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Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (7)

On revient aujourd’hui à nos fameux Mirages libyens.  Eux aussi ont fait partie de l’hécatombe, abattus par la DCA ou les Manpads (voir les épisodes précédents).  En 2015, les partisans du gouvernement officiel en affichaient deux, ceux échappés à Malte sous Kadhafi.  En 2018, les partisans d’Haftar en présentaient deux autres. Depuis, les choses ont changé et trois sur les quatre ont disparu et se sont écrasés.  Les informations à leur sujet ont été largement contradictoires, aussi a-t-il fallu trier photos et déclarations pour s’y retrouver et conclure (provisoirement) à un seul rescapé, dont l’état actuel est inconnu :  au rythme auquel ils volaient, ces appareils devaient logiquement bientôt changer de réacteur… à condition d’en trouver un.  Il reste donc un seul Mirage en état de vol en Libye, mais rien ne dit qu’il puisse voler encore longtemps…

Un formateur porté disparu : une manipulation évidente

Le 7 avril dernier, un Mirage F1 de la GNA attaque « avec succès » la base aérienne d’al-Watiya du général Haftar, située à 150 kilomètres de Tripoli. Le 21, à son second passage, il se serait fait descendre par la DCA protégeant la base (par des tirs d’obus ou de missiles). La LNA qui l’aurait abattu annonce deux jours plus tard (le 23) qu’il s’agit de celui du formateur équatorien déjà décrit : le fameux « Boris Reyes », qui aurait réussi « à s’éjecter vivant », mais dont on serait sans nouvelles depuis (on comprend pourquoi on ne veut pas trop l’exhiber comme formateur de pilotes mercenaires côté GNA, mais pas de la part de la LNA qui aurait pu en faire un symbole facile de l’entremise qatari et du recours à des mercenaires !). On ne montre que son siège éjectable, intact, et un insigne d’uniforme brodé à son nom, bien que ce dernier soit fort différent  de celui aperçu lors de la photo avec son collègue américain Schroeder), aux côtés de maigres débris d’avions.  Voilà qui est déjà suspicieux.  Après le 502, ce serait donc le 508 qui venait de tomber :  c’était en ce cas le dernier avion Dassault F1 de la GNA… ses pilotes équatoriens se retrouvent désormais sans monture, sans lui.  Si la LNA ne montre pas le pilote, ce n’est pas parce qu’elle ne l’a pas trouvé, mais par ce que c’est l’un de ses avions, abattus par sa propre DCA !!! L’annonce, assez ambiguë, est faite officiellement le 26 avril par le porte-parole de la LNA, Ahmed Al-Mismari (ici à droite), qui évoque ce jour-là … deux avions abattus (sans préciser leur type) : un à Al-Jufrah, et un autre, celui avec le siège qui serait celui de Reyes, près d’Al-Watiyah « à 20 km à l’Est » selon lui.  Ce n’est pas vraiment fait pour l’aider, mais Al-Mismari a des intonations et des accents dans la voix qui ne sont pas sans rappeler celles du célèbre Mohammed Saeed al-Sahaf alias « Bagdad Bob » (ici à gauche, souvenez-vous !). Et comme celui qui transformait les pires défaites en victoires tonitruantes, il manie la langue de bois à merveille, comme on va le démontrer facilement dans ce qui va suivre.

Ne pas voir prisonnier le pilote laisse entrevoir cependant qu’il puisse ne pas avoir survécu, hélas, contrairement à ce qu’annonce la LNA : si son siège est somme toute intact, comme son package de survie, les débris montrés à ses côtés sont bien petits : son avion a manifestement été détruit. Ahmed Al-Mismari se mélange aussi un peu les pinceaux en affirmant que son groupe avait vu « s’échapper le pilote« , et qu’il était « toujours à sa recherche », ce qui paraît déjà bien tiré par les bretelles de parachute… Sachant le nombre de cellules de Mirage non encore retapés ou manquant de réacteurs neufs, l’exhibition d’un siège éjectable pris sur l’un d’eux, démonté, est facilement faisable, d’où des doutes sur cette « preuve » qui n’en serait pas une !  On s’active beaucoup côté LNA pour tenter d’accrédité la thèse d’un pilote de la GNA, au point de montrer un visage du pilote prétendument abattu à Jufra.  Manque de chance, c’est celui d’un pilote syrien de Su-22 tombé à Alep en 2016 et retrouvé blessé ( le premier lieutenant Musab al-Hourani Zayed) !  Visiblement, on s’y prend fort mal, côté communication chez le maréchal !!!

