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Pour sauver les riches, soulageons les pauvres!

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Un débat fait rage actuellement, principalement aux Etats-Unis, sur la stagnation séculaire de nos économies. Pourtant, si stagnation séculaire il y a, celle-ci est due – selon moi – à l’extraordinaire productivité du capitalisme. Les taux d’intérêt très bas, voire nuls ou même négatifs, sont tout bonnement la conséquence de la très efficiente productivité du capital. Quant au chômage, il est lui-même le reflet de l’incroyable productivité du travail. En d’autres termes, le travail et le capital sont très faiblement rémunérés car notre économie a besoin de moins en moins de travail et de moins en moins de capital pour livrer ses biens et pour assurer ses services. Le corollaire est donc que nous produisons bien plus que ce que nous pouvons acheter et consommer.

La stagnation de nos économies provient donc d’une demande et d’une consommation anémiques, et non d’une offre déficiente. Situation qui ira en s’aggravant davantage année après année, car les progrès conduiront la société et les entreprises à créer et à produire encore et toujours plus avec toujours moins de capitaux et toujours moins de salariés. Un travailleur produit 350 tonnes d’acier en une heure aujourd’hui, alors qu’il n’en produisait qu’une seule tonne par année dans les années 20 !

Pour autant, et contrairement à ce que l’on serait en droit d’attendre de la part d’une société qui produit plus avec moins, l’abondance ne bénéficie qu’à une infime minorité. Ces gains de productivité massifs finiront par détruire l’économie – et le capitalisme – car ils n’ont aucune retombée favorable sur la consommation. Il ne sert en effet à rien au capitalisme de produire avec toujours moins de travailleurs et de salariés s’il y a de moins en moins de consommateurs qui peuvent se permettre d’acheter ses produits et services. Quant aux politiques des banques centrales dites de « quantitative easing », elles n’ont fait qu’enrichir le grand capitalisme à travers le gonflement vertigineux des réserves bancaires et l’ascension contre nature des marchés boursiers. Leur impact a effectivement été nul sur la consommation.

Si les capitalistes ont, pour le moment, largement neutralisé les effets potentiellement désastreux d’une consommation déclinante par des profits pharamineux engrangés grâce aux envolées boursières tout aussi indécentes que schizophrènes, la stagnation séculaire qui finira bien par les rattraper exige de relancer la consommation.

Voilà pourquoi un des remèdes les plus aisés à mettre en place aujourd’hui – qui permettrait à la fois de soulager l’immense masse des citoyens tout en confortant les entreprises – serait le revenu minimum universel.  Qui assisterait les plus démunis, qui réduirait les inégalités et qui trouverait des débouchés pour la surproduction se trouvant être un des maux les plus flagrants du capitalisme. Ce capitalisme, qui a formidablement réussi à produire et à multiplier ses richesses, voit aujourd’hui sa prospérité menacée par une demande agrégée ne parvenant plus à suivre le rythme effréné de ses gains en productivité. Il ne pourra pas indéfiniment faire son beurre grâce au tiroir caisse de bourses qui finiront bien elles aussi par être infectées par le monde réel, celui de l’ »armée de réserve des travailleurs » (expression de Marx) qui doit toujours lutter et souvent souffrir pour subsister.

En l’absence de mesures fiscales appropriées toujours bloquées par le capitalisme pour des motifs évidents, donner de l’argent à chaque citoyen relancera donc la consommation, stimulera l’économie, insufflera un minimum d’équité au sein de nos sociétés, tout en ayant un impact favorable sur l’emploi. Aujourd’hui, il est dans l’intérêt du capitalisme d’instaurer ce revenu minimum universel: qu’il le fasse au  moins pour ça…

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