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Principes de base de la consultation publique

Depuis hier se d?roule ? Qu?bec une commission parlementaire sur le projet de loi visant ? privatiser une partie du Parc national du Mont-Orford. Une commission parlementaire est un exercice orchestr? par le gouvernement, selon son bon vouloir, et qui vise ? recueillir des informations aupr?s des citoyens et groupes de citoyens sur un sujet donn?. L’objectif est toutefois d’aider les gouvernants ? prendre une d?cision plut?t que de les en forcer, puisqu’eux ceux-ci ne sont pas tenus de prendre en consid?ration les suggestions des participants.

Il n’est donc pas surprenant d’entendre le ministre de l’Environnement d?clarer au premier jour des consultations que la d?cision est d?j? prise. Bien s?r, cette attitude ne fait que contribuer au ridicule de la situation, et dans une plus large mesure, au sentiment que le gouvernement Charest n’a que faire de l’opinion de la population du Qu?bec.

M?mes les g?n?ralement fid?les membres du Parti Lib?ral commencent ? ruer dans les brancards. Outre Pierre Paradis qui a d?clar? que « depuis 75 ans, on a demand? aux d?veloppeurs immobiliers de construire ? l’ext?rieur du parc, pourquoi changerait-on les r?gles, avec un projet de loi sp?ciale pour un promoteur ? » et Thomas Mulcair qui ne se g?ne pas non plus pour critiquer son chef, ce sont d’anciens Lib?raux qui sont derri?re le groupe SOS Parc Orford.

Madame Gis?le Lacasse-Beno?t, la porte-parole du groupe, et ?pouse de l’ancien d?put? lib?ral d’Orford et ancien pr?sident du Parti Lib?ral, Robert Beno?t, a d?clar? que la commission parlementaire n’?tait qu’un « simulacre de d?mocratie », et on pourrait difficilement la contredire.

En 1969, dans une analyse toujours valable, Sherry Arnstein (en) a d?clin? en neuf ?chelons les objectifs derri?re le processus participatif. Les deux premiers de ces niveaux, la manipulation et la th?rapie (qui vise ? modifier certains comportements d?viants), sont qualifi?s de non-participation puisqu’ils sont des m?canismes ?tatiques servant ? faire ent?riner des d?cisions d?j? prises. Les trois niveaux suivants, l’information, la consultation et la concertation, sont d?sign?s comme des ?l?ments de participation discursive puisqu’ils jouent sur la d?lib?ration et le dialogue. Enfin, les ?chelons du partenariat, de la d?l?gation et du contr?le des citoyens sont qualifi?s de participation effective puisqu’ils impliquent directement le citoyen dans la gestion des affaires de l’?tat.

La participation aux associations de la soci?t? civile caract?rise la citoyennet? dans le contexte de la gouvernance comme mode de r?gulation. Avec l’enlisement de l’?tat providence, on veut associer le citoyen, les groupes organis?s et les entreprises au processus de d?cision. Il semble que Jean Charest et ses amis aient choisi de privil?gier le secteur priv? plut?t que le citoyen, et cette commission parlementaire manipul?e n’est rien pour nous convaincre du contraire.

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    Non mais si l’on retourne à la base, tous ces politiciens sont élus et devraient en principe agir au nom de la population.
    L’histoire c’est qu’on élit un groupe d’individus parce que tout le monde ne peut pas et ne veux pas faire de la politique. À moins que je trompe, c’est ça le principe non ? De plus en plus, j’ai l’impression que ces élus agissent comment s’ils avaient gagné une lotterie. Une lotterie leur donnant le droit de faire ce qu’ils veulent, et ce sans l’accord de la population. D’un autre côté, on ne peut pas tout décider par la voie de référendums, mais il y a sans doute un juste milieu. Pas avec les libéraux en tout cas.