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Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (6)

Le général Haftar a reçu l’aide de plusieurs pays, dont l’Egypte, dont on va voir l’ampleur aujourd’hui.  Essentiellement des MiGs 21 réformés, mais qui ont l’avantage, comme les  MiGs 23, d’être réparables avec une clé de douze, ou tout comme.  Un général qui a gardé un autre avantage aussi, celui de disposer de gros porteurs (on en a vu déjà ici) , dont un qui a changé de livrée en 2016.  En face, les livraisons ont été plus tortueuses, avec un pays intermédiaire, le Soudan, qui a servi d’écran au Qatar pour ses envois de matériels. Mais la surprise est une nouvelle base aérienne construite à l’Est, et donc pour la LNA, avec des invités surprenants comme on va le voir… avant de revenir (demain) à nos chers Mirage F1… sans oublier d’évoquer une autre menace au passage.

L’aide égyptienne

Une photo du 11 juin 2016, prise dans un hangar d’ al-Albraq, montre un MiG-21MF (N°04) aux couleurs égyptiennes (marron, sable et orange).  C’est un des six Migs ex-Egyptiens arrivés au Gamal Abdel Nasser airport, près de Tobrouk le 6 mars : l’Egypte soutien ouvertement et militairement le maréchal Haftar, malgré le blocus de l’ONU sur les livraisons d’armes en Libye.

L’aide égyptienne est un cas d’école pour l’E-International Relations « : depuis la chute de Khaddafi en 2011, la Libye est confrontée à une lutte permanente pour établir son statut d’État. La communauté internationale s’attache ainsi à apaiser les tensions entre les administrations politiques rivales qui rivalisent pour obtenir l’autorité en Libye afin d’établir un gouvernement d’union. Néanmoins, la transition politique libyenne se heurte à divers obstacles en plus des camps politiques rivaux.  L’un des principaux facteurs de l’unité réside dans l’existence de divers groupes armés. La Libye connaît un degré extrême de division du pouvoir localisée. La complexité est aggravée par le fait que les acteurs régionaux utilisent l’absence d’un gouvernement central pour étendre sa propre influence en soutenant des groupes armés sélectionnés. L’Égypte en tant que telle cas particulièrement intéressant. En tant qu’État voisin, l’insécurité en Libye constitue une menace directe pour la sécurité en Égypte. Par conséquent, l’Égypte bénéficierait d’une Libye stable dotée d’un gouvernement central. Par ailleurs, le Caire encourage des milices et des acteurs politiques choisis, tels que le général Khalifah Haftar, à entrer en conflit avec les efforts d’unité soutenus par l’ONU et à prolonger le conflit en Libye. Ce document vise à déterminer pourquoi l’Egypte agit de la même manière qu’en Libye. ses effets sur le conflit libyen dans le contexte de la situation d’acteurs armés non étatiques en Libye « .  (cf la comparaison minutieuse ici à gauche, les experts sur la base de photo ayant réussi à retrouver des marques égyptiennes sur les engins arrivés en Libye).  La légende étant ainsi (au-dessus les croquis, ci dessous les légendes) :

A Gris clair sous la surface (« ventre »)
B Emplacement du drapeau égyptien; cet endroit est recouvert de peinture sur l’hélicoptère photographié en Libye.
C Même antenne VHF
D L’emplacement de l’immatriculation (numéro de série militaire) au début de la poutre de queue est l’emplacement habituel sur les hélicoptères Mi-8 de l’armée égyptienne. Une tâche recouverte de peinture apparaît à cet endroit sur la photo de l’hélicoptère prise en Libye.
E Quatre chiffres hindous, caractéristiques des hélicoptères Mi-8 de l’armée égyptienne. L’hélicoptère photographié en Libye porte également des chiffres hindous alors que les hélicoptères Mi-8 libyens « autochtones » portent des chiffres arabes (style occidental).
F Fine ligne de démarcation entre la surface inférieure grise et la surface supérieure de camouflage
G L’emplacement de l’insigne des forces aériennes égyptiennes (marque de la nationalité) est recouvert de peinture sur l’hélicoptère photographié en Libye. Sur ce même hélicoptère, le nouvel insigne libyen a été peint par-dessus la peinture recouvrant l’insigne.
H Jantes couleur olive
I Surface carrée de la tuyère d’échappement, caractéristique d’un certain lot d’hélicoptères égyptiens Mi-8
J Cadre de support des râteliers pour les armes, caractéristique des hélicoptères Mi-8. L’aviation libyenne n’a jamais utilisé de Mi-8 dotés de ces râteliers.
K Râteliers pour les armes avec 2 x 2 points d’emport, qui peuvent transporter des lance-roquettes UB-16 de 57 mm ou des bombes légères telles que les ZAB-100, vus sur l’hélicoptère photographié en Libye
L La couleur sable qui constitue l’unique couleur sur la surface supérieure de camouflage. Il s’agit d’une couleur de camouflage classique sur tous les hélicoptères Mi-8 de l’armée égyptienne. Elle est également apposée sur les hélicoptères Chinook et Commando des forces armées égyptiennes.

