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Politique: Faut-il douter de Marine Le Pen ?

caricature_mlp On sait que les femmes et les hommes politiques sont capables de tout pour accéder au pouvoir, quitte à changer d’avis une fois élu, capables aussi de tourner encore plus vite que la plus véloce des girouettes, alors pourquoi ne pas s’interroger sur la sincérité de la candidate du Front National ?

Pour se faire, interrogeons le passé, et les choix politiques du FN en les comparant, le plus objectivement possible, avec les postures actuelles de la candidate frontiste.

Elle tient aujourd’hui un discours qui relègue parfois très à droite, les plus socialistes des candidats hollandais, quitte à ringardiser sur son propre territoire Martine Aubry.

Avec le nouveau sigle du parti, une rose bleue, aurait-elle l’intention de nous la jouer « fleur bleue  » ?

Quoi qu’il en soit, la réponse pourrait bien venir du numéro 2 du parti, un certain Florian Philippot qui s’exprime régulièrement sur une ligne très gauchiste comme il l’a fait en mai 2013, sur France Inter, dans l’émission de Patrick Cohen.

Durant 5 bonnes minutes, il a tenu un discours à défriser même un Jean-Luc Mélenchon, s’en prenant à la politique d’austérité de Hollande, au saccage social, à la flexibilisation du marché du travail, critiquant la nouvelle précarisation des retraites, la privatisation du service public, et le refus de toute forme de patriotisme économique au soutien de nos petites entreprises… lien

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Prenons un autre leader du FN, Louis Aliot en l’occurrence, qui n’a pas hésité à reprendre une phrase de Jean Jaurès, ainsi que sa photo, lorsqu’il s’est présenté aux Européennes de 2009 : « à celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien »… affirmant en grosse lettres sur l’affiche : « Jaurès aurait voté Front National ».

Récemment, la patronne du FN a remis à sa place Marion Maréchal Le Pen qui affirmait que si le FN gagnait la présidentielle, il ne permettrait plus le remboursement intégral de l’IVGlien

S’il faut en croire Charline Vanhoenacker, la chroniqueuse insolente de France Inter, si elle est devenue de gauche, c’est qu’elle a découvert qu’elle allait devoir affronter François Fillon, la poussant à ajouter à son nationalisme coutumier, une pincée de socialisme…du national socialisme, donc.

Elle défendrait donc maintenant le service public, les fonctionnaires, et probablement, les sans-dents, les ouvriers, les paysans.. lien

Nous voila bien loin de la pensée du fondateur du FN lorsqu’il voulait en 1974 : « ramener l’état à sa fonction normale, technocratie et bureaucratie sont les 2 mamelles de la 5èmerépublique, elles épuisent le pays où sont maintenant créées les conditions du socialisme. L’état doit réduire son train de vie, dénationaliser ce qui peut l’être, diminuer les effectifs pléthoriques du service public  ».

10 ans après, la critique de l’immigration pointe le bout de son nez « inverser le courant de l’immigration  » pour reconstruire la France.

Le FN, sous l’impulsion de son nouveau leader, aurait donc fait un virage à 180°… et pourquoi pas ?… ce ne serait pas la première fois que les dirigeants d’un parti changerait complètement de cap.

Ne venons nous pas d’en faire la cruelle expérience avec la présidence Hollande ?

Après avoir milité pour la dénationalisation, les nouveaux leaders du FN défendent le contraire : Philipot veut nationaliser les autoroutes, (lien) MLP voulait nationaliser Florangelien

Pourtant le député FN François Bachelot n’avait-il pas déclaré, il est vrai en 1986 : «  il faut désengager l’état partout où on pourra le faire. Moins de fonction publique, moins d’entreprise nationalisées, là où il y aura moins d’état, les français seront toujours gagnants  ». lien (p 788)

Le vent semble donc avoir tourné aujourd’hui.

Logique alors que les chroniqueurs politiques s’interrogent maintenant : « le programme du FN d’aujourd’hui est-il comparable au programme du PCF d’hier ». lien

Pourtant, si l’on regarde de plus près le programme du FN, on découvre qu’il propose le refus d’une hausse du smic, le refus de revenir à la retraite à 60 ans, la poursuite de la recherche et de l’expansion des OGM, la poursuite du programme nucléaire, la volonté d’affaiblir les syndicats, d’affaiblir le droit de grève, le refus du rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes…etc lien

Tout cela est-il très « social » ?

Et puis faut-il mettre au rebus les vieilles casseroles que trainait Marine Le Pen, lorsqu’elle se montrait souriante aux cotés d’anciens nazis, comme l’ancien Waffen SS Franz Schöenhuber.

mlp_avec_un_nazi

 

Son père n’était pas mieux fourni lorsqu’il s’affichait en 1977 avec Alain Robert, fondateur du GUD, groupe d’extrême droite.

jm_le_pen_avec_le_gud

 

et Marion Maréchal semble suivre le même chemin, lorsqu’elle s’affiche en 2012 avec le nouveau leader du GUD, un certain Édouard Klein.

marion_marechal_et_le_gud

 

Alors, sincère… pas sincère ?

Posture… imposture ?

Y aurait-il tromperie sur la marchandise ?

Y a-t-il chez elle un docteur Jekyll et une miss Hyde ? (le film complet ici)

L’avenir nous le dira.

Comme dit mon vieil ami africain : « c’est toujours trop tard quand le poisson découvre l’hameçon ».

L’image illustrant l’article vient de follys.fr

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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    Pardonnez-moi, Olivier, mais le titre de votre article est malvenu.

    Vous laissez entendre dans cette interrogation qu’on puisse accorder quelque part un quelconque crédit à cette blondasse fascisante déguisée en femme politique.

    Sa nièce est pire encore, ce qui n’est pas peu dire.

    Ce ne peut être le cas, comme ce ne peut être le cas de ce parti d’aigris et de nostalgiques de l’Algérie Française entre autre, ou des bals en Autriche avec des néo-nazis.

    Il ne peut y avoir de doute au sujet de sa personne et de son parti de marionnettes : c’est à rejeter, point barre. Aucun doute à se sujet, Olivier, aucun.