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Projet Northern Gateway – Les opposants au pipeline ne sont pas des radicaux

? retenir

Le d?clencheur ? Les opposants au projet de Northern Gateway

Voici un extrait de la lettre de Joe Oliver, ministre des Ressources naturelles du Canada, au National Post, publi?e le 10 janvier 2012.

?Malheureusement, certains groupes environnementaux et d?autres groupes radicaux cherchent ? g?cher cette occasion de diversifier notre ?conomie. Leur objectif consiste ? bloquer tous les projets d?importance, peu importent les cons?quences pour les familles canadiennes, que ce soit en pertes d?emploi ou sur le plan de la croissance ?conomique.

Pas d?exploitation foresti?re. Pas d?exploitation mini?re. Pas d?exploitation p?troli?re. Pas d?exploitation gazi?re. Plus de barrages hydro?lectriques. Ces groupes menacent de prendre le contr?le de notre syst?me de r?glementation pour imposer leur id?ologie radicale.?

***

Monsieur Joe Oliver, ministre des Ressources naturelles du Canada,

La lettre que vous avez publi?e la semaine derni?re a attir? mon attention. Je vous respecte et je vous admire ? titre de coll?gue ? la Chambre. Malheureusement, je crois que votre poste de ministre des Ressources naturelles a ?t? r?cup?r? par la machine ? propagande du cabinet du premier ministre. ? son tour, le cabinet est contr?l? par les lobbyistes des p?troli?res ?trang?res. Vous, ? titre de ministre des Ressources naturelles, occupez un poste de d?cideur, de juge. Vous n’auriez pas d? ?crire une d?claration aussi hyperbolique.

J’ai reproduit en introduction de cette lettre un court extrait de votre lettre de la semaine derni?re. L’id?e que les Premi?res Nations, les groupes vou?s ? la conservation et les personnes s’opposant ? la construction du pipeline Northern Gateway sont ?galement contre toute forme d’exploitation foresti?re, mini?re, hydro?lectrique et gazi?re n’est pas fond?e. Je suis contre la construction du pipeline Northern Gateway. Mais je ne suis pas contre toute forme de d?veloppement, non plus que le Parti vert, les ONG environnementales et les Premi?res Nations.

Je suis contre le pipeline Northern Gateway pour plusieurs raisons, ? commencer par le fait que le projet n?cessite la lev?e du moratoire sur le trafic p?trolier le long de la c?te de la Colombie-Britannique. Le moratoire f?d?ral-provincial ? l’?gard des navires p?troliers a ?t? adopt? il y a des d?cennies. Comme l’ancien sous-ministre d’Industrie Canada, Harry Swain, l’a indiqu? [la semaine derni?re] dans le Globe and Mail, la circulation de navires p?troliers dans 300 km de voies navigables p?rilleuses o? les mar?es sont tr?s fortes est une solution peu recommandable. En d?cem-bre 2010, m?me le Commissaire ? l’environnement du gouvernement, qui rel?ve du Bureau du v?rificateur g?n?ral, a signal? que le Canada ne disposait pas des outils n?cessaires pour r?agir ? un d?versement de p?trole. Voil? des pr?occupations l?gitimes.

Exportation d’emplois

D’ailleurs, l’installation d’un pipeline dans les r?gions sauvages de la Colombie-Britannique, plus particuli?rement dans des r?gions reconnues partout dans le monde pour leur importance, comme la Great Bear Rainforest, est une mauvaise id?e. Les quelque 1200 kilom?tres de pipeline traversant les r?gions sauvages et les territoires des Premi?res Nations seront difficiles ? surveiller.

Qui plus est, le Syndicat canadien des communications, de l’?nergie et du papier, le plus grand syndicat de l’?nergie du Canada, a d?clar? que ce serait une mauvaise id?e d’exp?dier du p?trole brut ? l’?tranger. Le SCEP estime que cela entra?nera l’exportation de 40 000 emplois ? l’?tranger (ces donn?es sont fond?es sur le nombre d’emplois perdus en raison du pipeline Keystone). Ce syndicat pr?f?rerait que le raffinage du p?trole brut soit effectu? ici au Canada (de plus, le SCEP est une autre preuve que votre all?gation selon laquelle les opposants du pipeline Gateway sont ?galement contre toute forme d’exploitation foresti?re, mini?re, p?troli?re, gazi?re, etc., est tout simplement absurde).

