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Pourquoi Charles de Gaulle refusa-t-il toujours de comm?morer le d?barquement du 6 juin ?

de gaulle Churchill france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

C??tait de Gaulle,?d?Alain Peyrefitte,?Tome 2 (?dition de Fallois Fayard 1997), pages 84 ? 87

  • Palais de l??lys?e, 30 octobre 1963

En nommant Jean Sainteny ministre des Anciens combattants en d?cembre 1962, le G?n?ral lui avait demand? de consacrer son ?nergie ? l?ann?e 1964. Elle ?tait propice ? raviver le souvenir de deux des ann?es glorieuses : cinquantenaire de 1914 et vingti?me anniversaire de 1944.

? la fin du Conseil du 30 octobre 1963?, Jean Sainteny a ?voqu? les c?r?monies pr?vues pour la comm?moration de la lib?ration, Pompidou me prend ? part : ? T?chez de faire revenir le G?n?ral sur son refus d?aller sur les plages de Normandie? ? Je suis stup?fait et de l?information et de la demande. ? Enfin, reprend Pompidou, prenez des pr?cautions? Je m?y suis cass? les dents. ?

Sainteny m?apprend ensuite qu?il se les ?tait d?j? lui-m?me cass?es. Naturellement, je vais me les casser aussi.

  • ? La France a ?t? trait?e comme un paillasson ! Churchill m?a convoqu? comme un ch?telain sonne son ma?tre d?h?tel. ??

Alain Peyrefitte (l?air candide)?: ? Croyez-vous, mon G?n?ral, que les Fran?ais comprendront que vous ne soyez pas pr?sents aux c?r?monies de Normandie ?

Charles-de-Gaulle (s?v?rement) : ? C?est Pompidou qui vous a demand? de revenir ? la charge ? (Je ne cille pas). Eh bien, non ! Ma d?cision est prise ! La France a ?t? trait?e comme un paillasson ! Churchill m?a convoqu? d?Alger ? Londres, le 4 juin, il m?a fait venir dans un train o? il avait ?tabli son quartier g?n?ral, comme un ch?telain sonne son ma?tre d?h?tel. Et il m?a annonc? le d?barquement, sans qu?aucune unit? fran?aise ait ?t? pr?vue pour y participer. Nous nous sommes affront?s rudement.

Je lui ai reproch? de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volont??europ?enne(il appuie).

Il m?a cri? de toute la force de ses poumons : ? De Gaulle, dites-vous bien que quand j?aurai ? choisir entre vous et Roosevelt, je pr?f?rerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons ? choisir entre les Fran?ais et les Am?ricains, nous pr?f?rerons toujours les Am?ricains ! Quand nous aurons ? choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! ? (Il me l?a d?j? dit. Ce souvenir est ind?l?bile.)

Winston Churchill choisir entre francaise et americain de gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

? De Gaulle, dites-vous bien que quand nous aurons ? choisir entre les Fran?ais et les Am?ricains, nous pr?f?rerons toujours les Am?ricains ! ???(Winston Churchill)

  • ? Et vous voudriez que j?aille comm?morer leur d?barquement, alors qu?il ?tait le pr?lude ? une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! ?

Charles-de-Gaulle : ? Le d?barquement du 6 juin, ??a ?t? l?affaire des Anglo-Saxons, d?o? la France a ?t? exclue. Ils ?taient bien d?cid?s ? s?installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s?appr?taient ? le faire en Allemagne !

Ils avaient pr?par? leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France ? mesure de l?avance de leurs arm?es. Ils avaient imprim? leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forc?. Ils se seraient conduits en pays conquis.

NOTE : AMGOT = ??Allied? military government for occupied territories??, gouvernement militaire alli? pour les territoires occup?s

billets americains france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

billets americains france 2 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

NOTE : Comme le r?v?lent leurs coloris et leur graphisme ? tr?s voisins de ceux du dollar ? ces billets libell?s en francs furent imprim?s aux ?tats-Unis, de f?vrier ? mai?1944, par le Bureau of Engraving and Printing, qui est normalement charg? d?imprimer les dollars am?ricains et les autres documents officiels du gouvernement f?d?ral. ?tant fabriqu?s aux ?tats-Unis, c?est le papier, l?encre, la mati?re, la pr?sentation et le format des dollars am?ricains qui servirent de r?f?rence.

?D?s les premiers jours suivant le d?barquement du 6 juin 1944, les arm?es am?ricaines commenc?rent ? distribuer ces billets de banque pour remplacer les billets fran?ais ?mis durant l?Occupation.

D?s le 14 juin 1944, le Commissaire de la R?publique Fran?ois Coulet, pr?sent en Normandie, fut confront? ? cette circulation de monnaie, qui ?tait d?ailleurs mal accueillie par la population. Il recommanda aux banques de les encaisser et de ne pas les remettre en circulation.???

D?s le 27?juin?1944, le g?n?ral de Gaulle ? arriv? entretemps sur le sol fran?ais ? tapa du poing sur la table en d?non?ant cette ??fausse monnaie??, et en en interdisant la circulation, d?s son installation au pouvoir au sein du Gouvernement provisoire de la R?publique fran?aise. Cette interdiction alla de pair avec l?effondrement du projet de commandement militaire impos? ? la France(AMGOT).

Charles-de-Gaulle : ? C?est exactement ce qui se serait pass? si je n?avais pas impos?, oui impos?, mes commissaires de la R?publique, mes pr?fets, mes sous-pr?fets, mes comit?s de lib?ration !

Et vous voudriez que j?aille comm?morer leur d?barquement, alors qu?il ?tait le pr?lude ? une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n?est pas l? !

? Et puis, ?a contribuerait ? faire croire que, si nous avons ?t? lib?r?s, nous ne le devons qu?aux Am?ricains. ?a reviendrait ? tenir la R?sistance pour nulle et non avenue. Notre d?faitisme naturel n?a que trop tendance ? adopter ces vues. Il ne faut pas y c?der !

  • ? M?associer ? la comm?moration d?un jour o? on demandait aux Fran?ais de s?abandonner ? d?autres qu?? eux-m?mes, non ! ?

Charles-de-Gaulle : ? En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 ao?t, puisque les troupes fran?aises ont ?t? pr?pond?rantes dans le d?barquement en Provence, que notre premi?re arm?e y a ?t? associ?e d?s la premi?re minute, que sa remont?e fulgurante par la vall?e du Rh?ne a oblig? les Allemands ? ?vacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la R?sistance.

charles de gaulle d?barquement de Provence Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

Charles de Gaulle comm?more le d?barquement de Provence le 15 ao?t 1964 : cf. extrait d?actualit?s disponible sur le site de l?INA :http://www.ina.fr/video/CAF94058797

Charles-de-Gaulle : ? Et je comm?morerai la lib?ration de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses fran?aises, puisque les Fran?ais de l?int?rieur et de l?ext?rieur s?y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m?associer ? la comm?moration d?un jour o? on demandait aux Fran?ais de s?abandonner ? d?autres qu?? eux-m?mes, non !