Le fameux Reyes recherche » faisait partie, on l’a vu, d’un lot de mercenaires étrangers. Selon un rapport de l’ONU lourd de 299 pages, en tout cas, ceux qui l’avaient recrutés, lui et ses collègues équatoriens, s’appelaient la « Gateway to MENA for Logistics services » (Mena signifiant « Middle East and North Africa » représentée par Sergiu Banari, un citoyen moldave sulfureux, car lié à un marchand d’armes américano-jordanien appelé Rami Ghanem, condamné aux Etats-Unis pour trafic d’armes. Les experts de l’ONU révèlent son nom figurant au bas d’un contrat de MENA (ici en deux parties).  Les pilotes recrutés dans l’aviation sous le commandement du Premier ministre du gouvernement de l’Accord national, Fayez al-Serraj, seraient selon ce rapport payés 20 000 dollars par mois, versés sur des comptes enregistrés dans une banque lettone, la Latvijas Pasta Bank. Ce que montre effectivement ce rapport récent de l’ONU, avec toute une cascade de sociétés écran faisant transiter les fonds via des sociétés basées en Grande-Bretagne : exactement le même schéma que pour ce qui a été décrit dans l’affaire Emiliano Sala !!!  « Les transferts d’argent réguliers depuis la Latvijas Pasta Bank (Lettonie) ont été effectués par (deux) sociétés (Deal Logic Dox LP et Irework Trading LP, toutes deux inscrites à la même adresse à Edimbourg, en Écosse) et enregistrées au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et de Nord.  L’Irlande au profit de plusieurs citoyens équatoriens membres de l’armée de l’air équatorienne ».  La fameuse banque lettone ayant été accrochée en 2016 par la Commission des marchés financiers et des capitaux (FCMC) qui lui avait infligé une amende de 305 000 euros  pour le non-respect des exigences en matière de prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme !!!  On aura noté au passage que le principal organisateur de l’affaire était moldave, comme l’étaient la plupart des avions de transport qui sillonnaient la Libye (voir les épisodes précédents).  Moldavie, Lettonie Ukraine (pour les ingénieurs), transporteurs Kazakhs ou Arméniens : une sphère bien connue, évoquée ici dans plusieurs épisodes sur les marchands d’armes.

Un mensonge flagrant

Mais il y a mieux ou pire encore : l’exhibition du siège éjectable prétendument affecté à Reyes est très certainement une mise en scène de la LNA, qui aurait au contraire perdu un appareil… du même type, à savoir le 402 ou le 515, ses deux ultimes survivants, comme vous le savez depuis les épisodes précédents.  C’est-à-dire que l’avion aurait été abattu par des tirs « amis » (« friendly fire » ) comme il se dit  !!! Le genre de chose à ne pas ébruiter, en créant au plus vite un contre-feu sur les réseaux sociaux remplis de selfies au moindre crash, désormais !  Les photos de l’avion abattu, montrées par Ahmed Al-Mismari, laissent planer le doute, en effet, ou plutôt infirment carrément ses propos :  des détails relevés par des internautes montrent que le morceau d’empannage retrouvé est sans ambiguïté aucune. Ça, et d’autres détails que nous avons repérés.  Si au départ on avait pu songer avec ce qu’a affirmé le porte-parole de la LNA au dernier Mirage de la GNA, le N°508, l’examen attentif des débris nous fait dire tout de suite qu’ils s’agît bien d’un avion du camp adverse, venu de Benina.  Un des clichés, sur lequel figure un de habituels fanfarons en train de danser sur l’épave (cf ici à gauche), nous montre en effet un premier détail qui ne trompe pas. Ce n’est pas le numéro de l’Atar 9K qui est lui presque totalement visible (ici au dessus à gauche), mais un élément situé à la base de la dérive (ci-contre à droite).  Sur le cliché des vestiges, le bloc d’aluminium est entier, sur le modèle 508 restant de la GNA une pièce rectangulaire à bords arrondis à usage indéterminé (une trappe de visite ?) avait été découpée (il semble que cela ait été fait lors de son séjour à Malte car avant son départ cela n’apparaissait pas !), elle est très visible sur tous les photos dont on dispose depuis son  escapade.  Le modèle 502 de la GNA n’en montrait certes pas non plus, mais lui, on est certain qu’il s’est déjà écrasé car c’est celui dans lequel est mort le pilote portugais Horta, dès le mois d’août 2016 !!!  Autre point encore ajoutant de l’eau au moulin de la thèse d’un avion de la GNA :  sur le « 508 » de la GNA, les marques « no step » sur les ailes, derrière les spoliers perforés, pour empêcher les rampants de marcher sur les flaps et les ailerons sont de couleur jaune. Or, là, malgré la nuit, on distingue très bien que celles de l’avion abattu sont plus larges, aux bords moins nets et… qu’elles sont blanches, car elles ont été repeintes sur les existantes qui s’effaçaient avec le temps !

