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Proc?s de Guy Turcotte – Le risque r?el de la normalisation de la violence au Qu?bec

Roxane de la Sablonni?re, professeure agr?g?e, D?partement de psychologie, Universit? de Montr?al et Donald M. Taylor, professeur titulaire, D?partement de psychologie, Universit? McGill

***

?Nous soutenons que le verdict du proc?s de Guy Turcotte est porteur d?une cons?quence soci?tale subtile, invisible et profonde: la normalisation de la violence au Qu?bec, et plus particuli?rement de celle ? l??gard des femmes et des enfants.?

La majorit? des Qu?b?cois ont ?t? outr?s par le verdict rendu ? la suite du proc?s pour infanticide de Guy Turcotte: un jury de 11 personnes a d?clar? la non-responsabilit? criminelle d’un p?re qui a tu? de mani?re horrible ses deux jeunes enfants.

Dans cette lettre, nous ne commenterons ni la mani?re dont le juge a tri? la preuve ni sa fa?on de transmettre les instructions aux membres du jury en vue de la d?lib?ration: nous laisserons les experts en droit d?battre de ces questions. D’ailleurs, notre but n’est pas de traiter de la l?gitimit? d’employer un jury dans le cadre d’un tel proc?s. Nous ?viterons ?galement de nous prononcer sur les ?valuations psychiatriques de Guy Turcotte effectu?es par les m?decins sp?cialistes appel?s ? t?moigner: les experts m?decins pourront juger de la validit? de ces expertises.

Nous proposons plut?t une r?flexion sur l’impact d?vastateur de ce verdict pour tous les Qu?b?cois. Nous soutenons que le verdict du proc?s de Guy Turcotte est porteur d’une cons?quence soci?tale subtile, invisible et profonde: la normalisation de la violence au Qu?bec, et plus particuli?rement de celle ? l’?gard des femmes et des enfants. Avec la normalisation de la violence, ?l’inacceptable? devient ?acceptable?.

Les impacts

La normalisation de la violence peut prendre deux formes, l’une directe et l’autre indirecte. Dans sa forme directe, la normalisation de la violence se manifeste lorsque des personnes en viennent ? croire qu’il est dor?navant acceptable de s’engager dans des actions de nature aussi violentes que celles commises par Guy Turcotte.

La violence de ce dernier repr?sente non seulement la pire forme de violence ? l’?gard des enfants, mais aussi l’une des pires formes de violence conjugale, soit la mort de ses enfants caus?e par son conjoint. Certains pourront croire que le fait que Guy Turcotte ait ?t? jug? non criminellement responsable donne carte blanche ? tout individu qui veut commettre un crime semblable.

Cependant, comme le crime en soi est extr?me, cet impact demeurera marginal. Les hommes et les femmes qui agiront de la sorte dans le futur seront rares. La normalisation directe de la violence, bien qu’inqui?tante et r?elle, n’est pas ce qui nous pr?occupe sur le plan soci?tal.

C’est plut?t la normalisation indirecte de la violence qui est inqui?tante pour la soci?t? puisqu’elle a le potentiel de toucher l’ensemble des Qu?b?cois. Par sa forme sournoise et insidieuse, la normalisation indirecte de la violence a d’ailleurs le potentiel de nous affecter dans toutes les sph?res de nos vies.

La comparaison

La normalisation indirecte de la violence repose sur le fait que Guy Turcotte pourrait devenir une cible de comparaison qui guidera les hommes et les femmes dans l’interpr?tation de leurs propres comportements, les plus violents comme les moins violents. Tous les comportements violents de plus faible intensit? que ceux commis par Guy Turcotte pourraient alors ?tre per?us comme ?acceptables?, voire ?positifs?. Les gens en viendraient ? se dire: ?Mon comportement « X » est appropri?, car ce comportement n’est rien en comparaison de ce qu’a fait Guy Turcotte.?

