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PARTITOCRATIE ET TOTALITARISME

PARTITOCRATIE ET TOTALITARISME

CPDECLARATION-1793

Tout de suite apr?s la guerre qui mit fin ? la barbarie nazie, presque tous les gouvernements de nations ?libres?, parrain?es par la ?d?mocratie? am?ricaine, adopt?rent? son mod?le d?alternance entre deux partis. Aux ?tats-Unis, les r?publicains et les d?mocrates, en France, la droite conservatrice et la gauche du parti socialiste, au Royaume-Uni, les conservateurs et les travaillistes, en Allemagne la droite conservatrice et les sociaux-d?mocrates. Il naissait alors un engrenage qui allait transformer le parlementarisme ?d?mocrate? dans un r?gime perverti, c?ur de la corruption, de l?incomp?tence et des int?r?ts des pouvoir priv?s nationaux. Nous pourrons nommer le syst?me politique n? de cet arrangement, une partitocratie (pouvoir absolu des partis) ou tout simplement ?d?mocratie pourrie?. Il puise sa l?gitimit? dans l?ali?nation et la c?cit?? de ceux qui continuent de voter en des politiciens qui, ?lections apr?s ?lections,? renient leurs promesses,? trompant sciemment leurs ?lecteurs.

Nos gouvernements europ?ens s??vertuent ? nous faire croire que nous vivons en d?mocratie et que notre ?beau? syst?me politique n??tant pas parfait est n?anmoins le meilleur de tous. Il est, disent-ils l?oppos? du totalitarisme. Il ne l?est qu?ext?rieurement.

Le totalitarisme est le r?gime sans? masque,? ne se travestit pas, ne se maquille pas, ne porte pas de beaux habits, ne trompe pas, sort dehors, ? la vue de tous,? terrifiant, inhumain.? Il est le r?gime du pouvoir absolu. Il opprime, exploite, torture et tue, ne se maintient que par la force. C?est gr?ce au totalitarisme que l?homme d?couvre dans sa chair et dans son esprit? la valeur de la libert?. La d?mocratie qui gouverne nos soci?t?s? peut sembler tr?s diff?rente d?une dictature, mais h?las, en se transformant en ce monstre appel? partitocratie, elle devient sa s?ur jumelle. La partitocratie est une alliance de deux? fr?res ennemis qui acceptent l?alternance, pour plus facilement et impun?ment, faire main basse sur les institutions de l??tat et les richesses de la nation. Cet avorton du parlementarisme est dans la r?alit? un totalitarisme d?guis?. Rus?, il? ne montre pas sa v?ritable nature, ne se manifeste pas par la cruelle loi des dictateurs, ?vite les charges de la police, se garde de faire appel ? la sauvagerie des Gestapistes, des KGBbistes ou des escadrons de la mort, ne torture ni n?ex?cute pas. La partitocratie n?a pas besoin d?un pouvoir primaire, brutal, elle a su cr?er un pouvoir rassurant, le ? totalitarisme gentil ?.

Par c?cit? des majorit?s ?lectorales que finissent toujours par cautionner ses monstruosit?s, ce r?gime b?tard, avec sa fausse libert? d?expression et son id?ologie fascinante et fascisante, contamine tout et tous et r?ussit ? d?velopper une complexe toile de conditionnements? id?ologiques.? M?me la barbarie totalitaire aurait du mal ? imposer aux peuples, aussi efficacement, le pouvoir des ?lites priv?es qui contr?lent, dirigent leur nation.

D?j?, dans la Gr?ce antique, les classes du haut de la pyramide usaient le mot d?mocratie pour d?signer le pouvoir du peuple. Cependant leur ?peuple? ?tait une ?lite, et elle seule? poss?dait fortune, privil?ges et le pouvoir de gouverner. L?autre peuple, ?trangers, femmes, esclaves, m?t?ques et les populations m?tiss?es, ?tait un moins que rien. Les grecs, convaincus d?avoir invent? le r?gime politique id?al, l?oppos? du despotisme, se firent passer, pendant des si?cles, pour les phares de la civilisation.

