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POTLATCH: ton or contre mon miroir

 

 

 

Dans la culture occidentale actuelle, on utilise aussi la formule ??briller ou dispara?tre??,qui refl?te une dynamique de type potlatch, dans les contextes et c?r?monies suivantes?:

  • Contribution aux repas communautaires, o? chacun apporte spontan?ment un plat ou une boisson pour tous (salade, dessert?), aussi appel? ??repas canadien?? (au Canada), en r?f?rence aux?am?rindiens d?Am?rique du Nord?qui pratiquaient cette forme de potlatch.
  • Obtention d?une l?gitimit? et d?une position hi?rarchique plus importante, en fonction de la qualit? et de la quantit? des contributions faites dans une dynamique de groupe (par exemple, dans les milieux?associatifs, les personnes qui s?engagent le plus comme volontaires auront un acc?s prioritaire aux ressources collectives, comme le bus ou le mat?riel informatique de l?association ? laquelle ils contribuent).

C?est pourquoi les premiers colons europ?ens ont pu consid?rablement spolier les indig?nes qui pratiquaient le potlatch, car ils ?changeaient de l?or contre de la bimbeloterie?; les Indiens croyant ? la valeur ??potlatch?? de ces ?changes pensaient que ces trocs ?taient ?quilibr?s.

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ENTR?E:

C?est bien l? l?art de toute fourberie contemporaine. Qu??change-t-on quand on travaille? Qu??change-t-on quand on vote? Que donne votre pays en retour de votre apport ? la soci?t?? Normalement ce devrait ?tre un plus, un ajout, issu d?une synergie de la richesse et du travail collectif?

Non

Le vol, tout simplement.

Car ?changer dans une fourberie d?obtenir du plus est ? inhumain. C?est en cela que le ??bon sauvage?? maintes fois d?cri? aujourd?hui, avait des valeurs que nous n?avons pas.

Du point de vue spirituel, ils nous d?passaient grandement. Ce qui est ais?, puisque nous n?en avons plus vraiment. Sauf le culte du corps parfait, et d?une certitude de la robotique de ce ??montage de chair?? si cher ? la science. Et si pauvre en efficacit?? Nous sommes dans un ??mourir?? mat?riel? Et c?est ? se demander si tous les grands financier ne sont pas des croque-morts.

Ces gens-l? ont l?air vivant? Nous sommes ? une ?re de culture de cadavres. On s?empiffre des pauvres dits du tiers monde et on fait crever ceux des soci?t?s dites avanc?es.On les tient en laisse?

On a jamais autant parl? de valeurs? Le mot a ?t? tant et tant baratt?, que le beurre est devenu une margarine rancie et color?e.

Trompe l?oeil.

L?cher son ?cran d?un plat de nouille ne nous nourrira jamais.

Mais nous continuons de les cultiver, de les entretenir. ?tant donn? que tout le monde cherche le bonheur et la paix ou le confort dans le futur, la technologie est un miroir.

Personne ne vit dans un miroir? M?me pas Alice?

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LE TEXTE DE PIERRE JC ALLARD

Le potlatch renvoie en philosophie ? la notion de d?pense pure (cf?Georges Bataille?et?Marcel Mauss). C?est un processus plac? sous le signe de la rivalit?, il faut d?passer les autres dons.

La contribution la plus originale du Canada ? la sociologie universelle n?a pas ?t? con?ue ? McGill ni ? Varsity; c?est une trouvaille de nos indiens Nootkas . On dit toujours que les humains sont ?go?stes, mais saviez-vous qu?il existe des tribus am?rindiennes de la Colombie Britannique dont les membres ont pour premier objectif dans vie de DONNER tout ce qu?ils peuvent? Le?potlatch?est la c?r?monie au cours de laquelle ils donnent ainsi ? qui mieux mieux. ?a cr?e quelques ennuis, mais pas trop pourvu que ?a reste dans la tribu. Parce qu??videmment, si l?ascenseur ne revient pas? les lendemains sont difficiles.

?a serait-y pas beau si les Bronfman, dont nous parlions il y a quelques semaines, au lieu de virer 2 milliards de dollars aux USA, les avaient donn?s aux ch?meurs canadiens ? Et encore plus beau s?ils ?taient relanc?s aujourd?hui par les Desmarais ou les Irving qui n?auraient d?autre but que d?en donner plus? ?a n?arrivera pas, rassurez-vous, et je n?accepterais pas le mandat de les en convaincre?! Il ne faut pas dire aux riches de donner; ?a les met en rogne.

