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Pr?sidentielles au Liban

I ? Le Pr?sident libanais un faussaire

Le commandant en chef d?une arm?e d?un pays en guerre se doit de se porter ? l?avant-garde de la ligne de front et non de prendre la poudre d?escampette, particuli?rement lorsque le commandement supr?me est exerc? au double titre de Pr?sident de la R?publique et chef supr?me d?une arm?e d?un pays du champ de bataille, certes le plus petit pays arabe, au palmar?s toutefois glorieux, qui revendique fi?rement l?honneur de constituer l?ultime pays du champ de la confrontation, en guerre ouverte avec Isra?l.

Un honneur insigne qui commande une posture digne. Un pays artisan de glorieux faits d?armes face ? l?ennemi officiel du Monde arabe ne saurait tol?rer des g?n?raux de pacotille. Une posture de franc-tireur et non de tir au flanc. De voltigeur de pointe sur les lignes de feu et non de planqu?, ? l?instar de son alter ego sunnite l?ancien premier ministre Saad Hariri, exfiltr? ? des milliers de kms du front chez ses parrains saoudiens, grand absent de cet ?v?nement, comme d?ailleurs de toutes les ?ch?ances majeures qu?a connues son pays depuis trois ans.

Et pourtant, incroyable mais vrai. Le pr?sident libanais Michel Sleimane s?est r?v?l? ?tre un faussaire, passible de poursuites judiciaires en France pour avoir falsifi? un passeport fran?ais. Pitoyable spectacle.

B?n?ficiant d?une promotion ? la suite de l?assassinat de son sup?rieur hi?rarchique, le G?n?ral Fran?ois Hajj, qui lui a grandement ouvert les voies du pouvoir, Michel Sleimane avait ?t? saisi, du temps de son commandement de l?arm?e libanaise, par une soudaine tentation de Venise, pitoyable remake de la fuite de Varenne.

Toute honte bue, il avait pr?sent? des documents falsifi?s ? l?ambassade de France ? Beyrouth, pour obtenir un passeport fran?ais ? lui et ? sa famille, de m?me qu?? deux de ses plus collaborateurs au sein de l?arm?e, son directeur de cabinet, le g?n?ral Toufic Jizzini et Reda Moussawi.

Le journal libanais ?Al Akhbar? qui a publi? cette information mercredi 9 avril en manchettes, en premi?re page, indique se fonder sur des c?bles Wikileaks rendant compte des propos de l?ambassadeur fran?ais ? l??poque Bernard Emi? ? son coll?gue am?ricain. Et sur des ?changes entre les autorit?s fran?aises et la direction g?n?rale de la suret? nationale libanaise. ?La juridiction de Pontoise est saisie. Je ne suis pas s?r que s?il se pr?sentait en France, il ne serait pas interpell??, indique M. Emi?, selon ce c?ble.

L?affaire a fait grand bruit aujourd?hui ? Beyrouth, o? le journal a publi? en annexe les requ?tes fran?aises. L?incident qui s?est pass? en 2005, a ?t? ?touff? au pr?texte que le futur pr?sident libanais n?avait pas fait usage du document fran?ais. Aucune indication n?a ?t? fournie sur les raisons qui ont pouss? le commandant de l?arm?e de l??poque ? recourir ? ce proc?d?, ni sur les motifs qui l?ont conduit ? chercher ? obtenir un passeport fran?ais. L?officier en charge du d?partement de la s?curit? ? l??poque ?tait le g?n?ral Jamil Sayyed, qui sera inculp? l?ann?e suivante ainsi que trois autres officiers sup?rieurs libanais dans la cadre de l?enqu?te sur l?assassinat de l?ancien premier ministre Hariri et incarc?r? pendant trois ans avant d??tre rel?ch?s faute de preuves. Le Point et Le Figaro avaient bri?vement mentionn? cet incident, sans donner suite ? cette affaire.

II-La tentative de blanchissement politique de Samir Geagea, une souillure morale de ses parrains

Michel Sleimane pr?sente un bilan sans relief. Il apparait, r?trospectivement, comme le plus falot des pr?sidents libanais depuis l?ind?pendance du Liban en 1943, il y a 71 ans. Le pr?sident sortant, dont le sexennat s?ach?ve le 25 mai 2014, n?aurait jamais acc?d? ? la magistrature supr?me, sans le confessionnalisme, le syst?me politique qui r?git la vie libanaise sur la base de la r?partition des postes d?autorit? selon des crit?res d?appartenance communautaire.