Les attaques ? r?p?tition de votre gouvernement contre les examens des effets environnementaux sont dignes de mention. Les lois f?d?rales sur l’examen des effets environnementaux ont ?t? adopt?es par le gouvernement Mulroney. ? plusieurs reprises, votre gouvernement a mis ? mal le processus, tant au moyen de modifications l?gislatives, pass?es de force dans le projet de loi omnibus 2010 sur le budget, qu’au moyen de restrictions budg?taires.

Groupes radicaux ?

Dans la lettre publi?e mardi, vous ridiculisez le processus au moyen d’un exemple trompeur. Par votre exemple d’une ?patinoire temporaire sur un lac gel? ? Banff? n?cessitant l’examen du gouvernement f?d?ral, vous d?siriez clairement donner l’impression que la port?e de ces examens ?tait devenue absurde. Vous avez oubli? d’indiquer que la patinoire se trouvait dans le parc national. Voil? la seule raison pour laquelle le gouvernement f?d?ral devait participer au processus. C’est prescrit dans la Loi sur les parcs nationaux. Le fait qu’il n’a fallu que deux mois pour obtenir l’autorisation montre que le syst?me fonctionne assez bien.

Ce qui est probablement le plus troublant dans votre lettre, c’est votre description des opposants au pipeline Northern Gateway, qui proviendraient de ?certains groupes environnementaux et d’autres groupes radicaux?. Nulle part dans votre lettre vous ne parlez des Premi?res Nations (j’ai remarqu? toutefois que vous dites ?communaut?s autochtones?, mais les Premi?res Nations ont droit au respect que l’on doit ? un palier de gouvernement, en plus de celui que l’on doit ? des personnes appartenant ? des communaut?s).

Le gouvernement f?d?ral a la responsabilit? constitutionnelle de respecter la souverainet? des Premi?res Nations et de prot?ger leurs int?r?ts. Il s’agit d’une relation entre nations. D?nigrer leur opposition au projet en l’incluant dans ce que vous d?crivez (deux fois) comme des groupes ?radicaux? est tout aussi malsain qu’impr?cis.

Voici la d?finition de ?radical?: ?qui vise ? agir sur la cause profonde des effets qu’on veut modifier? (Petit Robert). Selon cette d?finition, les Premi?res Nations, les groupes vou?s ? la conservation et les personnes qui s’opposent ne sont pas des radicaux. Ils cherchent ? prot?ger l’essence originelle des r?gions sauvages du nord de la Colombie-Britannique, la sant? ?cologique des ?cosyst?mes c?tiers de cette province et l’int?grit? des examens des effets environnementaux. C’est votre gouvernement qui est radical en proposant des modifications de fond en comble de ces valeurs.

Une caricature

Votre gouvernement n’a pas pr?sent? de strat?gie ?nerg?tique au Canada. Nous n’avons pas de politique de l’?nergie. Nous importons encore plus de la moiti? du p?trole que nous utilisons. De plus, nous n’avons pas de plan pour r?duire notre d?pendance aux combustibles fossiles alors que nous signons des d?clarations internationales sur le besoin de faire en sorte que les gaz ? effet de serre ne s’?l?vent pas ? plus de 450 ppm dans l’atmosph?re afin d’?viter de faire augmenter la moyenne de la temp?rature mondiale de plus de deux degr?s Celsius. La crise climatique menace notre avenir, y compris notre avenir ?conomique, de plusieurs fa?ons qu’ignore votre gouvernement.

En caricaturant ce probl?me comme une bataille des groupes environnementaux radicaux contre la prosp?rit? future du Canada, vous nuisez au d?veloppement d’une politique publique raisonnable. Il existe d’autres fa?ons de diversifier les march?s de l’?nergie du Canada. Il existe d’autres chemins, d’autres projets et, tout simplement, d’autres formes d’?nergie. Je vous invite ? pr?server votre r?putation en refusant de signer d’autres lettres aussi indignes et impr?cises.

***

Elizabeth May – D?put?e de Saanich-Gulf Islands et chef du Parti vert du Canada

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