On se demande bien pourquoi, d?ailleurs, puisque les riches ne d?pensent presque pas. Le probl?me, justement, ce n?est pas que les milliardaires aient des milliards, mais qu?ils ne les d?pensent pas. D?penser pour vrai, s?entend, dans le sens de consommer du pain, du caviar, ou de tirer un sain plaisir de vider une bouteille de Roman?e-Conti ? 1 000 $. D?penser, dans le sens de donner une chance ? ceux qui ne travaillent pas de travailler et de gagner leur cro?te.

Ah, si les riches consommaient ? ! Peu importerait que l?argent soit outrageusement gaspill?, pourvu qu?il circule, car c?est pour ?a que l?argent a d?abord ?t? cr??. Quand l?argent ne circule pas, l??conomie ralentit et tout le monde en souffre: les travailleurs ne travaillent pas, les enfants des pauvres ne mangent pas avant de partir pour l??cole, m?me les milliardaires perdent les millions qu?ils ne feront pas?

Ah, si les riches d?pensaient un peu? En supposant qu?on mette au Canada 30 milliards de dollars en circulation* ? ?a ne repr?senterait encore qu?environ 2% de nos actifs! ? et ?a cr?erait une offre de travail sup?rieure au nombre des ch?meurs et assist?s sociaux du pays?

Mais les riches ne donneront pas leur argent et ne le d?penseront pas non plus. La plupart des gens n?ont pas id?e ? quel point il est difficile de d?penser plus de 3 ou 400 000 $ par ann?e, ce qui n?est pourtant que l?int?r?t sur son capital d?un tout petit millionnaire de rien du tout. Quand vous ??valez?? un milliard, comment peut-on vous demander de ??consommer?? les deux millions par semaine que vous rapporte cet argent? Des tonnes de truffes, des piscines de champagne, des brigades de serviteurs en livr?e??

Contrairement au dicton populaire, l?app?tit ne vient pas en mangeant: on se lasse vite de manger. Ce qui cro?t avec l?usage, c?est l?ambition, le d?sir insatiable de faire grandir les chiffres dans un portefeuille d?actions. Alors, les vrais riches ne d?pensent presque pas: ils pr?tent et accumulent des int?r?ts, ou investissent et font des profits, r?duisant d?autant plus l?argent en circulation, mais ils ne ??d?pensent?? pas.

Alors, pas de potlatch pour nos riches ? Erreur; nos riches ??donnent?? tout le temps, laissant aller leur fric sans en retirer ni bien ni service tangible. Ils se passent l?argent entre riches, d?un compte de banque ? l?autre, dans l?espoir d?en avoir plus ? qu?ils se repasseront aussi ind?finiment, sans en retirer rien de concret. Les riches se vendent entre eux des Van Gogh, dont ils disent chaque ann?e qu?ils valent plus cher; ou ils s?ach?tent des bijoux, ce qui ne consiste, en somme, qu?? changer du papier pour des cailloux. Les riches vivent un potlatch ininterrompu, mais ils ne vivent leur potlatch qu?entre eux.

Le fric ne PEUT pas sortir de la tribu des riches. Car ?a veut dire quoi, quand les entreprises font des profits records pendant que nous avons une croissance malingre de 2 ? 3 % dont on se dit satisfait, une population dont le niveau de vie stagne depuis une g?n?ration et qui tire 20% de son revenu global de paiements de transferts? ?a veut dire que notre soci?t? a ?rig? en syst?me un potlatch ??virtuel?? r?serv? ? la seule tribu des riches. (Il y a aussi un potlatch virtuel pour le monde ordinaire qui se joue avec l?argent des REER, mais nous en reparlerons)

Quand la Bourse s?envole vers des sommets, permettant aux riches de devenir plus riches, notre soci?t? leur donne des milliards qui ne repr?sentent aucune valeur tangible dans le monde du r?el. Et ces milliards ??virtuels??, elle ne peut les donner qu?aux riches, puisqu?eux seuls ne les d?penseront pas ? puisqu?ils n?en ont pas besoin ? mais les utiliseront comme des outils de pouvoir, comme des laissez-passer qu?il suffit de montrer puis qu?on remet dans sa poche. Les riches, comme des clochards, peuvent s??changer des ch?ques de milliards de dollars s?ils conviennent de ne pas les encaisser. Et c?est bien ce qu?ils font.

Tant que les milliards demeurent des symboles dans des livres, les riches demeurent riches ? et puissants. Mais si nos riches pr?tendaient se pr?senter ? la banque de la r?alit? et??consommer??m?me une partie infime de leur richesse, on verrait que notre soci?t? ne dispose pas des biens et services n?cessaires pour honorer le ??ch?que?? que constitue la valeur des actions en Bourse et des d?p?ts en banque. L?ascenseur ne reviendrait pas et les lendemains seraient bien difficiles.

Pierre JC Allard , Nouvelle Soci?t?

http://www.nouvellesociete.org/5071.html

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