Cette m?me logique communautaire habilite d?ailleurs Samir Geagea ? postuler ? la magistrature supr?me du seul fait de son appartenance ? la communaut? maronite, sans aucun autre titre de gloire que celui de figurer au rang des plus grands criminels de la guerre du Liban, sans aucun ?tat de service autre que celui d?avoir ?t? le fossoyeur du camp chr?tien et le meurtrier du premier ministre sunnite Rachid Karam?. A se revendiquer, sans vergogne, comme le sauveur du pays. Mais la tentative de son blanchissement politique op?r?e via cette candidature s?est retourn?e contre lui par le rappel de ses forfaits et m?faits, souillure morale ind?l?bile; indice indiscutable de la d?fragmentation mentale de la classe politique libanaise et de leurs parrains p?tro-monarchiques et occidentaux.

Au premier tour du scrutin, le 23 avril, Samir Geagea, 36 ans apr?s sa forfaiture, a recueilli 48 voix contre une voix ? son rival phalangiste Amine Gemayel, alors que le candidat de la coalition rivale, Michel Aoun, leur faisait ?chec par une abstention massive au scrutin.

Dans cette perspective, la campagne pr?sidentielle mettant aux prises les anciens chefs de guerre miliciens maronites -Samir Geagea et Amine Gemayel-, apparait comme un mauvais remake d?un mauvais film; une pitoyable s?quence d?une interminable danse de scalp, entre les anciens fr?res ennemis de la guerre civile libanaise, dans un espace drastiquement r?duit du fait du d?classement des pr?rogatives constitutionnelles des Maronites, r?sultant tant de leur nanisme politique que de leur alignement inconditionnel ? l?Occident, artisan de leur malheur, par leur instrumentalisation.

P?le copie de la guerre des Horace et des Curiace de l??poque antique, la rivalit? attis?e par le souffleur des t?n?bres Samir Geagea, s?est reproduite au niveau des h?ritiers du clan Gemayel, Sami et Nadim, des cousins germains revendiquant l?un comme l?autre dans leur querelle de l?gitimit?, chacun un martyr dans son propre camp, Sami son fr?re Pierre, d?put?, Nadim, son p?re Bachir, pr?sident ?ph?m?re du Liban. A ce titre, les guerres inter-maronites sont aussi l?gendaires que les guerres fratricides inter-wahhabites entre l?Arabie saoudite et le Qatar, toutes deux pass?es ? la post?rit? comme d?illustrations pathologiques de l?insignifiance du leadership chr?tien libanais et de l?inconsistance du leadership p?tro-monarchique.

III ? Le confessionnalisme, la n?crose du syst?me politique libanais

Cadeau empoisonn? de la France, le confessionnalisme constitue une n?gation de la d?mocratie en ce que la citoyennet? libanaise est conditionn?e et handicap?e par la naissance.

Aux ?tats-Unis, il est possible de d?barquer esclave, de le demeurer pendant deux si?cles pour finir par devenir Pr?sident des ?tats-Unis. Au Liban pas. Mur de verre invisible et infranchissable. Sur un point nomm?, dans des domaines pr?cis, la naissance conf?re un primat ? une communaut? au d?triment des autres communaut?s par le Fait du Prince, l?arbitraire du pouvoir colonial. Elle pr?d?termine les membres d?une communaut? ? des fonctions ind?pendamment de leur comp?tence. Elle conforte une communaut? dans un sentiment de sup?riorit? ou de frustration.

Les exemples sont nombreux des d?rives du confessionnalisme. Le leadership maronite a ainsi assum?, par une sorte de Hold up, la direction des combats du camp chr?tien lors de la guerre civile libanaise (1975-1990), ? l?exclusion des autres composantes de la chr?tient? libanaise, quand bien m?me elles en subissaient les cons?quences.

Le primat conf?r? par la France ? la communaut? maronite dans l?exercice des responsabilit?s supr?mes au Liban aurait d? se vivre comme une d?l?gation de pouvoir au b?n?fice de l?ensemble des communaut?s chr?tiennes du Monde arabe majoritairement musulman et non comme la marque d?une sup?riorit? immanente d?une communaut? sp?cifique au d?triment des autres, en ce que les Maronites constituaient la plus importante minorit? des minorit?s chr?tiennes du Liban et non la communaut? chr?tienne majoritaire d?un Monde arabe.

Pour n?avoir pas observ? cette r?gle non ?crite de la prudence politique, elle en paiera le prix par le d?classement de ses pr?rogatives constitutionnelles, entra?nant dans sa rel?gation les autres composantes chr?tiennes innocentes de cet emballement. Victimes innocentes souvent, bourreaux parfois plus que de besoin, les camps palestiniens de la quarantaine (est de Beyrouth), en 1976, et de Sabra Chatila (sud de Beyrouth), en 1982, passeront dans l?histoire comme de sanglantes illustrations pathologiques de la d?raison humaine, au passif du leadership maronite, particuli?rement les milices chr?tiennes des Forces Libanaises.

