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Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (3)

Tout ce flux de matériel aérien d’armes terrestres et de munitions a bien été apporté sur place. Mais comme l’ONU veille et a interdit ce genre de fournitures, les deux belligérants rusent pour s’équiper. On vous a retrouvé ici dans cet épisode tout un lot de transporteurs, qui vont des inévitables Ill-76 aux supercargos 747 de fret, en passant par un vieux coucou inattendu qui nous offre un brin de nostalgie à la Viktor Bout, qui en avait fait sa mule aérienne : un Ill-18 , comme on n’en fait plus (il date de 1957 !), bruyant, brinquebalant, fumant, freinant parfois au dernier moment, mais toujours au poste quand il s’agit de débouler de Moldavie rempli à ras bords de caisses de munitions… le plus inquiétant étant (une nouvelle fois) de constater q’une bonne centaine de tonnes de balles de Kalachnikov a survolé mon propre jardin, récemment !!!

De (très) vieilles filières d’approvisionnement réactivées

Pour faire parvenir sur place  son armement, Haftar a fait confiance à un vieux machin à hélices dont personne n’aurait parié qu’il pourrait revoler un jour. Un bidule dégoté en Moldavie, qui volait plutôt de nuit (ici à gauche), et qui nous ramène aux livraisons de Viktor Bout, un avion découvert lui aussi par les observateurs de l’ONU. « Enfin, le rapport donne des détails sur les compagnies de transport cargo ravitaillent la base d’al-Khadim et plus généralement la Libye. Il confirme l’implication d’un Il-18D de la compagnie Sky Prim Air et d’IL-76 des compagnies Oscar Jet et Sky Prim Air toutes deux appartenant à la famille moldave Ghilans et que j’évoquais en janvier et février dernier » écrit Delalande. L’avion (très bruyant !) a longtemps été vu en réparation à Chisinau, avec comme voisin d’infortune l’Antonov An-12A ER-ADD – de Renan Air (N° 2340403), que l’on n’espérait plus voir voler et… transporter des armes, comme décrit dans cet épisode. Chisinau étant on le sait le fief d’un certain… Viktor Bout (on y revient toujours !) !!!  Le rapport de l’ONU avait évoqué sa présence photo satellite, ici à gauche à l’appui, le 30 décembre 2013 sur la piste de la base d’Al-Kahdim, le rapport précisant qu’il n’en restait plus que trois d’avions de ce type en état de voler dans le monde !!  On ne pouvait se tromper ! Le rapport précise aussi qu’il « n’avait pas de propriétaire officiel et n’était enregistré dans aucun pays » !!! L’avion étant l’ex Grixona SRL, qui entre-temps avait changé de nom deux fois:  Sky Prim Air SRL, rebaptisé plus tard Terra Avia SRL …

Un vieil Ill-18 au cockpit d’une autre époque, antédiluvien (ici à gauche, admirons l’air très peu conditionné fourni par les petits ventilateurs !!!) devenu… émirati : « le gouvernement de Tobrouk emploie également des pilotes à but lucratif, notamment des équipes de transport constituées par des sociétés, notamment la société moldave Sky Prim Air. La société moldave a des liens avec l’opérateur émirati Oscar Jet, qui dessert également régulièrement la Libye. Le 15 septembre 2016, le Sky Prim Air Il-18D portant le numéro de série ER-ICS s’est envolé de Tobruk vers Zintan, transportant les participants à la conférence de Nalut Reconciliation. Le 25 novembre 2016, le même Il-18D s’est envolé de la base aérienne de Tobrouk à Benina, chargée d’équipement et, prétendument, de fournitures médicales pour les hôpitaux et les dispensaires de Benghazi et des environs. Selon la LNA, le lot de médicaments et d’équipements médicaux était arrivé la veille à Tobrouk par un vol en provenance d’Allemagne. » Au dessus à gauche l’Ill-18 pris en photo à Zintan le 1er janvier 2017 avec des officiers de l’armée libyenne en descendant : ils revenaient d’une formation en Jordanie ! »  Le 12 mai dernier, encore mieux : le correspondant russe pro-Poutine Aleksandr Kots (ici sur la photo avec Arsen Pavlov alias « Motorola » commandant pro russe à Donetsk qui a fini assassiné), se prend en selfie dans l’avion, (cf iic à gauche) pensant se faire sans doute de la publicité :  derrière lui, tout au long de la cabine, sont disposées des caisses d’armement bien visibles, transportées de Benina a Gharian, plus au sud (extraites ici à gauche des soutes de l’avion  qui en était donc truffé!!  Chirac, reprenant Audiard aurait dit qu’il pouvait voler en escadrille, celui-là... !!!

Pas mal pour un aussi vieux machin volant ! On songe à tout l’argent que ça représente ! Un autre avion, le 15 décembre 2016, avait ramené 60 millions de dinars à Birak Al Shati, venus de la banque centrale libyenne (ici à gauche).

Un cliché près à son arrivée révélait son appartenance : c’était l’Ill-76 de la compagnie kazakh Sigma Airlines, comme on pouvait le constater : il était immatriculé UP-I7645, ce que nous révèle une vidéo montrant un garde sous son aile, un camion blindé de l’armée assurant derrière lui le transfert de fonds.