Ici, à droite, un MiG 21 égyptien arrivé à Misrata avec ses cocardes recouvertes de blanc en attendant les tricolores libyennes (à gauche le N°27 des forces de la LNA) : le marron chocolat a été gardé, le sable couvert de peinture verte. Le résumé est simple pour expliquer l’aide égyptienne : étant donné le chaos dans le pays depuis 2011, mieux vaut miser sur un homme fort plutôt que sur des ex-jihadistes, même si la dérive autocratique est déjà annoncée avec lui ! L’Egypte a aussi fourni des hélicoptères, repérés dans le « Rapport final du Groupe d’experts sur la Libye sur la mise en oeuvre des mesures  concernant l’embargo sur les armes, le gel des avoirs et l’interdiction de voyager » le S/2015/128 du 23 février 2015).

Ces experts avaient été unanimes : « les forces aériennes libyennes utilisent plusieurs nouveaux appareils, notamment certains dont les caractéristiques semblent correspondre à celles des appareils utilisés par les forces aériennes égyptiennes, par exemple certains avions MiG-21 MF et un hélicoptère Mi-8. Par exemple, bien que les caractéristiques de l’hélicoptère Mi-8 (immatriculation, drapeau et insigne, voir image V) étaient de toute évidence masquées à dessein et couvertes de peinture, l’emplacement précis de ces éléments correspond exactement à l’emplacement de ces mêmes éléments sur les appareils égyptiens. Le Groupe d’experts remarque également la couleur très distincte des appareils égyptiens, l’utilisation de chiffres hindous pour l’immatriculation (alors que les appareils libyens utilisent des chiffres arabes/occidentaux) et plus de 10 autres caractéristiques propres aux hélicoptères égyptiens Mi-8 5 (…) Le Groupe d’experts a demandé par écrit à l’Égypte si elle avait transféré des hélicoptères Mi-8 à la Libye. Dans sa réponse, l’Égypte a affirmé qu’elle n’avait livré ni des hélicoptères Mi-8 ni des avions MiG-21MF à la Libye. Le Groupe conclut néanmoins de ce qui précède que cet hélicoptère Mi-8 appartenait auparavant à la flotte égyptienne ». Encore une fois, l’expéditeur a nié avoir envoyé des armes, et ce devant les experts de l’ONU et leurs preuves flagrantes !  Le conflit Libyen est une guerre de dupes !

Des MiGs apparus, donc, comme une génération spontanée (car l’embargo de l’ONU existe toujours), des MiGs arrivés en  rangs serrés comme ci-dessus !) !  Sur Google Earth, au 21 avril 2015, on distingue à l’est du pays sur l’aéroport d’al-Adam (celui de Tobrouk, une ancienne base anglaise) cinq MiG 21 au dos jaune ; des avions égyptiens, avec près d’eux un Ill-76 indéterminé.

Les gros porteurs avantageux d’Haftar

L’avantage aérien que possède Haftar n’est pas que dans le nombre de chasseurs-bombardiers dont il dispose (et qui s’amenuise), mais aussi dans celui de disposer d’avions de transport de grandes capacités.  Kadhafi disposait de toute une flotte de gros porteurs Il-76, visibles ici à Tripoli en 2004. Certains étaient intégralement blancs, tel ce 5A-DNQ de la Jamahiriya Air Transport ici à gauche, qui s’est écrasé à l’atterrissage à Bamako en octobre 2007 (il est resté sur place depuis).  Beaucoup ont été détruits dans le conflit de 2001. La société civile Libyan Air Cargo en possédait aussi, tel ce 5A-DNB (0023437086) aperçu dans les années 90 en Hollande.  Elle possédait également deux énormes AnT-124, le 5A-DKL et le 5A-DKN (ici à Manchester en 2009) mais tous les deux hors service, le second depuis 2011, le premier depuis 2009. Un aéroport, celui de Qasr Bin Ghashir, situé au sud de Tripoli, porte les stigmates profondes du conflit intérieur qui détruit tant : son tarmac est jonché d’épaves d’Ill-76, déjà remisées, toutes en miettes ou effondrés, et toutes incendiées à partir de 2014, ce que l’on peut toujours constater aujourd’hui encore sur Google Earth (ici à droite).  Pour ajouter à ce massacre, une reprise des conflits intérieurs en 2014 a lieu, provoquant un nouvel embrasement d’avions de transports à Tripoli, cette fois, une paire d’Ill-76 en faisant les frais :

Restait en fonctionnement après 2011 un autre Ill-76 TD, le 5A-DRS, dont Haftar a hérité, alors que c’est celui qui avait transporté par exemple les éléments destinés à entretenir les deux Mirage à leur retour en Libye après leur escapade à Malte, par exemple. Depuis il s’était ajouté un drapeau tricolore sur l’empennage comme élément distinctif (cf à droite), mais le 4 juin 2016, de retour de maintenance au Soudan, il est revenu complètement différent, abandonnant le blanc et vert pour un blanc avec un mince filet bleu et des réacteurs de la même teinte (ici à gauche). Haftar disposait  aussi d’un Hercules C-130, le 5A-DOM, lui aussi souvent aperçu à Malte, dont toute la dérive après les couleurs du pays, mais ce dernier s’est écrasé au décollage le 29 avril 2018, en repartant du champ pétrolifère d’El Sharara, en tuant ses trois occupants à bord (un quatrième, survivant, étant amené à l’hôpital). Il avait été loué par Akakus Oil, et venait tout juste d’apporter 18 tonnes de matériel sur place.  En face, la GNA ne peut aligner qu’un seul C-130 Hercules, qui en prime  se fait tirer dessus le 3 janvier 2017 par une attaque surprise de la LNA à al-Jufrah.