? Les Fran?ais sont d?j? trop port?s ? croire qu?ils peuvent dormir tranquille, qu?ils n?ont qu?? s?en remettre ? d?autres du soin de d?fendre leur ind?pendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance na?ve, qu?ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager ? compter sur eux-m?mes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de m?moire que ?a ! Il faut comm?morer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n?ai aucune raison de c?l?brer ?a avec ?clat. Dites-le ? vos journalistes. ?

Il reprend : ? Ceux qui ont donn? leur vie ? leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Am?ricains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront l? pour les honorer dignement. ?

NOTE : Sainteny et Triboulet ?taient respectivement Ministre des anciens combattants et Ministre de la coop?ration en 1964.

  • 13 mai 1964

Esp?rant que le g?n?ral aura oubli? sa vive r?plique, ou en tout cas aura oubli? que c?est ? moi qu?il l?a adress?e, je remets la question sur le tapis, 10 mois et demi plus tard, le 13 mai 1964.

  • ? Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans apr?s, que faisaient-il alors ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Lib?ration s?est pass?e sans eux. Elle s?est pass?e d?eux. ?

Alain Peyrefitte : ? Ne craignez-vous pas, si nous ne devons pas du moins quelques explications, que votre absence du 6 juin en Normandie soit mal interpr?t?e ?

Charles-de-Gaulle : ? Mais je vous l?ai d?j? dit ! Il n?a jamais ?t? question que j?y aille ! Je ne suis pas all? pour le cinqui?me anniversaire ; ni pour le dixi?me ; ni pour le quinzi?me. Pourquoi voulez-vous que j?y aille pour le vingti?me ? Et j?ai demand? au Premier ministre de ne pas y aller non plus. D?ailleurs, le Premier ministre anglais n?y va pas. Johnson ira pas non plus. Pourquoi irions-nous ?

(?videmment, Wilson et Johnson n?y vont pas, parce que De Gaulle n?y va pas.)

Alain Peyrefitte : ? Eisenhower et Montgomery doivent y aller.

Charles-de-Gaulle : ? Ce sont des acteurs, qui se font payer cher ? la t?l?vision. ?

Finalement, Eisenhower et Montgomery, apr?s avoir annonc? leur participation, ne sont pas venus.

  • 10 juin 1964

Apr?s le Conseil du 10 juin 1964, le G?n?ral laisse percer encore son agacement :

? Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans apr?s, que faisaient-il alors ? S??taient-ils battus pour que la France recouvre sa libert?, pour qu?elle contribue ? sa d?livrance ? Que faisaient-ils pendant la guerre ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Lib?ration s?est pass?e sans eux. Elle s?est pass?e d?eux. ?

Et lui, il a d? se battre pour que le d?barquement ne se passe pas compl?tement de la France libre. S?il a prononc? son discours de Bayeux le 16 juin 1946, ce ne fut pas pour comm?morer le d?barquement du 6 juin, mais?son?d?barquement sur les talons des Am?ricains, le 16 juin 1944 ? Bayeux.

Il recule son fauteuil, cale son dos. Il a envie de parler.

Vous croyez que les Am?ricains et les Anglais ont d?barqu? en Normandie pour nous faire plaisir Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

  • ? Vous croyez que les Am?ricains et les Anglais ont d?barqu? en Normandie pour nous faire plaisir ? ?

Charles-de-Gaulle : ? Vous croyez que les Am?ricains et les Anglais ont d?barqu? en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu?ils voulaient, c??tait glisser vers le nord le long de la mer, pour d?truire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de l?, donner l?assaut ? l?Allemagne. Paris et la France ne les int?ressaient pas. Leur strat?gie, c??tait d?atteindre la Ruhr, qui ?tait l?arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin.

Churchill avait demand? ? Eisenhower d?essayer de lib?rer Paris pour No?l. Il lui avait dit : ? Personne ne pourra vous en demander davantage. ?

Eh bien si, nous ?tions d?cid?s ? demander davantage ! Le peuple de Paris s?est soulev? spontan?ment et il aurait ?t? probablement ?cras? sous les d?combres, comme le peuple de Varsovie, s?il n?avait pas ?t? soutenu. Mais il y avait des hommes qui, trois ans plus t?t, ? Koufra, s??taient jur? de lib?rer Paris, puis Strasbourg. Ce sont eux qui ont lib?r? Paris avec son peuple.

NOTE? : Leclerc et sa colonne, qui venaient du Tchad pour rejoindre la Tunisie en guerroyant, avaient fait, dans l?oasis de Koufra, le serment de ne pas d?poser les armes avant d?avoir lib?r? Paris et Strasbourg.

  • ? Les Am?ricains ne se souciaient pas plus de lib?rer la France que les Russes de lib?rer la Pologne. ?

Charles-de-Gaulle : ? Mais nous n?avions pas l?accord des Am?ricains. Quand j?ai vu que l?insurrection parisienne allait ?tre ?cras?e par une division allemande intacte qui arrivait de Boulogne-sur-Mer, j?ai donn? l?ordre ? Leclerc de foncer. C?est ainsi que nous avons ?vit? ? Paris le sort de Varsovie. Nous avons oblig? les Anglo-Saxons ? changer de strat?gie. Les Am?ricains ne se souciaient pas plus de lib?rer la France que les Russes de lib?rer la Pologne. Ce qu?ils voulaient, c??tait en finir avec Hitler, en essuyant le moins de pertes possibles. Ce qu?ils voulaient ?pargner, c??tait le sang des boys, ce n??tait pas le sang, les souffrances et l?honneur des Fran?ais.

? Effectivement, si les Anglo-Saxons avaient pu mener leur strat?gie jusqu?au bout, ils auraient peut-?tre r?ussi ? frapper l?Allemagne au c?ur plus vite. De toute fa?on, Hitler aurait fini par ?tre battu, et la France aurait fini par ?tre lib?r?e. Mais si les Fran?ais ?taient rest?s passifs, et si nous n?avions pas eu de part ? la d?faite d?Hitler, c?est au bout du compte lui qui aurait vaincu la France. ?


Ce que Roosevelt et les am?ricains voulaient vraiment faire de la France en 1944

de gaulle ROOSEVELT Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

  • ???Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger?! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris?!??

(Franklin Roosevelt, Pr?sident des ?tats-Unis, le 23 novembre 1942, devant les ?missaires de Charles de Gaulle ? la Maison Blanche)

NOTE : Pour comprendre quels ?taient les objectifs de Franklin Roosevelt, et des cercles dirigeants am?ricains, quant ? l?avenir de la France apr?s le d?barquement, il est utile de relire un passage essentiel des?M?moires de Guerre.

Nous sommes en novembre 1942. Les Anglo-Am?ricains viennent de r?aliser le d?barquement en Afrique du nord fran?aise (Op?ration Torch), d?ailleurs sans en avoir pr?venu le chef de la France Libre. […]

En revanche, une d?cision fait scandale, aussi bien au sein des Fran?ais Libres r?fugi?s ? Londres que parmi l?opinion publique britannique : le g?n?ral am?ricain Eisenhower, bien entendu avec le plein accord du pr?sident Roosevelt, a d?cid? de maintenir l?Amiral Darlan, l?un des dauphins de P?tain, au pouvoir ? Alger. En somme, Darlan a retourn? sa veste et les Am?ricains l?en r?compensent en le maintenant dans ses fonctions ? la t?te de l?Afrique du nord fran?aise !

