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Centpapiers

  • Pourquoi je ne voterai pas conservateur

    10 septembre 2008 | 2 commentaire(s) | vu 690 fois

    Je pourrais évoquer mille et une raisons de ne pas voter conservateur. Je vais me contenter d’en choisir une : leur approche des questions environnementales. En peu de temps, les conservateurs ont trouvé le moyen de faire des choix qui mettent la santé de la population et l’avenir de notre environnement en danger. Les laisser au pouvoir, même minoritaires, serait une grave erreur.

    La dernière mauvaise décision en lice des conservateurs concerne certaines substances chimiques pouvant causer le cancer. Plusieurs groupes de défense de l’environnement, dont l’Association canadienne du droit de l’environnement (ACDE), viennent d’émettre des commentaires très négatifs sur un projet de réglementation de ces substances hautement dangereuses.

    “Ce que propose le gouvernement pour contrôler les pires substances chimiques au Canada est extrêmement faible » selon Fe de Leon, chercheur à l’emploi de l’ACDE.

    On savait déjà que les conservateurs ont plutôt tendance à réduire qu’à hausser les standards environnementaux au Canada. L’attitude canadienne lors de la dernière rencontre internationale sur le réchauffement climatique est d’ailleurs assez révélatrice de cette tendance.

    La coalition Québec-Kyoto blâme d’ailleurs sévèrement les conservateurs, leur reprochant de faire la plus « piètre figure » en matière d’environnement. Le porte-parole de la coalition André Bélisle n’était pas loin de dire qu’il devait se promener avec un sac de papier sur la tête lors des rencontres internationales.

    Le problème fondamental, c’est que les conservateurs mettent les préoccupations économiques avant les préoccupations environnementales, alors que les dommages à l’économie causés par la dégradation de l’environnement devraient à eux seuls nous convaincre d’adopter une stratégie exactement contraire.

    D’ailleurs, la Commission de coopération environnementale (CCE). une organisation internationale créée par le Canada, le Mexique et les États-Unis aux termes de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l’environnement (ANACDE), soulignait dans un rapport récent que les coûts associés aux
    phénomènes météorologiques violents prennent une ampleur considérable, tout en soutenant que « si le réchauffement se poursuit [au rythme actuel], les changements climatiques qui en résulteront au cours du XXIe siècle seront extrêmement inhabituels sur le plan géologique. » (La mosaïque nord-américaine : Aperçu des principaux enjeux environnementaux.)

    La réélection d’un gouvernement conservateur ne serait pas de bon augure.

    Au-delà de cette dimension économique des questions environnementales, des politiques visant à améliorer l’environnement aurait une incidence directe sur les dépenses publiques. Loin de provoquer une crise budgétaire, une population en meilleure santé, un environnement qui se dégrade moins, des produits canadiens dont il est possible de garantir l’innocuité sur les marchés étrangers, entraineraient autant une réduction des dépenses publiques qu’une augmentation des revenus.

    Même Le Devoir, sous la plume d’Hélène Buzzetti et d’Alec Castonguay, signale le piètre bilan environnemental des conservateurs qui évoquent le spectre d’une hausse des taxes et impôts pour justifier leur inaction et s’en prendre aux autres partis (Harper-Dion : les grandes divergences).

    Un tel déni des malheurs qui nous attendent si nous refusons de faire face aux problèmes environnementaux m’inquiète profondément.

    La génération actuelle et les générations futures pourraient payer cher le vote de 2008. Ne prenons pas une telle chance.

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  • 2 commentaires

    • J.F.William

    Comme disait un ami : Les Québécois sont stables lorsqu’il n’y a pas de vent à l’horizon. Mais aussitôt qu’il y a tempête, ils se terrent en priant qu’un sauveur vienne les chercher pour les sauver. C’est le propre des peuples ignorants, incultes et religieux. Donc les sauveurs ont eu pour noms Trudeau, Mulroney, et maintenant il y a Harper qui peut obtenir sa majorité en faisant des clins d’oeil de pute à cet électorat de droite réactionnaire qui essaime partout dans la province parce que c’est tout ce que nous sommes et qu’il semble que resterons jusqu’à notre disparition définitive.

    Aucune fierté, aucune mémoire et aucune politique réellement solide (seulement des formules et des clips qui passent la rampe de la télévision pour atteindre le bon peuple) mais, dit-on, un pragmatisme qui nous fera voter du bon bord (pour avoir les « nananes » d’Ottawa, comme disait un idiot du village dans mon journal local). Après le frigidaire de Duplessis, les routes de Johnny Chrétien, il y a maintenant les bâtisses gouvernementales de Harper pour infléchir le vote en faveur d’un statut quo, d’un siphonnage de nos ressources et de notre asservissement, historique culturel et politique.