L’avion n’est certes pas détruit, mais sérieusement endommagé. Un libyen de la GNA avait été tué et le porte-parole du gouvernement, du Misrata Military Council Ibrahim Beit Al Mal blessé.  Selon la LNA, le C-130 aurait transporté des armes, et seulement des dignitaires pour la GNA.  Autre problème : Tripoli n’a pas le contrôle des ressources pétrolières du pays qui lui échappent, car situées plus au Sud.

De l’autre côté, on compte sur un intermédiaire du Qatar…

Une GNA qui ne peut compter pour se faire approvisionner que sur une aide extérieure, celle venue du Qatar, ou de la Turquie (par cargos maritimes la plupart  du temps). Le 18 mai dernier, un cargo de type ro-ro (Roll-on/roll-off) moldave appelé « Amazon » parmi du port turc de Samsun,  apportait à Tripoli des véhicules blindés turcs de type BMP.  Maigre consolation ! Mais un GNA qui peut aussi compter sur… le Soudan :  c’est ce qu’a constaté le Rapport final du Groupe d’experts sur la Libye sur la mise en oeuvre des mesures concernant l’embargo sur les armes, le gel des avoirs et l’interdiction de voyager » du 23 février 2015 : « le Groupe a déjà fait état de plusieurs violations de l’embargo sur les armes par le Soudan, pendant et après la révolution. Les mouvements de matériel constatés aujourd’hui semblent correspondre au mode opératoire suivi par le Soudan pour livrer illicitement des armes à la Libye durant la révolution et impliquer les mêmes auteurs (…) ». Ici  à droite le C130 soudanais vu à Mitiga en octobre 2014. « Depuis le début du conflit en 2014, le Soudan fait parvenir du matériel militaire à la Libye, en violation de l’embargo sur les armes ». « Il est ressorti des entretiens que le Groupe a eus avec des sources libyennes et étrangères que le Soudan soutient des groupes armés alliés à Fajr Libya et a, notamment, livré par avion du matériel militaire à l’aéroport de Mitiga, que ces groupes contrôlent depuis la révolution. » Sur un des clichés montrés dans le rapport, on pouvait distinguer le C-130 soudanais jouxtant un appareil de l’US Air Force, les deux posant en sens contraire l’un de l’autre.  Sur Google Earth, on peut toujours voir la même chose à la date d’avril 2014 (cf ici à droite).

« Ces six derniers mois, plusieurs médias sociaux ont signalé à plusieurs reprises que des aéronefs soudanais C-130 s’étaient posés à l’aéroport de Mitiga, ce qui a été confirmé par des témoins oculaires en juillet 2014 et en octobre 2014. Le Groupe a écrit au Soudan pour lui demander des précisions sur ces vols militaires, mais n’a pas reçu de réponse ». Le rapport expliquant aussi « qu’à la fin de la révolution, la flotte de l’aviation libyenne était très réduite et avait grandement besoin d’appareils, notamment d’hélicoptères. Le Groupe d’experts a précédemment indiqué que le Gouvernement soudanais avait transféré plusieurs hélicoptères Mi-24 à l’aviation libyenne (voir S/2014/106, par. 85). Il enquête actuellement sur les éventuels transferts de Mi-35 par des sociétés enregistrées dans plusieurs États Membres. »  En 2016, on s’apercevait qu’un autre pays savait lui aussi retaper les MiGs 23 : c’est le Soudan, justement, qui pouvait exhiber un de ces biplaces, un modèle UB, en plus de ses trois autres monoplaces MiG-23MS. Des avions… ex-libyens !!!  Il va sans dire que les connaissances des techniciens soudanais ont dû s’avérer précieuses… quoique l’on ait bien parlé d’aide de « pays de l’est », pour retaper les vieux MiG23 : encore des ukrainiens ???  Depuis, le Soudan a acheté six FTC-2000, en fait des Guizhou JL-9  chinois…  Ci-dessous le MiG 117 de Misrata, étonnamment équipé de missiles d’interception aérienne (des R-23) :

