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Peuples du monde, relevez-vous !

Dazibaoueb

Source : Les pens?es doubles de Caleb

Image Flickr par CPS77

Nous vivons vraiment une ?poque incroyable : non contents d’avoir r?ussi ? faire s’effondrer un syst?me qui ne tenait plus qu’? un fil, nos gouvernants tentent aujourd’hui d’en reconstruire un autre encore plus injuste, et cela sous le regard ?bahi de tous les peuples du monde, trop abasourdis par les catastrophes qui se d?versent en cascades sur toutes nos certitudes conditionn?es pour savoir comment r?agir.

 

On le voit bien, on le sent bien, le monde que nous avons connu est en train de se transformer ? une vitesse incroyable, et les d?cisions qui seront prises ? l’occasion des ?v?nements que nous traversons actuellement d?termineront pour longtemps les conditions d’existence des futures g?n?rations. Car ? travers cette crise c’est bien plus que l’avenir des banques ou celui des Etats qui sont en jeu, et m?me bien plus que les int?r?ts des seuls pays riches : c’est le syst?me tout entier qui se trouve remis en cause, l’Histoire de l’humanit? toute enti?re qui sera boulevers?e ; c’est-?-dire toutes nos certitudes, tous nos espoirs, toute notre histoire, personnelle et collective qu’il nous faudra remettre en question.?Comme je l’?voquais il y a peu, nous sommes en train de nous apercevoir non seulement que nous avons fait fausse route jusqu’? maintenant, mais qu’en plus on nous a d?lib?r?ment tromp?s, et que nous avons ?t? les victimes consentantes d’une sorte de?mystification collective?

 

Tous ceux qui ont bien appris leur le?on, bien ?cout? ce que les a?n?s racontaient, qui ont suivi les r?gles, accept? les limites, tous ceux qui se sont soumis ? un syst?me qu’ils croyaient juste et ? une id?ologie qu’ils croyaient sans faille sont en train de se rendre compte qu’en r?alit? ils ont ?t? les dindons de la farce : on leur avait promis qu’ils trouveraient du travail, que leurs sacrifices pour acqu?rir une maison, suivre leurs ?tudes, enfin pour ?r?ussir? leur vie ?honn?tement? et par leur travail, mais on leur apporte la crise : une crise qui met en lumi?re les horreurs d’une mondialisation injuste et mortif?re ? laquelle ils participaient jusqu’? maintenant ?sans le savoir?, et qu’on voudrait bien les voir maintenant assumer ?en le sachant?. Une crise arriv?e comme par hasard, impr?vue et soi-disant impr?visible, alors m?me que tous les opposants critiqu?s, moqu?s et ridiculis?s pour leur pessimisme persistant la redoutaient bien avant qu’elle ne survienne.

 

Nous nous sommes? faits rouler dans la farine, et nous restons l? plant?s comme p?trifi?s, tels des chats domestiques engraiss?s par des ma?tres inconscients, incapables une fois asservis de se nourrir ou de se d?fendre seuls. H?b?t?s devant notre t?l?vision, nous attendons encore qu’on vienne nous vendre une solution ?cl?s en main?. Nous attendons bien sagement de savoir ce que nos dirigeants d?cideront pour nous, tandis que nos dirigeants r?fl?chissent, eux, ? la meilleure mani?re de conserver le ?statut international? de la nation dont ils ont la charge sans perdre leur pouvoir.

 

Car s’il est bien une certitude dans toute cette histoire, c’est que dans les deux options envisag?es pour r?soudre la crise, le co?t du sauvetage des banques comme de celui des Etats sera pour l’essentiel support? par le peuple. Il appara?t tout de m?me assez clairement, aux vues des ?v?nements r?cents, que ni les riches ni les puissants ne songent ? faire d’autres sacrifices que symboliques, et que ces deux forces se sont mises d’accord au moins sur une chose, c’est que le peuple paiera.? Peu importe que l’on sauve les banques pour sauver les Etats ou que l’on sauve les Etats sans sauver les banques, ? la fin la facture retombera toujours sur les pauvres.

