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Orthodoxie moralisante et destructrice

Le destructeur en chef de la zone Euro et celui responsable en premier lieu des traumatismes infligés aux peuples européens est le technocrate non élu Jean-Claude Trichet. Le crise européenne –la crise des dettes souveraines– lui est en effet intégralement imputable pour n’avoir pas mis en place dès 2009 des baisses de taux quantitatives (QE) à l’instar de la Réserve fédérale américaine. Du haut de son hyper orthodoxie et de sa raideur intellectuelle aux confins du germanisme, Trichet a allègement conduit une politique monétaire ayant déporté la Banque Centrale Européenne à contre-courant de toutes les autres banques centrales majeures qui a directement provoqué la crise des dette souveraines européennes, moment tragique suprême dans l’Histoire européenne contemporaine. Cette auto-flagellation sciemment administrée et évidemment superflue devait en outre participer du déni de démocratie imposé à nombre de citoyens de l’Union et à la misère et à la destruction sociale toujours en vigueur dans la plupart des nations européennes.

N’est-il pas temps, aujourd’hui, de se départir enfin de cette authentique maladie mentale qui veut qu’un pays créditeur et excédentaire doive imposer sa loi aux autres? Les orthodoxes ont ainsi propulsé l’Allemagne comme puissance dominante du continent car cette nation et car eux-même -ces économistes- ont une vision purement manichéenne de la macro économie et ne raisonnent qu’avec et que grâce au prisme des excédents et des déficits. La défense des intérêts des créditeurs est pourtant partiale et intéressée car elle ne reflète en rien l’intérêt général, a fortiori si l’on se retrouve au sein d’une union monétaire.

Voilà pourquoi Schäuble se croit autorisé d’accuser Draghi d’avoir –par ses taux négatifs– fait la promotion du parti anti-euro AFD. Attaque aberrante qui ne fait cependant que révéler un mode de pensée d’un luthéranisme radical exigeant le sang et les larmes comme seule voies susceptible de mener à la réforme des nations récalcitrantes. Cette ordro libéralisme allemand qui considère que l’actuelle BCE est une menace pour la stabilité européenne –en fait allemande- ne jure que par une Trinité glacée qui se décline en équilibre budgétaire, en lutte contre l’inflation voire en promotion de la déflation pure et simple et enfin en flexibilité des prix.

Mario Draghi, Président de la BCE et sauveur des meubles européens, a beau assurer que la politique monétaire actuelle de sa banque centrale n’est que le symptôme –et non la cause– des déboires actuels. Rien n’y fait car l’attitude hiératique allemande refuse même d’entendre parler de cette demande agrégée européenne déclinante dans un contexte de consommation américaine en plein essor. Ce qui fonctionne pour l’Allemagne doit donc s’appliquer à l’ensemble des membres d’une union monétaire. Attitude allemande égocentrée qui, après avoir provoqué de fortes turbulences sur les fronts économique et financier, creuse désormais le sillon d’une ère de déstabilisation politique fondamentale au sein du continent européen.

Michel Santi

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