Sur une image de retour de mission des 402 et 515, déjà évoquée ici, en poussant le contraste, on obtient toujours du blanc et non du jaune comme tracé de démarquage. Sur les clichés, du crash, la dominante de l’avion est nettement… verte (comme ici à gauche)

Conclusion obligatoire : nous n’avons pas affaire au N°508, ce ne peut-être l’avion de  « Boris Reyes », le seul volant encore dans ce camp, et c’est donc obligatoirement un des deux avions de la LNA, en fait l’avant dernier, donc  : le 402 ou le 515.  L’examen de la dérive elle-même est aussi sans détours :  malgré le sable la recouvrant, on distingue l’insigne de l’unité datant de l’ère Kadhafi, d’ailleurs, et déjà décrite à plusieurs reprises dans un épisode précédent  : c’est donc bien le N°402 de la LNA qui s’est écrasé le 21 avril dernier; le 515 ne possédant pas cet insigne !!!  Exit l’un des deux F1 d’Haftar, qui a tenté de faire passer sa perte pour celle d’un adversaire !  La communication du maréchal n’est pas défaillante, mais manipulatrice !!!  Et en tout cas, fort mauvaise.  Al-Mismari dessert son supérieur, plutôt qu’il ne l’aide !!!  A gauche, passage sur la tranche au Lavex 2009 du Mirage biplace 206, montrant l’emplacement de ses marques jaunes.

Une dénégation ratée

Si ce n’est le 508 de Reyes ou d’un autre pilote, c’est donc un avion du camp adverse vient-on de conclure. Evidemment, d’annoncer que le N°402, par exemple, se serait fait descendre, qui plus est par sa propre DCA fort maladroite, n’est pas trop apprécié par la LNA, qui envoie aussitôt sur les réseaux sociaux une photo pour démontrer que l’avion serait intact (ici à gauche). C’est notre spécialiste reconnu (Arnaud Delalande) qui la reçoit et qui, surprise, décide de la prendre pour argent comptant (en émettant des réserves, rendons-lui justice).  Il en reçoit tellement qu’il en est tout excusé, car c’est lourd à traiter tout ce flux, il faut le reconnaître, cet incessant flot de fakes news et de vraies, et son travail demeure admirable on ne peut que le saluer !  La photo, c’est celle d’un responsable gradé de la LNA qui montre l’avant de l’appareil, affublé de pylônes porte-bombes (rack) sur les ailes (avec lesquels le N°402 n’avait jamais été aperçu, au contraire des Mirages des adversaires, même dans les vidéos les plus récentes  -ou ici le 15 mai 2016– et qui porte un numéro bien vite dessiné sur sa trappe de train avant (ses chiffres ne sont pas réguliers, on les croirait fait au feutre, ou avec un mauvais logiciel de retouche numérique !).  Personne auparavant ne l’avait vu portant un numéro à cet endroit précis (ce sont les français qui le portaient ainsi en revanche).  A gauche, les couleurs d’origine (cf Wing Palette) du modèle 515, à deux tons de vert et sable seulement que les 402 et 515 d’Haftar avait gardé coloriés, comme on peut aussi le voir ici notamment. Le N°515, qui, selon Wing Palette, aurait aussi été photographié par les avions américains, paraît-il lors de la célèbre  « rencontre » du Golf de Syrte  avec les Su-22, en août 1981 !!! On notera que ces avions avaient au départ et d’origine un pylône-rack lance-roquettes ou bombes et un rack lance-missile en bout d’aile !  Cette idée d’affubler un appareil d’un numéro jusqu’ici jamais porté à cet endroit dessert plutôt qu’autre chose la démonstration. Et elle devient plutôt saugrenue, ou plus ridicule, lorsque l’on s’aperçoit que les Mirages de la GNA du camp d’en face portent bien eux ce genre de numéro, tel ici l’appareil d’Horta…. le « célèbre » 502, crashé depuis 2016 !  Des numéros peints bien régulièrement, qui plus est (cf ici à droite, le chiffe le plus significatif ici étant le zéro, en forme de rectangle à deux côtés en demi-cercle, comme ici, et non un ovale pur) !!!  L’ombre portée à cet cet endroit aurait pu être confondue avec le décor du fond et être prise pour l’arrondi d’un toit au loin.

