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PPP ?tats-uniens : les scandales se succ?dent

Contrairement ? ce que l’on pourrait croire, la gestion de l’eau aux ?tats-Unis relevait principalement du secteur public, du moins, jusqu’? tout r?cemment. Depuis 1997, le nombre de partenariats public priv? dans la gestion de l’eau est pass? de 400 ? 1,100. Plusieurs exp?riences r?centes ont d?montr? que, l? o? l’eau devenait l’affaire de l’entreprise priv?e, les choses commen?aient ? ne tourner pas rond. Le Los Angeles Time rapporte plusieurs cas inqui?tants de scandales associ?s ? la privatisation des services d’eau.

Suite ? la privatisation de la gestion des infrastructures d’eau ? Atlanta, les r?sidants ont vu l’essentiel liquide changer de couleur. On d?couvrait ensuite que la compagnie Suez, b?n?ficiaire du contrat de 428 millions de dollars US pour la gestion de l’eau, avait par ailleurs offert au maire de la ville une petite escapade ? Paris d’une valeur de 12,000$ juste avant l’obtention dudit contrat.

En Nouvelle-Orl?ans, la compagnie Veolia Enviromnent s’est fait prendre une douzaine de fois ? d?verser ill?galement dans le Mississippi des eaux us?es. En 2002, un responsable du sous-traitant de la compagnie ?tait reconnu coupable de corruption envers un membre du conseil d’administration de l’organisme g?rant les eaux us?es.

? Milwaukee, Suez a laiss? 107 millions de gallons d’eaux us?es se d?verser dans le lac Michigan afin d’?conomiser 515,000$ US en ?lectricit? pendant les heures o? celle-ci ?tait la plus co?teuse.

? Indianapolis, au cours de la premi?re ann?e du contrat entre Veolia et la municipalit?, les plaintes ont tripl? et la compagnie aurait envoy? plus de 15,000 factures erron?es ? ses clients. En ce moment, elle est accus?e d’avoir falsifi? les donn?es sur la qualit? de l’eau. Mais ce ne sont que quelques exemples.

Il faut savoir que les leaders mondiaux dans la gestion par le priv? des services publics sont tous europ?ens. Aux ?tats-Unis, plus particuli?rement, c’est Veolia Water, anciennement Vivendi Environnement et auparavant la Compagnie G?n?rale des Eaux qui est le plus gros joueur. En 1999, Veolia achetait US Filter, puis la revendait en petits morceaux ? Siemens, une compagnie allemande.

Quant ? Suez, qui est le num?ro deux mondial, elle poss?de la totalit? des actions de l’?tats-unienne United Water et est ?galement propri?taire d’US Water. La plupart des autres acteurs principaux de la gestion de l’eau aux ?tats-Unis appartiennent ? des entreprises europ?ennes comme Edison (italienne) et RWE (allemande). Malgr? qu’elles ?voluent sous des patronymes locaux, elles sont toutes des filiales de groupes du vieux continent, ce qui attise certainement un peu la ti?deur que les ?tats-Uniens ont d?velopp?e envers les Fran?ais. Pour avoir plus de d?tails sur les ramifications de ces diverses organisations, il faut lire ce texte (PDF) de Pierre J. Hamel, professeur ? l’Institut National de Recherche Scientifique

Ces compagnies font aussi des affaires au Qu?bec, mais dans une moindre mesure. Toutefois, les services de gestion de l’eau ont r?cemment fait l’objet de PPP sur l’?le de Montr?al. C’est le cas de C?te-Saint-Luc et de Westmount qui sous-traitent l’entretien des conduites d’eau ? la firme d’ing?nierie Dessau-Soprin. Selon la journaliste du mensuel Alternatives, une conseill?re de C?te-Saint-Luc avouait, en janvier dernier, que les services, qui co?taient 750,000$ lorsqu’offerts par la Ville de Montr?al, « ?taient maintenant ?valu?s ? 1,3 million de dollars par Dessau-Soprin, soit pr?s du double ».

?videmment, on ne peut d?s maintenant conclure ? l’?chec du processus dans le cas de C?te-Saint-Luc et Westmount, mais force est de constater que le la possibilit? de d?rive est r?elle, comme le d?montre la situation ?tats-unienne (et c’est sans compter les d?rapages fran?ais). Il reste qu’en d?finitive, le public n’a plus de prise sur les gestionnaires des infrastructures d’eau lorsque ceux-ci ne subissent la pression que de leurs actionnaires. Il est possible de jeter un politicien apr?s quatre ans si son travail est insatisfaisant, mais il est plus difficile de briser un contrat de 20 ans avec une multinationale.

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  1. avatar

    Excellent article ! 🙂

  2. avatar

    Pierre Bourque était bien parti pour céder l’aqueduc de Montréal à une de ces compagnies privées, mais ce n’est que l’état pitoyable du réseau qui nous a sauvé de la privatisation, car aucun exploitant privé ne voudrai être pris à en effectuer l’entretien…

    Jusqu’au début de cette année, la STRSM confiait l’entretien de ses autobus à une compagnie privée française. Le contrat n’a pas été renouvelé, car pour économiser des sous, elle ne commandait les pièces que lorsque requises, ce qui augmentait la durée d’immobilisation des autobus, au point d’avoir une influence négative sur la qualité du service…

    Ne nous leurrons pas : la privatisation coûte plus cher, parce qu’il faut payer pour le profit de l’exploitant privé.

    Ceux qui clament que les fonctionnaires ne sont pas efficaces se gardent bien de déplorer la performance des employés d’Hydro-Québec qui nous offrent le courant le moins cher au monde sur le seul réseau du nord-est de l’Amérique du Nord qui n’ait pas flanché durant la panne généralisée d’il y a quelques années…