Sit?t la nouvelle connue, Charles de Gaulle d?cide d?envoyer deux ?missaires ? Washington pour protester avec la derni?re ?nergie aupr?s du pr?sident Rososevelt. Lequel les re?oit et leur livre une vision de la France d?apr?s-guerre proprement scandaleuse. C?est ce c?l?bre passage des?M?moires de Guerre?:

Il n?en faut pas davantage pour que le Pr?sident Roosevelt surmonte, ? l??gard de Darlan, les scrupules d?mocratiques et juridiques que, depuis plus de deux ann?es, il opposait au g?n?ral de Gaulle. Par son ordre, Clark reconna?t le haut-commissaire et entame avec lui des n?gociations qui aboutissent, le 22 novembre, ? un accord en vertu duquel Darlan gouverne et commande, pourvu qu?il donne satisfaction ? ses vainqueurs anglo-saxons.

Sans doute, le Pr?sident fait-il publier une d?claration affirmant que les arrangements politiques conclus entre Eisenhower et Darlan ne sont ??qu?un exp?dient temporaire.?? Mais recevant, le 23, Andr? Philip et Tixier et s?irritant de leurs protestations, il leur crie?:???Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger?! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris?!??

Charles de Gaulle, M?moires de guerre, Tome 2, l?Unit?, 1942-1944, chapitre ??Trag?die??? Page 48 (?dition Plon)

On voit donc bien la collusion qu?il y avait entre les autorit?s am?ricaines et les autorit?s du r?gime de Vichy. Le pr?sident Roosevelt et les cercles dirigeants am?ricains voulaient disposer, au sortir de la guerre, d?une France domestiqu?e. C??tait finalement un conflit d?imp?rialisme entre les Am?ricains et les Allemands, rien d?autre.

Et Roosevelt souhaitait promouvoir les p?tainistes contre de Gaulle parce qu?il savait parfaitement qu?ils seraient infiniment plus dociles, pour ob?ir ? Washington comme ils ob?issaient ? Berlin, plut?t que le Fondateur de la France Libre, dont l?intransigeance sur l?ind?pendance de la France ?tait d?j? l?gendaire.

Cette vision strat?gique de ce que devait devenir la France d?apr?s-guerre selon Washington a ?t? confirm?e et pr?cis?e par Charles de Gaulle, vingt ans apr?s les ?v?nements. Toujours ? Alain Peyrefitte, dans un autre passage capital de l?ouvrage?C??tait de Gaulle. Passage que voici? :


C??tait de Gaulle, Tome 2 (?dition de Fallois Fayard 1997), page 52


  • Palais de l??lys?e, 17 juin 1964

de gaulle roosevelt ?tait un type qui voulait dominer univers Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

  • ??Roosevelt ?tait un type qui voulait dominer l?univers et, bien entendu, d?cider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ?a l?emb?tait ; il ne le trouvait pas assez souple.??

Charles-de-Gaulle : ??Roosevelt ?tait un type qui voulait dominer l?univers et, bien entendu, d?cider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ?a l?emb?tait ; il ne le trouvait pas assez souple. Il pensait que le jour o? les Am?ricains auraient d?barqu? en France, si le Mar?chal ?tait encore l?, il n?aurait rien ? leur refuser ; ce qui ?tait bien vrai.

Ensuite, Vichy ?tant devenu vraiment impossible, il a laiss? tomber Vichy. Il a essay? de se rattraper sur Giraud.

Puis, voyant que ?a ne donnait rien, il a essay? de se rabattre sur Herriot.?Il a m?me tent? de fabriquer un gouvernement ? Paris au moment o? j?allais y entrer, avec Laval, Herriot.?Tout ?a ?t? maniganc? avec Otto Abetz [Repr?sentant de Hitler ? Paris sous l?Occupation] et avec Allen Dulles, qui ?tait ? Gen?ve pour le compte de la CIA. ?

Alain Peyrefitte : ? Allen Dulles

Charles de Gaulle : ? Oui, c?est ?a. D?abord moi, en arrivant ? Paris, j?aurais foutu ce gouvernement au [trou][…]. Vous pensez, ? l??poque, Herriot, Laval et Abetz ?a ne pesait pas lourd. Mais Roosevelt se figurait qu?Herriot assurerait la continuit? avec la IIIe et Laval avec Vichy, et que tout ?a allait appara?tre comme la R?publique.

Seulement, Hitler, ?a l?a exasp?r? quand il a su ?a. Il a dit : ? De quoi, de quoi ? Laval, Herriot, et tout ceux-l??? ? Alors, il a fait savoir ? Laval de s?en aller ? Sigmaringen, il l?a fait dire aussi au Mar?chal, il a d?savou? Abetz, il a fait remettre Herriot dans sa prison. Il a tout nettoy?.

Roosevelt voulait imposer aux Fran?ais Pierre Laval et ?douard Herriot Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

Le gouvernement que Roosevelt?(ci-dessus)?voulait imposer aux Fran?ais en 1944 😕Pierre Laval et ?douard Herriot?(ci-dessous)??!

L?op?ration avait ?t? pr?par?e?en concertation avec le chef de la CIA Allen Dulles et l?ambassadeur d?Hitler ? Paris Otto Abetz???

CIA Allen Dulles et lambassadeur dHitler ? Paris Otto Abetz Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

NOTE : Le Pr?sident Roosevelt refusa toujours de reconna?tre la l?gitimit? de la France Libre, pr?f?rant maintenir une ambassade aupr?s de P?tain et du r?gime de Vichy jusqu?en novembre 1942, puis usant des man?uvres les plus tortueuses pour tenter d??carter Charles de Gaulle du pouvoir et installer, ? sa place, des dirigeants plus mall?ables.

Ainsi, en ao?t 1944, soit plus de deux mois apr?s le d?barquement de Normandie,?le Pr?sident Roosevelt esp?rait encore installer au pouvoir ? Paris??douard Herriot ? homme politique radical de la IIIe R?publique ? et Pierre Laval ? la figure la plus honnie de la Collaboration, avec lequel il avait d?ailleurs des liens de parent? par alliance. Ce projet scandaleux, minutieusement d?crit par de Gaulle dans ses M?moires de guerre, avait ?t? ourdi par une ?troite concertation entre le chef de la CIA Allen Dulles, l?ambassadeur d?Hitler ? Paris Otto Abetz et le dauphin de P?tain.

Allen Dulles (1893 ? 1969) fut le premier directeur civil de la Central Intelligence Agency (CIA), du 26 f?vrier 1953 au 29 novembre 1961, et l?un des sept membres de la commission Warren charg?e d?enqu?ter sur l?assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Il ?tait ?galement le fr?re cadet de John Foster Dulles, Secr?taire d??tat des ?tats-Unis du gouvernement Dwight Eisenhower, de 1953 ? 1959, et actionnaire principal de la United Fruit Company, soci?t? banani?re influente dans les r?publiques banani?res d?Am?rique latine.