Un autre élément prêtant à discussion, fourni par la dénégation du camp d’Haftar, est un intriguant bout d’aile (droite), visible du côté gauche seulement de la photo fournie (et sur l’aile droite donc).  En poussant le contraste il s’avère qu’il n’en est rien :  l’appareil, en plus d’un pylône profond, arbore bien un rack lance-missile à cet endroit :  une comparaison avec un autre Mirage F1 français (F1 CR semble-t-il) nous montre que c’est bien la même forme et le même allongement.  Or là encore, le 402, on l’a vu, n’en avait jamais exhibé.  La photo ne montre pas l’aile droite, hélas, mais on ne sait si ça été fait à dessein.  Décidément, le cliché fourni par la LNA peine à convaincre !

Difficile donc de prendre l’artefact visiblement créé pour l’occasion à la louche comme « preuve » en le comparant à la photo de présentation du premier vol une fois refait (ici à gauche) du N°402 retrouvé dans un hangar, des hangars qui contiennent toujours, on le rappelle, au minimum un N°407, portant le même insigne que le 402, extrait d’un lot « kadhafien » mais portant un résidu de couleur « vanille-chocolat » à l‘arrière, en cours de réfection, sur lequel en 2016 il y avait encore un énorme travail à effectuer, l’engin se résumant encore à une cellule vide, sans train et démuni de réacteur (ici à droite, il arbore le même insigne que le 402).  Un appareil qui aurait très bien pu servir aussi à réaliser une fois juché sur ses pattes le cliché incriminé… même encore démuni de son réacteur (qui ne se voyait alors pas !).  Ci-dessous c’est le N°402 photographié dans son hangar bétonné :  il ne porte pas de numéro – ni de pylône, ni de racks d’emport !) !

 

 

Un bien étrange « portugais »

A peine les débats ouverts sur le net sur le type véritable d’avion tombé et on en annonce déjà un suivant, le 7 mai.  Les Manpads ont encore fait des leurs.  C’est encore une fois la LNA qui l’annonce, en ne montrant qu’un seul cliché cette fois (celui ici à droite, montré largement surexposé aux médias).  Les selfies incontrôlés des combattants ayant suivi la chute de l’avion à la trace en ajoutent deux autres, (dont celui ici à gauche) dans lesquels on distingue l’arrière, encore une fois, d’un Mirage F1. L’avion étant une nouvelle fois complètement détruit, ses ruines encore fumantes sur certains clichés (ici à droite encore).  Une vidéo plus tardive nous montre que c’est tout ce qui reste de l’avion. On distingue bien l’arrière d’un Mirage F1, les deux empennages horizontaux arrières encore fixés au corps central, la dérive s’étant cette fois détachée à l’impact (on distingue néanmoins sa fixation, le N°17 de la vue éclatée ici à gauche).  Une autre vue montre que l’avion s’est écrasé sur le bord d’un chemin, et que c’était probablement un tir de DCA qui l’avait atteint, à voir la mine réjouie de celui qui était arrivé un des premiers pour contempler son épave (ici à droite). En tout cas, c’était bien l’arrière d’un Mirage F1 !!! Et le coloris de la peinture restante, encore visible, est bien marron-rougâtre, en plus du sable, et non le vert !  La couleur qui prédomine c’est en effet notre fameux vestige de « vanille chocolat », ce marron caractéristique tirant sur le lie de vin !  L’avion crashé est donc très certainement le dernier exemplaire des exilés maltais : le N°508 (ci-dessous, on y revient) !

