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Centpapiers

  • PALESTINE : BON A SAVOIR, BRAVES GENS

    22 mars 2011 | 0 commentaire(s) | vu 824 fois

    Ahad Ha'am (1856-1927)

    Trop de braves gens  mal informés par les médias sous influence de leur  pays, quand  vous leur parlez du drame des Palestiniens patriotes (à bien distinguer des collabos par contrainte et surtout des collabos profiteurs),  vous rétorquent « C’est vrai que les Israéliens y vont souvent   un peu  fort, mais leur pays a été reconnu par la communauté internationale et ils ont le droit de se défendre ».

    Ces braves gens sont-ils, déjà,   conscients que la « communauté  internationale » n’a jamais existé et n’existera jamais (Voir Wikipedia entre autres) ? Sauf à imaginer un sorte  de referendum planétaire avec peu d’abstentions et un très fort pourcentage d’approbation ? Sont-ils conscients que déjà la toute jeune ONU était un « machin » à la légitimité discutable, d’autant plus avec l’inique droit  de veto ?

    Ces braves gens savent-ils,   pour commencer, que tous les groupes de résistants à Gaza ne sont pas du Hamas ? Et aussi que le dit-Hamas (déjà non homogène) n’a pas pris le pouvoir à Gaza, mais, à la tête d’un gouvernement légitime non homogène validé par Abbas, s’est pré-protégé d’un coup d’état fomenté (avec des Palestiniens formés par les USA en Jordanie et en Egypte) par un certain Mohamed Dahlan, se voulant bras droit d’Abbas ? L’ex-président depuis le 9 janvier 2009 de la plus ou moins   légitime  non-autorité palestinienne, qui vient d’ordonner une enquête contre le même Dahlan, en fuite, qui voulait le renverser ?

    Ces braves gens sont-ils  conscients que « les terroristes islamistes de Gaza qui ne comprennent que la force » tirent sur le pays de leurs incontestables relativement récents  aïeux occupé par des gens qui ne peuvent absolument pas prouver que leurs ascendantes de l’an  zéro ( On est juif par sa mère !) étaient majoritairement juives , comme l’a expliqué, entre autres, l’hélas seulement post-sioniste Shlomo Sand ?  Ce qui délégitime totalement l’abusive  rengaine « Terre de nos aïeux », sauf des exceptions  – combien ? – plutôt séfarades, alors que la majorité des meneurs fondateurs étaient ashkénazes  et probablement descendants surtout  de Khazars.

    Ces braves gens sont-ils  conscients que la création pour, en fait,  seulement une partie  des « Juifs » (effectifs ou supposés), et la perdurance de l’anomalie étatique sioniste sont  éthiquement et juridiquement inadmissibles ? Et que  l’émotion plus ou moins internationale face à la découverte de la Shoah (qui joua effectivement un rôle dans le vote de la recommandation 181)   a été instrumentalisée par ceux-la mêmes qui avaient refusé d’essayer de  réduire le nombre des victimes qu’ils qualifièrent ensuite de « juifs-savonnettes », par allusion à un faux bruit selon lequel les nazis avaient utilisé , pour faire du savon, les « graisses » des cadavres juifs brûlés dans les fours crématoires ?

    Ces braves gens connaissent-ils  bien la teneur et les dessous du vote biaisé de la résolution 181 du 29 novembre 1947 qui, très théoriquement, semble légaliser une attribution de territoire aux « Juifs »   (qui, déjà,  n’étaient pas tous sionistes) selon des frontières farfelues que les meneurs n’ont jamais eu l’intention de respecter ?   La preuve  ? Le despote fanatique David Ben Gourion  qui dirigeait la disparate et d’ailleurs pas unanime majorité de « gauche » du gouvernement provisoire du Yichouv  devait déclaré le 20 mars  1948  : « L’établissement de l’Etat juif ne dépend pas de la résolution des Nations Unies du 29 novembre, quoique cette résolution aient une grande valeur morale et politique. Il dépend de notre capacité à surgir victorieux. Si nous avons le désir et le temps de mobiliser toutes nos ressources, notre Etat sera établi ».  Peut-on être plus clair ? Alors que moins de 24 états seulement  sur 56 membres de cette toute  jeune  ONU ont  exprimé un « oui » libre, non influencé et/ou non acheté ; ce qui est loin des deux tiers réglementairement requis, absurdement, des seules voix « pour » et « contre ». Loin donc  des  33 voix (soit en apparence 72 %) officiellement pris en compte, à côté de 13 « non » et  10 « abstention »".

    Ces braves gens savent-ils  qu’à côté des sionistes racistes, voleurs, tueurs et expulseurs (que n’étaient pas tous les « Juifs » de la planète,  et même pas tous les « Juifs » vivant en Palestine à l’époque) ,  il y a eu des sionistes pacifiques non racistes derrière Ahad Ha’am  qui déclarait  suite à un voyage en Palestine dès 1891, dans un texte cinglant intitulé « La vérité sur Eretz Israël  » (Emet mi Eretz Israël,   Page 29 ) « Il nous faut traiter la population locale avec amour et respect et – cela va sans dire – conformément au droit et à la justice. Que font nos frères en Eretz Israël ? Exactement le contraire. Esclaves dans les pays de l’exil les voilà qui jouissent d’un liberté sans entraves, d’une liberté anarchique uniquement possible dans  l’empire ottoman. Ce changement soudain a éveillé leur inclination au despotisme comme chaque foi qu’ »n esclave devient roi ». Ils traitent les Arabes avec hostilité et cruauté, empiètent sur leur propriété, les frappent sans raison, s’en vantent même,, et il n’y a personne pour les réfréner, pour mettre fin à ces pratiques éhontées et dangereuses » ? Ces braves gens savent-ils, au moins un peu, ce que déclaraient, derrière Ha’am,  d’autres clairvoyants intellectuels juifs comme le rabbin Judah Magnes ou Chaïm Kalvarisky, ou Martin Buber  ou   Ernst Simon ou Henrietta Szold ou Shmuel Yossef Shai Agnon  ou Anna Arendt ?  Des gens sages et admirables  à qui l’avenir donna raison,  hélas,  tant pour les « Juifs » que pour  les Palestiniens  ?

    Si,  malgré l’auto-censure et les blocages des médias aux ordres ou sous-influence,  surtout depuis qu’on peut au minimum  commenter les articles sur la Toile, les Palestiniens patriotes et  leurs vrais amis, à côté des faux qui ménagent  la perdurance d’Israël,  avaient, à temps et à contre temps,  plus nombreux, mieux informé ne serait-ce que sur la période 1930-1950,  et davantage fait connaitre  les écrits des sionistes pacifiques et non pacifiques,  l’ « édifiant »  Ben Gourion en premier, sans doute y aurait-il moins de générations palestiniennes définitivement, parfois physiquement, mais toujours  psychologiquement, traumatisées à vie.

    Il n’est peut-être pas trop tard pour rattraper au moins un peu le coup avec autant d’acharnement et de vigilance que,en face, les petits soldats de la FDII;  ce qui contrera aussi  les faux-amis ?

    NB. Une courageuse source  d’informations  :  le très intéressant livre critique « De leurs socs ils ont forgé des glaives » de l’historien luxembourgo-usaméricain et  « Juif non juif » Arno J. Mayer (618 pages, plus annexes,  chez Fayard – Mars 2009)

     

     

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