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Pari de Pascal, pari de survie

Yan Barcelo,?5 juin 2011

La question th?ologique de ??Qui est Dieu???? est tout simplement trop large pour emporter l?assentiment aujourd?hui. Ou, plus exactement, demander de faire le passage ? Dieu impose un trop grand saut qui rel?ve d?une intuition trop particuli?re. Pour ?tre valable aujourd?hui, le pari de Pascal devrait se poser en termes d?une question pr?liminaire, plus accessible pour la plupart ? une intuition intime. Cette question, la voici?: y a-t-il quelque chose qui survit apr?s la mort physique, une ???me?? en quelque sorte, qui est appel?e ? vivre un destin ??cosmique?? au-del? du temps de vie du corps physique?? Ou la mort physique est-elle radicale?? Apr?s elle, il n?y a rien, rien du tout.

Devant une telle hypoth?se, certains vont sans doute mettre de l?avant l?exception du bouddhisme, disant que celui-ci r?cuse la notion de ??l??me?? individuelle. Mais il importe de faire la distinction entre les dogmes et th?ories et la r?alit? pratique. Dans les faits, puisqu?ils souscrivent ? la notion de cycle des naissances, il y a pour les bouddhistes ??quelque chose?? qui subsiste apr?s la mort. Ce n?est pas une substance, une ?me, mais plut?t un agglutinement de n?uds karmiques, de persistances passionnelles, comme autant de lamelles d?oignons envelopp?es autour de? rien. Mais cet ??oignon karmique??, par une alchimie quelconque, se transporte dans une nouvelle incarnation et poursuit son chemin de purification. Bref, puisque ?a marche comme une ?me et que ?a caqu?te comme une ?me, concluons que c?est une ???me??, ou ? peu pr?s.

Mais au bout du compte, tant le bouddhisme que le christianisme, l?hindouisme et l?islam soutiennent que les choses ne s?arr?tent pas apr?s la mort. C?est le premier acte de foi de toutes les traditions religieuses et spirituelles?: la survie dans un ??au-del? de la vie. Une fois ce premier credo pos?, il reste ? voir comment on remplira ce territoire infini de l?apr?s-vie. Le christianisme et l?islam n?adh?rent pas ? l?hypoth?se des r?incarnations?: la purification de l??me se poursuit dans les apr?s-mondes impliquant diff?rents niveaux de purgatoire ou d?enfer en vue d?une accession ? diff?rents niveaux de paradis. Il y a bien s?r dans ces grands courants nombres de variations. Par exemple, chez les T?moins de J?hovah, la mort physique est d?finitive, mais ce n?est pas tout ? fait la mort?; il s?agit plut?t d?un long sommeil dans la ??m?moire de Dieu?? jusqu?? la fin des temps o?, au moment du jugement dernier, tant les justes que les injustes conna?tront la r?surrection dans la chair. Les injustes auront un sursis pour reconna?tre J?hovah et, s?ils ne se ??convertissent?? pas, ils mourront d?finitivement.

L?hindouisme et le bouddhisme ont un paysage d?apr?s-vie plus complexe?: on peut continuer sa vie dans diff?rents niveaux d?enfer ou de paradis, et on peut y poursuivre son existence en tant que d?mon, ou fant?me ou divinit?, mais on est toujours susceptible de changer de niveau quand on a ?puis? les charges karmiques n?gatives ou positives qui nous on valu une station particuli?re. On peut ?galement se r?incarner en souris, en papillon ou, si on est tr?s-tr?s chanceux, en humain. La station humaine est extraordinairement privil?gi?e parce que, tout en ?tant tr?s ?prouvante, elle permet d?exercer un maximum de libert? face au choix entre bien et mal. Surtout, elle est un passage privil?gi? pour acc?der au but ultime?: la lib?ration finale, la sortie du cycle des vies-et-naissances, et l?accession d?finitive au nirvana ou au royaume ?ternel.