La soute de l’appareil est pleine de caisses de billets (ci-dessus et à gauche) !!! Un appareil de la même compagnie, immatriculé UP-I7601 fera halte du 18 au 20 octobre 2018… à Tahiti amenant un bruit phénoménal et strident au décollage sur l’aéroport du Pacifique !!! On va voir un peu plus loin ce qu’il y faisait !!! Un autre soir, un de ses collègues se posait tout aussi discrètement:  un Ill-76 de la compagnie Moldave Sky Prim Air company, cette fois, selon la presse, surpris (de nuit) en train de décharge du matériel sur la base de Birak Al Shati le 13 décembre 2016.  L’avion avait fait un drôle de trajet le 27 février 2015 en ramenant en Moldavie 40 tonnes de billets, de la monnaie nationale, imprimés… en France !  A noter qu’en 2011 les rebelles avaient reçu un Ill-76 capturé à Dubaï, qui était arrivé à Benghazi le 11 août (la ville deviendra le fief d’Haftar en 2015 . On avait alors évoqué un rôle de transporteur « d’aide humanitaire« … ce qui avait fait sourire tout le monde.

Notre fin observateur, Renaud Delalande (dont recommande chaudement le blog), ajoutant que  » le 10 décembre 2016, un pilote d’avion de transport étranger portant l’inscription «Cargo Air Company» sur l’épaule droite de son uniforme a été aperçu à Ras Lanuf (ici à gauche), une base aérienne de la LNA. Cette observation a eu lieu quelques jours à peine après que divers groupes armés, dont Saraya Defend Benghazi et la Garde des installations pétrolières, aient attaqué les installations de la LNA dans le croissant pétrolier libyen. La LNA avait repoussé l’assaut avec une série dévastatrice de raids aériens. Cargo Air Company peut, à tout le moins, être impliquée dans le transport de travailleurs pétroliers. Le 12 décembre, la LNA a déployé des systèmes de défense anti-aérienne SA-9 sur le croissant pétrolier. Quelqu’un devait les apporter là-bas – et ce n’était probablement pas la LNA, car l’armée de Haftar manque de gros avions cargo » (on en reparlera). « Après la prise de la base aérienne de Brak Al Shati par le LNA le 11 décembre 2016, l’Oscar Jet Il-76TD portant le numéro de série ER-IAX (ici à Istanbul) a transporté une délégation de la Benina à Brak Al Shati. Deux jours plus tard, un autre atterrit de nuit à la même base aérienne avec une cargaison inconnue. » Derrière l’IL-18D ER-ICS ou le ER-IAX Ill-76TD (ici à droite), il  y a deux moldaves le père et le fils Ghilan (Grigore et Vladimir). Le premier avait laissé derrière lui un scandale de trafic d’armes déjà : « Grigore Ghilan avait pour partenaires commerciaux deux citoyens arabes de la Fédération de Russie impliqués dans un scandale concernant le transport illégal d’armes par l’Arménie en Libye. Il s’agit de Malik Bilal et Mukhammad Amir. Il y a plusieurs années, ils détenaient près de la moitié du capital-actions de Grixona SRL. Et maintenant, Malik Bilal, avec Vladimir Ghilan, est le fondateur de Oscar Jet SRL. » Un cas de récidive en quelque sorte, dont l’ONU avait eu vent en le relatant dans son rapport de mars 2018. Associée à Malik Bilal, l’homme des très gros porteurs de Vétéran Avia, la compagnie arménienne citée dans ma série sur les transports d’armes par avion !