Si un homme insulte sa femme en public, il pourrait penser que son comportement est ?normal?. La femme serait m?me susceptible, si elle s’oppose au comportement de son mari, de se faire r?pondre: ?Pourquoi chiales-tu? Je n’ai rien fait comparativement ? ce que Guy Turcotte a fait.?

Si un parent d?cide de donner un coup de poing ? son enfant de quatre ans au point de lui briser le nez, cette personne pourrait se dire ? elle-m?me: ?Le fait d’avoir inflig? cela ? mon enfant n’est « rien » par rapport ? ce que Guy Turcotte a fait subir ? ses enfants. Si Guy Turcotte ne va pas en prison pour ses actes, le fait que je violente mon enfant n’est pas si grave que cela.?

Si un homme harc?le sa conjointe et la menace de mort, au point de la suivre secr?tement dans un centre d’h?bergement pour femmes violent?es, il pourrait penser que son comportement est ?correct?. En fait, un homme qui harc?le psychologiquement sa femme a l’air d’un ?saint? s’il est compar? ? Guy Turcotte. Les actions de l’homme qui harc?le sa femme pourraient ainsi para?tre plus l?gitimes.

Si une femme rentre ? la maison ext?nu?e apr?s une dure journ?e de travail et qu’elle se met ? crier et ? humilier ses enfants qui chantent et sautent partout, elle pourrait croire que son comportement est inoffensif. M?me si tous s’entendent pour dire que les cons?quences de la violence psychologique sont d?sastreuses pour le d?veloppement de tout ?tre humain, cette femme pourrait d?mentir la violence de ses actes en les comparant ? ceux de Guy Turcotte.

Une estime renforc?e

La comparaison effectu?e avec Guy Turcotte aura des impacts d?vastateurs parce qu’elle pourra servir ? renforcer l’estime de soi des agresseurs. En effet, un des besoins fondamentaux de l’?tre humain est d’avoir une estime de soi positive, c’est-?-dire sentir qu’il est une personne de valeur. Afin de d?terminer si notre estime de nous est positive ou n?gative, nous nous comparons aux autres personnes.

Par exemple, si une femme d?sire savoir si elle est un bon parent, elle peut se comparer ? sa propre m?re. Elle pourra ?galement se comparer aux m?res qu’elle voit dans ses ?missions de t?l?vision pr?f?r?es. Si la m?re avec qui elle se compare est ?pire? qu’elle, elle conclura qu’elle est ?une bonne m?re?. C’est cette comparaison avantageuse, entre autres, qui fera en sorte que la personne d?veloppera une estime de soi positive.

Ce processus de comparaison a lieu tous les jours, et plusieurs fois par jour. M?me si certaines personnes affirment publiquement ?qu’elles se comparent plut?t avec elles-m?mes?, il demeure que l’assise des comparaisons est celle ayant pour objet d’autres personnes. Sans les autres, m?me une comparaison avec soi-m?me perd tout son sens.

Le co?t le plus fondamental du verdict du proc?s de Guy Turcotte est donc la diminution de la norme de comparaison. Si avant il ?tait inacceptable de violenter son enfant, avec le verdict du proc?s de Guy Turcotte, l’acte violent pourrait dor?navant ?tre per?u comme ?acceptable? par les agresseurs. Ainsi, ils pourraient comparer leur geste avec le crime commis par Guy Turcotte. Cette comparaison les valoriserait et leur donnerait m?me un certain r?confort. Bref, la comparaison avec Guy Turcotte est ce qui favorisera une estime de soi positive chez les individus adoptant des comportements violents ? l’?gard d’autrui.

De nombreux travaux scientifiques ont d?montr? un lien positif entre comparaison favorable et estime de soi positive. Par exemple, si je compare mon comportement avec celui de Guy Turcotte, il est possible que je pense avoir bien agi. Cette conclusion aura un effet direct et positif sur mon estime de moi.

Comme rien ne peut ?quivaloir au comportement de Guy Turcotte, toute action violente moins extr?me permettra ? tous de se justifier facilement, voire de se sentir bien avec eux-m?mes. De plus, comme le proc?s et le verdict concernant Guy Turcotte ont ?t? largement m?diatis?s, Guy Turcotte peut facilement devenir une cible de comparaison pour les parents.