Allen Dulles est un personnage des plus controvers?s?: sa carri?re au sein de l??tat am?ricain ne cessant d??tre ?maill?e de conflits d?int?r?ts personnels et familiaux plus ou moins importants, dus ? sa participation ? la vie de grands groupes industriels internationaux ainsi qu?? la carri?re de son fr?re John Foster Dulles qui travailla lui aussi pour ces grands groupes.

Otto Abetz (1903 ? 1958), francophone et francophile, repr?senta l?Allemagne en France en 1938 et en 1939, d?o? il fut expuls? le 30 juin 1939 comme pr?sum? espion. Le 8?juillet?1940, ? la suite de l?armistice entre la France et l?Allemagne, il fut de nouveau envoy? en France. Nomm? ambassadeur de l?Allemagne le 3?ao?t?1940, il conserva ce poste jusqu?en 1944 et travailla ? mettre en place une politique de collaboration. En juillet?1949, le tribunal militaire de Paris le condamna ? 20 ans de travaux forc?s pour crimes de guerre, en particulier pour son r?le dans l?organisation de la d?portation des juifs de France vers les camps de la mort. Il fut lib?r? en avril?1954.

Charles de Gaulle : ? Bohlen [L?ambassadeur des ?tats-Unis en France] se comporte envers moi comme Roosevelt il y a vingt ans. Il re?oit en permanence des d?put?s, des s?nateurs, des journalistes, et il les monte contre nous. Je n?en ignore rien. Ils font tous ?a, les Am?ricains.

Bohlen ambassadeur des ?tats Unis en France Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

NOTE?: Charles E. Bohlen (1904 ? 1974) fut ambassadeur des ?tats-Unis en France de 1962 ? 1968. Tr?s hostile ? de Gaulle, Charles E. Bohlen avait des liens de parent? proches avec Alfried Krupp von Bohlen und Halbach, h?ritier des aci?ries Krupp, l?un des principaux fabricants d?armes de l?Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, criminel nazi reconnu coupable de pillage et de crime contre l?humanit? le 31 juillet 1948, et condamn? ? douze ans d?emprisonnement et ? la confiscation de ses biens.

Charles de Gaulle : ? Roosevelt, c??tait pareil, il ne traitait qu?avec des gens qui ?taient mes ennemis. Il avait autour de lui, ? Washington, des types comme Chautemps.

Alain Peyrefitte : ? Et Saint John Perse.

Charles-de-Gaulle : ? Oui, L?ger qui avait ?t? limog? par Paul Reynaud. Et d?autres du m?me tonneau, avec qui Roosevelt prenait le th?. Ils le montaient contre moi, en rem?chant leurs ?checs. Seulement, ?a continue. Alors, Bohlen ne voit que nos adversaires, les Mitterrand et les Maurice Faure.

Camille Chautemps ministre d?tat du Front populaire successeur de L?on Blum Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

?NOTE : Camille Chautemps, ministre d??tat du Front populaire, successeur de L?on Blum de juin?1937 ? mars?1938 ? la t?te du gouvernement, fut vice-pr?sident du Conseil des gouvernements ?douard Daladier, puis du gouvernement Paul Reynaud. Ardent partisan de l?Armistice et tr?s hostile ? de Gaulle, il fit partie du gouvernement de Philippe P?tain jusqu?au 12?juillet?1940. En novembre?1940, charg? d?une mission officieuse, il partit pour Washington, et choisit d?y demeurer jusqu?en 1944.

Alexis L?ger secr?taire g?n?ral du Quai d?Orsay 1933 ? 1940 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

NOTE?: Alexis L?ger, secr?taire g?n?ral du Quai d?Orsay 1933 ? 1940, artisan de la rencontre de Munich (et grand po?te sous le pseudonyme de Saint-John-Perse) avait ?t? mis en disponibilit? par Paul Reynaud, Pr?sident du Conseil, le 20 mai 1940. Il s??tait ensuite r?fugi? aux ?tats-Unis.

Charles de Gaulle : ? Churchill, lui non plus, n?admettait pas qu?on ne plie pas. Au lieu de trouver des gens de caract?re qui lui auraient tenu t?te, il s?entourait de gens qui ?taient couch?s par terre.

? Je me rappelle un soir, quand j?ai rencontr? Roosevelt pour la premi?re fois, au Maroc. Roosevelt voulait m?obliger ? me soumettre ? Giraud. J?ai envoy? Roosevelt faire foutre, poliment mais fermement. Alors, Churchill m?a fait une sc?ne invraisemblable. Je l?ai mal pris, et je lui ai dit : ? Qu?est-ce que ?a veut dire 😕On ne vous comprend pas ??Vous n??tes pas digne de votre charge ! ? Je l?ai tr?s mal trait?.

Alors, le dernier jour, on s?est r?uni autour de Roosevelt pour se dire adieu. Churchill, devant tout le monde, a commenc? ? me refaire une sc?ne en me disant : ??Vous n?avez pas suivi le Pr?sident. ? Il piquait une l?che ?hont?e ? Roosevelt, et c?est Roosevelt qui, ? la fin, a trouv? que ?a suffisait et lui a impos? silence. Il a dit : ? Maintenant, il faut que ces deux g?n?raux se serrent la main devant les photographes. ?

??La politique de Roosevelt, c??tait exactement celle qu?ont aujourd?hui les Am?ricains dans le Sud-Est asiatique. Ils ne peuvent pas en imaginer d?autre. Des marionnettes, c?est ?a qu?ils veulent en face d?eux. ?


G?n?ral Giraud promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de comm?morer ?le d?barquement des anglo saxons?

La marionnette nomm?e G?n?ral Giraud, promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle.?

NOTE : Cette c?l?bre et hypocrite poign?e de mains entre de Gaulle et le g?n?ral Giraud, p?tainiste pass? au service des Am?ricains, fut exig?e par Roosevelt lors de l?entrevue des quatre hommes au Maroc en 1942. On distingue?Roosevelt (? gauche) et Churchill (? droite) assis?? l?arri?re-plan, en train de contempler avec satisfaction cette sc?ne de th??tre organis?e devant les appareils photos des journalistes de la presse anglo-saxonne.

Le pr?sident am?ricain voulait absolument promouvoir Giraud,?pour emp?cher Charles de Gaulle d?acc?der au pouvoir. Car le patron de la Maison Blanche avait parfaitement compris que de Gaulle ?tait le seul homme d??tat fran?ais, le seul capable de faire ?chec au projet des ?tats-Unis de vassaliser la France apr?s la fin de la guerre.

Extraits s?lectionn?s et annot?s?par Fran?ois Asselineau.

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En compl?ment, voici la reprise?d?un billet du blog de Bertrand Renouvin

En souvenir du D?barquement du 6 juin, il me para?t utile de publier ? nouveau le premier chapitre de mon livre ? ??Le krach de l?euro?? ? publi? aux ?ditions du Rocher en octobre 2001.

LA FUREUR ET L?ORDRE

Bayeux, le 14 juin 1944. Presque intacte, la ville a ?t? conquise sept jours plus t?t par les troupes alli?es. Mais le territoire fran?ais lib?r? ne constitue qu?une modeste t?te de pont lorsque, en cette matin?e ensoleill?e, le g?n?ral de Gaulle d?barque sur le rivage fran?ais.