Les (discrètes) livraisons arméniennes

Vahe Sarukhanyan, de Hetq, n’y va pas par quatre chemins dans son article Playing with Fire: Some Armenian Aviation Companies Charged with Violating U.N. Arms Embargos » (article que j’ai aussi cité ici) dans lequel il cite le Wall Street Journal qui écrit « que le rapport (du 27 février, de la résolution du Conseil de Sécurité dans sa Resolution 1970) mentionne la compagnie d’aviation arménienne Veteran Avia, qui a transporté des armes et des armes des Emirats Arabes Unis au gouvernement Tobrouk via l’espace aérien jordanien. Installé à Sharjah, Veteran Avia n’était pas disponible pour commenter. Toutefois, le gouvernement arménien a informé les experts américains que ce dernier avait effectivement pris l’avion pour aller en Libye via la Jordanie, mais qu’il transportait un « fret humanitaire » et non des armes ». Veteran qui possède l’énorme Boeing 747-281B (SFEK74798 (N°23698 / 667) , cité ici dans cet article et qui deviendra en 2012 Saudi Airlines !  » « Cette affirmation du gouvernement arménien a été réitérée par le vétéran du directeur d’Avia, Artashes Gevorgyan, lors d’un entretien avec tert.am., le 14 mars.  «Il n’y avait pas d’armes. juste de l’aide humanitaire. Ils nous ont posé des questions sur ce problème il y a plusieurs mois et nous avons répondu », a déclaré Gevorgyan à Tert.am. Cependant, Gevorgyan ne précise pas qui a demandé. Néanmoins, d’après l’article du WSJ, il est clair que le gouvernement arménien a posé des questions et que les experts avaient déjà pris contact avec lui avant cela. Dans le rapport annuel 2014 du groupe d’experts des Nations unies, daté du 23 février 2015 et soumis au Conseil de sécurité, nous lisons ce qui suit concernant la société arménienne: en outre, le Groupe a reçu des informations concernant les vols effectués par Veteran Avia 46 en octobre et novembre 2014 depuis la base aérienne militaire Al-Minhad située dans les Émirats Arabes Unis jusqu’à Tobrouk, qui aurait transporté du matériel militaire. Le Groupe a pris contact avec les Émirats arabes unis et la Jordanie, où plusieurs de ces vols se sont arrêtés alors qu’ils allaient en direction ou en provenance de Libye, pour demander des informations complémentaires. La Jordanie a fait savoir qu’elle « n’avait détecté aucune entrée d’un avion des Émirats arabes unis destiné à la Jordanie destiné à la Libye », mais les autorités des Émirats arabes unis n’ont pas répondu à la lettre du Groupe d’experts. (Voir Chapitre 4, p. 42) » Les deux photos de déchargement d’avion (d’aide humanitaire) sont celles de 2015, à Tobrouk avec de l’aide provenant effectivement des Emirats Arabe Unis, mais pas avec l’avion cité : il semble plus proche du RA-76445, dont le numéro semble apparaître sur le bord d’une image du transbordement. Un RA-76445 bien particulier, une fort vieille connaissance, puisque vu lui à plusieurs reprises en Irak, en 2008, sur la base d’Ali (près de Nasiriyah, anciennement Base Talil) en train d’être déchargé, le 20 mars, par des servants du 407th Air Expeditionary Group de l’armée américaine (ici à gauche et ci-dessous) qui ne voyait semble-t-il aucun inconvénient à avoir recours à ses services… c’est à la grande époque, il faut rappeler de livraison de munitions avariées à l’armée afghane.. lors de l’épisode Diveroli !!! Il avait maintes fois changé d’apparence comme ici en 2013 chez Gazpromavia. ou Volga-Dniepr. ou devenu plus sobre en apparence comme ici. Il servira de cette façon et sous cette unique couleur le World Food Program et semble avoir fini sa carrière à Moscou; comme on peut le voir ici le 4 septembre 2017, en piteux état. Si bien qu’il pouvait en effet faire parfaitement figure de candidat en 2014 en Libye !
L’appareil appartenait à Abakan Avia (Royal Flight Airlines) ou alors à ce moment-là à Russian Sky Airlines pllutôt (depuis il est devenu Ruby Star EW-448TH : en mars 2016, on le retrouvera à Lanseria, en Afrique du Sud, pays célèbre aussi pour sa production d’armements…).
L’article ajoutant que  « dans le rapport annuel 2014 du groupe d’experts des Nations unies, daté du 23 février 2015 et soumis au Conseil de sécurité, nous lisons ce qui suit concernant la société arménienne .« Cette histoire est assez similaire à celle impliquant la société arménienne V-Berd Avia. Propriété de Vahram Simonyan, du village de Vahramaberd dans la province arménienne de Shirak, est également basé à Sharjah, dans les Émirats arabes unis. Selon des experts américains, la société était impliquée dans la guerre civile soudanaise. À partir de 2005, le Conseil de sécurité des Nations Unies a publié un embargo sur les armes et l’interdiction des vols militaires rebelles dans la région soudanaise du Darfour. Trois des experts du comité des sanctions concernant le Soudan, qui avaient quitté le panel, ont écrit dans leur lettre de 2012 qu’un avion Il-76 (EK-76592, ici à droite) exploité par le transporteur arménien avait effectué 17 vols de la capitale Khartoum au Darfour entre avril et juin 2011. Pendant les vols, l’avion arménien utilisait l’indicatif d’appel Gadir 101. Gadir est l’indicatif d’appel de l’aviation militaire soudanaise. Selon un contrat mis à la disposition des experts par Simonyan, l’avion a été loué au ministère soudanais de la Défense. »
L’Arménie, ses avions et ses catastrophes  aériennes à répétition ! Vétéran Avia, aux mains aussi de Jaideep Mirchandani (Mirchandani) et les membres de sa famille, Indira Mirchandani et Nitin Mirchandani, qui ont largement soutenu en même temps le régime syrien. « En outre, Mirchandani et certaines autres entités tentaient d’exporter un avion américain qui serait utilisé pour renforcer le régime syrien » ajoute aussi Vahe Sarukhanyan ! Cela, on va s’en rendre compte en effet, via les avions visiteurs de Damas ! Haftar a aussi utilisé l’appareil UP-I7645, de Sigma Airlines (ici à gauche) comme on l’a déjà vu. Mais on a aussi aperçu cet avion avec autour de lui des soldats en uniforme, en train de monter à nord, certains tirant même leur valise de passager derrière eux (ici à gauche). Sur les épaules d’un d’entre eux, agenouillé (ici à droite) , sur une autre photo, on distingue le nouvel insigne de la Libye. Celle aussi des troupes d’Haftar. Le 20 juin 2018, on retrouvera l’avion à Yaoundé, au Cameroun ! Une vidéo l’avait montré UP-I7645 – après avoir atterri à Tamanhan, la base d’Haftar au sud du pays, venant de Benghazi : c’était pour y apporter les fameux billets, vu le 5 décembre 2016 !
Le 747 fournisseur « belge » de Misrata
Un autre avion particulier est à ne pas oublier. C’est un énorme 747 tout blanc immatriculé ER-BAM (vu ici à droite en attente sur l’aéroport de Misrata, une photo prise le 13 novembre 2016. C’est le 747-409BDSF datant de 1992, l’ER-BAM d’Aerotrans (24312 LN:954). Un journal flamand, le Het Laatste Nieuws, l’a aussi repéré et photographie à… Ostende (ici à gauche, et mieux, a réussi à obtenir ses papiers d’embarquements. Ils sont atterrants : selon le manifeste en date du 6 août 2015 qui est long de 6 pages, l’avion est alors plein de caisses de munitions de 7,62 mmm à l’intérieur. Le manifeste porte comme indication d’endroit du chargement « RUH », à savoir l’aéroport de Riyadh… et comme lieu de déchargement… Ankara en Turquie (ESB, pour « l’Ankara Esenboğa Havalimani » à savoir L’aéroport international Esenboğ turc ) !!! Le « end user » est bien dissimulé puisque c’est au final la Libye !
Un 747 cargo de de ce type (747-400) peut emporter jusqu’à 100 tonnes d’un coup. Il servira aussi à autre chose, ai-je déjà écrit (ici) : « Et quand il s’agira d’apporter des billets de banque en Libye, selon un procédé déjà vu ailleurs, notamment en Afghanistan, où une bonne série de palettes de billets verts ont disparu, c’est bien sûr notre fidèle habitué de Misrata qui les apportera (ici à droite).  250 millions de dinars d’un coup,  pas moins, qui seront distribués dans les banques commerciales de Libye, promis, des billets apportés le 14 février 2017 à l’aéroport de Mitiga (à Tripoli, donc). Le troisième du mois, le premier et le second ayant été de 250 millions de dinars également… » On n’est tout proche d’une situation afghane… avec ces masses d’argent frais venues de l’extérieur (et disparues, en Afghanistan) ! L’argent de la CIA parti dans les poches des proches d’Hamid Karzai !!! De l’argent qui a fini dans la pierre, dans de somptueuses villas à Dubaï, dans la célèbre « île du Palmier » , la Palm Jumeirah (ici à gauche) !!!
La continuité Moldave