Cette fois, c’est sûr, le GNA n’a plus aucun Mirage volant dans sa flotte qui a encore rétréci !  Cette fois aussi, son pilote a été capturé, à l’inverse du précédent que la LNA n’avait aucun intérêt à montrer… vu que c’était le sien !!!  Sans surprise c’est un étranger, un des fameux pilotes mercenaires recrutés par les islamistes… et les Qataris.  Mais ce n’est pas Reyes !  L’homme, blessé à la tête, l’a échappé belle : lors de sa capture au sol, on avait pu voir un homme dégainer un couteau devant lui (et même un deuxième)… sur le trajet l’emmenant à la caserne il avait failli être lynché alors qu’il invoquait la « Red Cross ».  Sur place (il a été manifestement roué de coups), le voici qu’il parle à nouveau et ne semble pas avoir d’accent… espagnol.  Mais anglo-saxon plutôt : et, peu loquace, il prétendra être portugais, comme l’était Horta, s’appeler « Reiss », et déclarera avoir été recruté par un certain « Hadi », et c’est tout.  On montre aussi peu après ses tatouages, qui en diront peut-être plus long, qui sait.  Car celui sur la poitrine à sa gauche est assez surprenant:  c’est celui qu’arbore l’un des deux frères Winchester (San et Dean) deux personnages d’une série TV fantastique diffusée pendant 14 ans (un record, elle a commencée le 13 septembre 2005)… au Canada, appelée là-bas « Supernatural » (et « Surnaturel » au Québec) !!!  Serait-il canadien ?

Comment donc un « équatorien » aurait-il pu denvenir fan d’une série TV canadienne connue que là-bas (elle est diffusée aussi en Belgique, en Suisse et en France… mais pas au Portugal !!!).  Et je ne vous dis pas les commentaires sur le web des habituels allumés qui y voient une « réincarnation démoniaque » tel l’ineffable Russia Insider de Charles Bausman (né en Allemagne et devenu américain son site est maintenu en vie par le mafieux russe Konstantin Malofeev) qui en fait un article ouvertement antisémite, comme à son habitude, sans même sourciller qui mène selon lui à … Madonna (on évite de peu les francs-maçons !).  L’autre tatouage sur l’avant bras est un clé brisée, symbole de rupture avec un être cher. Notre mercenaire largueur de bombe ou de roquettes serait en fait un sentimental !  Pour en revenir à l’avion, le 508 était le seul Mirage restant pour la GNA, comme on avait pu s’en rendre compte en 2017, passant devant le Mig 25 (le N°181), lors de la visite de la base principale, qui n’alignait déjà plus qu’un seul MiG 23 monoplace (gris, le N°117), un seul biplace du même type (camouflé dans des tons clairs, le N°6212) et des L-39 comme on peut elle voir dans la photo « grand angle du dessus).  Ci-dessus encore à droite, des Galebs dont un monoplace qui a été repeint en gris-bleu :  on note les deux canons avant du Galeb).

Sans oublier en effet quelques Soko G-2 Galeb en effet, -les N°166, 168, et 199 restaurés en 2018 seulement ci-dessus -et un Soko J-21 Jastreb également. Au total il ne restait que cela à aligner pour la GNA avec le 508 au premier plan, avant qu’il ne s’écrase lui aussi :

Last but the least

Toujours est-il qu’à ce moment-là, dans le ciel de Libye, une fois les 502 et 508 à terre, en pièces, le 402 de l’autre camp idem, il ne reste donc plus qu’un seul Mirage vaillant :  le N°515 du camp d’Haftar (son 402 s’est crashé le 7 avril on vient de le rappeler !) !!!  Sur les 38 libyens de départ, c’est tout ce qu’il reste en état de voler (1) !!!  Ici, l’appareil, l’ultime et dernier rescapé photographié le 18 mai 2018 lors d’un point fixe avant décollage : on note son épervier dessiné sur le flan gauche de son cockpit et la différence notable de coloris avec celui adverse ci-dessus (même si les lignes de camouflage sont très proches), avec ses deux tons de vert et sable.  L’observation a été faite à Benina.  Les plus curieux noteront qu’il est bien équipé d’un pylone-rack « court » de lancement de bombes ou de roquettes (couleur métal), mais qu’il n’en porte pas en bout d’aile :