La base du désert d’Haftar et l’inattendu coup de main russe

La guerre est aussi une histoire d’argent, et certains en ont fait une chose très lucrative, en Irak notamment, sous le nom de Blackwater, groupe qui a défrayé la chronique comme on le sait. On l’a vu ici également, les Emirats se sont forgés une armée très spéciale, basée sur des avions bien spéciaux, ceux d’Erik Prince.  Des engins vus aussi en Somalie, comme expliqué ici, avec cette fois l’apparition surprise de gros camions russes.  Sans surprise, on retrouve aussi les mêmes types d’avions à bas coûts, en Libye :« les images satellitaires, prises le 24 septembre et le 10 novembre 2017, mettent en évidence le rythme accéléré de la construction de la base aérienne d’al-Khadim, dans l’est de la Libye, destinée à accueillir des avions de combat des Émirats arabes unis. Selon le site web War Is Boring, « ces images prouvent comment les Émirats sont résolus et prêts à se lancer dans les conflits intérieurs en Libye ». La base aérienne d’al-Khadim se situe dans la province d’al-Marj et les images satellitaires montrent un parking immense et des hangars pouvant accueillir des chasseurs-bombardiers. Ces abris sont assez larges pour accueillir des F-16, des Mirage 2000 et des Rafale. Les Émirats arabes unis ont déployé, en juin 2016, des avions à turbopropulseurs AT-802 et des drones Wing Loong de fabrication chinoise dans cette base ».  Les avions amenés-là sont en effet particuliers :  ce sont d’anciens avions agricoles, des AT-802, proposés sur le marché comme avions d’attaque au sol (j’y reviendrai). En 2016, Airbus Défense révélait un photo satellite fort évocatrice du lieu où l’on comptait six appareils de ce type.  La base étant aussi parfois appelée Al-Kharouba.  Et elle peut aussi accepter de plus gros porteurs comme on va le voir.  Les Emirats, on le sait, ne sont pas à la première de ce genre :  j’ai révélé ici celle du Somaliland, à côté de Bossasso, à Berbera, liée à Bancroft, plutôt. Selon Islam Media Analysis, le maréchal en personne était lié à la base : « selon le rapport publié par l’équipe d’experts, la base militaire d’Al-Khadim, gérée par les forces émiriennes, près de la ville de Marj, dans l’est de la Libye, a connu un développement remarquable au cours de la période allant de mars 2017 à novembre de la même année, d’après les images satellites annexées au rapport. Le rapport a confirmé que la taille du trafic des avions avait doublé, avec le pavage du sol de l’aéroport entre deux hangars de maintenance, en huit mois environ « (on note ici que la vue satellite montre un avion à l’empannage et l’aile bleu-gris et le fuselage blanc.  Or les avions de la Russian Air Force, comme ici à gauche le RA-76686, présentent cette particularité).  « Selon le rapport, l’entrée de la base aérienne a entraîné une augmentation du nombre de points de contrôle et de bâtiments censés faire partie des points de contrôle de la base aérienne, ainsi qu’une augmentation du nombre de véhicules fixes susceptibles d’être inclus dans la sécurisation de l’entrée, selon Arabi21. À la fin de 2016, un site Web britannique spécialisé dans les questions militaires a déclaré que les Émirats arabes unis avaient établi une base militaire avancée dans la ville de Marj (à 100 km à l’est de Benghazi), à partir de laquelle décollent des avions de combat AT-802 et des drones ».  Ci-dessous deux copies d’écran du RF-76740 lors de ses deux trajets Moscou-Lattaquié-Benghazi (en deux étapes, donc; le 27 novembre 2018).  D’abord Moscou-Lattaquié :

« La base, qui a été créée sous le régime de l’ancien président libyen Mouammar Kadhafi, a une superficie d’environ 10 kilomètres carrés. Elle montre plusieurs avions, dont deux Antonov, des espions et des défilés militaires , qui auraient pris part aux opérations militaires contre la ville de Benghazi et son conseil révolutionnaire. Auparavant, le site britannique Middle East Eye avait révélé une série d’enregistrements confidentiels confirmant l’implication de l’armée de l’air des Émirats arabes unis dans des frappes aériennes en Libye pour soutenir Haftar contre ses groupes armés rivaux dans l’est du pays. «  Le trajet Lattaquié-Benghazi :

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D’autre part, le rapport faisait référence à la visite du major général à la retraite Khalifa Haftar en Tunisie en septembre 2017, affirmant qu’il s’était rendu dans un avion Falcon 900, appartenant à une société basée aux Émirats arabes unis, nommée Sonning International Group, qui est exploitée. par la société Golden Eagle, basée à Dubaï, mais enregistrée dans les îles néerlandaises des Caraïbes ».  (Ci-dessous le trajet du 25 décembre 2018 du RF-76740, le blog à suivre est celui-ci par ceux qui veulent une meilleure définition des trajets comme ici.)