Leur alliance avec Isra?l, l?ennemi officiel du Monde arabe, constituera l?un des points noirs de l?histoire de la chr?tient? arabe, et les chefs de cette ?quip?e suicidaire, Bachir Gemayel, pr?sident ?ph?m?re du Liban, et ses successeurs, Elie Hobeika et Samir Geagea, comme les plus sinistres personnages de l?histoire du Liban en termes de bilan pour la chr?tient?, en ce qu?ils ont substitu? la lutte pour la r?alisation des droits nationaux des Palestiniens, par la recherche de l??radication d?un peuple d?j? spoli? de sa patrie, les Palestiniens, en compensation des turpitudes occidentales ? l??gard des Juifs europ?ens. Les miliciens chr?tiens ont int?rioris?, ce faisant, la perversit? de la logique occidentale dans un tragique d?voiement de la pens?e, ne s?imaginant pas un seul instant que ?le peuple de trop au Moyen orient?, selon l?expression du chef phalangiste Bachir G?mayel, pourrait ?tre un jour ?le peuple chr?tien arabe?.

Traumatis? par l?auto d?capitation de ses chefs charismatiques, le leadership chr?tien, principalement maronite, a longtemps balanc? entre patriarcat et matriarcat, entre la r?f?rence constante au chef spirituel de la communaut? maronite de l??poque, le Patriarche Sfeir, et le tempo politique impos? par les veuves des pr?sidents assassin?s du Liban, Bachir Gemayel et Ren? Mouawad, soutenu ? distance par Mme Samir Geagea, l??pouse du dirigeant des Forces Libanaises (milices chr?tiennes) incarc?r? au Liban.

Signe certain d?un d?sarroi, l?absence de renouvellement du personnel politique s?est traduite par le retour du religieux en tant que substitue au politique et de la f?odalit? clanique, en guise de leadership. Le retour d?exil du pr?sident Amine Gemayel et du g?n?ral Michel Aoun, chef de la principale formation chr?tienne, ainsi que la lib?ration de la prison de chef milicien Samir Geagea, ? la suite de l?assassinat de Rafic Hariri, en juin 2005, a renvoy? le pouvoir matriarcal ? ses p?nates au profit des anciens chefs de guerre.

Les Maronites, la plus importante minorit? chr?tienne du Liban et non de l?Orient, par un abus de position dominante conf?r? par la France en sa qualit? de puissance mandataire sur le Liban et la Syrie, ont proc?d? ? une sorte de captation d?h?ritage se pr?sentant comme les d?positaires des int?r?ts sup?rieurs de la chr?tient? d?Orient, r?duisant la chr?tient? aux seuls int?r?ts de l??glise maronite, confondant en somme maronitisme et chr?tient?, se vivant en ma?tre incontest? du Liban alors que leur mandat sur l?unique foyer chr?tien du monde arabe aurait d? s?exercer par d?l?gation des autres communaut?s chr?tiennes arabes.

L?extravagante position de Camille Chamoun, pr?sident du Liban (1952-1958), se refusant seul contre l?ensemble arabe, ? rompre ses relations diplomatiques avec la France, dans la foul?e de l?exp?dition de Suez, alors que l??gypte faisait l?objet d?une agression concert?e entre la France, Isra?l et la Grande Bretagne (1956) et que l?Alg?rie ployait sous le joug des ratonnades coloniales, constituait d?j? un indice pr?monitoire de la psychorigidit? maronite, de la c?cit? politique de ses dirigeants et de la serviabilit? extr?me dont t?moignent des membres de cette communaut? ? l??gard des puissances occidentales particuli?rement de la France et des ?tats-Unis, se pla?ant paradoxalement en situation de ?dhimitude? par rapport ? leurs protecteurs occidentaux, une servitude qu?il d?non?ait du temps de l??poque ottomane. Le discours souverainiste des Libanais masque mal une logique de vassalit? ? l?ordre atlantiste.

L?inculpation d?but juillet 2010 de plusieurs officiers sup?rieurs chr?tiens de m?me que des cadres sup?rieurs exer?ant des responsabilit?s sensibles ? un poste strat?gique de leur entreprise de communications pour ?intelligence avec l?ennemi?, au m?me titre que la formation d?une arm?e de suppl?tif sous commandement chr?tien au service des isra?liens durant la guerre civile libanaise (1975-1990), ont aliment? la suspicion sur la loyaut? des chr?tiens arabes ? leur environnement avec ses cons?quences corrosives sur le sort des chr?tiens dans le monde arabe.

