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Centpapiers

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    • Autodidacte, retraité, j'ai exercé des métiers très différents allant d’informaticien à responsable de formation. Actuellement, je vis en Bretagne. Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n’ai toutefois jamais appartenu à un parti politique ni à un syndicat, préférant le rôle de... franc-tireur. Ancien membre d’Amnesty International. Sur le plan sportif, j’ai encadré des jeunes durant des années en région parisienne ; grand amateur de randonnée pédestre, j’ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but.

    Présidentielle : une droite déboussolée

    23 janvier 2012 | 0 commentaire(s) | vu 199 fois

    François Hollande jouait gros hier au Bourget. Celui que beaucoup affublaient de surnoms malveillants visant à affaiblir sa candidature, voire à ridiculiser sa personne, en ont été pour leurs frais : devant une foule enthousiaste, le candidat socialiste, au terme d’un discours de 1 heure 30, a démontré, tant dans la forme que sur le fond, qu’il saurait, le moment venu, endosser l’habit de Président si les Français lui font confiance. Mais la surprise n’est pas dans cette prévisible présidentialisation, elle est venue des rangs de l’UMP. Une UMP totalement déboussolée…

    On avait constaté, depuis déjà quelques semaines, à quel point le discours  des tenants du sarkozysme, affolés par les sondages calamiteux, était creux, les snipers de l’UMP en étant réduits à des accusations de caniveau ou à brandir le spectre d’un danger en cas de victoire de la gauche en mai. C’est ainsi que Gérard Longuet s’est laissé aller à comparer François Hollande à l’irresponsable commandant du Costa Concordia. C’est ainsi que Nadine Morano a qualifié le candidat socialiste d’« homme dangereux » pour la France.

    Mais comme le dit, avec beaucoup de bon sens, le proverbe populaire : « Les chiens aboient, la caravane passe ». Ainsi en est-il allé du cheminement de François Hollande sur la route de l’Élysée. Sourd à ces attaques mesquines, il s’en est tenu à sa programmation de campagne. Bien lui en a pris, si l’on en croit les appréciations flatteuses qui saluent aujourd’hui sa prestation du Bourget dans la grande majorité des organes de presse. Rien d’étonnant à cela pour quiconque a regardé et écouté le discours du candidat socialiste. Un discours sans doute insuffisant aux yeux des forces représentatives de la véritable gauche de progrès vers lesquelles va mon suffrage, mais un discours fort, très bien structuré, et surtout porteur d’un axe d’engagement de lutte contre la financiarisation de la société ainsi que de nombreuses décisions programmatiques.

    Des décisions qui ont manifestement laissé l’UMP sans voix sur le fond. Et la grande surprise du jour est peut-être là, dans cette impuissance affichée du parti présidentiel à réagir. Certes, on a entendu Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Henri Guaino, François Baroin ou Valérie Rosso-Debord dans les médias, mais l’incroyable vacuité de leurs interventions montre à quel point l’UMP n’a pas vu venir les engagements de François Hollande, et à quel point elle est démunie face à ce projet structuré et cohérent.

    Deux paroles illustrent bien le désarroi qui gagne le parti présidentiel. Celle de Jean-François Copé qui, en lieu et place d’une critique argumentée, résume ainsi le discours du candidat socialiste : « Ce ne sont que des mots ». Exact, mais des mots chargés de sens contrairement aux siens. Celle de Henri Guaino qui, ce matin sur France-Inter, en a été réduit à affirmer « Les Français ne se laisseront pas voler la présidentielle ». Stupéfiante attaque venant de quelqu’un qui se prend pour l’un des gardiens de la démocratie. Ainsi la gauche serait-elle en position de voler la victoire en mai ? Plus que tout autre élément, l’énormité de cette accusation montre la détresse qui s’installe dans le camp du sortant.

    Mais qui peut être surpris par ce type de réaction venant d’un  parti qui méprise tout ce qui n’est pas lui-même, tout ce qui touche aux classes populaires et à ceux qui s’en prévalent dans leurs engagements ? Il y a quelques semaines, j’ai assisté à Paris à une représentation de l’excellente pièce de Clément Koch, Sunderland, qui relate les difficultés de trois femmes modestes dans un contexte social lourd marqué par le chômage. En attendant de pouvoir pénétrer dans la salle, j’ai lu quelques critiques apposées sur un panneau. La plupart faisaient, à juste titre, référence à Ken Loach, et dressaient avec des mots justes le décor de la pièce en évoquant les « classes populaires » ou un « milieu ouvrier ». Seul Le Figaro se démarquait : son critique avait, quant à lui, osé décrire « une Angleterre bas de gamme ». Á vomir, à l’image du propos d’Henri Guaino !

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