On pensait ces livraisons terminées. Détrompez-vous ! L’autre (demie) surprise (de taille) en ce premier mai 2019 encore, est un énorme cargo 747-412 type BDSF, à savoir un appareil conçu dès 2006 et emportant davantage avec sa large porte cargo déportée vers l’arrière. Celui qui a été repéré ce jour là est celui appartenant également à Aerotranscargo, qui possède quatre appareils « seulement » mais qui sont tous de très gros porteurs âgés de 23 ans et demi : l’ER-JAI (un (BDSF) , l’ER-BBJ (Boeing 747-412F) , l’ER-BAJ (un autre BDSF) et notre fameux ER-BAM (BDSF aussi) vu à OstendeL’avion « ostendais » y avait déjà été repéré en 2017,  arrivé le 7 septembre à Tripoli et même joliment photographié sur place. Ce n’était visiblement pas sa première visite, puisque le 1er mars 2015 il s’était également posé là, repartant dès le lendemain pour Izmir en Turquie, laissant l’image de son déchargement par atmosphère humide mettre en relief le vieillissement de sa cellule (ici à droite, une belle photo photo signée Mohamed Attalab). Un vieillissement prématuré qui montre avant tout qu’il ne chômait pas !!!

Bons baisers de Moldavie
Le cargo moldave repéré ce jour-là (1er mai dernier on le rappelle), parti de Turquie et se dirigeant au départ vers Tripoli, s’était en effet soudainement détourné vers Misrata, ce que l’on a très bien pu distinguer sur le Web de Flightradar 24. « L’avion qui avait décollé de l’aéroport international de Sabiha Gokcen à Istanbul la veille après-midi devait atterrir à l’aéroport de Mitiga à Tripoli, avant de changer de route vers Misurata le soir même. L’analyse des données de l’appareil montre que l’avion avait effectué des vols similaires de Turquie à Misurata les 13 et 14 mai dernier. Sur les deux vols, Aerotranscargo devait atterrir à l’aéroport de Mitiga avant de modifier sa dernière minute de destination et d’atterrir à Misrata. » L’avion concerné était l’ER-JAI, qui a connu des aventures pendables. Le 26 février 2018, à bord de cet avion d’Aerotranscargo l’équipage du Boeing 747-412 effectuant le vol ATG4419 de Francfort-Hahn à Bakou (Azerbaïdjan) avait eu une belle frayeur en effet, en ressentant lors du décollage piste 21 d’étranges oscillations de l’appareil qui réussit néanmoins à revenir se poser à Francfort-Hahn, pour découvrir qu’il n’y avait plus de capot arrière sur le moteur n°1 (PW4056, le moteur latéral gauche) ceux-ci s’étaient séparés, les serrures des portes d’accès semblant restées ouvertes !!!  Ce n’était pas sa première fois : déjà, le 15 février précédent, lors du vol de fret ATG-4428 de Francfort-Hahn (Allemagne) à Bakou (Azerbaïdjan), l’avion avait ressenti un énorme « bang » avant de faire demi-tour et d’aller se poser à Francfort-Hahn, à peine 3 minutes 45 après le départ.  L’aéroport avait alors annoncé que l’avion serait déchargé et rechargé par mesure de sécurité , si bien qu’il était resté 22 heures sur place avant de repartir pour Bakou !!! L’avion depuis  l’incident du 26 février 2018 a revolé sans encombre, la preuve le  18 mai dernier, parti d’abord de Sharjah il est arrivé à Istanbul pour en repartir le lendemain direction Misrata, et revenir à Istanbul le même jour et reparti dans l’autre sens vers… Misrata
Le voici arrivé à Ostende le 23 mai, pour repartir le même jour vers… Misrata et s’envoler à nouveau après vers Izmir !! Lors de son voyage aller, il est passé juste à la verticale de Lille (au retour il est passé un peu plus à l’Est de Tourcoing, au-dessus de Camphin-en-Pévèle qu’il a survolé vers 8H26 UTC, soit 9H26 en France) !!! Sachant le tonnage d’armes qu’il est capable d’emporter – et qu’il a déjà emporté !- il y a de quoi s’inquiéter en effet ! Cent tonnes d’armes passent ainsi au-dessus de mon propre jardin régulièrement !!! Il avait beau être déjà à 18 500 pieds ce n’est pas fait pour rassurer ! En photo il a été ici « spotté »  à gauche le 17 mars 2017, à l ‘atterrissage sur la piste 26… d’Ostende, qu’il visitait donc régulièrement. A voir le nombre de fusils d’Herstal aperçus en Libye, ces voyages n’étonnent en fait personne… en Belgique !
La Libye et la Belgique c’est aussi une vieille histoire aujourd’hui, mais qui perdure dangereusement : en 2012 on s’était aperçu que le contrat d’armes passé auparavant par Kadhafi… pour mater la rébellion, contrat de 2008, passé à la FN, se continuait comme si de rien n’était comme l’écrivait ici La Libre.Be  (à gauche c’est l’ER-BBJ alors de passage à Malte; le 25 aout 2017) : « cest qu’une partie des armes exportées selon le contrat signé en 2008 entre le régime Kadhafi et la FN Herstal, avalisé par l’Elysette en 2009, pourrait se trouver dans les mains des combattants de la brigade Tripoli dirigée par un ancien djihadiste d’Afghanistan, le très islamiste Abdelhakim Belhaj. D’autre part, les rebelles de Benghazi auraient reçu des armes de la FN courant avril 2011, soit après le début de l’intervention militaire de l’Otan (ici à droite c’est l’ER-BAJ, vu ici à Liège et très souvent à Budapest). Et donc en violation de l’embargo sur les armes à destination de Libye imposé par le Conseil de sécurité de l’Onu, le 26 février précédent. D’après les témoignages recueillis, cet armement provenait du Qatar. Ce qui est en cause ici n’est donc pas la fameuse tractation de 2008, d’autant que les armes en question – des fusils FN Fal – remonteraient aux années 1960. L’envoyé spécial du « Vif » ajoute qu’elles correspondent à des armes vendues à l’époque par la Belgique au Qatar, même s’il n’a pu en tracer les numéros de série pour obtenir confirmation. Ce qui est en cause, c’est la latitude décidément peu contrôlable de réexportation de la part de pays qui, tout en étant « sensibles » selon les procédures actuelles en Région wallonne, ne le sont pas au point d’être d’office suspectsSi ce « transit » par le Qatar est avéré, deux scénarios se présentent. Soit le Qatar a demandé et obtenu l’autorisation de la Belgique, soit