Dieu ou pas, toutes les traditions religieuses s?entendent sur une chose?: la mort n?est pas une interruption d?finitive de cette vie?; elle est un passage vers d?autres formes d?existence qui sont une r?ponse aux tribulations que nous avons connues dans cette vie?: un ch?timent si nous avons mal v?cu, avec le plus souvent une possibilit? de rachat?; une r?compense avec, dans certains cas, possibilit? de retomber vers des niveaux inf?rieurs.

Or, le pari pascalien reformul? dans le sens d?une survie quelconque apr?s la mort est une question plus pr?gnante, susceptible d??branler les positions du mat?rialisme, de l?ath?isme et de l?agnosticisme. Car la figure de Dieu a peut-?tre la possibilit? de faire vibrer certains recoins obscurs de l??me ath?e la plus endurcie, mais pas autant, je crois, que la question de la survie. Pourquoi?? Pour deux raisons. La premi?re tient au go?t de l?immortalit? qui est fortement ancr? en chacun de nous et dont on peut constater l?action dans une foule de poursuites humaines?: recherche de la gloire politique, artistique ou intellectuelle?; d?sir de prog?niture?; besoin de se r?aliser dans une ?uvre ou un travail qui nous survive. Malheureusement, tous ces modes d?immortalisation sont illusoires et si quelque chose survit, ce n?est pas nous-m?mes, mais seulement un monument ? notre narcissisme. Pour la tr?s-tr?s grande majorit? des humains, strictement plus personne ne se souviendra de nous 25 ans apr?s notre mort. Et les quelques rares poilus qui se souviendront le feront plus probablement pour toutes les mauvaises raisons.

L?autre raison tient ? la p?rennit? en nous de la conscience morale, une pr?sence souvent inconfortable. Certes, on peut objecter comme le font les relativistes de tout acabit que la conscience morale n?a aucune l?gitimit? inh?rente et n?est que le fruit d?un conditionnement social. Changez le conditionnement et la conscience va changer avec lui. Ou encore, les tenants de la sociobiologie vont nous dire que la conscience morale ob?it ? la pr?sence d?un g?ne de la moralit?. Elle est donc inn?e. Mais, quoi, les g?nes peuvent faire l?objet d?une th?rapie, n?est-ce pas?? Ils se changent ou? se gu?rissent.

Mais en d?pit de ces objections, il reste que la conscience morale subsiste. Elle est toujours aux aguets et nous incite, surtout dans les derni?res ann?es de notre vie, ? interroger quelques gestes que nous avons pos?s. N?aurais-je pas pu me forcer un peu et ne pas divorcer de ma femme?? Ai-je bien fait de pousser ma fille vers l?avortement?? Qui va me pardonner d?avoir m?dit de cette collaboratrice et d?avoir caus? son cong?diement?? Des questions comme celles-l? ne sont pas tonitruantes, mais elles ont le don de susurrer ? notre esprit avec la douce intoxication d?un poison.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Toutes les religions sont des conneries

    https://singularite.wordpress.com/2011/06/03/en-attendant-godot-trouvez-moi-une-seule-personne-qui-travaille-faites-face-a-votre-inutilite-la-plus-totale/

    Seules certaines valeurs, seules les valeurs, sont bonne a garder

    J’ai renvoyé un journal d’aujourd’hui dans l’espace temps en grec ancien, on a fait l’apocalypse

    Blaaaaaaaaaaa

    Vous savez certains «  »  » théologien  » «  » considéré l’information dans nos tête comme moyen de vivre et survire : la seule existence

    L’universalisme du christ ( pas chrétien ) c’est sur la base de l’information par dela la forme matériel

    Pas besoin de religion, au contraire MAIS

    il faut affirmer : les valeurs sont indispensable

    « on ne vire pas le ‘catéchisme’ de la tete des enfant pour le remplacer par du vide « 

    • avatar

      ca c’est de la connerie

      a moins qu’on est prévu un grand camp de concentration mondiale pour finir en beauté