Accueilli par le g?n?ral Montgomery, qui commande l?ensemble des troupes d?barqu?es, le chef du Gouvernement provisoire de la R?publique fran?aise ?coute le compte-rendu de la bataille. A l?ouest, les Am?ricains sont ? l?offensive en direction de Cherbourg?; ? l?est, les Britanniques avancent difficilement vers Caen. Le G?n?ral est satisfait de ce que lui dit le vainqueur d?El-Alamein?: ??lui ayant exprim? ma confiance, je le laisse ? ses affaires et m?en vais aux miennes, ? Bayeux??[1]. Apr?s le coup d??il du strat?ge, c?est le chef d?un gouvernement civil qui vient de parler. Puisque les op?rations ??vont leur train comme pr?vu??, les affaires politiques doivent ?tre les premi?res, dans l?ordre des t?ches ? accomplir.

Pourtant, ? cette heure, les soucis de la politique paraissent d?plac?s. On imagine des intrigues et des conciliabules, alors que la Normandie est en flammes. ?Ce m?me matin, les bombes de l?aviation alli?e ont fait quarante victimes civiles ? M?zidon, et deux cents ? Vimoutiers pilonn?e sans rel?che pendant vingt minutes?

Sur toutes les lignes de front, les combats font rage. Lieutenant d?infanterie en 1914, bless? en ao?t ? Dinant, le G?n?ral, lorsqu?il va ? ses affaires,?n?ignore pas l?extr?me violence de l?affrontement qu?il a lui-m?me ordonn? dans son discours radiodiffus? le jour du D?barquement.

Ordonner, cela signifie le commandement et la mise en ordre. ??Cette bataille, la France va la mener avec fureur. Elle va la mener en bon ordre. C?est ainsi que nous avons, depuis quinze cents ans, gagn? chacune de nos victoires. C?est ainsi que nous gagnerons celle-l?[2]. Pas de probl?mes quant ? la discipline?: fils et filles des soldats de Bouvines, de Valmy, du Chemin-des-Dames, les combattants de la France libre se battent depuis quatre ans en bon ordre et la?furia francese?est ? la mesure de la fougue g?n?rale. Le 8 juin, un commando du 1er?Bataillon de fusiliers marins (les c?l?bres B?rets verts du lieutenant de vaisseau Kieffer) s?empare de Br?ville apr?s des combats au corps ? corps dans le village en flammes[3]. Le 12 juin, les Canadiens du?Regina Rifles?en marche vers Caen prennent et d?fendent avec acharnement Bretteville l?Orgueilleuse contre les?Waffen SS?qui, comme d?habitude, agissent en criminels?: le m?me jour, ? Norrey-en-Bessin, ils ex?cutent 48 soldats du?Queen?s Own Rifles?faits prisonniers. Le 13 juin, ? la suite d?une avanc?e hasardeuse d??l?ments de la 7?me?Division Blind?e, lesTigre?du 101?me?bataillon SS de chars lourds d?truisent 25 chars et 28 blind?s britanniques ? Villers-Bocage ? les rescap?s ?tant contraints ? op?rer une rapide retraite couverte par la?Royal Air Force[4].

Bayeux n?est qu?? quelques dizaines de kilom?tres de ces combats furieux. Ce n?est pas dans une ville de l?arri?re que le G?n?ral p?n?tre, sous les acclamations. On imagine que l?homme du 18 Juin vient haranguer la foule. Il le fait, place du Ch?teau. Puis il visite dans la soir?e Isigny et le bourg de Grandcamp, ravag?s par la bataille. Charles de Gaulle est assur?ment un tribun, et un homme attentif aux victimes de la guerre. Mais c?est avant tout le chef du gouvernement provisoire qui a d?barqu? sur une plage normande pour exercer, au nom de l?autorit? l?gitime qui si?ge ? Alger, la souverainet? fran?aise.

La politique, ce n?est pas seulement le discours et la compassion. Et ce n?est certainement pas une mise en sc?ne h?ro?que qu?il aurait ?t? facile de monter en disposant sur un bout de plage trois douzaines de guerriers farouches. Au contraire?: le chef du gouvernement provisoire de la R?publique d?barque de?La Combattante, navire de guerre battant pavillon fran?ais, accompagn? d?administrateurs civils. En principe, il aurait du ?tre accueilli, ? Bayeux, par une autorit? administrative fran?aise. Mais le commissaire de la R?publique pour la Normandie, Bourdeau de Fontenay, n?a pu s??chapper de Rouen. ??En attendant qu?il puisse appara?tre, ?crit le G?n?ral, je tiens ? marquer sans d?lai, qu?en tout point d?o? l?ennemi ? fui, l?autorit? rel?ve de?mon gouvernement??.

Tel est bien l?enjeu du voyage de Bayeux?: un ??transfert de souverainet??[5]. Cela suppose la pr?sence symbolique du g?n?ral de Gaulle, mais aussi, imm?diatement, la mise en ordre du territoire lib?r?. Or, depuis le 7 juin, la ville est administr?e par une ?quipe interalli?e?: un Canadien, deux Britanniques, deux Am?ricains qui ont pris quelques mesures d?ordre public mais conserv? les fonctionnaires municipaux et pr?fectoraux nomm?s par Vichy. Cet ?tat de fait n?est pas tol?rable. Lorsqu?il s?est adress? ? ??la nation qui se bat?? dans son discours du 6 juin, le G?n?ral a indiqu? trois conditions pour le bon ordre de la bataille. Deux d?entre elles concernent l?action de la R?sistance int?rieure, mais ??la premi?re est que les consignes donn?es par le?Gouvernement fran?ais et par les chefs fran?ais qu?il a qualifi?s soient exactement suivies??.

Le programme politique du g?n?ral de Gaulle est simple?: la lib?ration de la patrie par les armes implique le renversement des pouvoirs ?tablis en vue du r?tablissement imm?diat de?l?autorit? l?gitime. Ces mots impressionnants trouvent leur traduction concr?te et visible lors de la mise en place d?une administration l?gale. D?s son arriv?e sur le sol fran?ais, le G?n?ral a envoy? ? Bayeux, ??s?ance tenante??, Fran?ois Coulet. Celui-ci vient d??tre nomm? Commissaire de la R?publique pour le territoire normand lib?r? par un d?cret publi? ? Alger le 13 juin. Le nouveau commissaire est accompagn? par le colonel de Chevign?, lui aussi venu de Londres et charg?, ??? l?instant m?me??,? des subdivisions militaires. C?est signifier ? l?administration militaire alli?e qu?elle n?a pas lieu d??tre.