l’émirat a décidé de réexporter sans en informer le pays producteur. La seconde hypothèse est la plus probable, puisque le Qatar n’avait pas caché qu’il interprétait l’embargo décrété de manière très souple ». A gauche un des membres de la LNA avec un Herstal F2000 Standard muni d’un lance grenades LG très impressionnant. A droite un de ceux trouvé aux mains des anti Kadhafi en 2011 déjà. On avait déjà tout compris en 2012 (le NYT  en avait déjà parlé en 2011 !!!) , et voila qu’en 2015 on redécouvrait tout ? Et que cela a tranquillement continué en 2016, 2017, 2018 et… 2019 ? Selon , and  et leur article mémorable « Making a Killing: The 1.2 Billion Euro Arms Pipeline to Middle East », « la découverte de documents de transporteur de fret divulgués fournit des indices supplémentaires sur la manière dont l’armée saoudienne fournit les rebelles syriens. Selon les documents obtenus par BIRN et l’OPCRP, la compagnie moldave AeroTransCargo a effectué six vols au cours de l’été 2015, transportant au moins 250 tonnes de munitions entre des bases militaires en Arabie saoudite et l’aéroport international d’Esenboga à Ankara, capitale turque, aurait pour point d’arrivée des armes et des munitions pour les rebelles syriens. Pieter Wezeman, de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, une organisation de premier plan dans le suivi des exportations d’armes, a indiqué qu’il soupçonnait ces vols de faire partie de l’opération logistique visant à fournir des munitions aux rebelles syriens ». Les anglais aussi ont fourni des armes : on l’a vu avec le C-17, mais ici  on peut aussi observer le ER-BBJ en train de charger à Shannon le 17 avril 2018. En partance pour… Tripoli ! » À partir des MOC (Military Opération Center), les armes sont ensuite transportées par la route jusqu’à la frontière syrienne ou par des avions militaires. Un commandant de l’armée syrienne libre à Alep, qui a demandé à rester anonyme pour protéger sa sécurité, a déclaré à BIRN et à OCCRP que des armes en provenance d’Europe centrale et orientale avaient été distribuées à partir du quartier général contrôlé en Syrie. « Nous ne nous soucions pas du pays d’origine, nous savons juste que cela vient d’Europe de l’Est », a-t-il déclaré. Les Saoudiens et les Turcs ont également fourni des armes directement à des groupes islamistes non soutenus par les Etats-Unis et qui ont parfois fini par combattre des factions soutenues par le MOC, a ajouté Ford. » (A gauche le ER-JAI vu du dessous au décollage au Doncaster Sheffield-Airport le 20 avril 2017). On sait également que les Saoudiens possèdent des armes et du matériel largués à la volée, y compris des fusils apparemment fabriqués en Serbie par leurs alliés au Yémen. Ford a déclaré que bien qu’il n’ait pas personnellement participé aux négociations avec la Serbie, la Bulgarie et la Roumanie sur la fourniture d’armes à la Syrie, il estime que la CIA a probablement joué un rôle. « Pour des opérations de ce type, il m’est difficile d’imaginer qu’il n’y a pas eu de coordination entre les services de renseignement, mais elle s’est peut-être limitée strictement aux canaux de renseignement », a-t-il déclaré. »
Et cela ne s’est toujours pas arrêté car un observateur situé à Malte, en levant le nez, a pu constater que le 23 mai dernier, l’Aerotranscargo B744F immatriculé ER-JAI avait même pu être observé à 33 000 pieds (10 000 mètres ici à droite), sur sa route d’Ostende à Misrata, lors du vol ATG  2276,de 2 472 km de distance d’une seule traite en un peu plus de 3 heures (en repassant au-dessus de chez moi !):
Gag supplémentaire, ce 23 mai, on l’observera également lors de son passage au-dessus de Zurich (ici à droite) : c’est un avion très suivi (vu ce qu’il tranporte !). Après il était reparti à… Izmir, en Turquie, puis était allé à Sharjah, de là à Istanbul pour se rendre à…Benghazi (ci dessous), reparti à Istanbul pour voler ensuite vers… Misrata, rejoindre Izmir, puis Sharjah pour rejoindre le 28 mai… Kaboul !!!
Ci dessous le vol Istanbul Misrata du 26 mai : là, ce sont les grecs qui l’on vu passer au-dessus de leur jardin !
Le Kazakh du pôle sud ?
Parmi les avions utilisés par Haftar pour lui amener du matériel de guerre, l’un d’entre eux est remarquable à plus d’un titre : photographié avec un jeune officier en uniforme (ici à droite) montant à bord, un béret rouge portant l’insigne de la LNA, dans un avion révélant un logo sur ses flancs intitulé « www.airsigma.com », l’appareil est surprenant. Il est immatriculé UP-I7601, c’est un gros Ill-76 effectivement de Sigma Airlines. C’est un engin bien connu, l’ancien de chez Air Almaty, vu ici à Fujairah en 2009. Almaty, du nom de la ville qui hébergeait la société. Une ville qui a mené à Alexander Zykov, et sa société East Wing, incriminée dans le transport des armes par Ill-76 (4L-AWA, N°3426765) qui avait fait tomber Viktor Bout à Bangkok !!! « Viktor Bout avait créé en 1996, avant Sharjah, son deuxième bureau, à Monrovia,, voire troisième après le Kazakstan, avec Almaty (et sa société aux Ill-18, Irbis) » avais-je écrit ici. Des Ill-18 comme ici le UN-75004, qui n’étaient pas sans en rappeler un autre récemment aperçu en Libye : un  » Grixona « , qui est en fait le nouveau nom des anciennes AirCess et Air Pass de Viktor Bout !!!  Tel l’ER-ICS, vu ici de l’intérieur… notre tout aussi célèbre avion « libyen » !!! Mais que ce monde est donc petit !  Zykov, pour passer inaperçu, avait enregistré l’avion au nom de sa femme, Svetlana Zykova !  L’engin avait effectué un phénoménal circuit long de 24 500 kilomètres avant de se faire pincer, comme décrit ici dans son fastidieux parcours !!! East Wing faisant aussi voler par exemple les appareils UP-I7621 et UP-I7623 (aujourd’hui UP-I7644 chez Air Trust. Air Almaty, « pincé » aussi ici par Pierre Sautreuil, en flagrant délit d’armer la Syrie d’Assad (et de lui amener des mercenaires russes selon lui, via trois appareils :