Les temps changent, mais les fausses id?es demeurent. Dans l?occident ?civilis? le mot d?mocratie se d?guste ? toutes les sauces. Presque tous les gouvernants s?acoquinent avec cette charmante dame, nous faisant croire qu?elle repr?sente le pouvoir du peuple. On sait de quel peuple il s?agit: le peuple d?en haut, celui des grosses fortunes, des ?lites et des politiciens ?? la botte du pouvoir priv?. Les r?volt?s fran?ais, en installant en 1789, la bourgeoisie ? la t?te de la premi?re gouvernation antiaristocratique de l?histoire, mettaient fin ? beaucoup de si?cles de monarchies et de pouvoirs absolutistes. Par la m?me occasion ils d?couvraient la ?d?mocratie? sous la d?nomination tr?s ancienne de r?publique.? Ils cr??rent un nouvel ordre politique, ?conomique et social, mais cet ordre aux couleurs de Libert?, ?galit? et Fraternit?, naquit, lui aussi, pour tromper. La classe qui s?est appropri? le pouvoir ?tait un vrai repaire de privil?gi?s pas du tout int?ress?s en partager le pouvoir avec le ?peuple d?en bas?, tout juste bon pour prot?ger les barricades avec leurs corps, de la simple chair ? cannons ! Tr?s vite, la ?r?publique? l??jecta, le privant de ses droits. C?est en devenant l?avant-garde de l?insurrection ouvri?re que les ?r?volutionnaires? bolcheviques, en 1917, conquirent le pouvoir et? institu?rent un nouvel ordre auquel ils donn?rent? le nom pompeux de d?mocratie populaire! En peu de temps, une nouvelle classe d?oppresseurs se constitua, et pendant 70 ans cette ?d?mocratie?, trompeusement appel? ?pouvoir du prol?tariat? rev?tit la peau d?un nouvel totalitarisme, destructeur de l?humain.

Avec ses gouvernants de droite, du centre ou de gauche, la d?mocratie lib?rale, populaire, r?publicaine ou monarchique n?est rien d?autre qu?une fa?ade s?duisante de l?escroquerie politique. Tout ce beau monde de politiciens professionnels ne voit dans la gouvernation des peuples qu?une porte ouverte ? ses ambitions et ? son enrichissement personnel.

D?s la moiti? du XX?me si?cle, partout o? elles s?institutionnalis?rent, les d?mocraties, en s?appuyant sur les nouvelles technologies, mirent au point de sophistiqu?s m?canismes d?ali?nation et d?exploitation des populations. Transform?e en une esp?ce de religion d??tat, la d?mocratie, aujourd?hui se croit tout permis. Omnipuissante, omnisciente, elle impose aux peuples la pens?e unique et leur ?l?gitimit??, gr?ce ? cette escroquerie appel?e ??lections libres?. Dans nos d?mocraties, les gouvernants ignorent la voix du peuple, laquelle ne peut se faire entendre que par le vote et la manifestation.

Voter c?est choisir entre deux maux, et le vote ne supprimera pas, loin de l?, les abus de la corruption, de l?exploitation, des in?galit?s et des injustices sociales. Et les manifestations seront toujours per?ues par les gouvernants comme de simples explosions – inoffensives – de frustrations sociales. En r?alit?, aussi bien dans nos d?mocraties que dans une dictature, la citoyennet? n?a aucune chance de se faire, r?ellement, ?entendre. Nos soci?t?s dites d?mocratiques engendrent autant de mis?re et d?exclusion qu?un r?gime despotique. Et leurs m?canismes de r?pression sont, ? combien, beaucoup plus insidieux et imparables que ceux de n?importe quelle dictature. La d?mocratie r?ussit ? transformer l?individu en une pure irr?alit?: le non-citoyen ?n?est rien d?autre qu?un oui-?lecteur, un consommateur-bulletin de vote. Les travailleurs sont virtualit?, la r?alit? c?est la production et le gain. Les consommateurs sont pure abstraction, ce qui est r?el c?est la production ininterrompue de nouveaux biens de consommation; les t?l?spectateurs finissent par devenir des images fig?es devant leurs postes de t?l?vision, ce qui est r?el c?est le niveau de l?audimat et les profits de la pub. Les manifestants drap?s dans leurs banderoles ne sont pas des personnes r?elles, ce qui est r?el c?est le m?pris des gouvernants ? leur ?gard.

La d?mocratie domin?e par l’alternance entre deux partis, plus efficace que le totalitarisme,? transforme l??tre humain qui est ?nergie et esprit dans un ?tre abstrait et apathique, l??lecteur moutonnier.

Le totalitarisme nie aux hommes leurs droits fondamentaux. Ironiquement, la ? d?mocratie pourrie?? fait de ces droits la banni?re de ses principes mais elle les met en veilleuse ou tout simplement ne les applique pas.

Dans le totalitarisme, le despote ne regarde pas le peuple. Dans une fausse d?mocratie, les gouvernants le regardent, mais uniquement la veille des ?lections.