Son existence est d?autant moins justifi?e que les premiers repr?sentants de la France Combattante sont ? l??uvre d?s le premier jour. Maurice Schumann a d?barqu? le 6 juin. A Bayeux, deux jours plus tard, il rencontre Raymond Triboulet, secr?taire du Comit? D?partemental de Lib?ration, avec lequel il organise un groupe franc. C?est assez pour que le G?n?ral de Gaulle puisse venir. Mais les alli?s ne font rien pour faciliter le voyage et Churchill a tent? de s?y opposer jusqu?au dernier moment. Ces man?uvres dilatoires ont ?chou??: les Am?ricains et les Anglais ne pourront pas emp?cher le r?tablissement de la souverainet? fran?aise, d?s lors que le chef du gouvernement provisoire, qui n?est d?ailleurs pas formellement reconnu, sera en mesure de prendre les d?cisions qui s?imposent?: la r?vocation du sous-pr?fet vichyste, remplac? par Raymond Triboulet, et la dissolution du conseil municipal.

Toutes les difficult?s ne sont pas aplanies lorsque le g?n?ral de Gaulle retourne, dans la soir?e, ? bord de?La Combattante. Pendant quinze jours, Fran?ois Coulet et Raymond Triboulet vont se heurter aux Anglais et aux Am?ricains qui voudraient bien, comme ils l?ont fait ? Bayeux dans les premiers jours, traiter la France comme un territoire occup? et militairement administr?. Et c?est sur la monnaie que va porter, pour l?essentiel, l?affrontement entre les repr?sentants du gouvernement d?Alger et les militaires anglo-am?ricains.

Par rapport ? l?enjeu capital que repr?sente la dure bataille de Normandie, la question de la circulation de billets de banque semble d?risoire. On d?couvre ? quel point elle est d?cisive en relisant quelques pages trop m?connues de l?histoire de la France libre, ? commencer par celles qui s??crivent la nuit du D?barquement.

Sans n?gliger la valeur documentaire du?Jour le plus long[6], ni l?exactitude de sa mise en images, cet ?mouvant r?cit militaire ne peut ? lui seul r?sumer le mouvement de l?histoire. Le magnifique courage de l?ensemble des troupes parachut?es ou d?barqu?es sous la conduite du g?n?ral Eisenhower donne ? penser que les chefs d?Etat et de gouvernement alli?s sont, dans les jours qui pr?c?dent l?op?ration, ? l?image des soldats qui se pr?parent ? la bataille?: tendus par l?anxi?t?, unis dans l?esp?rance.

Ce n?est pas faux. Mais le ??souffle d?estime et d?amiti? ne passe plus sur les acteurs de l?Histoire d?s qu?ils en viennent, dans la soir?e du 4 juin, aux affaires politiques. A Porsmouth, o? Winston Churchill et Charles de Gaulle se rencontrent, puis au quartier g?n?ral d?Eisenhower, les violentes altercations et les cris de col?re signifient que le conflit politique entre les Etats-Unis, l?Angleterre et la France atteint un de ses points culminants.

La cause imm?diate de l?affrontement, dans la nuit du D?barquement, c?est encore le chef de la France libre. Charles de Gaulle est d?autant plus intraitable que ses inf?riorit?s politiques, financi?res et militaires lui interdisent de passer le moindre compromis. Mais cette posture agressive n?est qu?une r?ponse aux pressions britanniques et aux man?uvres am?ricaines dont la France Combattante est victime.

Pressions britanniques. A Porsmouth, elles sont franches et massives. D?entr?e de jeu, Winston Churchill propose un ??arrangement?? que le G?n?ral de Gaulle irait soumettre au pr?sident Roosevelt. La r?ponse est superbe?: ??Pourquoi voulez-vous croire que j?aie ? poser devant Roosevelt ma candidature pour le pouvoir en France?? Le Gouvernement fran?ais existe. Je n?ai rien ? demander dans ce domaine aux Etats-Unis d?Am?rique, non plus qu?? la Grande-Bretagne??. Le chef du gouvernement rappelle alors que la question des rapports entre l?administration fran?aise et le commandement militaire, pos?e neuf mois plus t?t, est rest?e sans r?ponse. Or les Anglais et les Am?ricains ont pris leurs propres dispositions, sans m?me pr?venir Alger. De Gaulle poursuit?: ??Je viens d?apprendre, par exemple, qu?en d?pit de nos avertissements, les troupes et les services qui s?appr?tent ? d?barquer sont munis d?une monnaie soi-disant fran?aise, fabriqu?e par l??tranger, que le Gouvernement de la R?publique ne reconna?t absolument pas et qui, d?apr?s les ordres du commandement interalli?, aura cours forc? en territoire fran?ais. Je m?attends ? ce que, demain, le g?n?ral Eisenhower, sur instruction du Pr?sident des Etats-Unis et d?accord avec vous-m?me, proclame qu?il prend la France sous son autorit?. Comment voulez-vous que nous traitions sur ces bases????

Le g?n?ral de Gaulle donne-l? une magistrale le?on de droit public au Premier ministre de Sa Majest??:

– La France lib?r?e et se lib?rant elle-m?me, par ses combattants de l?Empire et de la r?sistance int?rieure, s?est donn?e un gouvernement l?gitime, qui se d?clare ??provisoire?? tant que le peuple fran?ais ne s?est pas librement prononc?, mais qui n?a pas besoin de la reconnaissance formelle de puissances ?trang?res pour agir en toute l?galit?.

– Sa souverainet? s?exerce de plein droit sur tous les territoires lib?r?s, ceux de l?Empire fran?ais et, ? partir du 6 juin, ceux de la France m?tropolitaine.

– Ce gouvernement l?gitime ??dispose de l?administration et de la force arm?e?? pour prendre les termes qui figureront dans la Constitution de la 5?me?R?publique.

– Le premier acte de souverainet? de ce gouvernement consiste ? mettre en circulation la monnaie ?mise par ses propres services, sous le contr?le de son administration.

Winston Churchill, qui se sait en tort, ne peut rien r?pondre sur la politique mon?taire. Aussi d?place-t-il l?enjeu de la souverainet? vers les rapports de puissances dans une r?plique demeur?e c?l?bre : ??(?) chaque fois qu?il nous faudra choisir entre l?Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu?il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt??. La r?plique porte loin. Elle ?claire la logique historique et politique dans laquelle s?inscrit, tout au long de la guerre, l?affrontement entre la France?libre et les anglo-am?ricains.

Dans cette histoire complexe et tumultueuse[7], la question mon?taire revient r?guli?rement au premier plan. Elle est pos?e d?s juillet 1943 par Maurice Couve de Murville, commissaire aux finances de ce qui est encore le Comit? fran?ais de Lib?ration nationale (CFLN), qui se pr?occupe des moyens de paiement ? fournir aux troupes d?barqu?es en m?tropole. Cette question est inscrite dans le projet d?accord pr?sent? le 7 septembre 1943 par le CFLN aux Anglais et aux Am?ricains?: il est notamment pr?vu que les d?penses des forces alli?es en territoire fran?ais lib?r? seront exclusivement pay?es en billets de banque libell?s en francs, ?mis par le CFLN et fourni par ses soins aux alli?s. Mais ceux-ci restent ?vasifs sur les modalit?s parce que le pr?sident Roosevelt refuse de reconna?tre le Comit? d?Alger comme ??Autorit? fran?aise comp?tente?? sur les territoires lib?r?s.