« Contrairement à Air Almaty, Zetavia dispose d’un site internet présentant ses activités et sa flotte d’avions, tous des Il-76. Or, il s’avère que l’appareil immatriculé “UP-I7601” et dont l’indicatif renvoie à Air Almaty est présenté sur le site de la société ukrainienne, comme “disponible à la location” (ici il est à droite photographié sous le nom d’Air Almaty le 9 novembre 2008 à Punta Arras au Chili). Le site indique aussi que l’appareil est actuellement basé à Fujaïrah, aux Emirats Arabes Unis. De plus, l’un des dirigeants de ZetAvia est présent au conseil d’administration d’Air Almaty, dont il possède 49 % des parts, d’après les données du ministère des finances kazakh. Oleg Sergueïev, le dirigeant en question, est enregistré dans le registre des sociétés ukrainienne en Russie, dans la ville d’Ekaterinbourg, et est défini comme “non résident” dans le registre des sociétés du Kazakhstan. Le second dirigeant de ZetAvia est lui aussi enregistré en Russie. Ces deux sociétés sont elles-mêmes reliées à une troisième : Reem Travel. Reem Travel est basée aux Emirats Arabes Unis et agit comme l’agent commercial d’Air Almaty ainsi que de ZetAvia. Sur son site, Reem Travel déclare aussi avoir créé ZetAvia “en partant de zéro”. Enfin, sur le rapport de l’aviation civile chinoise, l’adresse mail d’Oleg Sergueïev, le dirigeant de ZetAvia et “General manager” d’Air Almaty, est “manager[@]reemtravel.com”. Une autre personne, Igor Kochkine, apparaît sur une base de données de sociétés logistiques basées au Moyen-Orient comme le directeur marketing de Reem Travel, ainsi que dans le registre des sociétés du Kazakhstan comme membre du conseil d’administration d’Air Almaty. Les trois sociétés sont donc très probablement la création du même groupe de personnes. Bien qu’elles soient basées au Kazakhstan, en Ukraine et aux Emirats-Arabes Unis, il semble de plus que les personnes contrôlant ces sociétés, et notamment Oleg Sergueïev, soient de nationalité russe. ZetAvia, Air Almaty et Reem Travel n’ont pas répondu à des demandes d’information par mail ». La capture d’écran montrée est celle du 15 septembre 2015 , de “Flight Radar 24” montrant un Il-76  sud de Homs, un avion d’Air Almaty « L’avion ne va rester affiché que quelques secondes, avant de disparaître des écrans » note l’auteur….