Au cours des derni?res d?cennies, les Qu?b?cois se sont unis pour instruire la soci?t? quant ? l’?tendue des comportements ?inacceptables? en mati?re de violence, surtout celle ? l’?gard des femmes et des enfants. Plusieurs accomplissements ont ?t? r?alis?s, de sorte que des comportements comme le harc?lement et la violence psychologique sont maintenant rejet?s par tous. Or le verdict du proc?s de Guy Turcotte risque de remettre en cause ces avanc?es.

La normalisation indirecte de la violence pourrait faire augmenter le nombre de comportements violents au Qu?bec. Seule une infime minorit? de ces comportements atteindront l’ampleur de ceux commis par Guy Turcotte. Toutefois, une normalisation indirecte de la violence am?nerait plusieurs comportements auparavant sanctionn?s ? ?tre dor?navant per?us comme ?acceptables? par les citoyens. Le spectre de la violence est dor?navant ouvert: ?l’inacceptable? devient ?acceptable?.

La nature outrageante du crime de Guy Turcotte envers son ex-femme et ses deux jeunes enfants entra?ne les normes sociales ? leur plus bas. Notre seul espoir dans cette triste affaire est que la mort d’Anne-Sophie et d’Olivier pourra servir ? resserrer les valeurs de la soci?t? qu?b?coise, pour que les enfants, les femmes et les hommes puissent se d?velopper et ?voluer dans une soci?t? o? ils n’ont pas ? craindre pour leur vie et celle de leurs enfants.

Peut-?tre qu’une telle r?action de la population au verdict ?tait n?cessaire pour qu’un mouvement de col?re contre la normalisation de la violence au Qu?bec s’installe. Notre propre lecture des m?dias semble d’ailleurs refl?ter cet engagement.

N?anmoins, nous craignons qu’avec le temps la normalisation de la violence atteigne son plus haut niveau et que les gens se souviennent seulement du verdict de non-responsabilit? criminelle rendu au terme du proc?s de Guy Turcotte. Lorsque l’attention m?diatique quant au verdict s’estompera, il existe un r?el danger de normalisation indirecte de la violence. Qu’est-ce que les Qu?b?cois retiendront ? long terme? Le verdict du proc?s? Ou bien leur d?go?t par rapport ? la normalisation de la violence au Qu?bec?

Nous esp?rons que l’affaire Guy Turcotte est cette goutte qui fera d?border le vase et que tous les citoyens, tant hommes que femmes, continueront de t?moigner leur m?contentement par rapport ? cette situation, ainsi qu’? la violence en g?n?ral. Nous esp?rons que les hommes et les femmes s’uniront et diront NON ? la normalisation de la violence afin de prot?ger leurs enfants, et aussi les enfants de demain.

Finalement, nous esp?rons que Guy Turcotte ne deviendra pas la cible de comparaison au quotidien lorsqu’il sera question de violence physique et psychologique afin que l’inacceptable demeure inacceptable.

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Roxane de la Sablonni?re, professeure agr?g?e, D?partement de psychologie, Universit? de Montr?al et Donald M. Taylor, professeur titulaire, D?partement de psychologie, Universit? McGill


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    Un verdict par jury comporte toujours un risque de manipulation et donc d’injustice, d’autant plus grand que le système judiciaire, pour des raisons socio-historiques, accepte et même valorise la prestation des avocats, laquelle est pourtant intrinsèquement porteuse d’un biais: le talent de l’avocat modifie la perception objective des faits.

    Est-ce bien ce qu’on veut, dans une société où c’est le client qui paye son avocat et où on peut donc supposer raisonnablement que les plus fortunés auront accès aux avocats les plus compétents… alors qu’on prétend que la justice doit être la même pour tous ?