Il y a l? un net d?ni de l?gitimit?, qui s?inscrit dans la strat?gie politique de Roosevelt?: tandis qu?on fait patienter les Fran?ais, s?organise aux Etats-Unis un?Allied military government in occupied?territories(AMGOT) charg? d?administrer la France lib?r?e de la m?me mani?re que l?Italie?: comme un pays vaincu, plac? sous l?administration directe des arm?es victorieuses. C?est bien entendu inacceptable pour le g?n?ral de Gaulle, qui consid?re l?AMGOT avec m?pris[8]?et qui se montre fort m?content de l?attitude pro-am?ricaine de Jean Monnet qui ?tait alors membre du CFLN, charg? des n?gociations ?conomiques et financi?res avec les Etats-Unis. Or le pr?sident am?ricain ajoute aux fins de non-recevoir des offenses et des provocations continuelles.

Deux initiatives am?ricaines, particuli?rement mal re?ues par les Fran?ais, auront de graves r?percussions en juin 1944.

La premi?re initiative concerne la monnaie. A l?automne de 1943, Jean Monnet et Pierre Mend?s-France (nouveau commissaire aux Finances) font admettre aux Am?ricains qu?ils paieront en francs apr?s le d?barquement. Encore faut-il fabriquer les billets, et les Am?ricains proposent leur propre projet?: sur le papier, un dessin des drapeaux anglais, am?ricains et fran?ais avec la mention ??Commandement militaire interalli?. Refus des repr?sentants fran?ais, qui d?nient aux Am?ricains le droit r?galien de battre monnaie, et qui veulent voir la mention?: ??Emis par le CFLN???imprim?e en toutes lettres. Refus du pr?sident Roosevelt?: reconna?tre le droit d??mission mon?taire au Comit? d?Alger, c?est admettre qu?il sera le l?gitime gouvernement de la France. D?o? la d?cision am?ricaine?: les billets de banque seront fabriqu?s par les Am?ricains, l?autorit? ?mettrice ne sera pas indiqu?e, mais un rectangle blanc permettra d?inscrire les mots ??R?publique fran?aise ? Tr?sorerie centrale?? apr?s reconnaissance du CFLN par les Alli?s.

Le pi?ge est grossier, puisque les Am?ricains n?ont pas l?intention de reconna?tre le Comit? d?Alger. Jean Monnet y tombe en acceptant la typographie ?nigmatique de cette ??monnaie additionnelle??, ce qui permettra ? Roosevelt de pr?tendre que les billets am?ricains ont ?t? accept?s par les Fran?ais. Mensonge?! Le g?n?ral de Gaulle proteste qu?il s?agit l? d?une ??fausse monnaie?? puisque aucune autorit? souveraine ne la garantit.

La deuxi?me initiative prise par Roosevelt en avril 1944 consiste ? d?signer le g?n?ral Eisenhower (il n?y tient pas du tout?!) comme le futur d?tenteur de l?autorit? civile en France, en lui laissant la libert? de choisir ses collaborateurs parmi les Fran?ais. Cette d?cision est tellement arbitraire et insultante que les Anglais s?y opposent. Ce qui n?emp?che pas le pr?sident am?ricain de pers?v?rer dans son hostilit? au Comit? d?Alger, qui est proclam? Gouvernement provisoire de la R?publique fran?aise le 26 mai 1944[9]. Les provocations am?ricaines sont tellement blessantes qu?elles aboutissent ? une sorte de rupture des relations diplomatiques entre le gouvernement fran?ais et les anglo-am?ricains?; elle dure encore lorsque le G?n?ral, ? l?invitation pressante de Churchill, arrive ? Londres le 4? juin et rejoint aussit?t le cabinet britannique pr?s de Porsmouth.

Le rappel de ces faits permet de mieux comprendre la violente nuit du 4 au 5 juin. On pourrait croire que l?imminence du d?barquement arrange les affaires politiques. Il n?en est rien. Apr?s leur altercation et la r?plique churchilienne sur le ??grand large??, le Premier ministre britannique et le g?n?ral de Gaulle se rendent au quartier g?n?ral d?Eisenhower. Le Commandant en chef n?a pas encore choisi la date de l?op?ration. Consult? sur ce point, le G?n?ral lui en laisse l?enti?re responsabilit? tout en donnant un avis favorable ? l?action imm?diate. Le chef du gouvernement fran?ais va partir lorsque Eisenhower lui tend un texte. Il s?agit d?une proclamation r?dig?e ? Washington que Charles de Gaulle a r?sum?e dans ses M?moires?: le commandant en chef s?adresse en soldat aux?peuples?norv?gien, hollandais, belge et luxembourgeois mais c?est ensuite ??sur un tout autre ton qu?il s?adresse ? la?nation[10]?fran?aise???: le g?n?ral am?ricain l?invite ? ??ex?cuter ses ordres??, d?cide que ??dans l?administration tout le monde continuera d?exercer ses fonctions [les ?l?ments vichyssois aussi], ? moins d?instructions contraires?? et annonce que ??les Fran?ais choisiront eux-m?mes leurs repr?sentants et leur gouvernement??. Pas un mot sur le gouvernement qui si?ge en Alg?rie et qui dirige les forces fran?aises au combat.

Le G?n?ral d?clare ? Eisenhower que ce texte est ??inacceptable??. Tr?s vite il en propose un autre mais on lui objecte que le? ??factum?? est en passe d??tre largu? ? d?innombrables exemplaires sur le territoire fran?ais. De surcro?t, on attend du G?n?ral qu?il s?exprime ? la BBC?apr?s?le Commandant en chef, ce qui revient ? ent?riner les conceptions politiques am?ricaines. Le G?n?ral refuse tout net. Il traite Churchill de ??gangster??. Lequel, furieux, convoque le repr?sentant du G?n?ral ? une heure du matin pour lui signifier que De Gaulle est coupable de ??trahison en pleine bataille??. Puis il dicte une lettre ? Eisenhower, le mandant de r?exp?dier le G?n?ral ? Alger ??encha?n? si n?cessaire??.

La crise s?apaise ? l?heure o? les parachutistes am?ricains descendent sur Sainte-M?re-Eglise?: le G?n?ral parlera ? 18 heures. Le chef du gouvernement provisoire a gagn??: l?adversaire anglo-am?ricain a c?d?, il est humili?. Il y a plus admirable encore. D?s la troisi?me phrase du discours, les troupes qui sont au combat depuis l?aube sont int?gr?es dans le plan fran?ais de lib?ration?: ??Bien entendu, c?est la bataille de France et c?est la bataille de la France?!??[11].

Le g?n?ral de Gaulle a remport? l??preuve de force qui l?oppose aux Anglais et aux Am?ricains, mais ces derniers continuent de le combattre, et c?est encore une fois sur la politique mon?taire qu?ils portent leurs coups. Le 8 juin 1944, Eisenhower annonce l?introduction en France de la fameuse ??monnaie additionnelle?? qui a ?t? imprim?e ? Washington pour une valeur de quarante milliards de ??francs??. Apr?s protestation en bonne et due forme aupr?s des charg?s d?affaires anglais et am?ricains, le g?n?ral de Gaulle repart lui-m?me ? l?offensive en accordant, le 10 juin, un entretien ? l?Agence fran?aise ind?pendante, sise ? Londres. Apr?s avoir d?clar? inacceptable la proclamation am?ricaine du 6 juin, il d?nonce ??l??mission en France d?une monnaie soi-disant fran?aise, sans aucun accord et sans aucune garantie de l?autorit? fran?aise, [ce qui] ne peut conduire qu?? de s?rieuses complications??.