 

Et si?le peuple paiera, c’est parce qu’il n’est pas une force assez puissante pour ?tre consid?r?e comme un acteur de poids dans la n?gociation. Le peuple n’est qu’un facteur ? ?ma?triser?, et non pas le souverain qui r?gne. Ceux qui r?gnent, ce sont ceux qui imposent leurs choix. Et les preuves de ce m?pris vis ? vis du peuple, de ce manque de consid?ration de la part des dirigeants, nous les trouvons tous les jours dans les journaux : quand on voit avec quel cynisme?on laisse crever les Africains, avec quelle insoucianceon laisse les pauvres d’Europe sans soutien, avec quelle force?on d?fait la justice, avec quelle confiance on nous annonce?le recul prochain de? l’?ge de d?part en retraite, avec quelle hypocrisie on refuse de consid?rer?le peuple palestinien, avec quelles?m?thodes?on dirige nos pays, on ne peut que s’inqui?ter des choix qui seront pris en notre nom?

 

Rendez-vous compte, on nous annonce d?sormais la fin de l’euro ou la modification de la Constitution sans ?prouver un quelconque besoin d’en r?f?rer au peuple, pourtant le premier (et le seul) concern? par les r?formes que le gouvernement prend (en th?orie) en son nom, et personne ne s’en ?meut ? Cela fait maintenant plusieurs mois que tous les signaux sont au rouge, et personne ne s’?tonne qu’on ne nous consulte pas, nous le peuple ? Cela fait des semaines qu’on glorifie le ?printemps arabe?, et nous sommes encore si peu dans la rue ?

Qu’attendons-nous pour r?agir, et refuser ce qui nous attend ? Si le peuple a ?t? si longtemps m?pris?, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas assez uni, et ne peut ?tre sans cela consid?r? comme?une force. Et pourtant nous sommes une force ! Nous le peuple, nous constituons le seul rempart capable de lutter ? la fois contre la finance et la politique. Nous devons ?tre capables d’ouvrir les yeuxpour comprendre et refuser d’accepter le monde injuste dans lequel nous vivons, et auquel nous participons de gr? ou de force. Nous devons nous rassembler pour dire ensemble et d’une m?me voix que nous ne voulons plus d’eux, et que nous sommes le peuple souverain. Ce sont ?eux? qui ont besoin de nous. Nous, nous n’avons pas besoin d’eux.

 

Nous n’avons plus le droit de nous cacher la r?alit? objective que met en lumi?re cette crise, ? savoir que dans le capitalisme si le malheur des uns fait le bonheur des autres, le bonheur des uns fait aussi le malheur des autres. M?me si nous nous relevons de cette crise dans le cadre du capitalisme, d’autres trinqueront ? notre place. La vraie le?on, c’est que les peuples de tous les pays sont victimes du m?me ennemi, le capitalisme, et de ses deux agents la politique et la finance. Unissons-nous contre eux, et?rendons-les inutiles?:?attaquons les?partout o? ils sont le plus?vuln?rables, et mettons-en place les conditions d’un monde meilleur?. Autour de cette seule et m?me revendication,?pour tous et partout?dans le monde, exigeons la fin de la dictature du capitalisme et la convocation des?Etats G?n?raux?pour la cr?ation d’une?Assembl?e Constituante.? Cessez donc vos manifestations corporatistes ? des jours diff?rents et pour des motifs de castes pour vous unir derri?re un m?me espoir, arr?tez de signer des dizaines de p?titions pour n’en signer qu’une seule, r?clamez ? vos ?lus un?r?f?rendum d’initiative citoyenne?pour appuyer la mise en place de cette Assembl?e Constituante, arr?tez de voter pour des corrompus de droite et de gauche pour vous concentrer sur l’avenir et le fonctionnement de l’Assembl?e Constituante, n’acceptez d’eux que ce dont vous ne pouvez vous passer, et?engagez-vous?!

 

Cette mascarade a assez dur?, levons-nous, unissons-nous et agissons, pour ne pas que l’Histoire se r?p?te. Nous en avons encore les moyens, alors profitons de cette fen?tre ouverte par la crise pour construire ensemble un autre futur? car ? d?faut d’?tre nos juges, nos enfants pourraient bien ?tre nos victimes.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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  1. avatar

    Dès que vous dites « nous » on s’égare vers les voeux pieux, car il n’y a que ce que VOUS faites qui importe.

    Cela ne remet pas en cause votre message et sa diffusion qui est ce que VOUS faites SEUL, mais il serait utile d’ajouter toujours un codicille pour le lecteur, lui disant de nepas courir vers un « nous » – qui est toujours demain et qui peut devenir le refuge de toutes les lâchetés – mais de faire TOUT DE SUITE, selon sa conscience, ce que lui peut aussi faire seul pour qu’advienne la société qu’il veut.

    Pierre JC Allard