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/07/08/le-mystere-du-jury-turcotte-1-4-194-304/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/07/22/mettre-a-lecart-le-fou-qui-a-tue-ses-enfants/

    Pierre JC Allard

    • avatar

      Le client qui paye son avocat…
      Je connais bien votre opinion suite à l’écoute d’une émission avec François Marginean.
      Opinion est une façon de parler…
      Dans une vision globale de société, plus les riches sont riches, plus ils ont accès à des avocats que l’on paie selon leur talent d’argu-menteurs.
      Une des grandes injustice du système est que plusieurs abandonnent à la justice à laquelle ils auraient droit, sachant bien qu’un paysan ne peut rien contre les 75 avocats de Monsanto.
      Dans les petites causes, c’est la même procédure.
      Les meilleurs ne sont sans doute pas du côté de la justice, mais de celle du droit. 🙂

  2. avatar

    Nous assistons à une radicalisation de droite du système de justice canadien fondé davantage, qu’il sera, sur la répression pénale. Et nous assistons en contrepartie à une érosion des droits de la santé mentale au profit du droit au châtiment. Je ne suis pas avocat. Je n’ai pas de blog. Je n’ai pas écrit des thèses vindicatives sur ce procès. Mais je vous dis simplement ma grande inquiétude. Nous ferons haro sur les posychologues, les psychiatres, et la médecine parce qu’elle pose des diagnostics en matière de santé mentale. Et nous exigerons la disposition des jurys parce que dans une cause une population vindicative s’est opposée à une décision de pairs. Les pédiatres soutiennent que le système de justice doit refléter le fait que les adolescents sont différents des adultes et leur offrir en conséquence les services dont ils ont besoin. Et qu’en est-il de la maladie mentale? Dangereuse fragilisation que ce débat auquel je refuse de tranche pour les uns et pour les autres. Le système pénal canadien, avant les tentatives de radicalisation des conservateurs de droite au gouvernement fédéral, répondait, bien imparfaitement, il en faut en convenir, à une société de droit. La commentaire de Gaétan Pelletier est plein de sagesse.

    Pierre R. Chantelois

    • avatar

      @Pierre R.
      Il y a longtemps que la psychiatrie ou la psychologie a été « solide » dans ses diagnostics sur la santé mentale.
      Là, comme l’avait souligné PJCA et je bien des gens, c’est que ce n’est pas une science exacte.
      On en arrive à un questionnement assez étrange: la santé mentale « provisoire » ou temporaire.
      Définie ainsi, la santé mentale …appartient à tout le monde. Bref, nous sommes tous un peu malades en certaines périodes. Déséquilibrés.
      Mais le « rétrécissement » de la période de « folie » est devenu une sorte de prise de conscience de la valse entre les crises provisoires et les états dits cimentés de par le passé du client.
      J’en suis à me demander si les interventions sur le jugement des accusés par psychologues et psychiatres ne devraient pas être questionnés.
      Mais j’insiste toujours sur le fait qu’un Dr, ayant une carrière et s’adonnant à sauver des vies n’a pas été d’un grand poids en ce qui concerne la décision du Jury.
      On en arrive alors à un constant singulier: il faudrait faire analyser le « non coupable » par une batterie de psy pour bien cerner la personnalité de l’homme.
      Et l’étude risque d’être longue…

  3. avatar

    Gaétan

    Discuter ne signifie pas rejeter. Discuter ne signifie pas adopter des positions extrêmes. La psychiatrie est en mesure de se défendre comme elle l’a fait depuis moult attaques contre l’école de Lacan et autres périodes depuis des décennies. Je préfère le jugement des pairs qu’à toute autre décision d’un juge seul dont le sort d’un individu dépend des humeurs du magistrats. Parfois c’est le magistrat et les avocats autoproclamés polémistes qu’il faudrait soumettre aux analyses du divan.

  4. avatar

    Avez-vous vu la dernière perle de la Cour Suprême du Canada?

    Une autre décision incroyable, cette fois du plus haut tribunal du pays.

    Je vais essayer de décrire ce dont il s’agit. J’en suis abasourdi.