Il y aura en effet de s?rieuses complications sur les arri?res du front de Normandie, jusqu?? ce que les repr?sentants du Gouvernement fran?ais soient reconnus comme tels. Fran?ois Coulet, Pierre Laroque et Raymond Triboulet ont des instructions pr?cises?: elles portent sur la mani?re d?exercer leurs pr?rogatives administratives face au commandement alli?[12]?et elles concernent leurs pouvoirs mon?taires et financiers. Il s?agit de chasser la fausse monnaie, en refusant d?accepter ??ces dr?les de dollars d?cor?s d?un drapeau tricolore??[13].

Du point de vue technique, les choses furent tr?s simples?: Raymond Triboulet fit ouvrir des comptes distincts dans les quelques agences bancaires de la t?te de pont, sur lesquels les ??dr?les de dollars?? furent d?pos?s, mais sans qu?il soit possible d?effectuer des virements sur les comptes en francs. La population eut pour sa part une r?action significative de d?fiance ? l??gard des billets imprim?s par les Am?ricains et de traditionnelle rouerie ? l??gard de l?administration fran?aise?: comme la monnaie d?occupation allemande, les ??dr?les de dollar?? ?taient accept?s et employ?s prioritairement au r?glement des imp?ts?! Mais Fran?ois Coulet, en bon serviteur de l?Etat, ne voulait pas que le fisc se fasse ainsi rouler?: il ordonna aux comptables publics de refuser les ??billets de l??tranger??. D?o? la fureur des g?n?raux alli?s, qui se rendent le 19 juin dans ses bureaux. Le Commissaire de la R?publique pour les territoires lib?r?s refuse de les recevoir et leur d?signe le bureau de Raymond Triboulet, quelques marches plus bas. L?ancien sous-pr?fet de Bayeux raconte?:

??Grands cris?:???Comment?! Vous pr?f?rez les billets de Vichy[14]?? ceux ?mis par vos lib?rateurs??. ? ??De quel droit ?mettez-vous des billets?? Il n?y a pas Vichy et de Gaulle, il y a la France, o? vous vous trouvez.??

??Je les reconduis?; ils sont furieux, et, comme j?avoue l?avoir fait pour tous mes visiteurs insupportables (qu?on excuse un homme qui n?avait plus la moindre distraction) je n?glige de leur signaler deux marches de bois disjointes?: l?un des g?n?raux s??croule.???Sorry??.[15]

L??croulement physique du g?n?ral am?ricain annonce la d?faite politique de Roosevelt?: un dollar d?occupation ne chassera pas le mark d?occupation[16]. La circulation du franc, jointe ? la destitution des repr?sentants de Vichy, annonce le r?tablissement de la souverainet? fran?aise et la reconnaissance du Gouvernement provisoire de la R?publique.


[1]?Sauf indications contraires, les citations du g?n?ral de Gaulle sont extraites de L?Unit?, deuxi?me tome de ses M?moires de Guerre.

[2]?Discours et Messages, 6 Juin 1944.

[3]?Commandant Kieffer,?Les B?rets verts fran?ais du 6 juin 1944, Editions France Empire, 1994.

[4]?Jacques Henry, La Normandie en flammes. Journal de guerre de G?rard Leroux, Capitaine au r?giment canadien de la Chaudi?re. Editions Charles Corlet, Cond?-sur-Noireau, 1984. Pr?face de Raymond Triboulet.

[5]?L?expression est de Jean-Louis Cr?mieux-Brilhac,?La France libre,?De l?appel du 18 Juin ? la Lib?ration, Gallimard, 1996. cf. pages 843-848 le r?cit tr?s pr?cis de la journ?e de Bayeux.

[6]?Corn?lius Ryan,?Le Jour le plus long, Robert Laffont, 1994.

[7]?Elle est expliqu?e avec clart? et pr?cision par Jean-Louis Cr?mieux-Brilhac,?op.cit.?p. 681-698.

[8]???On voyait affluer dans cette organisation toutes sortes de th?oriciens, techniciens, hommes d?affaires, propagandistes, ou bien de Fran?ais d?hier fra?chement naturalis?s Yankees??.?M?moires de guerre, L?Unit?,?Plon, 1956. P. 212.

[9]?le GPRF ne sera reconnu?de jure?que le 23 octobre 1944 par les Anglais, les Russes et les Am?ricains en raison des actions de retardements men?es par ces derniers.

[10]?C?est nous qui soulignons?: les peuples nomm?s disposent ? Londres d?un gouvernement l?gitime en exil, leur lib?ration est une t?che strictement militaire. S?adresser ? la nation fran?aise, c?est nier qu?elle puisse ?tre repr?sent?e par une autorit? l?gitime, en charge de son histoire et de sa destin?e politique. Ces distinctions sont primordiales?: au matin du 6 juin, les chefs d?Etat et de gouvernement en exil s?adressent ? leur peuple?avant?le g?n?ral Eisenhower : Roi de Norv?ge, Reine de Hollande, Grande-Duchesse de Luxembourg, Premier ministre de Belgique. L?ordre dans lequel se d?roule ces interventions n?est pas contest? par le g?n?ral de Gaulle, en raison du principe de l?gitimit? qui l?inspire. Mais le Politique qu?il est ne peut parler apr?s le Militaire.

[11]?Churchill accuse le coup avec une parfaite mauvaise foi lorsqu?il t?l?graphie ? Roosevelt?: ??Son discours est d?autant plus remarquable qu?il n?a pas un seul soldat dans la bataille en cours??. cf. Cr?mieux-Brilhac,?op.cit.?p. 841, note 3.

[12]?Quant ? l?AMGOT, le m?pris des autorit?s fran?aises est total. Fran?ois Coulet note qu?en Italie, ??l?essentiel de son action semblait avoir ?t? de traiter avec la Mafia et d?officialiser cette v?n?rable institution sicilienne??.?Vertu des temps difficiles, p. 243-244.

[13]?Fran?ois Coulet,?op. cit.?p. 242.

[14]?Ce g?n?ral am?ricain fabule?: Vichy a frapp? des pi?ces de monnaie (un franc, deux francs) mais n?a jamais ?mis le moindre billet de banque. C??tait les billets de la troisi?me R?publique qui circulaient sous l?Occupation

[15]?Cf. Raymond Triboulet?:?Un gaulliste de la IV ?me, p. 101. Voir aussi?: Fran?ois-Marin Fleutot,?Des royalistes dans la R?sistance, Flammarion, 2000.

[16]?Pour la France occup?e, les Allemands avaient fix? la valeur du mark ? 20 francs au lieu de 10 francs.

Source:?http://www.les-crises.fr/pourquoi-de-gaulle-refusa-t-il-toujours-de-commemorer-le-debarquement-du-6-juin/

 

 

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