Dans le totalitarisme les richesses de la nation sont vol?es par les gangs politiques et militaires qui d?tiennent le pouvoir. Dans les fausses d?mocraties, ce sont les politiciens ?lus qui, sans avoir besoin d?employer la violence, et aussi dans une totale impunit?,? transvasent les biens de la nation dans les poches des grands riches et des groupes ?conomiques. Pour une poign?e de privil?ges, le prix de leur trahison, ils offrent ? leurs maitres et seigneurs, puissance et richesse sur un plateau d?argent,? c?est-? dire, dans un bulletin de vote.

Les cocus de la d?mocratie

Article 35 de la D?claration Universelle des Droits de l?Homme et du Citoyen de 1793: ?Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l?insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacr? et le plus indispensable des devoirs.?

En Europe, combien de pays r?unissent, actuellement, les conditions favorables ?? l?av?nement politique majeur, la cr?ation d?un ?tat de Droit, c?est-?-dire la vraie d?mocratie? H?las, tr?s peu! La grande majorit? des citoyens europ?ens, tomb?e dans les pi?ges d?un syst?me totalitaire parfait,? continuera de participer dans cette farce qui consiste ? voter blanc bonnet, bonnet blanc.

Au Portugal, aux derni?res ?lections, le PSD (droite n?olib?rale) substitua les socialistes du PS qui avaient d?j? remplac? cette m?me droite quelques ann?es auparavant. Les ?lecteurs? chass?rent des politiciens incomp?tents et corrompus pour mettre ? leur place d?autres politiciens, corrompus et incomp?tents! En Espagne, la droite conservatrice, le Parti Populaire prit la place aux socialistes du PSOE, qui avait d?j? remplac? le Parti Populaire d?Aznar. En Gr?ce, dans les derni?res ?lections l?gislatives, un grand nombre d??lecteurs a d?montr? aux autres peuples europ?ens maturit? et courage politique : leur votation dans un parti qui se d?clara anti-aust?rit? et anti-n?olib?ral porta un grand coup ? la partitocratie socialistes/conservateurs et jeta le d?sarroi dans les rangs des charognards du FMI, de la BCE et de la clique d?Angela Merkel.? Mais le chantage n?olib?ral? r?ussit? finalement ? imposer un front de ?salut national? compos? par la droite conservatrice et les socialistes. En Italie une grande partie de l??lectorat, apr?s avoir accept?, pendant de longues ann?es les pitreries et la d?magogie populiste de sieur Berlusconi, ne sait toujours pas que faire de son vote, se laissant, lamentablement, vautrer? dans la fange de sa fausse d?mocratie. Les britanniques, un des peuples les plus moutonniers de l?Europe,? continueront de se pr?ter ? la farce ? d?mocrate ?, en passant des conservateurs aux travaillistes et vice versa.? En Allemagne, l??lectorat, lors des prochaines ?lections, ne saura choisir, une fois de plus, qu?entre les deux faces du m?me pouvoir, les sociaux-d?mocrates, genre Schr?der et la CDU, sauce Merkel. Les travailleurs allemands, victimes de cette escroquerie, continueront de se sacrifier pour enrichir les patrons et les banquiers. En France la gouvernation ne pouvait qu?alterner, comme d?habitude, entre la droite conservatrice et le PS. Apr?s le r?gne sans partage de sa majest? Sarkozy Ier, voil? le r?gne du vide absolu des socialistes, si bien incarn? dans la personnalit? du notre actuel pr?sident, l?affable, gentil, candide Fran?ois Hollande.

En Europe, comme partout, la crise des peuples est la crise de leurs avant-gardes. Une incompr?hensible difficult? ? respecter et g?rer les droits des populations exploit?es et opprim?es, transforme les postulants ? la gouvernation en des traitres ? leurs propres bases partisanes.

Les r?volutions sont les lames de fond qui poussent devant elles, ? un moment donn?,? les masses? pi?tin?es. Or, celles-ci, utilis?es pour la conqu?te du pouvoir par des ?lites soi-disant r?volutionnaires, se trouvent, tr?s vite, rejet?es et expropri?es de leurs aspirations? l?gitimes. Alors les injustices et les in?galit?s sociales s?enracinent dans la chair des nations excluant de la prosp?rit? les populations qui font avancer l?histoire.

Pour mettre un terme ? cette ignominieuse trahison, les peuples ne devraient plus accepter, pour leaders, que ceux qui partagent leurs sacrifices et d?sespoirs, des citoyens? issus de leurs rangs. On pourrait, alors, envisager une transformation radicale de nos soci?t?s, lib?ratrice, pacifique et f?conde. Il suffirait d??veiller les ?lecteurs ali?n?s par la supercherie du vote ; en leur insufflant la force de la conscience citoyenne, ils pourraient alors, faire pousser les racines de la vraie d?mocratie et l?gitimer une r?volution humaniste!

Sejo Vieira

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