    Selon cette décision de la CSC, tout contact sexuel avec une personne qui n’est pas pleinement consciente constitue une agression sexuelle.

    Le fait d’embrasser votre conjoint(e) pendant qu’il/elle dort est une agression sexuelle, selon la CSC, même si votre conjoint(e) consent ou a consenti.

    « In R v. J.A., the court declared that all sexual contact in the absence of an active, operating mind constitutes sexual assault. Consequently, the act of kissing or touching one’s sleeping (i.e. unconscious) spouse or partner is, in the eyes of the law, sexual assault. »

    Et ça, mes amis, ce n’est pas la Cour Municipale de Montréal, c’est la Cour Suprême du Canada.

    Que dites-vous de ca?

    http://www.montrealgazette.com/news/Opinion+absurd+ruling+sexual+assault+mean/5163326/story.html

    (@)

    Read more: http://www.montrealgazette.com/news/Opinion+absurd+ruling+sexual+assault+mean/5163326/story.html#ixzz1TRwMdGEj

  5. avatar

    Cette décision est commanditée par Le Fonds d’Action et d’éducation juridique pour les femmes qui est intervenu au dossier pour soutenir l’interprétation retenue par la Cour Suprême.

    Un gros merci à cette organisation qui dit défendre les droits des femmes.

    http://leaf.ca/legal-issues-cases-and-law-reform/active-cases/

    (N)

  6. avatar

    En plus, dans cette décision, la Cour s’est prononcé sur la question de savoir si la partenaire de l’accusé pouvait consentir d’avance à la relation sexuelle avant de perdre connaissance. La Cour Suprême a jugé que non, contrairement à la Cour d’Appel de l,Ontario qui avait décidé que le consentement pouvait être valablement donné d’avance.

    En ce qui concerne l’organisation précitée qui est intervenue devant la Cour Suprême, supposément pour défendre les droits des femmes, elle a plaidé que l’accusé avait agressé sexuellement la femme à la pointe d’un couteau, bien qu,il était déjà établi que le couple s’adonnait, d’un commun accord, à des jeux sado/maso, et que la femme avait admis avoir consenti aux divers actes sexuels.

    La seule question était de décider si son consentement était encore valide une fois qu’elle était devenue inconsciente.

    Ou je veux en venir, est que cette organisation, comme d’autres organisations, prétendent représenter un groupe, et interviennent dans des causes ou ils ne sont pas personnellement concernés, et font des représentations qui viennent appuyer certaines idéologies, et je me demande à quel point tout ceci est légitime. (C)

    • avatar

      Bon, je vais vous démontrer comment cette décision n’a aucun bon sens.

      Plusieurs d’entre vous, sinon tous, avez sans doute remarqué, chez vous ou votre partenaire, que lorsqu’on atteint l’orgasme, la conscience est altérée et on n’a pas tous ses moyens au niveau intellectuel.

      J’ai fait une courte recherche sur ce sujet et j’ai trouvé cet article, dont voici un extrait qui confirme ce qui précède.

      Extrait :

      ‘When we first fall in love we become bonded by rising PEA, oxytocin and dopamine levels When we are sexually aroused by close contact our dopamine level rises further and at the time of orgasm we have a dopamine brainstorm which one researcher compared to the effects of heroin on the brain. Dopamine is active in all addictions, even in people who have forgotten what sex is. Most of this activity is in the limbic system, the oldest part of the brain.’

      Dans cet article, on peut lire que l’effet de l’orgasme sur le cerveau est comparable à une dose d’héroine.

      Donc, au moment de l’orgasme, votre partenaire n’a plus toutes ses facultés, donc ne peut valablement consentir à une relation sexuelle.

      C’est le raisonnement à la base de la décision de la CSC.

      Donc la seule conclusion logique, si on accepte cette décision de la CSC, c’est que si vous donnez un orgasme à votre conjointe, vous êtes certainement en train de l’agresser sexuellement.

      Je sais bien que ça n’a aucun bon sens, mais c’est le résultat auquel mène cette décision absurde.

      http://www.health-science-spirit.com/neurosex.html

      Peace!

