèbre site porno Jacquie et Michel ».  Ce dernier vient d’êre accusé de proxénétisme. Harlaut, lui, est aussi passé à la binette et au jardinage !!! Il a lui même commenté sa carrière : « C’est pas très glorieux, mais y a eu un passage chelou dans ma life »… Je l’avais déjà répéré lui aussi.. : « Propriétaire d’une franchise de sextoys (« SMB Prod », qu’il vante bien sûr dans ses sites pornos), c’est lui aussi qui se cache derrière les sites aux noms évocateurs (dont un « Salopes d’élevage » digne de Bigard, d’un sans surprise « Scarfesse » ou d’un bien plus classique « Miss sodomie« – »…  Espérons qu’il se contentera désormais du livre de Jean-Luc Henning !

(6) dont le gérant, Charles-Alban Schpens, est un ancien responsable du Front national de la Jeunesse en Bourgogne mais aussi le président de la Fraternité franco-serbe… (ici à droite avec la femme de Jean-Marie…). C’était l’homme en béret au fond à gauche sur l‘affiche de la liste antisionniste de 2009 de Dieudonné !!!

(7) sorti par le porte il pourrait déjà être rentré par la fenêtre sous le nom de Ancient Black Ops... A You Tube de s’en apercevoir et de cesser de recourir à de simples robots en modération !

(8) il va y retrouver ses copains tels David Lépée et Behnam Najjari, président du groupuscule “Egalité et Réconciliation Suisse ». En 2015 il s’était fait perquisitionner par la police genevoise : il possédait chez lui des armes de guerre tels des que des AK-47, des M16 ou encore une MG-42 (mitrailleuse lourde allemande utilisée notamment lors de la 2ème guerre mondiale). Les policiers ont également trouvé chez lui un  drapeau nazi et de la littérature d’extrême-droite et d’extrême-gauche avait relevé ici la Horde.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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