Les deux camps ont perdu leurs derniers Mirage, sauf cet exemplaire, donc.  Pour l’instant, ou d’après ce que l’on sait à ce jour, cela peut vite changer !  Ces avions à réaction, comme les vieux Sukkhoi, trop lourds, bien que remis à jour, ne sont pas vraiment les meilleurs choix pour des attaques au sol, on l’a vu.  Leur efficacité a été douteuse, au final. Les Emirats l’ont bien compris, en choisissant comme nouvelle arme un ancien avion agricole transformé en monstre de guerre via diverses voies dont celle d’Erik Prince et de ses amis saoudiens.  Ce que nous allons voir plus en détail demain. Les Emirats ayant sélectionné le Iomax Archangel (ici à droite), variante armée du Air Tractor AT-802 comme engin en 2015.  Comme aussi le Pentagone, qui aura mis le temps à le redécouvrir (ou tenté de faire du F-35 un avion capable de prêter assistance aux troupes au sol – ou CAS Close Air Support, pour lequel il n’est pas fait du tout, malgré les pubs tentant de le prouver !). Un Pentagone se cherchant toujours depuis des années un engin plus léger (« Light Attack Aircraft ») :  il hésite toujours aujourd’hui entre deux modèles, dont le Super Tucano (déjà testé par d’autres, y compris au Tchad, en 2008).  Un remplaçant au vieil A-10, toujours maître en la matière. Un vieux concept que ces avions de type « COIN » ! Joe Horta, qui s’est tué à bord d’un Mirage F1 venait de ce milieu des pilotes d’épandages, plus à même d’aider en fait des troupes au sol ou d’effectuer des bombardement plus précis à basse vitesse. C’est l’un des autres paradoxes de cet étrange conflit :  son désir de voler vite lui a été fatal.  Mais il nous a aussi permis de découvrir tout un pan de guerre plutôt ignoré ici, en France. Chaque conflit est un laboratoire d’armements, on le sait bien !  Et ceux qui se frottent les mains ce sont les trafiquants, les fabricants (à gauche c’est Ron Howard, les PDG de Iomax, décédé subitement en 2017, une société installée à Mooresville), ou les vendeurs d’armes :  les profiteurs de guerre.  Des ventes qui ne sont jamais dénuées de versement en pots de vin.