  7. avatar

    Quelques jours après cette décision, l’organisation en question lançait une campagne de publicité et de relations publiques ‘anti-viol’ avec des affiches etc.

    http://www.care2.com/causes/edgy-new-dont-be-that-guy-anti-rape-campaign-launched-in-ottawa.html

  8. avatar

    Cette décision est critiquée sur les blogues juridiques et dans les journaux.

    http://www.thestar.com/article/999134–dimanno-supreme-court-s-consent-ruling-infantilizes-women

    Est-ce qu’on se fait manipuler par les organisations comme celle précitée?

    Je pose la question.

  9. avatar

    Aimé

    Évitons les généralités. Comme l’explique maître Julie Couture : « Selon les juges majoritaires, il est illégal d’avoir des relations sexuelles alors que son partenaire est inconscient. En effet, selon la jurisprudence, une personne consentante est une personne consciente et lucide qui est en mesure d’accorder, de révoquer ou de refuser son consentement tout au long de la relation sexuelle et ce, pour chaque acte sexuel effectué ».

    Pierre R. Chantelois

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      Pierre R,
      🙂
      Je me souviens…
      Vous m’excuserez, mais je trouve cela aux limites du risible.
      Ça valse entre le oui ou le non selon son état de conscience ou de volonté à des moments « précis » de l’acte.
      Encore des nuances (sic) pour alimenter les avocasseries.
      Comme je l’ai déjà dit ailleurs: un consentement au départ conscient, lucide, ne peut pas effacer le « oui » du début et les tergiversations du « pendant que »…
      Convenons, que c’est à la limite et très contestable…

    • avatar

      Bonjour Gaetan,

      C’est une décision risible. Faut pas avoir peur de le dire. C’est ridicule. Un autre exemple de l’état qui se fout le nez ou il n’a pas d’affaires, par l’entremise de juges mal inspirés… et non élus.

      Come on. Depuis 100 ans, les hommes bécottent et tamponnent leurs femmes qui dorment ou s’endorment, et là, tout d’un coup, on apprend que c’est un crime de toucher sexuellement ta conjointe pendant qu’elle dort.

      Elle est bonne, en simonak!

      Mort de rire.

      Me Couture peut bien penser ce qu’elle veut. Elle va vous défendre qu’elle dit.

      Wô les moteurs! 😀

    • avatar

      Et on encourage toutes les femmes qui baisent après avoir pris un coup à peut-être changer d’idée le lendemainmatin et déposer une plainte contre un pauvre mec aussi saoul qu’elles.

      Créons des crimes. Tout le monde est un criminel. Yeah! (B)

    • avatar

      ou peut-être les gars vont commencer à se plaindre parce que la fille leur a fait une suce pendant qu’il était saoul, et il ne pouvait consentir, et maintenant il se sent abusé. Mort de rire 😛 !

      Ils sont dingues!

    • avatar

      Me Couture a aussi écrit un article dans laquelle elle est d’Avis que ‘justice a été rendue’ dans l’affaire Turcotte.

      http://coutureetassocies.com/guy-turcotte-non-criminellement-responsable

      Une chance qu’elle est avocate. Sans ça, on rirait.
      :-O

  10. avatar

    Évitons les généralités. Il faudrait que vous soyez un peu plus précis Pierre.

    Je trouve cette décision mal fondée, et je ne suis pas le seul.

    Assurez-vous de ne pas embrasser votre conjointe pendant qu’elle dort. C’est un crime!

    😀

  11. avatar

    Mais Me Latour peut toujours vous défendre. (H)

  12. avatar

    Pardon, Me Couture.

  13. avatar

    Aimé

    Je n’hésiterais pas à recourir à ses services. Merci

    Pierre R. Chantelois

    • avatar

      Pierre,

      Il est parfois difficile pour un(e) jeune avocat(e) de critiquer les décisions des tribunaux, surtout la CSC, ou de voir toutes les conséquences possibles d’une décision.