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Pensez à votre conjointe : mourez maintenant !

C’est à vous, messieurs les retraités, que je m’adresse aujourd’hui. 90 % des titulaires de pensions de réversion sont en effet des veuves que Macron, grand soutien des chasseurs et lui-même fine gâchette exécutive, pourrait cibler dans le cadre de la réforme des retraites à venir. D’ores et déjà, le nemrod élyséen a fait sonner le COR* pour préparer la population à cette nouvelle curée… 

Il est comme cela, Macron, fidèle en amitié. Et ce n’est évidemment pas sa faute si ses amis de la finance et du Medef dégustent plus volontiers du foie gras d’oie truffé que du pâté Hénaff et du Puligny-Montrachet de préférence au Gros plant. Or, c’est un fait : l’amitié oblige. Et c’est ainsi que l’ex-khâgneux « Bibiche »**, est contraint de prendre des mesures afin de sauvegarder les intérêts des puissants et préserver le ruissellement de richesses vers les classes moyennes et populaires.

Encore faut-il trouver de l’argent pour aider lesdits amis dans le besoin. Qu’à cela ne tienne, la réforme des retraites devrait offrir de belles possibilités de redistribution. Macron dispose bien d’un « projet ʺSoleil vertʺ » dans ses cartons, mais son application serait, de l’avis des conseillers élyséens, prématurée. Ce devrait être pour le 2e mandat, si ces naïfs d’électeurs consentent une nouvelle fois à se faire rouler dans la farine. Reste qu’il faut trouver du fric ! D’où l’idée de supprimer la pension de réversion des veuves.

Une mesure de salubrité publique, en l’occurrence. Il est patent que l’on manque en effet de logements pour les actifs dans les grandes agglomérations. Quant au nombre de places dans les EHPAD, il est notoirement insuffisant pour accueillir les nouveaux retraités dépendants. Or, mécaniquement, la suppression de la pension de réversion jettera dans la rue de nombreuses veuves qui ne pourront plus faire face à leurs charges locatives ou au coût de leur hébergement en EHPAD.

L’avantage de la mesure envisagée est donc évident : non seulement les personnes concernées ne toucheront plus leur pension de réversion, mais très rapidement elles devraient ne plus toucher de pension du tout, eu égard à la dureté de la survie dans la rue, entre faim, froid et agressions. « Dommage de ne pas pouvoir dès maintenant transformer ces personnes en nutriment ! » ne peut toutefois s’empêcher de penser le président Bibiche avec un soupir de frustration en visionnant avec ravissement les euthanasies de Soleil Vert sur fond de pastorale beethovénienne.

De nombreuses voix s’étant élevées pour protester contre cette mesure de suppression, les pouvoirs publics ont fait savoir qu’il n’était pas question de toucher à l’existant en matière de réversion dans la réforme des retraites. Ce sont donc les futures veuves qui devraient faire les frais de cette nouvelle coupe dans les droits sociaux. D’où la nécessité pour ces femmes de pouvoir disposer de la réversion avant que le texte de loi ne soit promulgué. Ce qui implique la disparition du conjoint en amont du travail législatif. Bref, pour parler clair, vous savez, messieurs les retraités, ce qu’il vous reste à faire : avaler le bouillon de 11 heures avant qu’il ne soit trop tard pour votre épouse.

Tout cela n’est pas sans rappeler Marcel Aymé. « Il n’y a pas que Jupiter dans la vie, il y a aussi Uranus  », nous ferait remarquer avec malice le grand écrivain s’il était encore de ce monde. Un romancier qui, saisissant la balle au bond, ne manquerait pas de transposer les mots qu’il avait lui-même placés dans la bouche de son truculent héros Léopold :

« Pour que la fin de vie de votre femme soit douce

Claquez donc au plus vite, Macron est à ses trousses ! »***

* Conseil d’orientation des retraites

** C’est l’éditorialiste Claude Askolovitch qui nous l’a appris dans sa revue de presse du 28 juin sur France-Inter : « Bibiche » était le surnom donné à Emmanuel Macron par Christian Monjou, professeur de khâgne au lycée Henri-IV.

*** Dans Uranus, ce sont ces mots qu’adresse Léopold à Andromaque : « Passez-moi Astyanax, on va filer en douce / Attendons pas d’avoir les poulets à nos trousses ».

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Bonsoir Fergus,

    Lors de son discours (sic) au congrès, E. Macron a clarifié (sic x 3) la position du gouvernement concernant les pensions de réversion: elles ne seront pas touchées… contrairement aux racontars, si je résume ses propos (même si ses députés et ministres ont contribué une fois de plus à mêler les cartes). Cependant, les retraités qui bénéficient de ces pensions, ne sont pas sortis de l’auberge pour autant. Ne pas toucher à ces pensions (on peut penser que E. Macron s’est ravisé à cause de son plongeon spectaculaire dans les sondages et des couacs en rafale qui ont précédé son discours) ne signifie pas pour autant que les bénéficiaires toucheront effectivement cette pension comme avant.

    Les libéraux, dont il faut garder en tête leur très grande maîtrise des coups fourrés qu’ils qualifient souvent de mesures d’optimisation (les canadiens en savent quelque chose), savent jouer avec les règles d’admissibilité, en se servant des déclarations fiscales pour y parvenir. Pour la forme, ils ne suppriment pas toujours un droit ou avantage, bien que dans les faits plus personne ou presque ne peut en bénéficier. Un seuil de revenu X, combiné à une situation familiale X, etc. et tout à coup, vous devenez inéligible d’un point de vue fiscal, ou vous devez acquitter un impôt qui diminue d’autant les sommes auxquelles vous avez droit. Et toutes ces personnes touchées par ces règles obscures se retrouvant isolées lorsqu’elles réalisent que dans les faits, elles ont perdu des revenus. Elles doivent désormais lutter seules contre la vilaine machine sans visage. C’est le but. En début d’année de nombreux retraités ont mentionné recevoir moins depuis la réforme de la CSG, alors qu’ils gagnent moins de 1,200 euros par mois. Interrogés à la volée par des journalistes, des députés et des ministres ont tous faits aboutir les exemples qui leurs étaient cités dans un cul-de-sac.

    Je ne serais donc pas surprise que lors de la réforme des pensions et des impôts, le gouvernement mette à mal cette mesure de réversion en douce. Il peut en diluer les effets sur 2 ou 3 ans (en introduisant ou en augmentant par exemple progressivement l’impôt à payer) afin de les rendre moins visibles. C’est bien le plus choquant avec ces pratiques: quand on connaît enfin la vérité, il est trop tard.

    https://www.youtube.com/watch?v=0BIZO44-byU

    Bonne soirée.

  2. avatar

    Bonjour, Elyan

    Merci pour votre commentaire, et désolé de n’avoir pu y répondre plus tôt : en déplacement pour des raisons familiales, je m’étais provisoirement coupé du web, faute de wifi.

    Je suis évidemment d’accord avec vos constats et le soupçon de duplicité que laisse planer l’apparent recul de Macron. A cet égard, mon article n’avait pas d’autre but, en les interpellant de manière satirique, que d’alerter mes compatriotes sur le danger que fait peser sur eux la machiavélique stratégie socioéconomique conduite par celui qui, quoi qu’il s’en défende, est bel et bien un « président des riches ».

    Cordialement.

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