Les implications politiques tordues des ventes d’armes 

La France en ce moment est blâmée pour la vente d’armes aux Emirats, qui s’en servent au Yemen.  Les ventes d’armes sont juteuses, et les américains ne sont pas les derniers sur les rangs pour entrer dans le jeu (ce seraient même plutôt les tous premiers). A l’intérieur du pays, c’est donc un intense lobbying qui a été mis en place depuis longtemps pour séduire les politiques.  Par tout les moyens : quand Iomax apprend que son concurrent L3 tente de squizzer ses ventes d’Arkhangel au Kenya, pour combattre Al Shabaab, il s’en réfère à Hillary Clinton, dont on connaît le goût prononcé pour les pots de vin, pour annuler la vente car son offre était la mieux placée en tarifs. L’histoire est racontée ici « suivant la vente d’avions au Kenya par Obama lors de son dernier jour au pouvoir, une enquête a été ouverte par le représentant Budd et d’autres législateurs du gouvernement. Non seulement Obama était impliqué dans cette vente, mais Hillary Clinton a secrètement pris de l’argent chez le fabricant d’armes basé à New York, L3 Technologies, qui avait signé l’accord de 418 millions de dollars le dernier jour de l’administration Obama. Cet accord n’a pas été annoncé avant la prise de fonction de Trump (c’est exact), et il en était furieux. Une enquête exclusive  de Radar (radaronline.com) a mis au jour des liens troublants entre Clinton et L3 Technologies. D’autres démocrates de haut rang tels que John Kerry, le regretté Ted Kennedy et son fils Patrick ont ​​également été impliqués dans l’enquête. Selon les archives de la Commission électorale fédérale, obtenues exclusivement par Radar, le comité d’action politique de L3 Technologies a directement fait des dons à Clinton dès 2005.  De plus, le PAC de L3 a versé des fonds à d’autres PAC qui ont ensuite acheminé de l’argent vers Clinton. Par exemple, le 23 avril 2007 et à nouveau le 21 février 2008, le PAC de L3 a donné 1 000 dollars à BEST PAC, qui a ensuite donné 2 300 dollars à Clinton, le 14 février 2008, alors qu’elle se battait contre Barack Obama pour la présidence du Parti démocrate pour la nomination présidentielle. Des années plus tard, L3 Technologies a été mandatée pour fournir 12 avions de guerre, deux avions d’entraînement et des «services» pour les missions à mener contre le groupe terroriste Al-Shabaab, lié à Al-Qaïda. Cette vente a été approuvée par le département d’État, dirigé par le secrétaire d’État de l’époque, John Kerry, qui a été informé à titre privé par le Congrès le 19 janvier. L’accord a été conclu malgré le fait qu’une autre société d’armement – fondée par un ancien combattant de l’armée américaine, maintenant décédé – avait soumis une offre pour 180 millions de dollars, moins de la moitié de ce que L3 a facturé ». Finalement la vente de 12 AT-802L appelé « Longsword » et 2 AT-504 d’entraînement signés L3 sera reportée par le GAO en février 2018, le pays ayant raté deux dates-clés d’engagement d’achat. Ici on connaît bien L3 comme profiteur de guerre…liée à Sierra Nevada, qui est d’origine turque ! Un L3 qui semble déjà avoir mis les pieds en Libye, comme le montre ce cliché d’un étrange oiseau noir au fuselage allongé et fin (ci-dessous à droite), vu de satellite le 5 mars 2019 posé sur l’aéroport de Benghazi, et vu ici à Prestwick le 20 juillet 2018:  le N°4067 , ceci pour la plus récente version. C’est la nouvelle version de 2018 : le N404E, transformé comme le autres chez Cascade Aerospace.  Or les Emirats en possède deux également, dont un visible ici à gauche et c’est le N°1321 aperçu à Shannon en mars 2012, l’ex A6-ADG, l’autre étant le A6-ADF, d’anciens Caribbean Star Airlines (et ex Abu Dhabi Aviation). Les deux ont été achetés en février 2009 par Provincial Aerospace pour 290 millions de dollars.  Des canadiens, eux-mêmes achetés en 2014 par Exchange Income Corporation (EIC) de Winnipeg, société aux dents longues qui ne cesse d’en racheter d’autres, dirigée par Mike Pyle (ici son étonnante brochure de 2013 (3)), et où l’on trouve à la tête Rick Hillier, un général retraité, qui est aussi l’ancien chef d’état-major de la défense des Forces Canadiennes !!! En fait, il s’agît plutôt des Dash 8 de l’armée américaine, repérés ici par  The Drive, action War Zone. un des deux N8200L (N8300Y et N830S), venus de chez Dynamic Aviation et aperçus lors de leurs programmes Desert Owl et Saturn Arch (ci-dessous le N8300S (2)) :

(1) nota : à propos des numéros de Mirage F1 er leur date de livraison à la Libye, quelques  précisions : le 402 a été livré le 1e février 1978, le 407 le 1er juillet, ce sont les plus anciens, le 502 le 1er mars 1978, le 508 le 1er avril 1979, le 515 le 1er octobre : c’et l’antépénultième des engins livrés (le N°36). Le dernier fourni est le biplace 206, le 03 octobre 1979, le tout premier avait été le 401, le 12 janvier 1978…. le dernier survivant est donc aussi le plus récent des quatre Mirage étudiés ici, livrés jadis à Kadhafi…

(2) si c’est le cas des avions de l’US Air Force, cela signifierait qu’Haftar bénéficie d’une aide ISR – Intelligence Surveillance Reconnaissance directe avec ces engins.  Mais l’examen plus poussé de la photo satellite montre un avion sans bulbe sur le fuselage, et pas d’ombre portée non plus de cet appendice ; ce serait donc plutôt un avion des Emirats.

 

 

 

(3) le recrutement du politicien au long parcours Gary Filmon, devenu 19e premier ministre (gouverneur) du Manitoba le 9 mai 1988, n’est pas un hasard à la tête du conseil d’administration de la firme. L’homme est ukrainien d’origine ! Sa femme, Janice Clare Filmon est la 25 eme premier ministre, adoubée en mars 2015.

Sur l’A-10, on peut relire ceci:

La retraite repoussée du phacochère, ou les déboires de l’USAF (1)

La retraite repoussée du phacochère, ou les déboires de l’USAF (2)

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (6)

 

 

Commentaires

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One comment

  1. avatar

    Bonjour,
    Vos articles sont intéressants, mais s’il vous plaît, pouvez-vous faire plus court et plus concis?

    On se noie dans les détails, c’est beaucoup trop long et beaucoup trop détaillé, qu’on se perd dans la lecture.

    Merci

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