Un pilotage à l’ancienne

Le côté vieillot des engins utilisés n’échappe à personne.  Mais ils ne servent pas tous à transporter des armes.  Le 2 janvier 2015 on photographie à Mitiga un Ilyushin Il-76TD immatriculé 5A-DNO.  C’est le N°0043451509, qui se distingue dans la livrée blanche devenue commune à plusieurs de ses collègues par des bandes rouges autour de l’entrée d’air de ses réacteurs. On le verra sillonner le ciel libyen, avant et après la chute de Kadhafi (ici à gauche en février 2011 à Istanbul-Sabinha, sous le nom de Global Aviation et ici en 2004 sous le nom de Libyan Arab Airlines à Ras al Khaimah, dans les Emirats), ou pour apporter des vivres dans des régions isolées au sud du pays comme ici à droite, de l’aide humanitaire envoyée à Sabha lors d’affrontements avec  des Touaregs : »Ahmed Ali Abdel Nasser, a déclaré à Ajwet Net que le convoi incluait de l’argent remis aux familles déplacées et des articles de première nécessité, ajoutant que des comités spécialisés des bureaux des affaires de la Zakat à Asbah et Aubari superviseraient la distribution de l’aide aux familles enregistrées ». « Il convient de noter que la ville de Sabha a été le théâtre de violents affrontements dans le district de Tayuri entre les militants de Tabu et de Touareg: plus de sept mille personnes ont été déplacées avant que la population n’approuve une trêve ouverte entre les parties le 19 juillet ». Celui-là a le droit de voler jusqu’en 2017 :  il date de 1984, c’est l’ex Jamahiria Air Transport, l’ex Reem Air EX-043.  Sous ce nom, il ne faisait pas que dans l’humanitaire, hélas, comme j’ai déjà pu vous le dire ici  :  « la livraison effective que le gouvernement de la Bosnie-Herzégovine aurait annulée ou reportée au dernier moment le 10 décembre.  Ces documents indiquent que, le 18 novembre 2004, la SFOR a approuvé une notification des autorités de Bosnie-Herzégovine visant à exporter une grande quantité d’armes légères au Rwanda, en utilisant les services d’un courtier croate et d’une société faisant partie de la société d’armement Unis Promex, appartenant au gouvernement bosniaque ».  L’avion était en fait enregistré au Kyrgyzstan sous le numéro EX-043, de chez Reem Air (qui a été créé en 2004), inscrit au registre le 11 mai 2005 seulement et bénéficiant d’une licence d’exploitation Libyenne, accordée par la Libyan Civil Aviation Authority…  L’accord passé et retrouvé sur le transfert d’armes était énorme (entre 105 et 130 tonnes d’armes !) et portait sur au moins trois voyages minimum.« L’EUFOR a ensuite approuvé le transport de quatre envois d’armes et de munitions le 8 décembre de l’aéroport de Tuzla le soir suivant. Le 9 décembre, la SFOR a approuvé le transport d’un envoi de près de 47 tonnes d’armes et de munitions de l’aéroport de Tuzla au Rwanda, alors que le même jour, le gouvernement de Bosnie-Herzégovine annonçait publiquement que les transferts d’armes et de munitions vers le Rwanda ne se poursuivraient pas. Il convient de noter que la SFOR a cessé son autorité de contrôle en Bosnie-Herzégovine le 2 décembre 2004, dès la mise en œuvre militaire de l’Accord de Dayton ».  Son collègue 5A-DRS , croisé aussi à Malte, (et là encore) semble avoir eu une carrière écourtée en 2012, mais il nous avait permis de comprendre comment l’on fait voler ces engins grâce à une vidéo tournée dans son cockpit.  C’est un bidule qui se pilote à trois, le mécanicien aidant par exemple à la reverse des réacteurs lors des atterrissages, et l’équipement de bord date de plus de 40 ans : aucun écran LCD, des voyants partout et… un GPS « manuel » posé sur la console à côté du pilote pour s’y retrouver dans le désert…   Un modèle Garmin GPSMAP-295 GPS dont la disposition des boutons ne trompe pas, vendu à moins de 100 dollars !  Jet Photos avais montré le cockpit ici déjà en 2003 du 5A-LNO.  On remarque que strictement rien n’avait changé depuis ! A-t-il fait partie du lot d’avions attaqués en 2014, c’est probable :  au premier plan ici sur la photo c’est le 5A-DNG, ex United African Airlines et Jamahiriya Air Transport (N°13432961) qui brûle… le raid dévastateur avait aussi atteint des Airbus dont le A330 5A-LAS ,touché par un RPG.

Ravitailler en vivres comme en armement n’est pas évident.
Selon les autorités, 90% des avions sur place avaient subi des dommages.  Les attaquants étaient de l’Islamist Libya Revolutionaries Operations Room (LROR), le groupe de Nouri Abusahmain, un berbère (Amazigh). L’homme est soupçonné d’avoir pompé 900 millions de dinars Libyan (720 millions de dollars) ! Il avait été élu président de l’assemblée en 2013 !

Le malheureux 5A-DNG (ici au Lavex 2009) avait été pris en photo le 6 octobre 2009 derrière un autre transporteur, un Hercules C-130 N°382-4400 repeint à neuf.  Le N°115 dans la Libyan Air Force, fraîchement repeint car en 206 il portait encore un camouflage « désertique ». L’avion datait en fait de 1970 ! A droite ici on peut le voir aérienne arriver le 11 décembre 1970 des USA via une pause inévitable à Shannon ; sa livrée est bien d’époque en effet.
On avait pu le voir à nouveau, récemment, mais arborant une peinture fort défraîchie, en train de décharger des cartons (il en était plein) dans des camions.  L’appareil (vu ici déjà en train de se défraîchir en 2001) appartient à la GNA désormais.