La « Kazakhstan connexion » passe en effet par la Syrie et… Farujah « Le Kazakhstan a longtemps été un pays extrêmement populaire pour y implanter des compagnies aériennes. L’une des raisons, affirme le journaliste d’investigation Matt Potter dans un livre consacré aux contrebandiers de l’ex-URSS, est que “en plus du fait qu’ils laissent n’importe qui s’implanter, l’indicatif de ces compagnies aériennes kazakhes était toujours Unicorn November, abrégé en UN […] ce qui faisait croire certains contrôleurs aériens naïfs, notamment en Afrique, qu’il s’agissait d’avions de l’ONU” (à droite ici le Tweet de «  Samir », du 20 mars 2017 montrant via une vidéo empruntée à RT (!) l’ILL-76 I7645 plusieurs fois cité ici faisant une halte à Damas, révélant la filière d’armement syrienne par les russes) . Les Emirats Arabes Unis en général, et Fujaïrah en particulier (la ville ou est basé l’appareil repéré au-dessus de la Syrie), possèdent aussi une réputation sulfureuse. Dans un rapport du “Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité” publié en octobre 2014, la chercheuse Géraldine Franc qualifie le pays de “plaque tournante du trafic illicite d’armes et autre matériel militaire vers l’Iran” et plus généralement de “lieux importants de transit pour les marchandises prohibées par les Nations Unies”. Le pays possède en effet de nombreuses zones franches hébergeant un grand nombre de société-écrans, ainsi que des infrastructures de contrôle particulièrement laxistes (même inexistantes jusqu’en 2007 ; elles restent aujourd’hui faibles). Notons toutefois que les Emirats Arabes Unis représentent aussi un hub logistique majeur pour le commerce légal, notamment pour des raisons géographiques, au croisement entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. »  Ici , l’avion incriminé pris en photo au Jebel Ali (Dubai) – Al Maktoum International aux Emirats, le 5 décembre 2018. l’une des preuves flagrantes de ses liens avec les Émirats Arabes Unis !!!!

Notre Illyushin Ill-76 apporteur à ces heures d’armes en Libye, lui, mène une véritable double vie de voyageur au long cours, en fait, puisqu’on le retrouve à Tahiti, comme on l’a vu (y faire beaucoup de bruit !), où il était en train de faire une pause dans son voyage vers Christchurch le 24 octobre 2018 sous le nom du vol SGL701 pour se diriger ensuite vers la baie de Terra Nova, en Antarctique, dans le cadre de la saison antarctique italienne de l’OACI SCNS !!! D’où aussi son label « ALE » déjà repéré avec un beau manchot de dessiné dessus !!! L’avion en effet tracera aussi vers Puntas Arenas au Chili, à la la pointe du continent. Un Ill-76 de Volga Dniepr avait testé la faisabilité du vol en 2015 ! De Christchurch à McMurdo, c’est une vieille route aérienne inaugurée par les C-100 américains en fait !
Le vol étant cette fois… privé, un vol touristique organisé par une société américaine appelée Antarctic Logistics & Expeditions LLC (ALE), membre de l’International Association Antarctica Tour Operators, qui a succédé à Adventure Network International (ANI), créée en 1985 par deux canadiens, Pat Morrow and Martyn Williams et le pilote Giles Kershaw (ici la piste du camp) !!! Quand il ne transporte pas des armes en Libye, notre fringuant Il-76 amène des touristes au Pôle Sud ! Ou comment ravager la terre par les deux bouts, dirons certains !! Effarant (ici à droite le sidérant fameux camp de touristes du Pôle Sud avec  une nuée de tentes !!!) !!! Il y en a qui osent tout en effet ! S’arrêteront-il un jour de tout dévaster ?

Haftar fait son marché en Falcon, mais pas n’importe lequel !