La d?position de Jeremy Feltman, N? 2 du d?partement d??tat, devant le s?nat am?ricain, le 22 juin 2010, r?v?lant le montant des subsides vers?es par l?administration am?ricaine depuis 2006 ? des personnalit?s libanaises, de l?ordre 500 millions de dollars, soit 150 millions de dollars par an, dans l?unique but de contrer le Hezbollah libanais, ont fait converger les regards vers?Samir Geagea?tant cet homme, faute d?h?ritiers, reste ? l?aff?t d?un r?le g?n?rateur de pr?bendes et de dividendes aussi bien politiques que financiers.

Unique dirigeant libanais condamn? pour assassinat, amnisti? et non blanchi,?Samir Geagea?s?est ainsi substitu? au chef druze Walid Joumblatt, de nouveau domestiqu? par les Syriens, dans une posture de nuisance assum?e pour le compte du camp occidental. L?homme lige des saoudiens, auparavant des Isra?liens, n?a de cesse de plaider pour la neutralisation de l?armement du Hezbollah, ? un moment particuli?rement critique de la conjoncture r?gionale, alors qu?un contentieux sur la r?partition des zones de prospection off-shore au large des c?tes libanaises et isra?liennes se d?veloppe entre les deux pays. Il plaidera, de m?me, avec la m?me constance, la neutralisation du r?seau de transmission de la milice chiite, en pleine temp?te judiciaire cons?cutive au d?mant?lement du r?seau pro isra?lien.

La mise ? l?index de l?unique pr?sident chr?tien du Monde arabe, par les puissances occidentales, dans la foul?e de l?assassinat du premier ministre libano saoudien, le milliardaire Rafic Hariri, a achev? de convaincre les principaux chefs chr?tiens, particuli?rement la hi?rarchie militaire de l?urgente n?cessit? de briser l?emprise de l?ordre milicien sur la vie publique, et, ? reconsid?rer leur alliance exclusive avec l?Occident dont ils en ont lourdement p?ti sans contrepartie.

Le Liban constitue une singularit? dans le Monde arabe. Pr?sid? par un chr?tien, il est n?anmoins membre de l?organisation de la conf?rence islamique (OCI) qui regroupe cinquante-cinq pays musulmans. Aucun pays arabe ni musulman, quelle que soit son contentieux avec le Liban ou avec son pr?sident, quelle que soit son degr? d?all?geance ? l?Occident, n?a suivi les consignes de boycott d?cr?t? par les pays occidentaux, un indice du d?calage dans la perception des choses entre arabes et occidentaux.

Sinistr?e par le clanisme et le confessionnalisme, paralys?e par ses divisions durant la guerre, tenue en suspicion par une large fraction de la population pour son r?le occulte avant-guerre, l?arm?e libanaise, celle-l? m?me que ses partisans consid?raient comme ?la grande muette? et ses d?tracteurs comme ?la grande absente?, s?est retrouv?e en un temps record ? pied d??uvre sous son commandement. Un exploit qui constitue un motif de fiert? pour le g?n?ral Emile Lahoud, la source de son prestige, le fondement de son pouvoir. Mais pour son successeur, Michel Sleimane, point de bilan.

Protectrice des chr?tiens d?Orient, la France a institutionnalis? et instrumentalis? le communautarisme tant au Liban que dans l?ensemble des pays sous son mandat, au m?pris du principe de la la?cit? et de la s?paration de l??glise et de l??tat, pourtant un des principes fondateurs de la R?publique fran?aise, au nom de la pr?servation de pr?tendus int?r?ts sup?rieurs du pays.

La mise ? l?index du pr?sident Lahoud n?est pas un cas isol?. Il en a ?t? auparavant de m?me du g?nocide impuni des Arm?niens par les Turcs qui verra la France gratifier de son forfait la Turquie, en d?tachant le District d?Alexandrette de la Syrie pour l?offrir ? celui qui ?tait son ennemi de la premi?re guerre mondiale de surcro?t auteur du premier g?nocide du XX e si?cle, une op?ration qui s?est r?v?l?e une aberration de l?esprit vraisemblablement unique dans l?histoire du monde, path?tique illustration d?une confusion mentale au nom de la pr?servation de pr?tendus int?r?ts sup?rieurs de la nation au d?triment de la victime. Comprenne qui pourra.