    • J.F.William

    BLOC-BASHING : PARIZEAU A RAISON
    12 septembre 2008
    Pierre Dubuc

    « L’empire Desmarais a pris la chronique de Jacques Brassard, d’habitude obscure, et l’a diffusée partout au Québec pour nuire au Bloc », a déclaré Jacques Parizeau au Journal de Montréal. C’est l’effet de la concentration de la presse ; c’est l’effet de cette concentration entre les mains d’un fédéraliste qui croit, comme le rappelait Bernard Landry, que « l’indépendance, c’est la fin du Québec » en faisant référence à l’entrevue que Paul Desmarais a accordé au magazine français Le Point.

    DESMARAIS SUR UN PIED DE GUERRE

    Dans la même entrevue, Desmarais affirme qu’après avoir longtemps été libéral, il est maintenant un « conservateur ». La couverture de la première semaine de la campagne électorale par La Presse démontre que le message s’est bien rendu à la direction du journal et chez ses éditorialistes.

    JOUR 1. LUNDI, 8 SEPTEMBRE

    La Presse publie en première page les résultats du sondage SEGMA, commandé par Gesca (la filiale de Power Corporation qui gère ses journaux), qui prédisent un gouvernement majoritaire conservateur avec 43% des intentions de vote à l’échelle nationale. « Déjà loin devant », titre le journal en première page. « Départ canon pour les conservateurs », peut-on lire en pages A2-A3.

    C’est le sondage le plus favorable à Harper publié à date. Avis aux indécis : Embarquez dans le train, on roule vers la victoire ! On a le momentum !

    Les autres titres du premier cahier sont à l’avenant. « La crise économique favorise les conservateurs » (page A4). « Avantage Harper », nous dit le titre de la chronique de Vincent Marissal (page A5). « Harper, premier de classe », peut-on aussi lire dans la même page.

    Pour qu’il n’y ait pas de malentendu et sans doute pour faire oublier la mort d’un 97e soldat en Afghanistan (reléguée en page A14), l’éditorialiste en chef André Pratte nous dit que « Harper n’est pas Bush ». Armes à feu, avortement, politique étrangère, faut avoir l’esprit tordu pour voir du Bush dans Harper sur ces questions, dit en substance Pratte. Harper n’est pas d’extrême-droite, mais de centre-droit. Comme La Presse sans doute. Aux Etats-Unis, il serait considéré comme un conservateur très modéré. Par contre, Duceppe, lui, serait perçu comme un socialiste radical.

    JOUR 2. MARDI 9, SEPTEMBRE

    « Une candidate du PCC, membre de l’Opus Dei », apprend-on en première page avec un renvoi à l’excellent article de Denis Lessard. Vous pensez que cela va avantager le Bloc ? Attendez de voir le traitement au cours des prochains jours.

    En page éditoriale, Chapleau reprend l’idée exprimée la veille par Pratte dans une caricature intitulée « La stratégie de Duceppe » où on voit le chef bloquiste se braquer une lampe de poche sous le menton pour se faire peur accompagnée d’une bulle où on peut lire : « Ouuhhhh !!! Ouuhhh !!! Ouhh !! Harper = Bush = violence = guerre, génocide, famine Ouuuhh !!!.

    Reconnaissons toutefois une petite éclaircie dans la page Forum avec la réplique de Bernard Landry, un commentaire de l’ancien leader du Bloc Michel Gauthier et Lysiane Gagnon qui reconnaît que « les bloquistes ont raison de dire qu’ils sont les seuls capables d’empêcher Harper de former un gouvernement majoritaire ».

    Par contre, dans la section Affaires, on a droit à une « analyse économique » de l’ineffable Claude Picher coiffée du titre : « Harper : un bilan qui se défend ».

    JOUR 3, MERCREDI, 10 SEPTEMBRE

    C’est la « bombe » de Jacques Brassard. Présentée en première page comme une « lettre ouverte » alors que c’est sa chronique habituelle dans le Quotidien au Saguenay, La Presse titre : « Le Bloc est devenu le clone du NPD ». Le message est clair : pourquoi ne pas alors voter tout simplement pour Layton ! En divisant ainsi le vote, on favorise l’élection de Harper.

    En plus de la première page, on fait l’honneur de deux pleines pages à la lettre de Brassard. En page A8, sous le titre « Jacques Brassard varlope le Bloc », le journaliste résume la lettre ouverte pour les lecteurs pressés qui n’auraient pas le temps de se rendre en page A31 où elle est publiée sous le titre « Les vieilles picouilles ». À noter le choix des photos. Un Brassard radieux et un Duceppe affublé d’écouteurs qui ressemble à E.T.

    En page A7, on revient sur la candidate de l’Opus Dei, mais… pour s’en prendre au Bloc ! On titre : « Le Bloc est intolérant, dit Cannon ». Faut le faire ! À croire que personne n’a lu l’article de Lessard, car côté intolérance, il est difficile de surpasser l’Opus Dei.