Des armes à commander ou à aller chercher soi-même dans un autre avion, VIP cette fois : « le 18 septembre 2017, Khalifa Haftar s’est rendu à Tunis pour rencontrer le président tunisien, Beji Caïd Essebsi. Le voyage de son détachement de sécurité avec un équipement militaire considérable constitue une violation grave de l’embargo sur les armes. D’après l’analyse des séquences vidéo et des images publiées par le bureau de presse de l’ANL, le matériel transféré hors de Libye comprend au moins:

-30 carabines à chargement automatique
-2 fusils de tireur d’élite
-2 lance-grenades à propulsion-fusée (RPG)
-Plus de 30 armes de poing (9mm)
-Un système de contre-IED monté sur le toit (de voitures)

La séquence vidéo de ses documents de visite, montre qu’il a volé dans un avion privé et ses membres de la sécurité ont atterri à l’aéroport de Tunis Carthage à bord d’un avion cargo IL-76TD. Le Groupe cherche à obtenir plus de détails de la part des autorités tunisiennes pour approfondir son enquête. Haftar s’est envolé de l’Est de la Libye pour se rendre à Tunis, à bord d’un avion privé F900 portant le numéro de queue P4-RMA. L’avion à réaction Falcon appartient à une société basée aux Émirats arabes unis, Sonnig International Group Ltd, et est exploité par Golden Eagle Trading FZE basé à Dubaï mais immatriculé aux Pays-Bas caribéens ». L’avion appartient SIPJ (International Private Jet), la société d’aviation d’affaires de Riccardo Mortara basée à Fujairah qui le fait voler via Golden Eagle Trading FZE une société émiratie. L’appareil est gracieusement prêté par Mortara, et les collaborateurs, notamment son chef de cabinet, Aoun Al Feijani, l’utilise souvent, comme le Maréchal lui-même lors de ses visites diplomatiques, telle celle de Tunisie. Riccardo Mortara est aussi un passionné d’aviation ce qui le rend aussi proche en état d’esprit de David Tokoph, car comme lui il a tenu à s’inscrire sur les tablettes d’un record du monde aérien, celui du tour du monde de Fossett avec un très vieil appareil, un Sabreliner 65 immatriculé HB-VCN !!! Battant même le record de durée de vol de Steve Fossett (mais sans escales, le sien !). Lui, son fils Gabriel Mortara et Flavien Guderzo ont en effet accompli un tour du monde – avec escales –  en 57h54 lors d’un vol de 36 770km. Sous l’aspect d’un véritable amateur d’aéronautique, comme Tokoph, Mortara dissimule d’autres aspects : cet expert financier et pilote d’avion, a été pendant des années le pilote personnel d’Alfred Sirven, l’éminence grise de Loïk le Floch-Prigent, ex-PDG d’Elf. Il a donc été soupçonné lui aussi d’avoir profité de certaines largesses, disons. Pressé par un juge genevois, incarcéré 8 jours, il avait rapidement accepté un compromis, en acceptant 240 jours-amende et la confiscation de 45 millions de dollars pour ne pas y retourner. Le juge Yves Aeschlimann cherchait à savoir où donc était passé le trésor de guerre de François Rouge, le propriétaire de la Banque de patrimoine privée (BPP), qui avait mis au frais  une bonne partie de la gestion de fonds occultes angolais du groupe pétrolier et de la Sonangol, la société nationale d’exploitation du pétrole off-shore angolais, soit entre 400 et 500 millions de dollars (le président et ses ministres se sucrant largement au passage, et Rouge qui gérait les fonds spéciaux présidentiels aux Bahamas se servait aussi !!!). Les deux autres interrogés par le juge étant Jack Sigolet, ancien bras droit d’André Tarallo, le sulfureux Monsieur Afrique d’Elf (et le responsable de la société Crossoil Trading mise en cause) et Nicolas Junod, un avocat suisse, spécialiste des montages financiers « discrets »…  le rôle de Mortara, le pilote de Le Floch-Prigent avait été de sillonner la planète pour ouvrir un peu partout des comptes bancaires, pour noyer le poisson ou plutôt éparpiller la pêche miraculeuse, au Liban, au Portugal,à Hong-Kong ou même à Jersey ! Le voilà devenu blanchisseur ! Rouge (ici à gauche), qui a aussi été l’administrateur de Thomson-CSF Holding Suisse SA, filiale helvétique du groupe d’armements français devenu Thales a fait un séjour aux Baumettes, mêlé en plus au dossier du cercle de jeux Concorde étroitement lié au grand banditisme corse. Les amis d’Haftar sont bien sulfureux ! On n’en a pas fini avec les surprises, dans ce dossier (ici à gauche le Falcon P4-RMA photographié vers janvier-février 2018 à Malte, étape de la desserte libyenne) !!! Ci-dessous, le trajet d’Haftar. Le 30 mai 2018, avant de se rendre à la conférence de Paris: l’avion (son Falcon P-4 RMA) est passé avant par Abu-Dhabi… les mauvaises langues disant que c’était pour y recevoir des ordres…. à gauche c’est la tentative de conciliation ratée au château de La Celle, du 25 juillet 2017 entre les deux partis opposés, à savoir Fayez al-Sarraj président du Conseil présidentiel et Premier ministre du gouvernement officiel reconnu (GNA), à gauche et le général Khalifa Haftar à droite (LNA)… les deux hommes s’étaient déjà rencontrés le 2 mai 2017 à Abou Dhabi.

 

 

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