Accueil / A C T U A L I T É / Préavis de trêve

Préavis de trêve

La paix des braves

Ainsi donc pour éviter la bûche ou l’embûche, notre bon Prince préconise de faire la trêve. Il y a des conseils qui méritent un examen attentif. La suggestion bon conseilleur a effectivement du poids dans la balance quand on sait qu’il a embarqué cinq tonnes de marchandises pour aller réveillonner en Afrique, n’oubliant pas de glisser dans la carlingue son chef cuisinier pour être certain de manger convenablement le jour de son anniversaire.

Si donc les méchants grévistes devraient faire la trêve, mettre en sourdine le temps de cette quinzaine du gras leurs revendications, le bon Prince ne change pas de braquet et poursuit sur sa lancée, maintenant cet art consommé de nous envoyer des pieds de nez en pleine face. Il ne peut s’en empêcher, c’est plus fort que lui, le mépris lui colle à la peau avec une remarquable constance.

Il veut passer pour un bon joueur, renonce à sa retraite et à sa rente de situation du conseil constitutionnel, ce qui en passant, doit faire grincer les dents des pauvres présidents encore vivants qui n’ont que ça pour vivre. Son exemple leur envoie un message qu’ils auront bien du mal à digérer durant leurs agapes de fin d’année. Décidément ce Freluquet ne fait jamais rien comme les autres.

Qu’il est bon de se faire ainsi remonter les bretelles en si belle compagnie. Dans la même journée, le moralisateur a ainsi donné une leçon aux chefs d’états africains, à ses prédécesseurs et aux privilégiés qui ne pensent qu’à eux. Le père la morale a encore frappé sans jamais avoir le plus petit regard critique sur ses propres travers. Jamais me semble-t-il, nous n’avons eu un redresseur de tort de cette envergure, le monde entier passe au crible de ses remarques acerbes, toujours avec un ton de premier de classe qui énerve, irrite et finit par mettre hors de soi.

Il serait bon contrairement à ce qu’il affirme, qu’il nous octroie une petite trêve des confiseurs, quinze jours sans commentaires ni propos lénifiants, quinze jours sans conseils ni sorties tapageuses, quinze jours sans nous bourrer le mou et nous prendre pour des guignols. Mais cela doit être au-dessus de ses forces, cet individu se nourrit de provocations, se complaît dans l’ironie et aime par dessus tout nous prendre pour des demeurés.

La colère ne cesse de monter dans un pays en pleine indigestion au point que les candidats aux municipales qui se réclament peu ou proue de son exemple, abordent l’échéance en dissimulant leur allégeance, s’affichant sans étiquette. Nouvelle expression du mépris, une maladie qui devient contagieuse dans toutes les strates de la société. Pour ne pas être en reste, le bon peuple n’a jamais autant dénigré ce paltoquet qu’il a mis par erreur au pouvoir, lui rendant ainsi la monnaie de sa pièce.

Alors, le temps de ce marathon des agapes, oublions ce triste personnage et toute sa cohorte de zélateurs honteux. La seule trêve que nous nous accorderons c’est de cesser de parler de ce petit monsieur. Il ne mérite vraiment pas que nous risquions l’indigestion en surgissant au milieu du réveillon, au détour d’une conversation. La faculté est formelle, il convient d’éviter tout ce qui peut rester sur l’estomac tout en gâtant les humeurs.

Bonnes fêtes à tous. Il y a sûrement meilleur sujet à traiter que notre Monarque. Pour définitivement l’effacer de vos pensées, offrez vous donc quelques bouchées à la reine, une pintade farcie accompagnée de lingots, un homard puisque le plat s’est largement démocratisé si l’on en croit les pratiques de cette clique, un camembert Président pourvu qu’il soit coulant et au lait cru, des pets de nonne pour finir en beauté une année aux relents nauséeux.

Arrosez le tout de soupe à la grimace et de potions amères. Le vin est tiré, il tourne à l’aigre dans ce pays où jamais un président n’avait autant dépensé pour ces petits plaisirs personnels. Il n’y a pas de raison, puisque c’est nous qui finançons la chose, de ne pas nous payer sa tête pour parachever les festivités.

Gustativement sien.

 

 

C’est Nabum

Commentaires

commentaires

A propos de C'est Nabum

avatar

Check Also

Septembre 1870 : les « papillons de Metz » et les « ballons montés » de Paris marquent la naissance de la Poste aérienne

Nous sommes il y a 150 ans, en septembre 1870. Après la défaite de Sedan, ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.