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Procès Xynthia : quand Sarkozy favorisait les catastrophes

Justice-CP

Il n’est évidemment pas question de rendre l’ex-président responsable de la tragique submersion des terres qui, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, a fait 29 morts dans la seule commune de La Faute-sur-Mer. Mais c’est incontestablement à des comportements irresponsables comme le sien que l’on doit imputer le drame qui a endeuillé tant de familles…

 

Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter ce qu’affirmait Sarkozy dans un discours tenu face à la presse le 3 mars 2009, quelques mois seulement avant que les flots meurtriers de l’Atlantique, poussés par la tempête Xynthia en conjonction avec un coefficient de marée élevé, ne viennent submerger des centaines d’habitations, en entraînant la mort de dizaines de personnes, surprises dans leur sommeil par la terrifiante et inexorable montée des eaux : « Il faut rendre constructibles les terrains inondables » !

 

Jamais un permis de construire n’aurait dû être délivré pour bâtir en ces lieux dont tous les élus des côtes de Vendée et de Charente-Maritime savaient pertinemment qu’ils étaient submersibles, et par conséquent susceptibles d’exposer tôt ou tard les biens, mais aussi et surtout les personnes, à des catastrophes naturelles.

 

Hélas ! Entre les ambitions d’urbanistes des uns, l’appât du gain des autres, et l’incurie généralisée, ce sont des dizaines de milliers de braves gens qui, sur tout notre territoire national, sont exposés à voir leurs biens détruits et leurs vies menacées. Comment pourrait-il en aller autrement alors que le président de la République lui-même appelait, au mépris du bon sens le plus élémentaire et des expériences du passé, à défier les lois naturelles en favorisant la construction dans des zones à risque et en appelant, comble de cynisme, à « assouplir la Loi Littoral », au risque d’aiguiser les pires convoitises ? « Il faut rendre constructibles les terrains inondables », voilà qui, à la lumière des évènements d’une nuit d’horreur, résonne comme une insulte à la raison.

 

Hier s’est ouvert au Tribunal de Grande Instance des Sables d’Olonne le « procès Xynthia ». Cinq personnes, impliquées à des titres divers, comparaissent pour répondre de ce drame qui a causé la mort, dans des conditions effroyables, de 29 habitants de La Faute-sur-Mer. Mais d’autres personnes ne sont pas présentes dans le box. À commencer par le préfet Jean-Jacques Brot qui n’a jamais pris la décision d’ordonner aux maires concernés l’évacuation qui s’imposait au vu des informations qui, d’heure en heure, dessinaient le drame à venir. Le préfet disposait pourtant : 1) Des cartes détaillées des zones submersibles. 2) Du coefficient des marées, calculé et connu un an à l’avance. 3) De l’annonce par Météo-France d’une très forte dépression synonyme de surcote significative de la marée, autrement dit d’une élévation anormale du niveau des eaux. 4) De la prévision, toujours par Météo-France, de violents vents d’ouest interdisant à marée haute l’écoulement des rivières et susceptibles de provoquer des vagues de marée submergeantes.

 

Mais comment en vouloir à M. Brot ? Zélé serviteur* de l’exécutif au pouvoir, peut-être a-t-il été inhibé par le discours du chef de l’État de l’époque, un certain Sarkozy Nicolas… Comment, en effet, prendre ses responsabilités quand, au lieu d’exiger des relais territoriaux que sont les préfets, qu’ils agissent en absolue priorité pour empêcher** les élus et les promoteurs de bâtir en des lieux connus depuis des temps immémoriaux pour leur dangerosité, on leur tient en haut lieu un discours gravement déresponsabilisant ? « Il faut rendre constructibles les terrains inondables », disait peu avant cette nuit d’horreur de février le chef de l’État. C’est donc qu’il n’y avait pas de danger à laisser vivre des personnes dans des sites submersibles…

 

* Et pour cause : rappelons-nous le sort réservé, en janvier 2009, à Jean Charbonniaud, préfet de la Manche, démis de ses fonctions pour avoir laissé jaillir des cris hostiles de manifestants venus accueillir Sarkozy à Saint-Lô ; rappelons-nous également le sort fait, en septembre 2008, à Dominique Rossi, préfet coordinateur des services de sécurité en Corse, coupable d’avoir voulu éviter des affrontements entre policiers et militants nationalistes, au prix de quelques brins de gazon piétinés sur la pelouse de Christian Clavier..

 

** Il existait déjà à cette époque un Plan de Prévention des Risques, très largement bafoué par les élus locaux dans une indifférence quasi-totale des préfets pourtant chargés d’en faire respecter les termes.

 

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