IV- La ?d?concertante alliance? du Hezbollah et du g?n?ral Michel Aoun

La ?d?concertante alliance? du Hezbollah libanais et du g?n?ral Michel Aoun, pour reprendre l?expression des analystes occidentaux, appara?t dans cette perspective comme la r?sultante et la r?plique de la ?d?concertante attitude? des Occidentaux ? l??gard des aspirations du Monde arabe, particuli?rement en ce qui concerne la Palestine. Sur le plan interne libanais, elle constitue l?alliance de revers ? la ?d?concertante alliance? entre les sunnites libanais et les anciens chefs maronites des milices chr?tiennes, dont l?office de requiem c?l?br? ? la m?moire de Rafic Hariri ? l?Eglise maronite de Paris, dans la semaine qui a suivi l?assassinat du milliardaire libano saoudien, a scell? dans l?ordre symbolique le double ralliement du clan Hariri au ?maronitisme politique? et de la frange pro am?ricaine des Maronites ? l?Islam Wahhabite, signant par la m?me le d?gagement des sunnites du combat nationaliste, au profit des chiites, set la rel?gation des maronites au r?le d?appoint de la strat?gie saoudienne.

La ?d?concertante alliance? Aoun Hezbollah est en fait l?alliance de deux personnalit?s d?extraction modeste, issues de la banlieue populeuse de Beyrouth, respectivement Haret Hreik pour le chr?tien et Bourj Brajneh pour le chiite, deux dirigeants d?envergure nationale.

Une alliance, en tout ?tat de cause, infiniment moins extravagante que l?invraisemblable alliance sulfureuse entre le d?fenseur du ?Foyer chr?tien? au Liban, Samir Geagea, ? l?aventurisme toujours si mal inspir?, et, les Salafistes wahhabites, les propagateurs z?l?s du projet de cr?ation d???mirats islamiques? au Liban et en Syrie, en contradiction avec les int?r?ts g?n?raux ? long terme de la chr?tient?.

L?alliance Hezbollah Michel Aoun a bris? strat?giquement le clivage confessionnel islamo chr?tien de l??quation libanaise, de la m?me mani?re que l?alliance Syrie-Iran a bris? le clivage ethnique arabo persique de la rivalit? r?gionale entre les deux chefs de file de l?Islam, l?Arabie saoudite sunnite et l?Iran chiite.

Un constat sans ?quivoque, tir? des enseignements de l?histoire r?cente, d?une analyse concr?te d?une situation concr?te: Tous les grands exodes des chr?tiens d?Orient auront ?t? cons?cutifs ? des op?rations occidentales. Il en ?t? de la cr?ation d?Isra?l qui a produit un fort exode des chr?tiens palestiniens (vers la Californie et l?Am?rique latine), comme de la guerre civile interlibanaise (guerre d?rivative ? l??chec am?ricain au Vietnam) qui a provoqu? un fort exode des chr?tiens libanais vers le Canada, l?Australie, la France et les deux Am?riques, comme de l?invasion am?ricaine de l?Irak qui a provoqu? un fort exode des chr?tiens irakiens (assyro chald?ens). Comme il en a ?t? auparavant du g?nocide arm?nien qui a produit un fort courant d??migration des arm?niens chr?tiens vers la France, les ?tats Unis et le Liban, alors que la Turquie non seulement gratifi?e par la France du district d?Alexandrette, ?tait hiss?e au rang de partenaire majeur de l?Occident au sein de l?Otan face au monde arabe et ? l?Union sovi?tique ? l??poque de la guerre froide sovi?to-am?ricaine (1945-1989).

Au vu de ce bilan, la conclusion s?impose sans appel ? savoir que les chr?tiens arabes auront toujours ?t? les grands sacrifi?s au b?n?fice de la strat?gie isra?lo am?ricaine et qu?il importe que leur sort soit d?sormais scell? dans son ancrage, avec son environnement arabe, tant il est vrai que les chr?tiens arabes n?ont pas vocation ? devenir une diaspora compl?mentaire des diasporas dans les pays occidentaux, ? titre de vestige d?une civilisation perdue.

Mauvais remake d?un vieux film de quarante ans, la campagne pr?sidentielle libanaise dans sa version 2014 a constitu? la parfaite illustration de la n?crose du syst?me politique libanais du fait du confessionnalisme, cadeau empoisonn? de la France, leur ?tendre m?re? ? ses ?enfants ch?ris? libanais.

Pour aller plus loin
? Sur les chefs de guerre maronites et leur danse du scalp. Voir Le Point de Mire.

REN? NABA

Source : En point de mire le blogue de Ren? Naba.com. Mai 2014.

 

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