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Paris : des enfants à la place des voitures

Différents pays d’Europe ont déjà franchi le pas et mis en place des espaces éphémères ou permanents dédiés aux enfants sur la voirie de plusieurs villes. En France également, des projets de même nature existent ou sont en voie d’être réalisés. Paris ne pouvait rester indifférente à cette autre manière de concevoir la vie des enfants dans la cité…

« Face à l’occupation abusive de l’espace urbain par les voitures, enfants, jeunes et moins jeunes, valides et moins valides, piétons, rollers et cyclistes, tous les habitants souhaitent aujourd’hui reconquérir leur ville », constatent sur leur site les dirigeants de l’association « Rue de l’Avenir » dont l’objectif est de contribuer à transmettre aux générations futures « une ville plus sûre, plus solidaire et plus agréable à vivre. » Un objectif partagé par les responsables de l’association « Vivacités Île-de-France », très impliqués dans l’émergence de ces espaces dédiés en passe de s’implanter un peu partout dans les villes.

 

Les « rues aux enfants » permanentes ne sont en effet plus une utopie : il en existe déjà dans plusieurs pays d’Europe et du monde. Et la France n’entend pas faire exception dans la mise en œuvre de ce concept appelé à connaître un succès croissant dans l’avenir. À ce jour, des initiatives ont déjà été prises par les municipalités – toutes couleurs politiques confondues – de Blois, Lille, Toulouse, Paris (La Villette), et de nombreux autres projets seront prochainement concrétisés sur le territoire national. Ils concerneront notamment les villes d’Arras, Beauvais, Fontenay-aux-roses, Mérignac et Orly, pour ne citer que celles-ci.

À Paris, c’est a minima une rue aux enfants par arrondissement qui sera ouverte d’ici à 2020, nous informe Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris, en charge de l’Espace public. D’ores et déjà, il en existe une dans le quartier de Picpus : la rue Bignon. Située juste derrière la mairie du 12e arrondissement où M. Nadjovski est élu, cette rue a récemment été aménagée pour répondre aux objectifs des promoteurs de ce projet d’ouverture aux enfants. On y trouve notamment des espaces végétalisés et des structures d’éveil et de pédagogie, mais aussi des lieux d’échange et de citoyenneté.

Les prochaines rues aux enfants pourront également offrir aux gamins des ateliers créatifs, des animations artistiques, des ludothèques de rue, des structures de jeu pérennes, et bien d’autres choses encore. Le tout dans un espace ouvert tout à la fois aux enfants et à leurs parents. Avec comme ambition, au-delà des offres ludiques ou culturelles, d’améliorer dans la cité le lien social et la mixité des populations riveraines. En cela, ces rues aux enfants viendront en complément des jardins associatifs et des espaces de jeu ou d’animation préexistants dans les parcs publics.

Pour en savoir plus sur le sujet, venir en débattre, ou s’engager dans la réalisation de nouveaux projets, quatre associations réunies au sein d’un collectif, l’ANACEJ, le Cafézoïde, Rue de l’Avenir et Vivacités Île-de-France, organisent à Paris le vendredi 10 mars un forum national intitulé « Rues aux enfants, rues pour tous ». Objectifs de ce forum : « valoriser le travail accompli par les différentes équipes impliquées, tirer les enseignements des initiatives variées qui ont eu lieu, et transmettre aux acteurs qui souhaitent se joindre à ce mouvement, les valeurs et méthodes qui ont guidé les porteurs de projets en 2016. » (bulletin d’inscription)

Les rues aux enfants, c’est bien. Les enfants à la rue, nettement moins. C’est même une insupportable tache dans la 6e économie mondiale, et plus encore dans la riche capitale de notre pays. C’est pourquoi nous souhaiterions que Ian Brossat, adjoint au Logement et à l’Hébergement, dépasse les prérogatives de l’État en matière de solidarité pour déployer autant d’énergie à loger les gamins sans-abri que son collègue Christophe Najdovski à diminuer toujours plus drastiquement la présence des automobiles dans Paris.

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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