Ci-dessous le voici au temps de sa splendeur. Le constat est saisissant : la guerre ne fatigue pas que les combattants…

La surprise du chef

Le plus étonnant étant l’arrivée d’avions russes sur cette base, selon Jane’s qui expliquait le lien évident et flagrant avec le Soudan, une nouvelle fois : « des avions militaires russes (à droite le 76740 déjà cité) ont atterri dans un aéroport de l’est de la Libye qui a été utilisé comme base militaire par les Émirats arabes unis (EAU). Des signaux de transpondeur ADS-B en source libre ont montré que deux avions de passagers Tupolev Tu-154M des Forces aérospatiales russes (VKS) ont effectué au moins deux missions via l’aéroport Al-Khadim. Les vols des 17 et 22 octobre comprenaient les avions qui y atterrissaient alors qu’ils revenaient de Khartoum au Soudan pour se rendre à la base aérienne de Humaymim, dans l’ouest de la Syrie. Le 4 octobre, un avion de transport VKS Il-76 a quitté Humaymim pour traverser la Crète, mais les données de suivi ne sont pas disponibles pour déterminer sa destination ». Un bloggeur avait suivi l’appareil :  c’était le RF-76740 (ici à droite), un Ill -76MD qui avait décollé de… Turquie, de Lattaquié, comme aéroport relais, en venant de Moscou, comme le montre ici la première copie d’écran de son trajet. En haut à gauche c’est le même appareil photographié en train de se poser sur l’aérodrome de Tchkalovski, à Moscou le 24 septembre 2017 (photo du spotteur « Guaglione »). La Russie ne  possède que deux Tu-154 lié aux VKS.  L’un des deux exemplaires, bardé de caméras, a sillonné les USA récemment, selon l’accord international de 1992 du  » Traité Ciel Ouvert  » qui prévoit que chaque pays accepte de se laisser survoler et photographier. Ce qui donne un texte hilarant sur Sputnik, bien entendu…  avec ses approximations et ses sous entendus à la louche : « selon des médias, l’appareil a en outre été repéré non loin de la célèbre «zone 51», au Nevada, où sont notamment testés des appareils expérimentaux » (sans citer les fameux médias bien sûr !!!).  L’avion n’est pas que bardé d’appareils photo : en console il dispose aussi d’un radar de type  » synthesized aperture  » de modèle “RONSAR”.  Il va sans dire qu’un tel engin a dû apporter une aide précieuse en renseignements à.. Haftar (si on lui a communiqué, rien n’est sûr !), au lieu de prétendre avoir chassé les OVNIS sur la zone 51 !

Les finances un peu « spéciales » d’Haftar

La guerre ça coûte, en effet.  Dans un pays dévasté, les banques deviennent souvent des libres-services.  On l’a vu en Irak, avec la disparition de millions de billets (et ce plusieurs fois)comme en Afghanistan !!!  En Irak les proportions avaient été démentielles : « en 2003 près 281 millions de billets, pesant 363 tonnes, avaient été envoyés de New York à Baghdad par des « contractors » à bord de C-130 une ou deux fois par mois, le plus gros envoi de 2 401 600 000 dollars en juin 2004, six mois avant que le gouvernement irakien ne prenne la main » avait écrit le Guardian.  774 300 dollars en billets avaient bien été volés dans un dépôt, le reste … on ne sait pas trop !!!  Le rapport de l’ONU sur la Libye débute par cet autre genre d’exploit : « À la fin de 2017, la Brigade 106 de la LNA, placée sous le commandement de Saddam Khalifa Haftar, a pris le contrôle de la Banque centrale dans l’est du pays, alors située dans un quartier du centre de Benghazi, et a transféré d’importantes quantités d’espèces et de pièces d’argent vers une destination inconnue. Cette section avait été brièvement sous le contrôle du Vice-Ministre de l’intérieur du Gouvernement d’entente nationale, Faraj Mohammad Mansour Qoeim (voir S/2016/209, par. 96), qui a été ensuite placé en détention par la LNA le 20 novembre 2017. Le contenu des coffres de la Banque qui a été saisi se présentait comme suit :

  1. a)  639 975 000 dinars libyens ;
  2. b)  159 700 000 euros ;
  3. c)  1 900 000 dollars américains ;
  4. d)  5 867 pièces d’argent.

Des individus liés à la NLAont expliqué que celle-ci avait facilité le transfert d’espèces et de pièces d’argent depuis la section de la Banque centrale de Libye à Benghazi, sans en préciser la destination finale ». Une autre source financière surprenante tient dans une photo : celle de militaires autour d’une valise remplie de bijoux.  Vision sidérante, portant comme commentaire et comme explication ceux de bijoux aimablement «  offerts » par les supporters et partisans d’Haftar pour l’aider à réaliser sa campagne armée…  Voici le maréchal devenu  joaillier en chef du pays !