    En page A10, Mario Dumont accroche son wagon au train en marche. « Dumont se porte à la défense de Harper. Le chef de l’ADQ dénonce la « campagne de peur » du Bloc québécois envers le Parti conservateur », lit-on sur cinq colonnes avec une belle photo de Dumont.

    En page éditoriale, André Pratte poursuit son œuvre de réhabilitation de Stephen Harper. Cette fois, il réplique aux artistes qui se plaignent des coupures dans les programmes culturels. Le titre de son éditorial est un morceau d’anthologie : « Harper, le mécène ».

    Dans la page Forum, sous le titre « Diesel, La méthode Harper », son collègue Alain Dubuc nous explique comment une mauvaise politique – la réduction de 2 cents de la taxe sur le diesel – devient avec le talent politique de Harper qu’il vénère « une bonne politique ».

    JOUR 4. JEUDI, 11 SEPTEMBRE

    En page frontispice, un autre titre favorable à Harper : « L’ADQ fera campagne pour les conservateurs ». Le titre est repris sous une autre forme en page A7 : « Pour aider les conservateurs, l’ADQ monte au front ».

    Vous croyez Harper trop militariste pour un Québec trop pacifiste avec plus de 70% de la population s’opposant à la mission en Afghanistan ? Prenez votre mal en patience, ce n’est qu’un mauvais moment à passer comme nous l’apprend le titre en page A6 : « Intervention militaire en Afghanistan. Harper promet le retrait des troupes en 2011 ».

    En référence à la candidate conservatrice membre de l’Opus Dei et à la « lettre ouverte » de Brassard, on titre en page A8 : « Mis sur la sellette à propos de la religion et de l’orientation du parti. Gilles Duceppe sur la défensive »

    En page 13, on rapporte les résultats d’un sondage Ekos : « Le PC près de la majorité ». Lundi, on nous disait qu’il était majoritaire ! Est-ce parce que le sondage Ekos n’est pas financé par Gesca ?

    En page A25, droit de réplique oblige, on publie la réponse du vice-président du Bloc Jacques Léonard à la lettre de Jacques Brassard (Vieille picouille, mon œil ! ». Mais, sans doute par souci d’ « objectivité », on publie immédiatement dessous un texte de François Juteau, qui se présente comme un ex-militant péquiste sous le titre : « Le piège de la gauche. Méfions-nous des vieux canassons de la gauche, comme dit Jacques Brassard, qui doivent mener la cause aux lendemains qui chantent » (Ouf !). C’est un truc éprouvé que de faire intervenir un ancien membre de la famille, c’est plus crédible.

    Comme toujours, Chapleau est là pour renforcer le message. Sa caricature présente Duceppe en Che Guevara en surimprimé sur un t-shirt.

    JOUR 5. VENDREDI, 12 SEPTEMBRE.

    En première page, une photo de Jack Layton et une entrevue exclusive avec le chef du NPD. Le titre : « Jack Layton un « vert » avant l’heure ? » En page 2, le titre est la réplique du NPD à Brassard : « Le Bloc n’est pas un clone du NPD ». En page A3, un beau portrait de son père, l’écologiste, par le chroniqueur Yves Boisvert sous le titre : « Les rêves de son père ». Sympathique, Monsieur Layton, surtout si on le compare à l’affreux Gilles Duceppe.

    En page 3, un titre : « Le PCC recrute un pentecôtiste ». Avis à Gilles Duceppe : ne dis rien si tu ne veux pas être accusé d’intolérance.

    En page éditoriale, le « sage » de l’équipe éditorialiste, Mario Roy, revient sur la promesse de Stephen Harper de quitter l’Afghanistan en 2011. Il aimait mieux l’idée initiale que le Canada retire ses troupes des zones de combat à cette date. Mais, que voulez-vous, Monsieur Harper est un pacifiste !

    Dans la page Forum, dans une chronique intitulée « Le doigt sur le bobo », Alain Dubuc donne raison à Jacques Brassard. Le Bloc est très à gauche et « bien des électeurs ne se reconnaissent pas dans la gauche du Plateau Mont-Royal ». La preuve : M. Duceppe a dénoncé les idées de l’Opus Dei, qui ne serait pas, selon Alain Dubuc, comparable à « une secte évangélique du Mississipi », mais est un « mouvement catholique qui défend la doctrine de l’Église » !!! Alain Dubuc devrait relire l’article de son collègue Lessard sur les pratiques de l’Opus Dei, une secte élitiste, dont les membres s’infligent des mortifications physiques ! Est-ce là « défendre la doctrine de l’Église ».

    À la fin de la semaine, le message est clair : l’intolérant n’est pas Harper, mais Duceppe. Harper est presque devenu un pacifiste, un mécène et un partisan de la séparation de l’Église et de l’État. Si vous n’en êtes pas encore convaincu, vous pouvez toujours envisager de voter pour Jack Layton. Il est tellement sympathique. Et, en divisant ainsi le vote, le résultat sera le même : vous ferez élire plus de députés conservateurs.

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