Bilan des derniers combats 

Dans le Point, le 17 avril dernier (2019), on a fait le bilan de la situation, que l’on résume parfaitement : « Avec la Turquie, le petit Qatar, puissant grâce à son gaz et sa chaîne de télévision Al Jazeera, proche de l’Iran perse et chiite, est accusé par Riyad et le Caire de soutenir les « Frères ». La crainte de ces deux capitales : que le chaos libyen n’amène un foyer islamiste dans le monde arabe. Haftar, qui se présente comme étant implacable contre les terroristes, sera leur glaive. Pour le Caire, Riyad et Abu Dhabi, le danger est à Tripoli, au sein du gouvernement de Fayez el-Serraj soutenu par Ankara et Doha, et seul reconnu par les Nations Unies. Cet ancien architecte et homme d’affaires ne contrôlerait pas assez les milices de la capitale, sous la coupe de bandes armées et qui seraient infiltrés par des groupes islamistes. Haftar, qui ne semble pas séduit par un processus électoral, choisit la voie des armes pour conquérir Tripoli et chasser le chef du gouvernement. Quitte à exacerber un peu plus des rivalités qui dépassent aujourd’hui le Moyen-Orient. »

Le Times Of Malta a une opinion bien fondée sur ce qui se passe désormais : « les forces du GNA de Serraj ne sont pas une force de cohésion, mais plutôt un ensemble d’extrémistes: des milices comprenant d’anciens membres d’Al Qaeda, de l’EI et des Frères Musulmans. Ceux-ci pourraient, espérons-le, se dissiper sous la pression militaire des forces de Haftar. D’autre part, ils pourraient aussi ne pas le faire. Les milices de Serraj à Tripoli et plus encore à Misrata emploient de nombreux mercenaires, très vivement et très embarrassants, révélés par l’attentat commis récemment par un soldat de l’armée portugaise sur Tripoli par les forces de Haftar. C’est peut-être la goutte qui a fait déborder le vase pour le peuple libyen, la découverte de ce fait. Les Frères sont particulièrement forts à Misrata. La patience du peuple libyen est révolue. Ils exigent une solution. Haftar veut une coalition de la majorité du peuple non seulement en se battant, mais en « négociant » avec beaucoup de ses adversaires, une solution très libyenne ! Jusqu’à présent, Haftar n’a pas accordé à la Russie de base militaire dans l’est de la Libye. Cela plaît bien sûr aux Américains. Mais Haftar, avec le Parlement de l’Est libyen, pourrait changer d’avis avec les « dilly-dallys » américains de Trump (cf ses valses hésitations, dont il est coutumier) envers l’est de la Libye et vers Haftar ».

Un danger de plus qui se profile

Et il y aurait urgence, il semble.  Car selon un décryptage récent d’images, un spectre réapparu inquiète fortement.  Celui de Abou Bakr al-Baghdadi, revenu pour poser façon Ben Laden (ou Abou Moussab al-Zarqaoui), la Kalachnikov (plus courte: une Aks74U, « mod. 1974 AKS 74U -GRAU index — 6P26) à ses côtés, et menacer tout le monde, y compris l’Europe et la France.  Une vidéo diffusée par al-Fourqane (Al-Furkan), le servie média des terroristes. Annoncé blessé dans le désert syrien, on l’a retrouvé semble-t-il en bon état apparent et… caché dans les envions de Misrata, selon certaines sources, alors qu’on le cherchait en Syrie voire en Irak  ! Une localisation défiant la LNA, et qui serait bien sûr aussi un sérieux appel aux américains, pour une aide plus forte, en vertu de la présence de ce clone de Ben Laden qui s’est radicalisé, ne l’oublions pas, dans une de leurs prisons (tout le monde semble d’accord sur ça  et j’y ai fait aussi allusion). Abu Bakr Baghdadi, à ne pas confondre avec Omar al-Baghdadi décrit ici, qui était un homme aux superpouvoirs, pour sûr, puisqu’emprisonné il avait été retrouvé mort à l’extérieur de sa prison !!!

Bagdhadi, qui aurait été trahi non pas par sa Kalachnikov version courte mais par son gilet, perçu par certains comme étant le même que celui de Salah Badi (ici à droite), un commandant militaire de Misrata, sanctionné ici le 16  novembre 2018 par l’ONU !!!  Une personnalité « clivante », a-t-on dit de ce dernier, pour rester poli, le fustigeant lui et ses brigades al-Samoud « Al-Sumood » en anglais).  Celui qui a dit « je ne fais pas confiance à l’ONU ou à ses actions » !!!  Le provocateur et omniprésent Salah Badi, venu ici haranguer les gens aux faubourgs de Tripoli.

Un observateur fort attentionné de la région, Philippe Bannier, avait noté dès 2014 cette présence fort inquiétante : « c’est au printemps 2014 que l’Etat islamique a posé les jalons de sa présence en Libye, avec la création, le 4 avril, du Conseil consultatif de la jeunesse islamique (Majlis al-Shoura al-Shabab al-Islam) dans la cité côtière de Derna, une ville conservatrice connue pour avoir fourni de nombreux djihadistes dans son histoire. Ce groupe était constitué d’éléments pro-Etat islamique à Derna, de membres ayant fait défection du groupe djihadiste Ansar al-Sharia, et surtout de combattants de la brigade al-Battar, une force d’élite créée en 2012 et composée essentiellement de djihadistes libyens qui avaient rejoint la Syrie et l’Irak. Selon un rapport de l’ONU, environ 800 Libyens qui combattaient en Syrie et en Irak (sur les 3500 estimés à l’époque) sont retournés dans leur pays d’origine, en plusieurs vagues, pour constituer cette branche. Le rapport note également que, déçus par les tensions d’alors entre les différents groupes djihadistes en Syrie, certains auraient rejoint la Libye dès 2013, formant la future « colonne vertébrale » du mouvement ». La région de Syrte,  dont al-Baghdadi a fait son fief : signe que la Libye a intéressé les plus hauts responsables de l’Etat islamique, le calife auto-proclamé Abou Bakr al-Baghdadi lui-même a dépêché des émissaires dans le pays dès 2013, alors que l’Etat islamique n’était pas encore déclaré en tant que tel, afin de préparer le terrain, de recruter et de structurer une franchise. Dans ce cadre, les responsables étrangers ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation de cette branche, comme le note le chercheur Aaron Y. Zelin : « le premier mufti du Conseil consultatif de la jeunesse islamique était le Yéménite Abou al-Bara al-Azdi, tandis que le Saoudien Abou Habib al-Jazrawi fut celui qui accepta l’allégeance officielle. De plus, les deux chefs de l’Etat islamique en Libye ont été des Irakiens envoyés par Baghdadi : Wassim al-Zubaidi (Abou al-Mughirah al-Qahtani), qui a été tué dans une frappe à Derna en novembre 2015, et Abdul Qadr al-Najdi (Abu Muaz al-Tikriti), qui est actuellement en fuite ». A ceux-là il faut ajouter celui qui allait devenir le « mufti » de l’Etat islamique, le Bahreïni Tuki al-Binali, qui s’est rendu deux fois en Libye, en 2013 et en 2015. Le rapport de l’ONU note d’ailleurs que peu après la première visite d’al-Binali, de nombreux combattants étrangers ont afflué vers la Libye, en provenance notamment du Maghreb, d’Egypte, du Yémen, des Territoires palestiniens et du Mali ». Une présence dont s’inquiète les américains, comme on s’y attendait, un général affirmant les avoir « bombardés »  : « le général Thomas Waldhauser, patron de l’AFRICOM, confirmait cette stratégie devant une commission du Sénat américain en mars 2017 : « à l’heure où je vous parle, l’Etat islamique en Libye est en train de se restructurer. Ils sont en petit nombre, en petits groupes dont nous essayons d’obtenir des informations. Après leur départ de Syrte, nous avons eu des renseignements et nous les avons bombardés le 18 janvier. Ils se trouvaient alors dans le sud de la Libye. Ils se sont dispersés maintenant. Ils sont en petits groupes et essaient de se restructurer ». Entre mai et décembre 2016, l’Etat islamique en Libye aurait perdu environ 2000 combattants. Par la suite, nombreux sont ceux qui ont fui dans le sud du pays ou à l’étranger. La coalition qui a chassé l’EI de Syrte estime qu’il reste environ 500 djihadistes de l’Etat islamique en Libye, auxquels il faut ajouter leurs soutiens. Le groupe djihadiste est donc encore influent, bien qu’il ait compté entre 5000 et 7000 selon les estimations de l’ONU en juillet 2016 ». Un groupe restreint dont les ressources financières ont changé: «les ressources économiques tirées de l’exploitation des trafics en tout genre qui caractérisent le contexte libyen, en particulier depuis 2011. Après s’être financé en taxant la population de Syrte et des territoires sous son contrôle, l’Etat islamique en Libye a dû recourir aux trafics, en particulier d’êtres humains, pour se financer.  Dès lors, le groupe djihadiste continue de profiter des filières d’immigration clandestine qui ont explosé depuis la fin du régime de Kadhafi, en coopérant avec des contrebandiers locaux ou installés dans des pays voisins comme le Soudan, ou encore en extorquant les migrants à leur sortie de Syrte et avant qu’ils tentent de traverser la Méditerranée ».  Et parmi eux encore quelques francs, hélas :  « dans le cas de la France, l’étude récente d’Aaron Zelin sur les djihadistes étrangers en Libye pointait 66 ressortissants français, sachant qu’en mai 2016, Patrick Calvar, l’ex patron de la DGSI, estimait qu’il y avait « quelques Français » sur place et s’inquiétait de trois phénomènes : le danger posé par les djihadistes francophones au sein de la branche libyenne de l’Etat islamique sur la sécurité de la France, la constitution de filières d’acheminement de l’Hexagone vers la Libye, et les djihadistes français qui quitteront la Syrie et l’Irak pour la Libye ».  Au final, une seule conclusion s’impose : « l’objectif de la branche libyenne de l’Etat islamique est de profiter du chaos libyen pour revenir «  écrit Philippe Bannier.  On veut bien le croire, à suivre tous les jours les dégâts occasionnés par des attaques perpétuelles !  Celles menées par les derniers Mirage F1, enfin le dernier comme on va le voir prochainement …

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (5)

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